Total se désolidarise de Sassou N’Guesso : trop c’est trop !

Le pétrolier français avait joué à fond la carte de la pauvreté pour faciliter l’accès de son ami Sassou NGuesso au programme PPTE en 2010, après l’atteinte du Point d’Achèvement à la fin de l’année 2009. Nous le savons tous maintenant, l’effacement de la dette avait été obtenu grâce à de faux rapports du FMI mais également grâce à de fausses données relatives à la production pétrolière congolaise. La production journalière plafonnait officiellement à 240.000 barils. (En réalité, grâce à une règle de trois, Total avouant une part nette revenant au Groupe de 109.000 barils/jour équivalent à 60% de la production congolaise, on peut affirmer que cette dernière oscillait entre 360.000 et 400.000 barils/jour lorsque les experts du FMI avaient conclu à la pauvreté et à la transparence du Congo pour accorder l’effacement de ses dettes.)

Total avait attendu la décision du Club de Paris concernant cet effacement pour annoncer le 30 mars 2010 à Brazzaville les potentialités du gisement de Moho Bilondo Nord avec une réserve de 300 millions de barils à développer.

Cette découverte gardée sous silence par TOTAL pour ne pas interférer dans la « pauvreté congolaise », les équipes du pétrolier pouvaient alors se mettre au travail pour la mise en œuvre de la production. C’est tout normalement donc qu’une visite du PDG de Total s’est effectuée ces derniers jours à Brazzaville et qu’une déclaration pouvait s’entendre sur les investissements qui seraient nécessaires au développement de Moho Bilondo Nord.

Mais avant de s’intéresser à cette phase 2, voici ce qu’écrivait les Dépêches de Brazzaville, le 22 mai 2008, lors de l’inauguration de la phase 1 de Moho Bilondo Sud : Moho-Bilondo est le premier champ de l’offshore profond congolais. Il est situé à 80 kilomètres des côtes par des profondeurs d’eau variant entre 500 et 660 mètres. Considéré comme une étape déterminante pour le développement du Congo, Moho-Bilondo dispose d’une Unité de production flottante (Fpu) de 188 mètres de long et 34 mètres de large, pesant 28 000 tonnes. La première goutte de pétrole de Moho-Bilondo est arrivée, le 27 avril dernier, au terminal de Djeno au sud de Pointe-Noire. La mise en oeuvre de ce projet a coûté, selon Guy Maurice, un montant global de 1 000 milliards de Fcfa. Ce montant intègre également les études d’ingénierie, la remise en oeuvre de l’outil industriel et la formation et le recrutement de la nouvelle génération de Congolais. « Le groupe Total a engagé tous les moyens nécessaires pour remplir ses obligations et mobiliser les experts et techniciens », a précisé le directeur général de Total E&P.

1000 milliards de Fcfa cela correspond à environ 2 milliards de dollars ! La source est on ne peut plus officielle et ce montant tout à fait logique est on ne peut plus acceptable.

Alors, lorsque des articles ont été publiés ces derniers jours (Libération, La Tribune), qui avançaient qu’un montant de 10 milliards de dollars serait nécessaire à la mise en production de la phase 2 de ce gisement, n’importe quel esprit averti pouvait réaliser que c’était un montant complètement exagéré pour un objectif d’extraction de 300 millions de barils soit 33 dollars d’investissement de départ par baril !

Nous étions encore confrontés à la préparation d’une méga-arnaque de la famille au pouvoir : 8 milliards de dollars environ !

Mais TOTAL n’est pas disposé à en être le complice. En effet, on pouvait lire dans la Tribune : « Prié de confirmer ces commentaires, publiés ce week-end sur un site web de la présidence et par la presse audiovisuelle d’Etat, un porte-parole de Total à Paris s’est refusé à tout commentaire. »

Quant au site internet du pétrolier, www.total.com, aucune information relative à cette visite ni à ce montant n’y figure.

Les coûts de location d’un FPU sont sur internet et l’expertise des coûts de production ou des investissements est relativement aisée. Sassou et ses complices, un jour, seront loin du Congo mais TOTAL, ENI, CHEVRON y seront encore et devront rendre des comptes. Alors une embrouille à 8 milliards de dollars le patron de TOTAL a dû dire : « Non ! Merci ! »

Trop c’est trop ! Il y a des limites qu’un PDG d’une compagnie, même, pétrolière ne peut pas franchir !

Sergeï Ondaye

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