Ce que Marien Ngouabi avant sa mort, demanda à Kikhounga-Ngot, Opangault, Tchitchelle, Nzalakanda et Nkewa (Extraits des mémoires de Kikhounga-Ngot à paraître)

kikounga-NgoUn peu plus d’une année avant sa mort, laquelle surviendra en mars 1977, Marien Ngouabi, le Président de la République, organise une réunion avec cinq personnalités dont je fais partie. Tout se passe dans un bâtiment situé dans l’enceinte de l’Etat-major de l’armée.

Nous voici donc :

-Jacques Opangault, ancien Vice-Président du Conseil du Moyen Congo, ancien Vice-Président de la République du Congo et ancien Ministre d’Etat sous le régime du Président Youlou, actuellement sans activité ni en politique ni dans l’administration et vivant entre sa résidence de Poto-Poto à Brazzaville et sa ville natale, Boundji ;

-Stéphane Tchitchelle, ancien vice-président de la République du Congo sous le régime du Président Youlou et actuellement directeur général du Chemin de Fer Congo-Océan (CFCO), à Pointe-Noire ;

-Nzalakanda, ancien ministre sous le régime du Président Youlou, actuellement sans activité ni en politique ni dans l’administration et vivant à Brazzaville ;

-Nkewa, chef de quartier à Bacongo ;

-Simon- Pierre Kikhounga-Ngot, ancien ministre sous le régime du Président Youlou, exploitant forestier et fermier dans la région du Niari.

Le Président Ngouabi a à ses côtés monsieur Pierre Nzé, haut responsable du Parti Congolais du Travail et ministre du régime en place.

Nous constatons tout de suite qu’il nous fait des propositions de postes au niveau du pouvoir d’Etat et dans l’administration.

Son propos est clair : « Chers doyens, chers vieux parents, je vous ai appelés pour vous transmettre un message venant de mon cœur. Puisque de partout on dit que le pays est aujourd’hui entre les mains de petits agitateurs. Veuillez donc bien écouter l’appel qui vient des tréfonds de votre vieux pays le Congo.
Je me permets de vous faire les propositions suivantes :

-Jacques Opangault : Président de la Cour Suprême ;

-Simon-Pierre Kikhounga-Ngot : Ministre d’Etat, Haut commissaire représentant le Congo à Paris ;

-Nzalalakanda : Procureur auprès de la Cour Suprême ;

-Tchitchelle : est maintenu comme directeur général du CFCO ;

-Nkewa : en tant que chef de quartier, il coordonnera les activités de tous les chefs coutumiers. »

Il se trouve que nous répondons séance tenante.

Opangault : « Marien, j’ai été chef de gouvernement, ministre d’Etat et vice-président de la République. Le pays n’a pas voulu de nous. Nous ne pouvons pas être juges et parties. Même si je suis de maison judicaire, je ne veux pas être juge et partie ; Trouvez un magistrat qualifié ».

Kikhounga-Ngot : « Monsieur le Président, je vous remercie de la confiance que vous m’avez toujours accordée. Mais, comme je vous l’ai déjà dit, la politique n’est plus mon affaire. Excusez-moi de répondre négativement à votre offre. Je n’irai pas à Paris. »

Nzalakanda : « Monsieur le Président, je vous donnerai ma réponse plus tard. »

Tchitchelle : « Monsieur le Président, comme vous l’avez dit, je suis déjà directeur général du CFCO. C’est ma maison. J’y reste. »

Nkewa : « Monsieur le Président, je ne suis ni au Comité [Comité central] , ni au parti. Toute ma vie, je n’avais jamais été fouetté à la chicotte. Même pas sous la colonisation. Je n’ai jamais passé une seule nuit en prison. Or votre parti m’a contraint à quitter Brazzaville. Comment voulez-vous que je puisse contrôler les coutumes du Congo ? Or je sais que vos difficultés proviennent du Comité et du Parti. Demandez donc à monsieur Nzé Pierre qui est là de s’occuper de cela. »

A la fin, avant que le Président ne reprenne la parole, Jacques Opangault s’adresse à moi : « Kikhounga-Ngot, tu vois comment ces jeunes gens ont détruit le pays ? Et ils veulent nous amener à assumer leurs responsabilités. Et, se tournant vers le Président, il lui dit : « Mais, Marien, fais attention à toi ! »
Opangault se lève aussitôt pour partir. Tchitchelle tente vainement de le retenir. La réunion prend ainsi fin. Nous nous séparons en nous serrant les mains.
Le président Marien Ngouabi dit un dernier mot : « Vous nous abandonnez dans une pirogue en train de chavirer. Ne venez plus demain nous critiquer. »

Nous sortons, Jacques Opangault le premier, puis moi devant Nkewa. Les derniers à sortir sont Tchitchelle et Nzalakanda. Tout a duré environ une heure.
Quand nous sommes tous les cinq dehors, une conversation s’amorce :

Tchitchelle : -Nous avons été placés là devant nos responsabilités.

Opangault :-Ce n’est pas nous qui avons armé les jeunes qui ont violé des femmes et tué des gens n’importe comment. »

Le dialogue est stérile. Nous nous dispersons. Jacques et moi regagnons, chacun, Poto-Poto, tandis que les autres vont à Bacongo, hormis Tchitchelle qui restera au centre ville avant de rentrer à Pointe-noire.

Le lendemain, je viens dire au revoir au Président Ngouabi avant de prendre l’avion pour Dolisie.

« Bien sûr, vous êtes mécontents, mais on aurait quand même pu engager un débat. Vous pouvez rentrer chez vous. Merci d’être venu. » Ce propos que me tient alors le Président Marien Ngouabi restera le dernier que j’ai entendu de sa bouche après tant d’années au cours desquelles nous avons eu quelques échanges. Des années qui remontent à l’époque où il avait obtenu de moi que pendant quelques mois je sois le numéro deux du Conseil National de la Révolution (CNR) en 1968, avant qu’ensuite je ne me retrouve en exil au Gabon où nous avons pu avoir quelques conversations loin des turbulences d’un Congo devenu « rouge ».
Ce jour de 1976, je quitte Brazzaville pour regagner mon terroir. Opangault et Nkewa font de même. Stéphane Tchitchelle s’en va continuer son activité de patron du CFCO. Nzalakanda ne sera jamais nommé Procureur général. La situation évoluera jusqu’à l’assassinat de Marien Ngouabi, un président de la République dans l’exercice de ses fonctions. La discussion que celui-ci a voulu avoir avec nous, les cinq personnalités issues du régime de la première république, aura été une mission impossible pour lui. C’est ce que Jacques Opangault a essayé de lui faire comprendre.
Jacques, qui alors en sait probablement plus. Car comme il me le confie lorsque je lui dis au revoir à Poto-poto : « Dans l’entourage de Marien, ces jeunes militaires ont, chacun, un but à atteindre ».

Propos recueillis par Noël Magloire NDOBA

SASSOU NGUESSO N’ADORE SES OPPOSANTS QUE LORSQU’ILS SONT DANS DE BEAUX CERCEUILS ! Par Mingwa BIANGO

HOMMAGE SPÉCIAL A SIMON PIERRE KIKOUNGA-NGOT : oraison funèbre par Magloire NDOBA

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3 réponses à Ce que Marien Ngouabi avant sa mort, demanda à Kikhounga-Ngot, Opangault, Tchitchelle, Nzalakanda et Nkewa (Extraits des mémoires de Kikhounga-Ngot à paraître)

  1. Sassou Nguesso est l'incarnation de la traitrise, du mal et des crimes de sang au Congo dit :

    En 1968, le Président Alphonse Massamba Débat est renversé. Marien Ngouabi nomme Félix Mouzabakani aux fonctions de ministre de l’intérieur. Très vite, il va subir les assauts paranoïaques du jeune pseudo officier Sassou Nguesso en faisant des fiches contre lui.

    Bientôt Félix Mouzabakani sera arrêté. Comme chef d’accusation, « il voulait renversé ». Ce qui sera le fond de commerce de Sassou Nguesso, tout le temps qu’il est resté à la direction de la sécurité d’état.

    C’est sassou Nguesso qui, le premier à demander à Marien Ngouabi (naïf au départ de l’affaire), la tête de Félix Mouzabakani. Mais il eut la vie sauve grâce à la clairvoyance du Président Marien Ngouabi, l’humaniste enroulé dans la violence par Sassou.

    Il ne ceda pas aux sirènes de l’homme qui veut déjà son premier politique, le Président Marien Ngouabi ne lui laissa pas l’occasion.

    La même année, Bernard Kolélas alors opposant fieffé contre le socialisme, débarque à Brazzaville armes et bagages pour mettre fin à une idéologie qui n’a apporté que malheur dans chaque où l’on l’a pratiqué. Son coup de force est mort né.

    Attrapé, il est humilié, exposé au stade Éboué où il subit la furia d’un monde déchainé et chauffé à bloc. Il est battu comme une bette, j’y ai été. A la tête de ceux qui demandaient sa tête, il y a en premier lieu le sous-lieutenant Sassou Nguesso (voir en photo dans les archives). Il sera intraitable. Il qu’on lui livre Bernard Kolélas pour faire ses méchouis.

    Mais encore une fois, le Président Marien Ngouabi ne céda pas. Il déclara en substance:  » je préfère avoir un homme comme Bernard Kolélas opposant. On sait ce qu’il est est et ce qu’il veut . Mais pas comme les autres qui vous disent que vous êtes son camarade, alors qu’au fond, ils vous déteste ». C’était prémonitoire.

    En 1970, l’assassinat du lieutenant Kingaga: le premier crime politique sassou
    En 1973, l’assassinat de Ange Diawara: le deuxième crime politique sassou et jamais 2 sans 3 (l’assasinat de Marien Ngouabi), jamais 3 sans 4 (l’assassinat de Massamba Débat), jamais 4 sans 5 (l’assassinat du cardinal Émile Biayenda) et jamais n sans n+1 (n= nombre de victimes, de témoins gênants, de concurrents ou d’adversaires politiques de ce monstre de Sassou).

    Sassou assassin,
    Sassou est tueur né,
    Sassou est tueur en série,
    Sassou es l’incarnation de la traitrise,
    Sassou est l’incarnation du mal,
    Sassou est l’incarnation des crimes de sang politique de ses 45 dernières années au Congo.

    Le moment venu, nous saurez comment le punir durement, très durement sans scrupule. Qu’il continue à jouer au Président avec ses enfants et petits enfants. Ces victimes auraient eux aussi souhaiter voir leurs parents et grands parents vivant.

    Juste sera rendu

  2. qui tue par l’épée mourra par épée, ns avons ts mtnt qui est ce monstre,ce sorcier,ce démon d’ou ns devrions faire attention ,beaucoup réfléchir avant de le chasser du pouvoir. REFUSONS mtnt ts ce qu’il ns distribue coe tee-shirt,pagnes, casquettes et autres………….. pr éviter que ce démon aussi soit en ns.

  3. colombo dit :

    Je suid dubitatif

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