AFRIQUE CENTRALE : 12è session ordinaire de la Communautaire Economique et Monétaire de Etats de l’Afrique Centrale

Logo-Ceeac-officiel-pngLa 12è session ordinaire des chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) s’est tenue dernièrement à Libreville au Gabon en date du 6 mai 2015. Le communiqué final de cette rencontre a immédiatement autorisé la libre circulation des citoyens de la sous-région dans les six pays qui constituent l’espace CEMAC. Aussi la sous-région aurait beaucoup à gagner si cette décision pourrait être bien gérée par les gouvernants de ces pays.

La liberté de circulation des ressortissants de la sous-région de l’Afrique centrale décidée par les six chefs d’Etat de la CEMAC peut être considérée comme un atout important pour le développement social, politique et surtout économique en Afrique centrale. Aussi, doit-elle être accompagnée des mesures réfléchies et soutenues par les six Etats regroupés au sein de la CEMAC qui regroupe le Congo, le Gabon, le Tchad, le Cameroun, la Centrafrique et la Guinée équatoriale. Cette décision doit être mise en œuvre en tenant compte des spécificités de chaque pays. Circuler librement dans la zone CEMAC devrait en principe être facilité par certaines réalités sociales qui sont communes à la majorité des pays de la Communauté dont les frontières ont été imposées par la colonisation. La libre circulation au sein de la CEMAC devrait grosso modo concerner le déplacement des populations et des capitaux.

A l’image de l’Union européenne qui a développé ses relations socioéconomiques sur la libre circulation des personnes et des capitaux au sein de l’espace Schengen, les Etats de la CEMAC se seraient-ils plus ou moins inspirés de l’UE ? La liberté de circulation des personnes favorise la connaissance mutuelle entre les peuples. Dans l’espace CEMAC, les populations peuvent se communiquer sans intermédiaire car ayant en partage la langue de l’ancien colonisateur, le français qui aussi pratiqué depuis un certain temps en Guinée équatoriale. Dans cette zone qui compte une multitude de langues véhiculaires (le Sango en République centrafricaine, le Kikongo et le Lingala au Congo Brazzaville et en République démocratique du Congo, le fang au Gabon et en Guinée équatoriale et quelques spécificités arabes au Tchad et dans le nord du Cameroun), l’usage commune du français peut estomper les quiproquos langagiers. Cette libre circulation des personnes réduit l’ignorance et la peur des autres que l’on peut maintenant côtoyer. Et cette cohabitation pourrait annihiler la haine envers l’autre et empêcher certains conflits, particulièrement frontaliers. Aussi, peuvent se concrétiser l’intégration physique et l’aménagement de la sous-région. Pour favoriser la libre circulation des populations, il faut mettre en place des programmes inter-états se fondant sur les échanges d’étudiants et d’enseignants chercheurs pour une découverte mutuelle et réciproque dans le domaine de la culture et de l’éducation. On pourrait aussi développer dans chaque pays le système de famille d’accueil pour faciliter l’intégration socioculturelle des étudiants dans le pays d’accueil. Un pays comme le Cameroun ayant plusieurs universités pourrait par exemple pallier à la pléthore criarde d’étudiants dans un pays comme le Congo qui ne compte qu’une seule université. En circulant librement au sein de la CEMAC, les citoyens pourraient faciliter aussi la circulation des idées à travers les rencontres interprofessionnelles, universitaires et parfois intergouvernementales. Ces rencontres peuvent en outre permettre une sorte d’évaluation et d’apprentissage mutuel dans le domaine sensible qu’est la politique.

A propos de l’économie, tous les échanges sont facilités par une monnaie commune, le franc CFA qui favorise aussi la libre circulation des capitaux qui s’avère un atout dans les relations commerciales entre les différents pays de l’espace CEMAC. La libre circulation des capitaux favoriserait inéluctablement le flux des échanges commerciaux entre les Etats et le commerce intracommunautaire. Avec la libre circulation des capitaux, se réalise une interdépendance économique qui, en principe, devrait atténuer les tensions sociales et politiques entre les pays avec les défis de la Gouvernance et l’amélioration de l’environnement des affaires. Mais toute cette politique de libre circulation devra être accompagnée de mesures qui devraient obligatoirement favoriser l’interrelationnel dans ces pays où la fibre patriotique est souvent source d’élan xénophobe.

Favoriser l’éducation civique des populations, lutter contre certaines antivaleurs comme le favoritisme, le népotisme, la corruption, l’ethnicisme qui sont monnaie courante dans ces pays de la sous région de l’Afrique centrale. Favoriser l’éducation civique des populations devrait être le leitmotiv des gouvernants des pays de l’espace CEMAC. Aussi, cette libre circulation des personnes et des capitaux ne serait plus à l’origine des conflits entre les Etats qui sont souvent provoqués par l’analphabétisme politique des larges masses populaires comme on l’a constaté dernièrement en Afrique du Sud.

Noë Kodia, critique littéraire et analyste pour Libre Afrique

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2 réponses à AFRIQUE CENTRALE : 12è session ordinaire de la Communautaire Economique et Monétaire de Etats de l’Afrique Centrale

  1. le fils du pays dit :

    J’accepeterai d’entendre par de l’economie ou de la zone monetaire quand cette zone aura instaurer sa propre et arrete d’user la monnaie (d’esclave) francaise imprimee a cote de clermont ferrand.Cette monnaie d’esclavage qui dure plus de 50 ans.Il est grand temps de s’en separer.Jusqu’a quand allez vous continuer a etre esclaves de autres peuples.La france qui casse les cacahuetes sur notre dos depuis des siecles ne vit que de vous.Il est temps de mettre un stop a cela

  2. macktchicaya dit :

    ANALYSONS

    La libre circulation des populations , des capitaux et biens est un fondement essentiel de la solidité des états autour des ensembles régionaux. Si l’union européenne connait des problèmes d’ordres spécifiques dus à la non intégration de certaines couches populaires à l’idée et à la philosophie de l’Europe unifiée il est des comportements au sein de cet ensemble qui laissent perplexes les décideurs des nations fortes au sein de ce groupe. Je veux dire en clair les roms et tziganes posent encore des difficultés car souvent n’entrant pas dans les règles administratives puisque se déplaçant souvent. Mais aussi il ya un aspect auquel les membres de cet ensemble ignoraient à l’entrée de certains pays dans l’union, le fait économique partout n’étant pas le même ceci a conduit à l’affaiblissement de certaines économies de la zone euros, à ceci ajoutons le fait démographique car il ya des pays qui ont un taux démographique élevé mais très élevé et qui pose un problème crucial quant à l’intégration des couches pauvres dans l’union par les pays nantis. L’insécurité et la criminalité, les groupe mafieux qui circulerons partout comment au sein de la zone CEMAC ces fléaux seront-ils contenus?

    Les KULUNA, les coupeurs de routes, les fossoyeurs de monnaies et trafiquants de tous genres seront gérés comment et avec quelle police? D’où l’idée de ne pas se précipiter et d’abord former au sein de chaque pays des policiers responsables instruit aux règles nouvelles de la mondialisation. Les économies africaines dans leurs ensembles ne produisent pas déjà suffisamment, et d’ailleurs l’autosuffisance alimentaire devient comme un rêve sinon une utopie, comment alors nourrir des populations qui viendraient d’ailleurs? dans un pays où chacun vit avec au moins 1 dollars par jour?

    Un exemple simple: en RDC Kinshassa la population urbaine à kin avoisine plus de 25 millions d’habitants, dont la plus part constitué de jeunes désœuvrés et comme à Brazzaville (rive voisine) le taux de chômage est de 22% de la population active si par exemple un afflux d’immigration arrive au fil du temps (sachant qu’à Brazzaville la population est d’à peine 2 million, 100) pour les besoins économiques et vitaux ce qui est normal comment le gouvernement actuel prendra -t-il la mesure de réguler cela? si déjà il n’arrive pas à trouver de l’emploi pour ceux qui y habitent depuis? La CEMAC est une idée géniale mais je pense que les moyens de cette politique n’est pas plausible et il est trop tôt pour ma part de laisser la raison à l’imitation pure et simple. Aucune politique urbaine n’est entreprise pour l’accueil de tous ces migrants qui viendraient par ce truchement, et à la fin l’on assistera à des conflits.

    Au Gabon voisin ce sera pareil aucune infrastructure n’est faite de manière à écurée ceux là qui arriveront vers des zones habitables, le risque sera que les ghettos pousserons encore et finalement l’on attribuera la faute à l’étranger nouvellement arrivé. C’est en ces termes que nos gouvernement fonctionnent et toujours dans l’improvisation pour dire qu’en Afrique ils atteignent le niveau de développement de l’Europe. Mimé c’est bien mais il faut au préalable mettre des bases et affirmé les moyens de votre politique. Tant que les règles ne sont pas claires et les moyens mise en oeuvre n’allons pas précipitamment à l’ouverture anarchique des frontières. Je suis pour la régulation des flux à partir des passeports de la cemac oui mais en y déterminant le temps de la visite (3mois).

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