Franc-maçonnerie et Françafrique, un cocktail détonnant pour l’Afrique. René MAVOUNGOU PAMBOU

sassouDe prime abord il convient de signaler que cette réflexion est née de la nécessité, devenue à la fois pressante et obsédante, de rétablir quelques vérités sur un sujet dont la connaissance fait cruellement défaut au plus grand nombre. En effet, cette démarche est perçue comme une nécessité impérieuse au regard des conséquences pour le moins pernicieuses qu’induisent les relations entre la France et ses anciennes colonies, au travers de la Franc-maçonnerie et la Françafrique. Celles-ci étant, au demeurant, perçues comme un périlleux et redoutable héritage de la barbarie coloniale, quand elles ne sont qu’un véritable succédané du colonialisme. Bien évidemment cette réflexion m’a été inspirée après avoir visionné une vidéo sur la Franc-maçonnerie.

La vidéo dont le lien figure en bas de ce texte nous fournit la preuve tangible de l’implication des chefs d’Etats africains, dont Denis Sassou Nguesso, dans la Franc-maçonnerie. Ma profonde conviction sur cette secte élitiste, au-delà de son idéologie ou sa philosophie, est telle qu’elle représente l’un des mécanismes, et non des moindres, de la domination des Africains et surtout de la pérennisation du néocolonialisme dans les pays du pré-carré français en Afrique. La Franc-maçonnerie constitue un maillon puissant de la Françafrique (véritable nébuleuse des rapports incestueux entre la France et ses anciennes colonies). L’influence de la Franc-maçonnerie en Afrique est considérable, non seulement dans la sphère politique et affairiste, mais également dans le domaine humanitaire. Voilà ce qu’en disent Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre dans leur livre intitulé Les frères invisibles : “La maçonnerie est devenue un instrument de puissance pour les dirigeants africains…Mieux encore que la tribu, elle permet de quadriller un territoire. A défaut de légitimité, la maçonnerie apporte un semblant de cohésion aux hiérarchies parallèles. Surtout elle maintient le lien avec l’ancienne puissance coloniale. Et c’est pourquoi elle doit être cachée.” On est davantage édifié par l’ex premier ministre Jean-Pierre Raffarin, quand il avouait : “Jamais je n’aurais pensé que les francs-maçons étaient aussi puissants.” Ceci est d’autant plus vrai que la Franc-maçonnerie constitue quasiment un Etat dans l’État.

Quant à la Françafrique, François-Xavier Verschave, journaliste économique, désigne par ce terme les réseaux souterrains qui unissent la France à l’Afrique. Dans son livre intitulé La Françafrique, le plus long scandale de la République, il définit la Françafrique comme “une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’aide publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie.”

La Françafrique désigne donc une politique de clientélisme entre les élites politiques et économiques afin de tirer bénéfice du partenariat Françafrique. Corruption, marchandage, soutien de coups d’État, aide à la fraude électorale ou tripatouillage des élections contre l’exploitation de matières premières sont les caractéristiques de la Françafrique. Il est de notoriété publique que de nombreux dictateurs africains sont soutenus et protégés par la France. Des accords secrets, des soutiens militaires directs ou indirects, des financements occultes sont négociés entre la France et des dictateurs. L’objectif pour la France est politique et économique : maintenir une sphère d’influence importante en Afrique (déterminant par exemple pour les votes à l’ONU) et piller les matières premières. A ce système se sont greffés des réseaux de corruption qui permettent à certains dirigeants politiques ainsi que des dirigeants d’entreprises de s’enrichir. Mais les dérives mafieuses de la Françafrique sont d’autant plus pernicieuses et avérées que celle-ci est assimilée à une pègre. Ce qui lui vaut à juste titre le nom, plus évocateur, de Mafiafrique. Ceci est d’autant plus indéniable que ses activités criminelles sont couvertes par une omerta.

Il convient cependant de signaler que fondamentalement la bienfaisance est l’un des moyens d’action de la Franc-maçonnerie. Elle encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l’humanité. C’est ainsi que la Franc-maçonnerie s’est assignée comme but de travailler à l’amélioration spirituelle et morale de l’être humain. De toute évidence ce noble dessein semble être dévoyé sur le continent africain où les maçons, encore appelés frères de lumière, toutes obédiences confondues, se comportent comme des hors-la-loi. De connivence avec les potentats et roitelets africains, inféodés sinon en intelligence avec la France, ils se rendent coupables des exactions et crimes indicibles. Les frères de lumière et les éminences grises françafricaines se sont manifestement constitués en un syndicat du crime, foulant au pied les libertés individuelles et publiques, méprisant la dignité humaine et surtout cette chose aussi sacrée qu’est la vie humaine. C’est assez extraordinaire de voir comment les grands maîtres des loges maçonniques françaises cautionnent l’autoritarisme outrancier, la délinquance en col blanc, les exactions en tous genres et les actes de crapulerie dont les populations africaines sont victimes de la part de leurs dirigeants.

En en effet, l’influence grandissante de la Franc-maçonnerie et la pérennisation de la Françafrique tiennent au fait que la France n’a jamais fait le deuil de son empire colonial. Doit-on ignorer que ce pays a bâti sa prospérité sur le sang des Noirs ; les sinistres périodes de l’esclavage, de la traite négrière et de la barbarie coloniale en témoignent. Aujourd’hui la France est plus que jamais déterminée à pérenniser cette ignoble et machiavélique logique. Les moyens ont certainement changé, mais le but visé reste le même. Aux yeux de la France, les pays de son pré-carré sont indéniablement des États-colonies. Ceci est d’autant plus vrai que Claude Cheysson concédait : « La politique africaine de la France ne fait pas partie de la politique étrangère, mais plutôt un élément de la politique domestique élyséenne.» En effet, une constante de cette politique néocoloniale réside dans le maintien au pouvoir, dans les pays du pré-carré, des dictateurs et tyrans sanguinaires inféodés aux vues d’une puissance étrangère. C’est absolument absurde et déroutant ! Devant une telle façon de faire, la prétendue douce France a intérêt de se regarder elle-même, qu’elle tire les conclusions et surtout qu’elle cesse de donner des leçons à autrui, car elle est loin d’être digne d’humanisme.

Il est cependant aisé de poser que la France est foncièrement nuisible à l’Afrique tant la tutelle prédatrice et criminogène qu’elle s’acharne à pérenniser en Afrique ne s’accommode guère avec le développement ; aussi le préalable au déclenchement du processus de développement socio-économique consiste en la fin de toute tutelle néocoloniale. Il s’avère dès lors impérieux de s’affranchir du règne de la tyrannie, de l’oppression, de l’arbitraire, de l’asservissement et surtout du mépris déshumanisant et rétrograde que la France affiche à l’endroit de l’homme noir. C’est justement à cet effet qu’il convient de signaler que récemment, en dépit de nombreuses victimes à l’arme automatique, l’effroyable tyran sanguinaire Sassou Nguesso venait de jouir d’une caution inespérée de la part de François Holande quant à la modification de la constitution, en vue d’une présidence à vie. On ne peut qu’avouer notre incompréhension de voir le président français, soutenir contre toute attente, un criminel notoire qui pratique le terrorisme d’Etat contre son propre peuple. A l’évidence, Sassou Nguesso est honni et vomi par le peuple congolais. Le désamour de celui-ci à l’endroit de l’usurpateur, de l’imposteur hors-la-loi et bourreau du peuple est tel qu’il y a une fracture sociale avérée. Pour ce faire, Sassou Nguesso est plus que jamais un homme du passé et sa présence à la tête de l’Etat ne se justifie plus. En outre, il a sans état d’âme, dévoyé et désacralisé la fonction présidentielle au moyen du parjure, de la forfaiture, et d’une flagrante violation de la constitution, sans compter les crimes de sang et économiques. Tout ceci constitue une haute trahison envers la patrie. En conséquence, il mérite amplement la peine d’indignité nationale.

Nkurunziza-Sassou (deux criminels notoires)

Nkurunziza-Sassou (deux criminels notoires)

La pérennisation de la françafrique et surtout la montée en puissance de la Franc-maçonnerie en Afrique sont d’autant plus inquiétantes que les maçons, au sommet des Etats, ont la conscience engluée par le sang des innocents et impliqués dans des affaires de corruption et de biens mal acquis. Il y a lieu cependant de souligner le contraste flagrant entre les actes crapuleux des maçons et les principes de la Franc-maçonnerie. En effet, celle-ci est considérée comme une société secrète essentiellement philanthropique, philosophique et progressiste. Elle a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. Elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Mais en dépit de la vocation spéculative – c’est-à-dire philosophique – de la Franc-maçonnerie, son idéologie principale a toujours été les Lumières souvent mêlée de mysticisme ésotérique et de passion pour l’occulte.

Au vu des agissements des francs-maçons en Afrique, on est en droit de se poser la question de savoir s’ils adhèrent vraiment à l’idéal intrinsèque sinon aux valeurs prônées par la Franc-maçonnerie. Il convient de noter que si ces nobles et louables principes sont observés ailleurs, en Afrique ils sont loin de l’être. Aussi profondément humanistes que soient les préceptes maçonniques, il n’en demeure pas moins vrai qu’en Afrique les maçons se comportent comme des hors-la-loi. Les dirigeants africains, fréquentant les colonnes du temple, après s’être ligotés avec le serment maçonnique ne s’encombrent guère de scrupules pour le battre en brèches. Sinon, comment alors comprendre autant de crimes humains et cette criminalité économique endémique qui grèvent respectivement le capital humain et entravent le développement socio-économique de nombre de pays. Le fait que nombre d’autorités africaines soient à la fois des éminences grises de la Françafrique et passés « sous le bandeau », en franc-maçonnerie, peut se comprendre dans le sens que leur cooptation dans ces structures est non seulement un excellent ascenseur social, mais aussi un moyen, non des moindres, pour pérenniser le pouvoir dictatorial, tyrannique, oppressif et surtout servir les intérêts de la France.

En somme, la Franc-maçonnerie et la Françafrique constituent indéniablement le cheval de Troie, le plus sûr, de l’impérialisme français en Afrique. En d’autres termes on dira qu’elles sont les mamelles dont se sert la France pour pomper l’Afrique. Elles sont à l’évidence, le domaine de toutes les compromissions et de tous les coups tordus, un espace protégé où l’impunité est assurée aux puissants. La France pétrie d’une culture impérialiste séculaire et tributaire de son passé colonial est l’expression des réminiscences coloniales qui consistent à maintenir les ex pays colonisés à sa remorque, mieux sous sa domination. La rapacité meurtrière de la France est telle qu’elle jouit non seulement d’un droit de regard et de contrôle des pays sous sa tutelle, mais elle fait et défait volontiers les pouvoirs. Ceci dans l’unique dessein de poursuivre l’œuvre de prédation et de vampirisation des États.

L’Afrique subit la Franc-maçonnerie et la Françafrique à la manière d’un boulet qui la fait inéluctablement sombrer dans les abysses. Après la ponction esclavagiste, le pillage des ressources naturelles, pendant la période coloniale, ayant contribuées au développement de la France ; celle-ci entend poursuivre son enrichissement au dépend des Africains. Ceci est d’autant plus vrai que les ex colonies françaises sont placées sous un esclavage financier qui sous-tend une domination et une exploitation économiques éhontées. Tout ceci est régi par un impôt colonial caractérisé par une monnaie anachronique d’inspiration nazie, le francs CFA, imposée unilatéralement à 15 pays du pré-carré français depuis 1945. Cela fait donc 70 ans, jour pour jour, depuis que la France, sans état d’âme, vole, pille et dépouille les pays africains de leurs économies et participe activement à l’appauvrissement des Africains. Au regard de cet état de fait, il ne serait donc exagéré d’affirmer que la France, parée de sa réputation de pays des Lumières et des droits de l’homme, est viscéralement raciste et négrophobe. On ne peut qu’être dépité et réduit à relever un tel paradoxe sur fond d’escroquerie intellectuelle sinon d’hypocrisie spécieuse à la française!

En somme, les Africains sont assez matures pour dire non à la logique des massacres récurrents, du pillage des matières premières, de la destruction des économies, et de la paupérisation que leur impose le duo explosif Franc-maçonnerie/Françafrique, véritable pègre incrusté au cœur des États. Mais faudrait-il encore qu’ils se donnent les moyens d’une telle entreprise. Ceci réside dans la réappropriation de leur liberté compromise ; tout en sachant que celle-ci ne s’acquiert pas à coup de décret ni par un quelconque élan de mansuétude des bourreaux et prédateurs de tous bords, mais plutôt se conquiert de haute lutte. Les Africains ont de bonnes raisons de lutter en vue de l’aboutissement de cet idéal. Il n’est de noble et juste cause pour un peuple que de s’assigner la mission historique de recouvrer sa liberté et de prendre son destin à bras le corps. Recouvrer la liberté doit être perçu comme un impératif sinon devoir de la plus haute importance. C’est en effet une question de conscience collective et de responsabilité individuelle, d’autant plus que c’est le destin du peuple noir qui est en jeu. L’Afrique francophone a plus que jamais besoin d’une véritable indépendance dont tous fils et filles, épris de paix, de justice, de liberté et de dignité jouiront pleinement les effets.

C’est pourquoi l’on ne saurait se résigner à subir indéfiniment et passivement le joug néocolonial d’une France impérialiste et prédatrice. Aussi, il s’avère impérieux pour tous les Africains francophones de se ressaisir. Étant donné le fait qu’ils sont tous embarqués dans le même bateau, le naufrage sera collectif et l’option d’un sauvetage individuel est à proscrire. En face du cocktail détonnant que représentent la Franc-maçonnerie et la Françafrique, il sied de prendre conscience de l’ampleur du mal, de faire bloc et de s’engager ipso facto dans la titanesque lutte de la conquête d’une indépendance véritable et durable.

 

René MAVOUNGOU PAMBOU

 

Combattant de la liberté et leader d’opinion

Unis Pour le Congo

Secrétaire chargé des questions éducatives et socio-culturelles

Diffusé le 28 décembre 2015, par www.congo-liberty.com

Notes Bibliographiques

http://www.congo-internet.com/dossiers/dossiers.php?val=1060_video+franc-maconnerie+secte+ou+religion+

Ghislaine Ottenheimer (G.) & Lecadre (R), Les frères invisibles, Paris, Albin Michel, 2001.

Verschave (X.-F.), Noir silence, Paris, Les Arènes, 2000.

Verschave (X.-F.), La Françafrique, le plus long scandale de la République, Paris, Ed. Stock, 2003.

Verschave (X.-F.), De la Françafrique à la Mafiafrique, Paris, Ed Tribord, 2004.

Verschave (X.-F.) & Hausser (P.), Au mépris des peuples. Le néocolonialisme Franco- africain, Paris, Ed. La fabrique, 2000.

Tobner (O.), Du racisme français, quatre siècles de négrophobie, Les Arènes, 2007.

Le cadeau empoisonné de Denis Sassou-Nguesso au G∴O∴D∴F

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20 réponses à Franc-maçonnerie et Françafrique, un cocktail détonnant pour l’Afrique. René MAVOUNGOU PAMBOU

  1. OYESSI dit :

    Long texte qui ne s’adresse qu’aux intellectuels eux mêmes candidats à la Franc maçonnerie et très souvent franco congolais.

    Commençons par refuser de continuer à être colonisés en n’acceptant pas d’être français. Comprenons ensuite qu’adhérer à la franc maçonnerie c’est faire partie d’une association des malfaiteurs.

    Notre salut ne viendra pas de ces intellectuels véreux qui naviguent entre le pouvoir, la franc maçonnerie qu’ils savent bien être l’un des plus grands pans de notre maintien dans les bras de la france.

    Ceci dit et bien démontrer dans ce texte, que tous les franc-maçons qui veulent de la démocratie au Congo sortent de la franc maçonnerie en laissant aux valets de la France le soin de continuer à gérer la colonie jusqu’au jour où le peuple se revoltera pour libérer le Congo.

    Pour le moment, le congolais lambda ne maitrise pas ces histoires de franc maçonnerie et n’est politiquement pas mur pour pouvoir comprendre les arcades de cette nébuleuse aux bras longs qui ne profite qu’aux politiciens intellectuels.

  2. VAL DE NANTES ET FRANZT FANON dit :

    Les liens incestueux tissés par la mère colonialiste ,la FRANCE et les pays africains ,sont marqués sur le sceau de l’exploitation sinon de la vampirisation du sang africain et de façon éternelle .Notre salut ne viendra que d’une exploitation rationnelle de notre matière grise .
    Sommes nous capables de transformer nos matières premières en valeur ajoutée ?.
    Si la réponse est oui , c’est le début de notre émancipation vis à vis de la FRANCE .
    Valeur ajoutée , c’est le produit fini extrait de la matière première .
    EXEMPLE ; un meuble est la valeur ajoutée du bois .
    Essayez d’étendre cet exemple à nos matières premières dites stratégiques , et vous en déduirez que , depuis l’acquisition de nos indépendances que nous sommes vraiment idiots ,et la France en rigole .
    ALLONS NOUS , NOUS DEVELOPPER en utilisant nos propres langues , du FRANZT FANON PEUT ETRE .

  3. macktchicaya dit :

    « TANT QUE L’AFRICAIN NE SE SAISIRA PAS DE SON IDENTITÉ RIEN NE LUI SOURIRA SOUS LES TROPIQUE » Il restera définitivement l’esclave moderne au service des maîtres de ce monde, car disait donc Sarkozy : « l’homme africain n’est pas encore assez entrer dans l’histoire » c’est cela la vraie problématique celle de toujours attendre que vienne vers nous le bon dieu, mais il faut aller le chercher je pense comme les autres le font,,,,,,,,

    Si nous continuons à vivre au gré du temps rien ne viendra à nous mais par contre tout sortira toujours de notre continent: (les matières premières) ,,,,,la raison restera Hélène et l’émotion noire dixit Senghor

  4. Kokolo Zassi Joseph dit :

    @Oyessi, ce texte n’est pas assez long pour mettre à nu un système, bien qu’ayant eu dans son histoire des objectifs nobles, qui en Afrique et peut être ailleurs, est devenu une secte de basses manœuvres où l’on trouve à la fois des esprits de qualité, des cancrelats, des criminels, des fous. Tous ces gens assoiffés de réussite facile et de pouvoir, pensent qu’ils doivent intégrer cette maison devenue obscure pour parvenir à leurs fins. Ne vous étonnez pas si vous constatez l’inertie, les intrigues, les faux-semblants que nous servent à la fois le pouvoir et la supposée opposition. Ils sont tous dans la même boîte noire qui leur offre sécurité et tranquillité, et miroite une belle réussite. Ne pas le comprendre c’est accepter d’être le plus idiot de tous. Le dire n’est pas non plus une révélation. Donnez-moi le nom d’un seul ministre congolais qui n’en fait pas parti ou qu’il se présente de lui-même ici. Et lorsqu’on sait qu’ils ont tous le même père : le tyran 1er, allez-y comprendre… Les africains en général et l’élite congolaise en particulier doivent œuvrer afin de couper tous les cordons ombilicaux qui nous régressent, et ils sont nombreux. Cela suppose une vraie révolution culturelle très ambitieuse. Sinon, on sera des gens qui se chercheront toujours sans savoir ce qu’ils cherchent….

  5. Joseph KOKOLO ZASSI dit :

    Lire « partie » et non parti.
    J’ajouterai que les candidats aux miroirs des alouettes sont de plus en plus nombreux au portillon. On les trouve partout, dans la société civile, le milieu des affaires, voire chez les chômeurs. C’est une épidémie qui ne sera pas facile à éradiquer… si jamais cela devient un objectif.

  6. marché total dit :

    @ Kokolo Zassi,

    Merci pour ton post, juste pour vous compléter, il faut dire que pratiquement tous les militants politiques de la diaspora en délicatesse avec notre tyran sont aussi adeptes de la maçonnerie. Sassou a réussi à leur faire croire par le biais d’autres opposants qu’il fallait être maçon pour avancer en politique, mais surtout, pour ne pas être liquidé, sous prétexte qu’un maçon ne peut pas tuer un autre maçon. mais Sassou n’est pas un idiot car il n’a que faire de la maçonnerie qui ne lui sert que d’un instrument de contrôle de ces ânes bâtés que ce sont les intellectuels congolais « même les plus jeunes ». Ils oublient que Sassou ne tient pas son pouvoir de la maçonnerie, mais de la mafia françafricaine, car il n’était pas maçon sous son 1er règne de 1979 à 1992.

    @ Mavoungou Pambou,

    Très beau texte, continue ainsi cher frère !

  7. MANDELO dit :

    Bonjour à tous et toutes qui lisez cet article.
    Je conseillerai d’abord (s’il l’accepte bien) à Mr René MAVOUNGOU PAMBOU, d’etre très prudent dans ce qu’il interprète à travers les lectures et les notes bibliographiques. Fasse ses propres recherches afin qu’il ait une opinion d’abord personnelle ensuite la confronter celle des autres. Pourquoi ne pas regarder le monde avec ses propres yeux que ceux des autres.
    Ceux qui écrivent ne sont toujours pas plus connaisseurs que lui. Ils peuvent souvent passer à coté de la plaque. Pensez-vous que quelqu’un qui n’est pas Franc-maçon puisse vous parler objectivement de ce qu’est la Franc-maçonnerie?
    Cette institution qui n’a toujours pas été épargné par les dictatures à fait ses preuves à travers le temps et tout le temps. Dommage que nous ne retenons que ce qui est mauvais, et pourtant du fait de l’homme dans sa méchanceté et son égoisme. Car ce qui est enseigné est plus que noble. Et l’homme avili cela comme pour les enseignements de l’église
    N’avez vous jamais vu quelqu’un sortant de la messe (après avoir écouté le pretre rappeler les 10 commandements et répéter  » aimez-vous les uns les autres), commettre des actes barbares ou répressibles? En cela, doit-on dire que c’est la faute de l’église?
    Le politique Congolais ( pas tous heureusement) va à la FM pour assouvir ses ambitions. Les enseignements, les principes et les objectifs nobles de celle-ci, il n’en a que cure.
    Si nous parlons et condamnons la Françafrique parce que les choses ne marchent jamais chez nous; puisque nous avons une classe politique nulle et ville. il y a des pays Africains Francophone tel le Bénin qui ne pointe pas du doigt ses institutions.
    – Le Congo a eu l’indépendance: qu’en avons fait?
    – Le Congo a fait la révolution: avons nous été des bons révolutionnaires? comptez le nombre des morts
    – Le Congo a opté la démocratie en 1991: ne l’avons nous pas transformé en démoncratie?
    Que diantre avons nous déjà fait de bon? si ce n’est que tacher tout ce que nous touchons.
     » on ne pose pas de la boue sur un linge propre ». Soignons nos esprits, nos tetes, essayons d’etre propres ainsi les autres ne nous marcherons pas dessus.

    Très cordialement

  8. Joseph KOKOLO ZASSI dit :

    @Mandela, Vous dites : « Je conseillerai d’abord (s’il l’accepte bien) à Mr René MAVOUNGOU PAMBOU, d’etre très prudent dans ce qu’il interprète à travers les lectures et les notes bibliographiques. »
    Pensez-vous que monsieur Mavoungou Pambou René n’a pas suffisamment de maturité pour avoir un jugement mesuré de ce qu’il avance ? D’autre part, vous l’invitez « d’être très prudent », ce qui peut s’interpréter comme une menace voilée. Comme je le disais plus haut, les objectifs de cette institution ont été dévoyés au nom de l’affairisme. Il faut aussi le dire. Aujourd’hui nous avons de la violence partout sur la planète. Et lorsqu’on regarde de très près, les peuples qui se battent ou s’entretuent se disent tous enfants de dieu. Comment pouvez-vous comprendre qu’un monde truffé des soi-disant croyants puisse faire l’objet d’autant de destructions ? Donc, toutes ces maisons de prières ou de réflexions ne sont pas toutes pour le bien-être humain, elles y sont pour le pouvoir, toujours le pouvoir, l’argent, la belle femme, la belle villa, la belle voiture, beaucoup de fanatiques, etc. Les belles paroles qu’elles propagent ne sont que des jeux de séduction pour avoir le maximum d’adeptes, des soumis. Il faut le dire, sinon il n’y aurait pas eu de guerres meurtrières au Congo. La religion ou la franc-maçonnerie ne sont que des marche-pieds pour assouvir le désir de puissance. Les valeurs de ces deux maisons sont, de nos jours, du ressort académique et des nostalgiques d’un monde meilleur qui n’a jamais eu lieu et qui ne viendra jamais. C’est dur de dire ça mais c’est la triste réalité. Il faut se battre pour se débarrasser de l’opium des peuples… Vous faites peut-être partie de ces adeptes d’un monde meilleur pensé par ces maisons. Je prône la même chose mais en réfléchissant par moi-même, après avoir analysé et compris les causes du naufrage actuel.

  9. VAL DE NANTES ET SENGHOR LE SORCIER dit :

    @mactchikaya La mésentente entre ABDOULAYE WADE ET SENGHOR ne découle seulement pas , des antagonismes politiques , mais ;elle trouve aussi son explication au travers d’une phrase, sous forme d’un terrible aveu , d’impuissance intellectuelle .
    En voici , la terrible teneur ; LA RAISON EST HELLENE ET L’EMOTION EST NEGRE ;
    cette phrase inscrite sous forme d’épitaphe , sur les pays africains noirs , reste actuelle .On se demande , comment un africain peut maudire tout un continent , par cette phrase auto raciste ,laquelle aucun africain de quelque calibre qu’il soit , n’a osé démentir .
    WADE , ayant collectionné des diplômes, comme des jouets , s’en prît violemment à SENGHOR
    pour avoir prononcé cette phrase honteuse, qui frisa l’injure à la race noire .
    Car WADE ET ANTA DIOP deux demi dieu africains ;nantis des divers diplômes , scientifiques et sciences humaines , à eux deux , on totalisait plus de 20 à 30 diplômes .LE SENEGALAIS EST INTRESEQUEMENT INTELLIGENT , tous les africains en conviennent .
    LA RAISON EST HELLENE est ventilée de la façon suivante .LE MOT RAISON EXPRIME LA SCIENCE LE MOT HELLENE EXPRIME L’ ORIGINE ; cette phrase veut dire que, le berceau de la science est LA GRECE ; (hellene ) symbolisé, par les savants DEMOCRITE , SOCRATE etc
    quand à L’ émotion est nègre , c’est la caractéristique , a- scientifique de l’homme noir plus porté à la jouissance irrationnelle qu’à l’élévation de l’esprit rationnel .
    SEUL ANTA DIOP tenta de contredire SENGHOR , au travers de ses recherches égyptologiques en attribuant le berceau de l’humanité à l’AFRIQUE , ce fut le dernier pied de nez fait à l’homme blanc , par le sacré CHEIK ANTA DIOP .
    Quand à WADE , après avoir dirigé le SENEGAL , sans réel développement industriel il s’est résolu à quitter le pouvoir la queue entre les pattes , lui qui croyait, en ses qualités intellectuelles
    sortir le SENEGAL du sous développement , en est toujours, à vendre sa matière première qu’est l’arachide .Depuis il a dû donner à SENGHOR , une raison posthume .
    Notre pays, sous le magistère de cet idiot de SASSOU , justifie pleinement, la sentence d’outre tombe prononcée, il y a plus de 60 ans par le grammairien, SENGHOR .
    Avec des milliards , issus des recettes du pétrole , notre pays sous SASSOU est capable de vendre la moindre brouette made congo Brazza , sur le marché de la cemac , un machin fantasque heureusement , sinon , quelle HONTE ;
    CETTE MALECDICTION SENGHORIENNE NOUS POURSUIT, ET AMPLIFIEE PAR L’ IDOIT SASSOU.

  10. Mfoa dit :

    La décadence de l’homme NOIR est le fruit de son aliénation… Les hébreux ont prié, il leur a été envoyé Moïse… Le septentrion donc les européens plus particulièrement les romains ont prié, il leur a été envoyé Jésus que Dieu aurait sacrifié pour laver leurs péchés… Les arabes ont prié, il leur a été envoyé un prophète… Bref, les noirs priaient qui depuis 7 millions d’années?… L’escroquerie est déjà prétendre de parler au nom de dieu. Toutes ces religions et leurs enfants rose-croix, franc-maçonnerie… Sont tout simplement la forme la plus aboutie de l’esclavage et la plus subtile de la colonisation… Tout le monde le sait, sauf nous nègres avec nos excuses, notre naïveté, et notre soumission… Nous ne sommes pas unis, organisés et disciplinés car la colonisation a instillé un cancer plus grave en nous: le TRIBALISME qui a été acté avec le partage de l’Afrique à Berlin novembre 1884 et février 1885 sans respecter les airs culturels que nous avons validés avec l’INTANGIBILITÉ des frontières et à l’ONU et à l’UA… Bref, nous côtoyons la France depuis le 14ème siècle et qu’avons-nous gagné?: ESCLAVAGE, COLONISATION et NÉOCOLONISATION bien matérialisé avec le FRANC des COLONIES FRANÇAISES D’AFRIQUE rejeton de la françafrique… En 1997 TOTAL-ELF s’est mué en entreprise MERCENAIRE en transportant et livrant des armes à un homme pourtant battu aux élections de 1992 où il a obtenu moins de 17%… Un passage à Paris et le 1er ministre et son président valident son COUP D’ÉTAT CONSTITUTIONNEL… Alors, avons-nous tout compris ou il nous faut un DESSIN?

  11. Joseph KOKOLO ZASSI dit :

    Mfoa a écrit « La décadence de l’homme NOIR est le fruit de son aliénation… Les hébreux ont prié, il leur a été envoyé Moïse… Le septentrion donc les européens plus particulièrement les romains ont prié, il leur a été envoyé Jésus que Dieu aurait sacrifié pour laver leurs péchés… Les arabes ont prié, il leur a été envoyé un prophète… Bref, les noirs priaient qui depuis 7 millions d’années?… L’escroquerie est déjà prétendre de parler au nom de dieu »… Heureusement qu’il y a encore quelques noirs qui sortent du lot et comprennent suffisamment bien les sources des malheurs qui s’abattent sur la communauté tout entière. Mais comme nous ne cherchons pas ce qui nous rend singulier dans ce monde, eh bien, il sera difficile de retrouver le sens de notre existence. Nous sommes devenus des musulmans, des chrétiens, des, des, et des franc-maçons. Toute ceci participe à cette aliénation qui n’est pas prête de connaître un début de ralentissement. Merci mon cher Mfao d’avoir touché le cœur des raisons de la déliquescence de l’Homme NOIR. Il faut une révolution culturelle totale menée par les dignes fils de ce continent, ceux qui refusent de troquer leur dignité pour une étoffe ou un bouteille de liqueur ou encore un chèque bancaire. Il faut constituer ce groupe d’Africains à l’esprit noble.

  12. Anonyme dit :

    Tout à fait d’accord avec ce qui a été dit. Oui nous sommes totalement aliénés. Chose positive, c’est que nous en prenons conscience peu à peu. Ce genre de débat était encore rare chez les congolais, il y a encore quelques semaines. A part cela, il faut bloquer pointe noire. Bloquer l’économie des multinationales. Rendre leur business caduque.

  13. H LE TOCARD dit :

    Mon cher René,

    Ta réflexion tombe à pic et est surtout pertinente. Il y a quelques années de cela, j’avais regardé une vidéo sur la maçonnerie, et ce qui m’a frappé, c’est le cas d’Haïti, dans ce pays visiblement la maçonnerie fût introduite dans l’élite de ce pays depuis le début du 19ème siècle, avec des rituels que je qualifierai de folkloriques ( transmission d’énergie entre membres, etc … ), mais quand on voit que la transmission de pouvoir de manière dynastique ( de père en fils) , dans la république a commencé dans cette contrée, et quand on voit ce que Haïti est devenu aujourd’hui, on doit sérieusement s’inquiéter, nous risquons à notre tour de manger des galettes de boue. Je pense que Haïti a servi de laboratoire et ce précepte à été ensuite appliqué aux pays d’Afrique francophones Gabon, Togo, RDC, avec son cortège de misère, de pauvreté, enfin la totale.

    Comme nous n’avons pas d’armes nucléaires pour menacer qui que ce soit ou pour jouer les équilibres de la terreur, nous devons discuter sérieusement avec les français, faire éventuellement des propositions, parce que quand on regarde ce qui se passe dans le monde anglophone, des pays comme la nouvelle Zélande ou le Canada, se développent en autonomie, en restant dans la couronne( Nous devons analyser ce qu’il se passe ).

    Un pays comme l’Algérie, qui a gagné la guerre coloniale, la victoire du peuple algérien a été détournée par le colon en complicité avec les militaires et est devenu, un vrai calvaire, pour eux.

    Donc les africains francophones, doivent réfléchir et proposer quelque chose à la France. On ne peut pas continuer comme ça, ce n’est pas possible, la succession des régimes fantoches à la tête de ces états n’est plus viable.

  14. Diboula ndisou dit :

    Chers compatriotes, apprenons à être fiers lorsque un frère ou une soeur du Congo se donne de la peine d’ecrire pour nous livrer le fruit de son travail. La critique facile sur un travail bien fait comme celui de René Mavoungou ne peut subir la critique facile de certains internautes qui montent vite au créneau pour assainer des coups du genre: être très prudent dans ce qu ‘ il interprète.
    … » je demanderais au compatriote de lire par ex. Un des livre cité celui des deux journalistes Ghislaine et Lecadre il comprendra que Mavoungou n’ interprète absolument en rein le fait de la présence de Loïc Le FLOCH PRIGENT ancien PDG de la compagnie pétrolière ELF, très impliqué dans la délinquance en col blanc et qui se retrouvait à Brazzaville logé par son frère de lumière Sassou…est-ce là une invention pour qu’ il fasse attention à quoi ? Ce livre j’ai voulu détenir un autre exemplaire de plus et je suis allé à la FNAC pour en acheter et l »offri à un beau frère maçon, il m »a été tout simplement dit:qu il été retiré des ventes. Peut- on savoir pourquoi ? Et bien ce livre renferme des vérités si accablantes… Mon frère Mavoungou, que je ne connais pas, je vous félicite pour avoir mis à notre disposition de quoi éguiser notre curiosité intellectuelle.
    Et aux futurst gouvernants du Congo pensez d’inscrire dans notre futur constitution un article portant déchéance sur tout congolais ayant appartenu à cette secte coloniale afin de perpreter la domination de l’homme blanc sur l’homme noir, crime contre l’humanité…

  15. le fils du pays dit :

    Si Fulbert Youlou, a defaut de prendre les armes et chaser la france du Congo avait accepte de signer la supercherie-escroquerie-marche de dupes(les accords qui nous maintiennent la tete sous l’eau) presentee par les tristement celebres racists Jacques foccart(agent de l’empire francais) et le general en carton Charles de gaulle.Si Mr Sassou(valet-pantin-gouverneur noir et serviteur)s’est declare himself de facto valet et serviteur zele de l’empire francais,les jeunes Congolais doivent prendre les armes et suivre l’exemple de l’Algerie qui avait boute la france.A la jeunesse Congolaise,l’heure de prendre les armes afin d’arracher votre liberte est arrive.Il faut prendre les armes pour chasser la legion etrangere francaise(total,bouygues etc) et son valet(Mr Sassou)qui ,tuent,pillent,spolient et detruisent le Congo.Prenez les canons et chssez-les,nettoyez le Congo de vos ancestres.

  16. René MAVOUNGOU PAMBOU dit :

    Le manque d’audace et le refus obstiné de ne pas voir la réalité en face est une posture qui, indubitablement et inéluctablement, entraine l’homme noir à sa perte. N’en déplaise aux partisans des mièvreries et platitudes, la grandeur d’âme commande que le libre penseur consacre la remise en cause de la bien-pensance totalitaire et castatrice de liberté – la dictature de la pensée unique permanente – en vue de l’élèvation l’esprit de l’homme vers une perspective libératrice et progressiste.

  17. Odjouelgba dit :

    Nous nous sommes enfermés dans la matrice coloniale et post coloniale volontairement, par facilité. Nous n’avons pas combattu le colonialisme comme il aurait fallu. Nous en payons encore le prix aujourd’hui. Regardez le FCFA.

  18. Odjouelgba dit :

    Lu pour vous sur cameroonvoice.com

    La France est le seul pays au monde à avoir réussi l’extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie-rien que sa monnaie-dans des pays politiquement libres»

    JosephTchundjang Pouemi, auteur de Monnaie, servitude et liberté : la répression monétaire de l’Afrique

    Introduction
    Le 26 décembre 2015, le franc Cfa aura 70 ans ! D’aucuns pensaient qu’avec la fin de l’empire colonial français, à partir des années 1950, les principaux symboles de cet empire disparaîtraient avec lui. L’exemple du franc Cfa prouve le contraire.

    Le franc Cfa : un des piliers de l’empire colonial français
    L’histoire du franc Cfa est liée à celle de l’empire colonial français en Afrique. A la veille de la deuxième Guerre mondiale, la France avait décidé de renforcer son autorité sur les territoires qu’elle contrôlait outre-mer. C’est ainsi que les décrets du 28 août, et ceux du 1er et 9 septembre 1939 instituèrent un contrôle des changes entre la France et ses colonies d’une part, et entre elle et le reste du monde d’autre part. Ce fut la naissance de la Zone franc. En effet, l’inconvertibilité du franc métropolitain et la mise en place du contrôle des changes délimitèrent un espace géographique à l’intérieur duquel les monnaies demeuraient convertibles entre elles et jouissaient de règles de protection communes vis-à-vis de pays hors de la zone.
    La réforme monétaire du 26 décembre 1945 vit la création des francs «des colonies françaises d’Afrique» (Cfa) et des francs des «colonies françaises du Pacifique» (Cfp). Après les «indépendances», le sigle Cfa deviendra «franc de la Communauté financière africaine» pour les pays membres de la Bceao, et «franc de la Coopération financière en Afrique centrale» pour les pays membres de la Beac. 70 ans après sa création, le franc Cfa apparaît comme le symbole d’une souveraineté confisquée et un obstacle majeur au développement des pays africains.

    La négation de la souveraineté monétaire des pays africains
    Statutairement, la Conférence des chefs d’Etat et le Conseil des ministres des pays africains ont des pouvoirs dans le fonctionnement de la zone Franc et la définition des politiques monétaires. Mais ces pouvoirs sont purement théoriques. En réalité, c’est la France qui décide, en dernière instance, et les pays africains se chargent de mettre en œuvre. Ce fut le cas lors de la dévaluation du franc Cfa en janvier 1994. Ce changement de parité, imposé par la France avec le soutien du Fmi, avait montré que le sort du franc Cfa se décidait ailleurs qu’au Sénégal et au Cameroun, sièges respectifs de la Bceao et de la Beac.

    L’ancien Premier ministre français, M. Edouard Balladur, dont le gouvernement avait imposé la dévaluation, a dit à juste raison que «la monnaie n’est pas un problème technique mais politique, qui tient à la souveraineté et à l’indépendance d’un pays». L’épisode de janvier 1994 a montré que les pays africains n’exerçaient aucune souveraineté sur le franc Cfa, qui n’est pas leur monnaie, mais la monnaie de la France, mise en circulation dans ses anciennes colonies, comme le dit si bien Joseph Pouemi, cité plus haut.

    Le franc Cfa est un obstacle au développement
    Cette absence de souveraineté explique en partie pourquoi le franc Cfa est déconnecté des réalités économiques et sociales des pays africains. L’une des illustrations de cette déconnexion est la politique monétaire de la Bceao et de la Beac, alignée sur celle de la Banque centrale européenne (Bce), dont le credo monétariste donne la priorité à la lutte contre l’inflation.Selon l’Article 8 des Statuts de la Bceao : «L’objectif principal de la politique monétaire de la Banque centrale est d’assurer la stabilité des prix…

    Sans préjudice de cet objectif, la Banque centrale apporte son soutien aux politiques économiques de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), en vue d’une croissance saine et durable.»
    Dans ce passage, on notera avec stupeur que des objectifs économiques et sociaux essentiels, comme la croissance et la création d’emploi, sont subordonnés à la «stabilité des prix», c’est à dire à la lutte contre l’inflation !
    D’autre part, en contrepartie de la «garantie de convertibilité» du franc Cfa par la France, la Bceao et la Beac sont obligées de déposer la moitié de leurs réserves de change auprès du Trésor français.

    Ce qui prive ainsi les pays membres d’importantes ressources financières pour investir dans leur développement. La perte de ressources est aggravée par la fuite des capitaux, rendue possible par la libre circulation des capitaux entre les pays africains et la France, une fuite jugée plus importante par rapport à plusieurs autres pays africains.1
    Au vu de ce qui précède, il n’est dès lors pas étonnant que les pays qui utilisent le franc Cfa soient parmi les plus «pauvres» du monde, selon les classements internationaux.

    L’émergence est-elle possible avec le franc Cfa ?
    Selon les critères de développement définis par les Nations-Unies, 10 des 14 pays utilisant le franc Cfa se trouvent dans la catégorie des «pays les moins avancé» (Pma). Ceux-ci sont caractérisés par la vulnérabilité économique et de faibles indicateurs de développement humain. C’est pour cela que dans les rapports du Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud), les pays de l’Uemoa et de la Cemac sont au bas de l’Indice de développement humain (Idh).
    Ces classements montrent que le franc Cfa n’a pas été un «atout», comme le prétendent de façon mensongère ses partisans. Les pays africains n’ont enregistré aucun des «avantages» qu’il était supposé leur apporter, comme la croissance, les flux de capitaux étrangers ou encore l’intégration sous-régionale. Au contraire, il constitue un des principaux obstacles à leur développement.2

    C’est ce qu’avait compris le premier Président de la Mauritanie, Mokhtar Ould Daddah, dont le pays a quitté le système Cfa en 1972, en faveur d’une monnaie souveraine, l’ouguiya. Il justifiait ainsi sa décision : «Nous savons que nous ne pouvons pas être indépendants économiquement si nous ne battons pas notre propre monnaie, si nous n’avons pas la maîtrise totale de la politique de crédit.»
    Une des ironies de notre temps est que la plupart des pays africains qui parlent «d’émergence» sont des membres de la Zone franc. Le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Sénégal et le Tchad, entre autres, ont leurs plans «d’émergence» ! En vérité, c’est une pure illusion de croire que ces pays peuvent se «développer» en continuant à dépendre d’une monnaie qui n’est pas la leur. L’expérience a montré que les pays qui ont «émergé» ou dits «émergents» ont la pleine souveraineté sur leur monnaie qu’ils peuvent utiliser comme un instrument-clé de politique économique. C’est le cas des «dragons» et «tigres» asiatiques, ou encore des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

    Perspectives
    70 ans après sa création, le franc Cfa reste une des survivances les plus tenaces de la colonisation. Il est temps de le mettre au musée des antiquités et de s’engager dans une voie nouvelle. Certains Africains, qui n’arrivent pas à envisager un avenir en dehors de la France ou de l’Occident en général, continuent de penser qu’il faut encore «attendre», que nous ne «sommes pas encore prêts». La question qu’on pourra leur poser est alors la suivante : quand «serons-nous prêts» ? Si ce n’est pas maintenant, quand ? Dans 50 ans ? Dans 100 ans ?
    En vérité, il est impératif de rompre d’avec ce système néocolonial et de recouvrer l’indispensable souveraineté monétaire sans laquelle il ne peut y avoir de développement. C’est pourquoi nous exhortons les pays membres de l’Uemoa à s’engager de manière résolue et irréversibles dans le processus devant aboutir à la création de la monnaie unique de la Cedeao en 2020. Cela marquerait une étape décisive vers le démantèlement de la Zone Franc et la disparition du Cfa.

  19. mandelo dit :

    A Mr Joseph KOKOLO NZASSI, non rassuré vous je n’ai point de menaces voilées à adresser à notre frère Robert MAVOUNGOU PAMBOU. La main sur le coeur, je réitère que ce n’était que des conseils. Pour l’éssentiel, en vous lisant j’ai constaté que vos points de vues partagent les memes préoccupations que les miennes. Creusons toujours et réfléchissons tjrs à ce qui est bien pour notre pays.
    Très fraternellement.

  20. Hdai-feyll dit :

    Bravo!

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