Le pétrole le plus « sale » au monde !

Le pétrole le plus « sale » au monde !

Le journal « The Globe and Mail » d’Ottawa vient de révéler que le gouvernement canadien a décidé de lancer une campagne diplomatique des deux côtés de l’Atlantique pour défendre le pétrole extrait des sables bitumineux de la province de l’Alberta. Mais la question de savoir si cette source d’énergie pourrait être considérée comme « étique », selon le mot de ce même gouvernement, est toujours ouverte.

Aux lecteurs congolais, et aux autres, qui ne le sauraient pas, parmi les sociétés pétrolières impliquées dans cette extraction au Canada, se trouve la compagnie TOTAL.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, il y a un projet important équivalent, en République du  Congo à Pointe Noire. Le promoteur et opérateur principal de ce projet est la compagnie italienne ENI.

Les enjeux économiques sont importants au Canada et plus encore politiquement. Car ce mode d’extraction est extrêmement polluant. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre Stephen Harper compte sur ses liens étroits avec son homologue britannique, David Cameron, pour tenter de décourager les Européens d’adopter des normes qui considéreraient le pétrole des sables bitumineux comme « sale » et qui pourraient faire école dans le monde. Aux Etats-Unis, alors que la contestation s’amplifie contre le projet d’oléoduc Kesytone XL devant relier l’Alberta au Texas, l’ambassadeur du Canada a rencontré le gouverneur du Nebraska. Un référendum contre l’oléoduc pourrait avoir lieu dans cet Etat. A Ottawa même, des centaines de personnes ont manifesté lundi. Pour les défenseurs de l’environnement, l’extraction de pétrole des sables bitumineux requiert en fait beaucoup d’énergie et éloigne encore l’objectif de réduire la dépendance au pétrole et, donc, de rechercher des sources moins polluantes.

Les pétroliers et le gouvernement Harper affirment que le pétrole des sables bitumineux est préférable à l’or noir, « plus propre » mais venant de pays non démocratiques et de régions conflictuelles. En d’autres termes, le pétrole des sables bitumineux serait plus « étique » !

Le gouvernement canadien, en défendant le timide avantage que pourrait avoir cette très polluante et très contestée production pétrolière, donne le coup de grâce à la production qu’envisage de lancer la compagnie italienne au Congo.

Non seulement la production congolaise de pétrole des sables bitumineux sera, sans aucune doute, plus polluante que la production canadienne, car libérée de la pression associative qui pèse déjà sur elle, mais elle cumulera en plus l’inconvénient majeur (aux yeux de  Monsieur Stephen Harper) d’être produite dans une zone sous la tutelle d’une dictature sanglante ! De plus, il est bien reconnu maintenant que la richesse pétrolière de ce pays ne sert nullement à y réduire la pauvreté  mais à augmenter la prédation du clan à la tête de cet Etat.

Il faut encore une fois souligner  la passivité des Institutions Internationales qui soutiennent inconditionnellement le régime de Brazzaville.

Nul doute que cette production bénéficiera du label de « pétrole le plus sale au monde ».

Sergueï ONDAYE

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