IL ETAIT UNE FOIS TELE-CONGO. Par Wilfrid Sathoud

youlou28 Novembre 1962 : Inauguration de la première chaine nationale de télévision émettant en Afrique au sud du Sahara.

La date du 28 novembre revêt à maintes égards un caractère symbolique et emblématique dans l’histoire de notre pays, le Congo-Brazzaville, qui fut le premier Etat indépendant d’Afrique au sud du Sahara a disposer d’une chaîne nationale de télévision inaugurée en 1962 par l’Abbé Fulbert Youlou, à l’occasion des festivités commémoratives du 4eme anniversaire de la proclamation de la République du Congo survenue un certain 28 novembre 1958, suite à son investiture d’abord en qualité de premier-ministre, chef du gouvernement provisoire chargé de conduire le pays à l’indépendance, après l’adoption au suffrage universel des textes constitutionnels fondateurs, du drapeau tricolore vert-jaune-rouge, de l’hymne national « la congolaise » et de l’acte portant transfert de la capitale de Pointe-Noire à Brazzaville, dûment ratifié par l’Assemblée Territoriale du Moyen-Congo issue des élections locales de 1957, érigée pour la circonstance en Assemblée Législative siégeant à Pointe-Noire, dans les bâtiments abritant de nos jours l’Ecole Paramédicale Jean-Joseph Loukabou.

Après l’accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale, le 15 août 1960, l’Abbé Fulbert Youlou, agissant maintenant en qualité de Président de la République du Congo, introduira auprès des autorités gouvernementales françaises une demande d’assistance technique pour la création d’une chaîne nationale de télévision en République du Congo, dont Brazzaville l’actuelle capitale fut à l’époque coloniale,  la capitale de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) et de la France-Libre.

Ainsi, ce projet fruit de la coopération entre la France et le Congo donnera donc lieu à des négociations amorcées au début du mois d’avril 1962 par le ministre congolais de l’information, M. Apollinaire Bazinga avec M. Robert Pontillon,  alors Directeur général l’Office Français de Coopération Radiophonique (OCORA), qui conviendrons à l’issue d’une séance de travail tenue le 09 octobre 1962 au siège de l’OCORA à Paris, des modalités de réalisation des émissions expérimentales de Télécongo à Brazzaville, en étroite collaboration avec les Services  de Radiodiffusion Télévision Congolaise (RTC) alors dirigés par Mrs Malonga Jean et Itoua, pendant les trois (3) journées consécutives des 27, 28 et 29 novembre 1962, sur la base des programmes joint ci-dessous.

Parmi les quatorze (14) techniciens dépêchés pour la circonstance par l’OCORA à Brazzaville en vue d’assurer l’installation des équipements et l’assistance technique des équipes locales de la Radiodiffusion Télévision Congolaise, figuraient entre autre les journalistes Guy Bernède et Jacques Conia, ainsi que l’ingénieur Louis Médard. La première speakerine congolaise à paraître sur les antennes de la chaîne nationale de télévision depuis sa création s’appelait Marie-Josée Mattey.

marie-josee Mattey dans les studios de telecongo

marie-josee Mattey dans les studios de telecongo

Inspiré par l’expérience de ce partenariat réussit dans la mise en service de Télé-Congo, qui fut la première chaîne nationale de télévision à émettre en Afrique au Sud du Sahara après les indépendances, plusieurs pays d’Afrique nouvellement indépendant emboîteront par la suite le pas au Congo-Brazzaville. A l’instar notamment du Gabon, où la télévision nationale fut inaugurée le 09 mai 1963, en présence du Président Leon Mba et du ministre français de la coopération de l’époque M. Raymond Triboulet, de la Haute Volta, actuel Burkina-Faso avec sa chaîne nationale dénommée Vision-Volta inaugurée le 05 aout 1963, soit 48 heure seulement avant celle de la Cote d’Ivoire, au point de suscité la désapprobation du Président Félix Houphouët-Boigny qui aurait , d’après une légende largement répondu dans l’opinion, plutôt souhaité voir son pays doté de cet instrument moderne de souveraineté avant la Haute-Volta. La même réaction aurait, semble-t-il, était observé en Afrique Centrale et aux abords du fleuve Congo séparant les deux capitales les plus rapprochés du monde (Kinshasa et Brazzaville) que Télé-Congo arrosait déjà à l’origine depuis le lancement de ses émissions expérimentales en 1962, au point de pousser le Président Joseph Mobutu à accélérer le processus de création de la télévision publique Zaïroise, qui rentrera en activité quatre ans plus tard, à partir de novembre 1966, avec des puissants émetteurs captés jusqu’à Brazzaville sur un rayon de 30 km.

De nos jours, suite à la libéralisation du secteur de l’audiovisuel en Afrique, après le cinquantenaire des indépendances, la ville de Kinshasa parviendra à se hisser au rang de capitale comptant le plus grand nombre de stations de télévisions dans le monde.

Cependant, à l’image de toutes les autres chaines nationales de télévision créées en Afrique après les indépendances, dans le contexte de monolithisme politique de l’époque,  Télé-Congo qui s’est vue doté d’un imposant Centre National de Radiotélévision (CNRTV) inauguré le 05 février 2009 par Denis Sassou Nguesso ne parvient toujours pas à se départir de cette vocation surannée de caisse à résonnance du pouvoir en place, selon une certaine opinion qui l’affuble de ce fait du vocable de « Télé-Foufou », à cause de sa grille des programmes homogènes essentiellement focalisés sur la couverture médiatique des activités propagandistes gouvernementales et présidentielles en langue française, lingala et kituba, ponctué de coupures intempestibles d’emissions.

Ce qui justifierais, somme toutes, en grande partie la perte remarquable de l’audience de Télé-Congo, la première chaine nationale de télévision émettant en Afrique au sud du Sahara dans l’audimat du Congo-Brazzaville, pour faire désormais face à une concurrence accrue aussi bien des chaines commerciales et religieuses privées mettant beaucoup plus l’accent sur les informations de proximités (DRTV, MNTV, TOP TV, MCRTV, CANAL 7 TV, CANAL OCEAN, CANAL BENEDICTION+, DVS+, TPT, etc…) que du large panel des chaines de télévisions internationales diffusés en boucle sur satellite par certains opérateurs tels que :  CANALSAT HORIZON, TNT AFRICA, FREEBOX TV, BOUQUET AFRICAIN, etc…

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Wilfrid SATHOUD

sathoudwilfrid@yahoo.fr

Diffusé le 24 Novembre 2016, par www.congo-liberty.com

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9 réponses à IL ETAIT UNE FOIS TELE-CONGO. Par Wilfrid Sathoud

  1. Bissa Bo dit :

    Eh oui cher frere Sathoud, que c’est interessant de lire ces lignes d’Histoire utile.
    Vous avez ete tres tres poli pour ne pas avoir dit ouvertement « les premiers sont devenus les bons et honteux derniers ». La vanité des hommes ayant conduit a cela.
    Bon anniversaire a tele foufou….quand meme.

  2. TAATA N'DWENGA dit :

    C’est vraiment très touchant de lire ces pages merveilleuses du début du développement politico-social de mon pays le Congo-Brazza qui, à l’èpoque étaient entre les mains des hommes politiques dignes de ce nom et pour cela je pense à :

    tata YOULOU,
    tata GOURA,
    tata Tchitchelle,
    tata Sathoud,
    Tata Nzalakanda
    tata Massamba débat même si par la suite, il prit un chemin politique qui n’est pas le mien mais j’ai un profond respect pour le personnage politique qu’il fut
    et bien d’autres que je porte dans mon coeur pour leur kimuntu

    Merci frère Sathoud de nous rappeler cette belle page de l’histoire du CONGO-BRAZZA car l’Histoire pour celui qui sait comprendre est une prise de conscience afférente sur des valeurs historiques dont la mise en application judicieuse avec les outils technologiques ou modernes contribuent à l’amélioration constante des conditions d’existence des êtres C’est ce qu’on appelle DEVELOPPEMENT de la manière la plus simple qui soit.

  3. TAATA N'DWENGA dit :

    correctif

    L’histoire est une prise de conscience……sur des valeurs de bien être et de portée originelle voire constructive et fondatrice et dont la mise en application…

  4. Mingwa Biango dit :

    Cher ami et frère Wilfried Sathoud,

    Je te remercie très sincèrement pour cette brillante publication que tu viens de mettre à la disposition des Congolais et dans une plus large mesure au public.
    Je ne doute pas que l’histoire du Congo , aujourd’hui trafiquée, sera le moment venu réécrite sans passion.

    À très bientôt

  5. Anonyme dit :

    A l auteur Itoua s agit il de Francois Itoua ?

  6. Tsoua dit :

    Merci à l’auteur pour toutes ces informations . Aujourd’hui le Kongo est devenu propriété des sassou ainsi que toutes les richesses , issus d’une peuplade sans conscience

  7. VAL DE NANTES , dit :

    C’était le vrai CONGO,tracé par FULBERT YOULOU dont les prédications FUNESTES se vérifient malheureusement aujourd’hui.
    L’idée de l’appropriation des richesses nationales a totalement dénaturé ,la promesse d’une nation unie .Dommage que,certains esprits maudits aient confondu le marché des marchandises
    aux intérêts publics .
    Hier ,le CONGO brillait de mille couleurs , au vu de la qualité exceptionnelle de ces autorités politiques d’antan .
    Ce congo de SASSOU ETCLAN est déclinologue .

  8. le vantard dit :

    Grand merci à l’auteur de l’article. L’histoire du Congo ne peut être continuellement trafiquée par ceux qui croient qu’elle a définitivement disparu. Non, elle est seulement enfouie sous un tas de poussière; il suffit de passer un chiffon sur le meuble pour la retrouver toute entière.

    Nous sommes tous convaincus que les faussaires seront bientôt confondus. Jaloux, ils vont tous maigrir comme atteints de cachexie. Et, ça n’est plus loin.

  9. VAL DE NANTES , dit :

    On vous laisse un bijou ,vous le transformez en objet de cirque .Nos invités mbochis au congo n’ont d’autres solutions que de l’étrangler pour satisfaire des instincts bestiaux que l’on ne voit plus ailleurs en Afrique .
    Ce bijou CONGO,jadis, serti des diamants prometteurs a perdu de sa superbe sous le règne des SASSOU;
    Il va falloir redorer ce CONGO ,afin d’espérer réconcilier les congolais , si tant est que cette période douloureuse soit pardonnée par tous .
    Ce dont j’aimerais me convaincre ,mais vu l’ampleur des dégâts occasionnés par cette cohorte des criminels ,j’ai bien peur que ce désir soit ma millième illusion .

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