Afrique / France : une relation nouvelle ? Par Pascal Boniface

Pascal BONIFACE

Le président français, Emmanuel Macron, va effectuer son deuxième déplacement en Afrique en un mois, après avoir reçu à Paris les présidents ivoirien et sénégalais. En conformité avec son annonce de campagne électorale, il fait ainsi du continent africain une priorité.

Nul n’est besoin de rappeler la longue histoire qui unit la France à l’Afrique, ses pages parfois glorieuses et parfois honteuses, ses bienfais et ses méfaits. Mais, ce socle historique ne peut être suffisant pour déterminer l’avenir des relations franco-africaines. En Afrique francophone, la France ne bénéficie plus du monopole stratégique, économique et culturel dont elle disposait auparavant. L’Afrique est entrée de plain-pied dans la mondialisation et multiplie les partenariats avec des puissances non européennes. C’est une opportunité pour les pays africains et un challenge pour la France. À cette dernière de le relever. De son côté, la France ne peut pas se contenter de son pré-carré francophone et doit également se tourner vers l’Afrique anglophone et lusophone.

Au sein de la zone sahélienne, où va se rendre E. Macron, la véritable bataille à mener – et à gagner – par la France et ses partenaires africains est celle de la sécurité et du développement. Ces deux voies ne sont pas antagonistes mais, au contraire, fondamentalement complémentaires. Il faut agir sur les deux fronts de manière simultanée afin de provoquer un cercle vertueux : une sécurité qui permet le développement, gage lui-même de sécurité, et non pas se laisser entraîner dans le cercle vicieux de l’insécurité et du sous-développement.

La France bénéficie d’une présence militaire ancienne de soutien à la sécurité et la stabilité au sein du Sahel et du Sahara, renouvelé après 2013 et l’opération Serval. Lors de sa visite aux troupes françaises à Gao, E. Macron a déclaré : « J’agirai en Afrique en toute transparence loin des réseaux de connivence ». Il n’y a qu’envers l’Afrique que de tels propos sont régulièrement émis, soit pour les justifier, soit pour les critiquer. Il faut « simplement » traiter l’Afrique comme les autres pays, dans le même esprit de partenariat aux intérêts réciproques.

Né une génération après les indépendances de 1960, E. Macron doit éviter les discours largement ressassés sur le passé et ceux dépassés de culpabilisation qui arrangent et déresponsabilisent les élites dirigeantes en Afrique sans régler les problèmes de fond politiques et économiques. Il ne s’agit pas de nier l’Histoire mais de se projeter vers un avenir où chacun assume sa part de responsabilité immédiate et future.

L’Afrique a besoin de moins d’État si cela signifie une bureaucratie étouffante et paralysante mais plus d’État s’il s’agit de mettre en place les infrastructures nécessaires. La consolidation des administrations est indispensable afin d’éviter un retour aux clans et tribus de la période précoloniale. Les armées des pays africains doivent être non seulement plus professionnelles mais également plus nationales avec des bases moins ethnico-régionales ou religieuses.

La lutte contre le terrorisme ne doit pas plus justifier aujourd’hui les manquements à la bonne gouvernance, au respect des droits de l’homme et à l’État de droit que ne le faisait la lutte contre le communisme hier. Cette dernière a permis de blanchir le soutien à des régimes détestables qui ont laissé des héritages catastrophiques, source de nombreux maux actuels. Les pratiques flagrantes de corruption qui discréditent les régimes, désespèrent les jeunes, en les poussant à la rébellion, au trafic divers ou à l’immigration, doivent être combattues.

Le combat indispensable contre le terrorisme ne peut se faire en acceptant les pratiques délétèrent qui le nourrissent. La France n’a pas à choisir les régimes africains à leur place mais, au moment où elle connaît un renouvellement de son personnel politique de très forte magnitude, elle ne peut soutenir de façon inconditionnelle tous les régimes africains. Elle doit avoir des relations avec tous mais conserver ses distances avec certains. Il faut surtout, dans les pays où la démocratie est encore imparfaite, développer les liens avec la société civile. Il ne s’agit pas ici de moralisme mais de realpolitik.

Article co-signé avec Ahmedou Ould Abdallah, ancien Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et président du Centre pour la stratégie et la sécurité dans le Sahara Sahel (Centre4s).

Source : www.iris-france.org

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7 réponses à Afrique / France : une relation nouvelle ? Par Pascal Boniface

  1. LE CONGOLAIS dit :

    Aux congolais de savoir ce que nous voulons specialement aux deux traitres du peuple
    KOLELAS
    NTSATY MABILA
    PAS D’ELECTIONS DE NUMONATION DES DEPUTES
    FAISONS FRONT AUX CRIMES, AUX VIOLES, AUX VOLES DU BEIN PUPLIQUE, AUX ARRESTATIONS ARBITRAIRES, AUX TORTURES, A LA DESTRUCTION DE NOS ECOLES ET NOS HOPITAUX.

    Voici la ville pétrolière POINTE NOIRE battit par la France au CONGO BRAZZAVILLE (sassou l’enfant chéri de la France même quand il est en train d’organisé un génocide dans le pool la position de la France ne change pas)
    youtube.com/watch?v=ka29pxt0grU
    Voici une ville pétrolière avec la main des anglophones, ici on ne parle pas de génocide
    youtube.com/watch?v=v9CJ0AbOPro

  2. Loko Balossa dit :

    Macron voudra recevoir les opposants , or au congo Brazzaville les vrais opposants sont en prison , parfait kolélas et Tsaty Mabiala siègent au parlement de Sassou , vivent de l’argent du crime , ce garçon qui se dit patron du pool ,pendant son séjour parisien a éviter de rencontrer la diaspora du pool de peur de se faire tabassé car son petit jeu avec sassou a été révélé au grand jour.

  3. LE CONGOLAIS dit :

    AU LIEU DE TUER LES CONGOLAIS POUR QUE LES FRANÇAIS PUISSENT VIVRE ON FAIT TRAVAILLER LE CERVEAU. Voir une seule compagnie, va dépasser toute l’économie de la FRANCE
    rt.com/business/392530-jack-ma-alibaba-fifth-economy/
    LA France SERA DANS L’INCAPACITÉ DE VOTE SON BUDGET SI LE CONGO BRAZZAVILLE DEVIENT UNE DÉMOCRATIE.
    LES TUEURS DE LA DÉMOCRATIE AU CONGO SONT : KOLELAS ET NTSATY MABIALA ILS SONT PIRE ET MÉDIOCRE PLUS QUE NOUS LE PENSONS.

  4. VAL DE NANTES . dit :

    VIVE LA FRANCE , VIVE LA REPUBLIQUE ; alors les congolais ;;;;;;;;;;;;;;;ON DIT QUOI ,,,,???
    On dirait que nous sommes des simples spectateurs et admirateurs de la fibre patriotique des autres ….
    Avec , SASSOU au pouvoir , ce refrain patriotique ne nous habite pas ;;;;
    DOMMAGE ………………………..

  5. MILONGO MIA NGANDI dit :

    Lu pour vous

    EXCLUSIF Les juges ont saisi des villas à Nice et un hôtel particulier à Paris, dans le cadre de la vaste enquête sur les biens mal acquis par les potentats africains, dont ceux du défunt président gabonais.
    Alors que s’est ouvert hier à Paris le procès pour blanchiment de Téodorin Obiang, fils du président de la Guinée équatoriale, l’instruction sur le clan Bongo touche à sa fin. A la demande du juge Roger Le Loire, les enquêteurs de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), viennent de saisir six villas acquises par le défunt président gabonais dans les années 1970 et 1980, sur les hauteurs de Nice, dans le quartier de Cimiez Cap de Croix. Elles sont estimées à environ huit millions d’euros. Il y a quelques semaines, c’est l’hôtel particulier de la rue Edmond Valentin, dans le 7ème arrondissement de Paris, valorisé également à ce prix, qui faisait l’objet de la même procédure.
    Des saisies s’élevant à plus de 50 millions d’euros
    Au printemps 2016, la justice française avait déjà saisi une première propriété à Nice, la Villa Saint-Ange, achetée en 1999, un hôtel particulier rue Dosnes (16ème arrondissement), acquis en 1997, et un autre hôtel plus côté, rue de la Baume (8ème arrondissement), acheté par Omar Bongo en 2007, deux ans avant sa mort. Au total, la valeur des avoirs confisqués serait comprise entre 50 et 60 millions d’euros. Reste à savoir ce que deviendra l’argent une fois que la justice se sera prononcée et que les biens auront été éventuellement vendus.
    Dans ce volet de l’affaire des biens mal acquis africains, aucun membre du clan Bongo n’a pu être poursuivi directement. Seuls les dirigeants d’Atelier 74, une société française chargée de l’achat et de la décoration des biens immobiliers, ont été mis en examen pour complicité de blanchiment. Pour compliquer la donne, Ali Bongo, le fils d’Omar, protégé par son immunité d’actuel président du Gabon, s’est porté partie civile et le magot du patriarche fait l’objet de multiples bisbilles familiales entre les 52 héritiers ! Ali avait, un temps, assuré qu’il était prêt à vendre une partie des biens pour les « redonner » au peuple gabonais. La France pourrait « négocier » et le forcer à créer une fondation chargée de gérer les fonds, sous surveillance internationale, comme cela s’est déjà fait dans des affaires similaires en Suisse.
    Moralité: les dictateurs d’Afrique particulièrement Francophones venez donc remplir les caisses des Etats français, suisse, belge et autres au détriment de vos états qui vous ont tout donné.

  6. Lucien PAMBOU dit :

    A Pascal Boniface et à tous les intervenants sur le site Congoliberty et à la diaspora,

    Pascal Boniface est Président fondateur de l’IRIS, c’est un amateur de foot (comme il le dit lui-même sur les TV et radios françaises), c’est aussi un géo-économistes, plus géopoliticien qu’économiste. Il présente la nouvelle relation France-Afrique marquée par une relation de confiance, un nouveau partenariat et une mobilisation contre le terrorisme.
    Boniface veut croire que cette relation sera placée sous une nouvelle normalité, même s’il ne méconnait ni les vicissitudes de l’esclavage, ni celle de la colonisation. Boniface estime que Macron doit entretenir des relations plus ouvertes et plus fondées sur un partenariat. Il inclut l’hypothèse de deux éléments importants : la lutte contre le terrorisme et la nécessité du développement de l’Afrique.
    Plusieurs interrogations peuvent soulevées pour faire réfléchir Monsieur Boniface et les Africains et lecteurs de ce site.

    1. Est-on sûr que les dirigeants africains, au-delà de leurs discours, souhaitent le développement de leurs pays ? Si c’était le cas, ils organiseraient les conditions politiques et analytiques d’une réflexion globale pour une action concrète. Dans la réalité, ils préfèrent servir de marchepied aux entreprises occidentales et à la France en favorisant l’apport des capitaux étrangers en Afrique, des esprits très peu informés vont saluer l’arrivée en Afrique et au Congo des capitaux étrangers. Ce que les Africains doivent savoir, c’est que ces investissements directs étrangers ne développent pas les pays africains ; même s’ils créent des emplois sous-payés, ils ont pour objectif de créer des rentes d’exploitation qui valorisent une économie d’extraversion, c’est-à-dire une économie où les profits créés en Afrique sont rapatriés en Europe. Regardez ce qu’il se passe au Congo Brazzaville avec la crise du pétrole et le comportement des entreprises françaises et occidentales liées à ce secteur. Le problème est que, nous Africains, nous sommes nazes, incapables, plus penchés vers la politique que vers l’analyse économique et, même quand nous le sommes, on n’y peut rien car nous n’avons ni scientifiques crédibles, ni stratèges pour dire les choses. Je suis devenu parce que j’ai oublié une chose : nous ne sommes que claniques et non étatistes et nationalistes0 le Congo n’est qu’un protocole de discours pour les bavards politiciens que nous sommes tous en tant que congolais.

    2. Monsieur Boniface, vous parlez du développement en partant du principe que les Africains doivent recevoir les techniques et les instructions venant de France. Vous avez raison car les Africains préfèrent les débats politiques insondables et infinis à ceux du développement, de la planification, de l’investissement, contraints par le temps et la rationalité. Vous avez raison, les Noirs sont nases. ON a beaucoup de mal à rentrer dans la mondialisation et à s’affirmer. On est trop plaintif, trop clanique. On n’est pas obligé de passer par le schéma historique de la France pour constituer notre Etat et notre Nation. Le problème est que nous sommes comme des enfants et que les Français, et les Occidentaux, nous traitent comme tels. Il ne suffit pas d’avoir des « paiments » comme au Kenya, d’utiliser l’ingénierie financière, d’avoir les Chinois qui nous construisent des bâtiments et des routes pour dire que nous sommes en voie de développement. Commençons par la croissance soutenue de la production dans tous les secteurs avant de penser la question du développement. Pour ceux qui ne la savent pas, Français et Chinois s’entendent pour mieux rentabiliser leurs positions rentières en Afrique.

  7. Bulukutu dit :

    L’état profond français veillera au grain.

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