Stratégie irresponsable du FMI au Congo-Brazzaville. Par Rigobert OSSEBI

Toute honte bue, concernant la dette cachée du Congo Brazzaville annoncée à 77% alors qu’en réalité elle serait à près de 120% du PIB, le FMI de Christine Lagarde (« qui peut rien me refuser » dixit Denis Sassou Nguesso) a confirmé le samedi 5 août les révélations du mardi précédent, de Florence Morice sur RFI.

Une question importante demeure, le FMI de Christine Lagarde (« qui peut rien me refuser ») le savait-il déjà ?

On imagine mal, que son Représentant Résident actuel, Oscar Edgardo Melhado Orellan, ait suivi docilement la trace  complice de son prédécesseur, le célèbre et sulfureux Yaya Moussa. Huit années en poste à Brazzaville, aux petits oignons, dans le pays le plus corrompu au monde, difficile de croire qu’il ne se serait rendu compte de rien !

A-t-il jamais tiré la moindre sonnette d’alarme au sujet de la splendeur de la dictature congolaise aux dispendieux forums à sa gloire, organisés par Richard et Cécilia Attias, à la chute lamentable que le  FMI de Madame Lagarde (« qui peut rien me refuser ») s’efforce aujourd’hui de secourir ?

Comment Oscar Edgardo Melhado Orellan n’aurait-il pas prévenu Washington que les principaux interlocuteurs congolais étaient notoirement corrompus et au centre d’affaires extrêmement graves ;  Gilbert Ongondo au cœur de l’affaire « Asperbras / José Veiga » faisant la une des médias portugais pour corruption et Calixte Canongo, ex-DAF de la SNPC pour l’avoir saigné à blanc en complicité avec Denis Christel Sassou Nguesso et organisé les préfinancements dissimulés pour un montant avoisinant les 2,5 milliards de dollars. D’ailleurs a-t-on jamais su dans quelles poches ont disparu ces préfinancements pour un montant équivalent à 1500 milliards de FCFA ? Le FMI de Madame Lagarde (« qui peut rien me refuser ») aurait-il un embryon de réponse ?

Congo-Liberty pour sa part dès 2015 avait révélé à ses chers lecteurs les préfinancements en question de Trafigura et Glencore (http://congo-liberty.com/?p=12490), et celui de Worlwide de Frédéric Fatien qu’en juin dernier avec la Lettre de l’Energie. (http://congo-liberty.com/?p=17424) en prédisant la malheureuse situation que nous connaissons maintenant … !

Le FMI n’a pas tiré de leçon de sa désastreuse décision, pour le peuple congolais, d’admettre le très riche Congo Brazzaville au programme Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) à l’époque du pétrole à 120 dollars le baril, sans aucune contrepartie démocratique ou de bonne gouvernance. Un chèque en blanc à des voleurs et à des corrupteurs notoires !  Les faux rapports agréés par Yaya Moussa ont été bien accueillis, malgré certaines mises en garde précises de la société civile congolaise, par toute la hiérarchie de l’Institution, dont Dominique Strauss Kahn. Sa Directrice Afrique, Madame Antoinette Sayeh, en décembre 2009, d’une manière curieuse avouait qu’il n’y avait pas « expertise proprement dite » mais simplement «collecte » des données que les autorités de l’Etat congolais (Etat voyou) remettaient au personnel du FMI (volontairement ?) malvoyant et malentendant… !

Lorsque l’on voit la trajectoire, plus que le parcours, de Monsieur Yaya Moussa, il est difficile de contenir un très fort soupçon de corruption…. Mais il est clair que ce soupçon ne saurait s’arrêter à la modeste personne de ce dernier ! L’institution de Bretton Woods avec son pseudo Bureau d’éthique ferait bien d’ouvrir une enquête approfondie sur les dix ou douze dernières années de sa représentation à Brazzaville et sur les décisions qui ont été prises. Sans l’effacement de la dette grâce à l’accord du FMI, de Dominique Strauss Kahn, jamais la Chine n’aurait grand ouvert son robinet de crédits insensés et Denis Sassou Nguesso, avec son petit clan, n’aurait jamais pu détourner autant d’argent (15.000 à 20.000 milliards de FCFA voire plus).

Comme à son habitude, le FMI va laisser aboyer les chiens que nous sommes et envoyer, sans dignité aucune, ses pseudo-experts dès la fin de ce mois à Brazzaville… Mais comment se peut-il qu’une institution qui se veut sérieuse et respectée partout dans le monde (sauf au Congo de Sassou Nguesso) puisse immédiatement reprendre des discussions, après une énorme tentative de fraude, pour la mise en place d’un programme d’ajustement budgétaire alors que tous les chiffres qui lui seront présentés n’auront pas été vérifiés et les ressources auditées ? Cette hâte affichée par le FMI de Christine Lagarde (« qui peut rien me refuser ») de faire partir une équipe à Brazzaville est pour le moins suspecte… ! Ce même FMI se serait honoré d’exiger une explication officielle et publique de la part de la voyoucratie congolaise, d’exiger également que les responsables de cette falsification grossière soient écartés de la table de négociation, mieux du Gouvernement, et qu’un délai raisonnable d’expiation, ou de quarantaine, s’écoule avant que tout le processus ne reprenne.

Le FMI de Christine Lagarde (« qui peut rien me refuser ») est-il à ce point au service du kleptocrate congolais ? Les fourches habituellement caudines du FMI seraient-elles exceptionnellement remplacées par un gant de velours manipulé dans le sens du poil de Sassou Nguesso ?

« La Reine Christine » cette fois-ci aurait tort d’en faire à sa tête et de mépriser la population congolaise en aidant, sans contrepartie de gouvernance, de transparence et d’avancées démocratiques (comme la libération de tous les prisonniers politiques et la cessation de la guerre dans le Pool), le régime tyrannique de Denis Sassou Nguesso … Un piège énorme vient de se tendre devant elle :

  • Le Monde avec l’AFP ont rapporté le 08 août dernier que L’ONU s’inquiète de « signes avant coureurs de génocide » en République centrafricaine

Le nombre de réfugiés s’élève à plus d’un demi-million et les morts se multiplient. L’ONU craint    une rechute dans une crise humanitaire « de grande ampleur ».

Les affrontements entre partisans de la Séléka, majoritairement musulmans, et des miliciens anti-bakala, principalement chrétiens, minent la stabilité du pays depuis 2013.

La République centrafricaine s’embrase, et l’ONU s’inquiète. Les Nations unies ont estimé lundi 7 août que « les signes avant-coureurs de génocide [étaient] là ». Mardi, l’agence humanitaire des Nations unies, l’OCHA, a décompté 34 morts dans de récents combats entre groupes armés dans le nord-ouest et le sud du pays entre le 30 juillet et le 2 août

  • sur RFI le lundi 7 août dernier, Christophe Boisbouvier, redevenu incisif, avec son Invité Afrique Romain Esmenjaud (ONU) nous ont appris que «Des armes plus sophistiquées» circulent en RCA

C’est un rapport inquiétant pour l’avenir de la Centrafrique. Un panel d’experts de l’ONU vient de publier une étude très documentée sur les sources d’approvisionnement et la nouvelle stratégie des groupes armés qui mettent ce pays à feu et à sang. On y apprend notamment que beaucoup de munitions proviennent d’une usine de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. Romain Esmenjaud est l’un des experts de l’ONU auteurs de ce rapport. En ligne de Bangui, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. Ce que mentionne le rapport, c’est qu’à de nombreuses reprises, le groupe d’experts a pu observer la présence de cartouches qui sont fabriquées à Pointe-Noire. Et à ce titre, il y a eu de saisines importantes récemment : l’une en mai à Bangui par les autorités centrafricaines, l’autre en avril à Bangassou par la Minusca.

Sans entrer dans les détails du pyromane Sassou Nguesso, qui se fiche bien d’éteindre maintenant un quelconque incendie, le constat avéré par l’ONU, et par des experts enfin sérieux, est plus qu’alarmant car la situation est gravissime. Il est question d’un génocide potentiel et les armes et munitions qui alimentent les belligérants proviennent du Congo d’un Sassou Nguesso que le FMI veut secourir au plus vite… !

Au premier dollar offert ou prêté, à la première main tendue au dictateur congolais sans les conditionnalités drastiques énoncées plus haut, (et quand bien même), le FMI de Christine Lagarde deviendra son complice. Les familles des victimes congolaises et centrafricaines sauront trouver à Washington ou à New-York les cabinets d’avocats qui réclameront justice au pénal et indemnisations au civil, du fait de la stratégie irresponsable du FMI au Congo Brazzaville depuis ces dix ou douze dernières années. La prétendue immunité dont les cadres du FMI voudront se prévaloir ne saurait résister au génocide dont il est actuellement question… !

La plaisanterie n’a que trop duré !

Rigobert OSSEBI

Diffusé le 11 aout 2017, par www.congo-liberty.com

 

NON AU PLAN DE SAUVETAGE DU FMI ET A SASSOU-NGUESSO : Comment redresser le Congo-Brazzaville. Par JEAN-LUC MALEKAT

Ce contenu a été publié dans Les articles. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

10 réponses à Stratégie irresponsable du FMI au Congo-Brazzaville. Par Rigobert OSSEBI

  1. Anonyme dit :

    Sassou va déclencher un contre feux dans la région en alimentant les troubles en RCA pour détourner l’attention et masquer ses propres difficultés à Brazzaville. C’est sa marque de fabrique il a toujours agit ainsi.

  2. uhem mesut dit :

    C’est la menace qu’il brandit pour qu’on lui vienne en aide. Du chantage tout simplement pour rester le maître de Brazzaville.

  3. L’imprudent général sénégalais commandant les troupes africaines à Bangui apprendra à ses dépens que l’on ne s’en prend jamais à Denguès sans en subir de terribles conséquences.

  4. Pascal Malanda dit :

    Une usine de munitions à Pointe-Noire? On croirait rêver! Est-ce l’unique moyen de diversifier l’économie nationale? Il y a quelque chose de profondément morbide au Congo. J’oubliais que tout ce qui marche au Congo tourne autour de la mort: La fabriquer ou la donner.

  5. KOO' NGOH dit :

    @Lucien PAMBOU…

    Bonjour,
    Afin de ne pas perturber l’avènement d’un Congo prospère, est-ce qu’en publiant vos articles ici, adhérez-vous , OUI ou NON au slogan mentionné en haut et à droite de ce site?
    Merci d’avance pour votre choix de réponse.

    KOO’ NGOH

  6. le fils du p[ays dit :

    Quand la fripouille d’Edou dit que Madame lagarde ne peut ne refuser rien, il sait ce qu’il dit.Cette femme fait partie de la mafia financière surement elle avait reçu sa part des petrocfa quand le distributeur automatique de billets(Mr Sassou) remettaient les sommes a ceux qui venaient lui rendre visite.Cette femme a toujours fait croire aux naifs qu’elle n’est pas malhonnête,de la compagne électorale de sarkozy en passant par l’indemnisation de Bernard Tapie jusqu’à l’effacement de la dette du Congo comme pays pauvre.
    Bref,tous ces mafieux viendront une fois de plus au secours de leur valet et comme d’habitude le peuple Congolais ne verra d’argent qui repartira dans les poches de memes acteurs.
    Il faut absolument ouster Mr Sassou.

  7. SAMORY dit :

    Les infaux distillées par les caisses de résonance de l’AFP sont à prendre avec des pincettes, d’autant que la france perd de plus en plus pied en Afrique, bien qu’elle demeura encore longtemps le principal partenaire économique et diplomatique des pays francophones. Mais qu’est ce qui motive celle que les français appelaient jadis « La Coloniale » et que des congolais surnomment aujourd’hui radio france impérialisme, Rfi en sigle, à persifler aux oreilles de l’opinion internationale dans l’unique but de torpiller le processus de développement socio-économique du Congo ? Il fallait tôt ou tard s’y attendre à une telle campagne de désinformation, de la part de ceux qui perdent des parts de marché au profit de la concurrence étrangère. L’Etat congolais qui est aux prises avec la presse française, ainsi que les ONG franco-sorosiènnes aux ordres, allait d’une manière ou d’une autre recevoir les foudres médiatiques liées à la signature de l’accord sino-congolais sur la convertibilité de la monnaie nazie FCFA avec le Yuan chinois. Tout porte à croire que la République Bancaire En Marche est résolue d’user des intimidations en tout genre, afin de confisquer de façon définitive le compte des opérations que lui réclament depuis toujours les ayants droit des pays africains réfractaires au Franc des Colonies Françaises d’Afrique. Vu les politiques d’austérité aux quelles la zone euro est désormais soumise, que serait aujourd’hui l’image de marque de la france brigitto-emmanuelienne décadente, sans les généreux pétro-dollars du Qatar ? Voilà la poutre que Rfi refuse de voir. Aux congolais de privilégier la paix et l’unité nationale, de cultiver l’esprit républicain, compte tenu le fait que la conjoncture économique est mondiale. Les solutions à celle ci sont à rechercher sur le plan international, au niveau des IFI de Bretton Wood par exemple. Quant à « La Coulouniale », une pétition sera prochainement déposée au près des dirigeants de la chaîne qatarienne Al-Jazeera, de sorte qu’ils puissent décréter au plus vite l’ouverture anticipée du mercato d’hiver. La pauvreté d’esprit, dans le milieu journalistique français, étant devenue monnaie courante.

  8. Mwangou dit :

    Si l’on pouvait toucher les américains pour les tenir informer de la corruption au sein des organisations internationales, surtout économiques et financières, ça peut rendre service…

  9. Mwangou dit :

    Et si l’on pouvait informer le FMI des propos ci-dessus cités attribués à sassou nguesso sur la directrice C. La garde, cela aussi peut faire mouche… En tenir informer le gouvernement français, la justice française, les américains, les allemands, les anglais, les belges, les suédois, etc. Cela peut rendre d’enormes services à cette lutte ici engagée.

  10. Anonymous dit :

    @Samory
    Samory est un grand humoriste.
    « Rfi en sigle, à persifler aux oreilles de l’opinion internationale dans l’unique but de torpiller le processus de développement socio-économique du Congo ? »

Laisser un commentaire