HUMILIANTE VISITE DE L’INDIGNE SASSOU-NGUESSO A BERCY. Par Rigobert Ossebi

Ce 13 décembre, Denis Sassou Nguesso s’est rendu à Bercy auprès du ministre français des finances, Bruno Le Maire. Afin de nous rapporter cette indignité protocolaire pour le dictateur congolais,  RFI Afrique nous a pondu une pigasserie qui fera date dans l’histoire du Congo. http://www.rfi.fr/afrique/20171213-congo-brazza-promesses-economiques-sassou-nguesso-france-fmi

La voix du Quai d’Orsay n’a certainement jamais été à l’écoute de Congo-Liberty qui, dès la baisse du prix du baril de pétrole, avait prévenu de ce que nous allions connaître (une dernière fois violemment, il y a deux ans, lors des vœux 2016 de votre serviteur.)

Ne perdons pas de temps sur le titre : « Congo-Brazza : les promesses économiques et financières de Sassou-Nguesso à la France et au FMI ». Avis au Président Macron, à Bruno Le Maire et à la terre entière, Denis, le tyran, ne tient jamais ses promesses !

Par contre, observons bien la photo ! La pire que RFI pouvait choisir … !

D’abord, rien à voir, avec la rencontre Nguesso-Le Maire. En fait, il semble bien que Bercy ait imposé un très sévère embargo-photo sur toute la réunion. Pas de selfy pour le dictateur, assoiffé de reconnaissance, qui n’a pas hésité à s’abaisser protocolairement pour être reçu par Bruno Le Maire (à la demande de Dominique de Villepin comme l’affirme le grand connaisseur Nicolas Beau) ; pas de casserole médiatique à trainer pour le ministre français, avec une photo encombrante qui le poursuivrait indéfiniment comme il en avait été menacé sur les réseaux sociaux… !

La photo utilisée par RFI, prise le 12 décembre lors du « One Planet Summit » organisé par l’Elysée, illustre parfaitement ce qui se passe dans les coulisses des réunions internationales. Le Président Emmanuel Macron encore une fois a été coincé par Denis Sassou Nguesso.  Quelques heures plus tôt, à son arrivée dans la cour de l’Elysée, il agressa littéralement le jeune président français qui l’accueillait comme  tous les présidents invités : bises et étreinte forcées, longue poignée de main impossible à défaire, speech interminablement long, grossier dans la circonstance. Un véritable harcèlement ! Alors, pour être bien sûr que le jeune président ne l’esquive dans l’après-midi lors de la conférence, il  prit la précaution de s’entourer de supporters bien plus que d’une garde prétorienne de premier choix : Charles Michel, Premier ministre belge et Antonio Gutteres, le nouveau Secrétaire général de l’ONU.

Pour le Belge Michel, rien d’étonnant qu’il soit à la disposition d’un Sassou Nguesso. C’est une tradition familiale, chez les Michel. Le père Louis a toujours été le meilleur relais du dictateur dans le plat pays et auprès de l’Union Européenne. Jamais la moindre vague anti-Sassou ou pro-société civile congolaise, tout est rigoureusement contrôlé. Lors de la nomination de Charles Michel à la Primature de Belgique, le 11 octobre 2014, « papa Louis était à Brazzaville, à côté de Tonton Denis ». Ce dernier, Oncle généreux, prêta son Falcon présidentiel à l’heureux Papa pour qu’il puisse rentrer au plus vite à Bruxelles et étreindre sans retard « son neveu ».

Quant à Antonio, comme Denis l’appelle, les retrouvailles sur le perron de l’Elysée furent totalement indécentes de la part d’un Secrétaire général de l’ONU. N’a-t-il pas conscience des fonctions qu’il occupe lorsqu’il se laisse aller à embrasser et à étreindre Denis Sassou Nguesso, qui emprisonne journalistes et opposants politiques ? L’homme, qu’il salue chaleureusement, n’est qu’un chef d’une guerre civile qu’il entretient dans le Pool, le responsable des 200.000 réfugiés qui fuient ses bombardements et d’une crise humanitaire majeure causée par son pillage systématique de l’économie et des richesses du pays.

Face à ce trio de choc, le jeune Président  garda sa distance et toute sa hauteur. Sassou, dévasté plus que grave, n’avait pas l’air de vouloir discuter de l’environnement et du sauvetage de la planète, mais semble humblement et pathétiquement plaider, auprès du jeune dirigeant, pour sa propre chapelle ; et surtout pour sa survie à la tête du Congo !

Emmanuel Macron, est cerné de toutes parts par les réseaux que, depuis une quarantaine d’années, le dictateur a tissés à prix d’or. Tous sont là autour de lui à plaider sa cause : ministres, communicants, politiques français et étrangers, responsables d’institutions internationales. « C’est  l’homme fort qui assure la stabilité de l’Afrique centrale, l’ami de la France, un grand chef d’Etat etc… »  Leur cédera-t-il ?

Cette réunion à Bercy est inquiétante par la candeur des propos qui nous sont rapportés. Ils sont très loin de la fermeté de la mise en garde de Global Witness dans son document-réquisitoire destiné au FMI : «  Le FMI doit s’assurer que le régime kleptocrate de la République du Congo ne bénéficie pas d’un nouveau traitement de faveur. » Ce rapport, contrairement à tous les autres, n’a pas été repris par la presse francophone et encore moins par RFI. Il résonne cependant comme une menace, si jamais Madame Lagarde n’en tenait pas compte. L’ONG aurait-elle de quoi écorner davantage l’image de l’institution ?

Alors, quand on découvre dans cet article, qu’aucun journaliste n’a pas voulu signer, que « Denis Sassou-Nguesso s’engage désormais à redresser la barre » il y a carrément de quoi se faire pipi dessus, de Rabat à Johannesburg et d’Addis-Abeba à Dakar. Cet homme :

– qui a coulé son pays depuis l’assassinat de Marien Ngouabi, coup d’Etat commandité par ses parrains pétroliers, [il n’est pas nécessaire de rappeler leur nationalité],

– qui a sacrifié deux générations de Congolais et peut-être une troisième,

– qui par son retour au pouvoir par la force en 1997, appuyé par Chirac, a causé 400.000 victimes,

qui a jalousement empêché tout développement de son pays pour ne pas créer une élite qui pourrait contrecarrer son pouvoir, n’est certes pas l’homme, avec ou sans son entourage actuel, qui sera capable de redresser le Congo Brazzaville.

Et si Bruno Le Maire « a eu les mêmes mots que Christine Lagarde face au numéro 1 congolais : livres ouverts, chiffres clairs et dette publique transparente. Car Brazzaville a tenté de cacher une partie de son endettement – 8 milliards d’euros- au Fonds. » que ne lui a-t-il pas demandé de rembourser tout l’argent que sa famille, ses proches et lui-même ont volé, avant qu’une fois encore l’argent de la communauté internationale vienne à leur secours au travers du FMI. Curieux que cette possibilité n’effleura pas l’esprit de Monsieur Le Maire et de Madame Lagarde… !

En conclusion, pour tenter de convaincre le lecteur lambda de l’utilité de porter secours financièrement à ce monstre de mal gouvernance, de prédation et de prévarication, l’article de RFI nous pond l’argument humanitaire : «  Les grèves se sont multipliées ces derniers mois. Crise politique, crise sociale et rébellion dans le Pool. La confiance des partenaires internationaux s’émousse. Les plus réalistes ou les moins diplomates l’affirment: il ne s’agit plus de sauver un président, un homme, mais une population, un pays. »

Cela fait une vingtaine d’années que nous tirons toutes les sonnettes d’alarmes possibles et imaginables : personne n’a jamais voulu nous prêter attention et encore moins nous recevoir. La liste est longue des dignitaires de la République française qui nous ont affichés tout leur mépris pour avoir dénoncé leur ami Sassou Nguesso. Aujourd’hui « ça » prétend vouloir sauver une population, un pays. Qui pourrait commettre la stupidité de le croire ?

Il est grand temps, pour le Président Macron, d’user de la manière forte envers les corrupteurs du Congo et les corrompus européens. Il faut exiger le départ des fripouilles qui ont conduit le Congo à sa perte. Il faut accompagner cette exigence d’une menace de véritables sanctions qui toucheraient tous les participants, et leur famille, au système Sassou Nguesso  sur l’ensemble du territoire de l’Union Européenne (en y incluant la Suisse où la famille du précautionneux Jean Dominique Okemba réside maintenant).

A défaut de quoi,  le dictateur s’entêtera dans ses chantages et ses manipulations.

Et le pire serait à craindre.

Rigobert OSSEBI

Diffusé le 14 décembre 2017, par www.congo-liberty.com

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7 réponses à HUMILIANTE VISITE DE L’INDIGNE SASSOU-NGUESSO A BERCY. Par Rigobert Ossebi

  1. Aloula dit :

    Il appartient à la diaspora, aux vrais patriotes, de procéder à un vrai travail de dénonciation à ciel ouvert de tous les lobbyistes français hier et d’aujourd’hui qui ont contribué à la pérennisation de ce pouvoir criminel, notre frere Ossebi, Migoua, Abigna et autres, à travers ce site ont depuis commencé le travail de la dénonciation de ces mafieux dont Macron commence à se mefier. La vie ou la mort tel doit etre le maitre mot.

  2. OYESSI dit :

    J’ai lu quelque part que code diplomatique oblige, qu’un ministre ne peut recevoir un président et que Le Maire allait passer à 8h par l’hôtel de Sassou avant d’aller à son conseil de Ministre à 10h.

    Que non !!! Sassou sans honte, il a sans doute mal passé sa nuit, s’est levé de bonheur sous le froid d’hivers pour aller quémander sans honte l’aumône chez Le Maire. Congolais, imbu de ma fierté d’homme libre, j’en suis vraiment malheureux d’avoir à la tête du Congo un homme sans HONNEUR et DIGNITE.

  3. Bakala Telema dit :

    sassou avait pris la navette fluviale pour se rendre à Bercy faire la courbette a un ministre français occupant le 20eme rang protocolaire de l’exécutif français. sassou était enveloppé pour que l’on ne puisse pas le filmer entrant au ministère des finances. Il en fut de même pour sa sortie. Résultat : ni vu ni connu- un vrai incognito.

    Vraiment la vraie honte. Heureusement pour lui, il est né avant la honte.

  4. Mammifère Primate El Macaco dit :

    Est-ce qu’il a même le choix ce vieux violeur mbochi aux lèvres noires comme le ‘pussy’ d’une guenon?
    C’est bien ce qui arrive lorsqu’on est un préfet dépendant et nécessiteux, et que l’on sert le diable sans penser.

    Mbochiotte!

  5. Yilukulu dit :

    Pffff. Sassou a reçu Le Maire au Bristol. Vérifiez vos sources avant de publier vos conneries….

  6. sylvain zulubasemba dit :

    Et avec ça les incervelés continu à les soutenir.Vraiment tiadi mingui

  7. le fils du pays dit :

    Mr Ossebi.Merci une fois de plus pour votre texte.Ceux qui ont les chiffres plus exactes me corrigent.Je me pose la question suivante.Quel est ce genre d’argent que Mr Sassou et ses amis du pct recherchent aupres du Fmi et autres.Sur une population de moins de 4 millions si nous estmons au bas mot le budget annuel a 4 milliards pendant ces deux decennies cela fait 80 milles millards.Qu’est ce que Mr Sassou et apparentes ont fait de cette manne

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