L’IMPÉRATIF D’UNE ORGANISATION FÉDÉRALE AU CONGO-BRAZZAVILLE. Par David LONDI

Les défis

Nous avons un double défi à relever : la démocratie et l’agilité pour nous adapter aux mutations majeures qui sont en train de s’opérer en Afrique et dans le monde. Les attelages nationaux laissés par l’ancienne puissance coloniale, définis et structurés pour une mission particulière, mettre en place des infrastructures, des flux et des compétences pour optimiser le projet colonial d’exploitation des matières premières et faire de nous un espace de consommation de leurs produits finis. Nous ne pouvons pas nous développer sur la base d’un contexte taillé pour nous exploiter quelles que soient les implications et la bonne volonté des uns et des autres. Nous devons tout repenser, l’organisation politique, éducative et culturelle. Soixante ans après, le bilan est, en effet, affligeant. Dans la suite de l’exposé, nous reviendrons sur ce point.

Les défis relatifs à la démocratie, condition sine qua non, pour faire face à défis. Près de 60 ans après les indépendances, Le constat est amer sur les progrès des libertés humaines, de choix et d’expression. Sous la férule des autocrates et des hommes sans foi ni loi qui ont usé et abusé de l’instrumentalisation du tribalisme, nous assistons à un recul récurrent de tous les droits fondamentaux de l’Homme et du Citoyen au Congo. Il en vient même, chose aberrante, que l’on se mette à regretter l’époque coloniale. Les acquis de la Conférence nationale souveraine ont fondu comme neige au soleil au bout d’un an et les mêmes politiciens depuis les années 60 et 70 sont revenus plus sanguinaires avec des comportements qui ont élargi le fossé entre les différentes communautés nationales. Dans un comportement irresponsable non assumé par rapport au tribalisme, irresponsable puisqu’ils l’instrumentalisent, ces assoiffés du pouvoir ont créé des milices aux noms exotiques. Au lieu de les désigner sous les noms des tribus : Milices Bakongos, Mbochis ou Bembés, ils les ont appelés « Ninjas », « Cocoyes » ou « Cobras », preuve qu’ils n’assumaient pas leur mesquinerie tribaliste. Ce débat occulté a ressurgi sur le terrain en faisant des milliers de morts. Nous reviendrons sur ce drame absolu, plus loin dans cet exposé. Nous devons dépasser ce mal absolu et repenser toute notre organisation politique et sociale pour créer des régions agiles avec un pouvoir central aux attributions politiques et économiques réduites, l’objet de cet exposé. Les Régions fortes avec une très grande agilité pour aborder les défis créés par la mondialisation et plus près de nous, l’Afrique, sans le corset d’un Etat central oppresseur et guidé par des principes tribalistes. Elles doivent pouvoir, dans un cadre légal compatible avec les exigences internationales à créer, s’investir directement dans les projets en Afrique et dans le Monde comme celui exposé, ci-dessous.

Plus récemment, l’OUA, devenue l’Unité africaine (UA) en 2000, s’est donné pour objectif de structurer l’ensemble du continent autour d’un Parlement panafricain, d’une banque centrale et d’un Fonds monétaire, d’une Cour de justice, etc. Parallèlement, au sein de l’UA, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad / New Partnership for African Development) a été lancé en 2001 pour faire progresser la  gouvernance  en Afrique. Il est né d’une initiative des chefs d’État sénégalais, Abdoulaye Wade, et sud-africain, Thabo Mbeki (son secrétariat général est à Johannesburg), en association avec leurs homologues algérien (Abdelaziz Bouteflika) et nigérian (Olusegun Obasanjo)

Comme son nom l’indique, le Nepad est surtout un instrument de planification du développement, ce n’est pas une institution. Il vise à mobiliser des fonds internationaux pour réaliser des projets continentaux ou régionaux, au moment où de nombreuses études montrent l’importance des infrastructures dans le domaine de l’accès aux services de base (éducation, santé), dans la cohésion sociale et dans le développement économique. La construction de grands projets régionaux structurants est envisagée et/ou programmée : dans le domaine des transports, l’autoroute côtière Nouakchott/Lagos permettant de relier 10 pays africains, l’autoroute Dakar/N’Djamena et le chemin de fer d’interconnexion entre le Bénin, le Togo et le Burkina Faso ; dans le domaine de l’énergie, deux projets de gazoducs (Nigéria – Algérie et Nigéria – Bénin, Ghana, Sénégal et Togo ; dans le domaine des TIC, la connexion au réseau mondial de câbles à fibres optiques.. Une de ses réalisations la plus visible est la mise en place d’un Mécanisme agricain d’évaluation par les pairs (APRM) auquel, en 2005, 23 des 52 pays membres avaient souscrit. L’idée est d’attirer les investissements étrangers en échange d’engagements de « bonne gouvernance » politique et économique accompagnés par l’évaluation et l’aide du PNUD. Les objectifs du Nepad sont corrélés aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) de lutte contre la  pauvreté  définis par l’ONU et ils affichent aussi la volonté des États membres de ne pas rester en marge du processus de mondialisation. D’impact réel encore limité, le Nepad a surtout valeur symbolique. Dans le contexte de la mondialisation des institutions, c’est un outil de communication et de lobbying et de recherche de financements de projets.

Sur le plan économique, les arguments en faveur d’une intégration régionale en Afrique sont nombreux : faiblesse des échanges intra-régionaux, frontières poreuses, marchés internes exigus, infrastructures déficientes, faible diversification des appareils productifs. De plus, aujourd’hui, la mondialisation vient relancer la question des « territoires pertinents ». L’intégration régionale peut faciliter l’insertion des économies nationales dans le commerce mondial et amplifier leur poids dans les négociations internationales. Cet argument, qui prévaut dans la construction de la plupart des coopérations régionales, vaut aussi pour l’Afrique. La dimension économique fait aujourd’hui partie d’un processus qui justifie les aides et les attentions des bailleurs, de l’Union Européenne notamment. Ainsi, les accords entre l’UE et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) prévoient une ouverture réciproque des marchés à partir de blocs régionaux.

Il faut donc introduire une grande dose d’agilité pour les régions afin de tirer profit de ce genre d’organisation. Pour cela, il faut un état souple et au fait des besoins et aspirations des régions infranationales. Ceci passe par une réorganisation totale de l’espace politique congolais. Comment le Congo s’organise-t-il actuellement pour optimiser son intégration dans cet espace ? Nous y reviendrons dans la suite de cet exposé. Si l’on cherchait à comprendre l’origine des blocages dans notre pays. Nous pensons que le premier élément de réponse est l’idéologie tribaliste qui continue à structurer tout notre environnement politique, économique et social.

En effet, bien souvent les actes politiques structurés par l’idéologie tribaliste vont totalement en défaveur d’équilibres régionaux qui pourtant  seraient favorables à une dynamique de développement. Pourtant l’équilibre régional permet à toutes les régions d’ambitionner au développement suivant leur culture propre et leurs atouts naturels, leur permettant ainsi d’être justement exploitées, ce qui éviterait la surexploitation de certaines d’entre elles et la sous-exploitation d’autres, comme c’est bien souvent le cas aujourd’hui dans notre pays.

Ce mal endémique, qu’est le tribalisme, ronge le Congo, doucement mais sûrement depuis environ 60 ans. Il est un obstacle à la démocratisation car l’idéologie du tribalisme est basée sur la survalorisation de son identité propre et le rejet de l’autre. En excluant l’autre, le tribalisme constitue un obstacle au développement économique. Dans cette idéologie un principe domine : Ce qui compte, c’est celui qu’on connait au lieu de ce que l’on sait faire, un patronage qui fait éloigner de la méritocratie. Or, l’idéologie du tribalisme est l’outil principal de la conquête du pouvoir au Congo et, de ce fait, créatrice de tension.

Par conséquent, ce ne sont pas les plus compétents qui sont engagés et ce ne sont pas les entreprises les plus efficientes qui accèdent aux opportunités des affaires. Plus que la compétence et l’efficacité, c’est l’origine ethnique, le clan, la filiation qui deviennent le critère de l’allocation des ressources. Autant dire un non-sens économique qui aurait donné des maux de tête à Adam Smith, paix à son âme. Autrement dit, les ressources ne reçoivent pas leur meilleure valorisation, ouvrant la porte aux gaspillages et à la gabegie. Nous en sommes là à environ 60 ans après les indépendances.

Cette idéologie conduit à l’exclusion politique et économique des autres tribus ou ethnies éloignées du cercle du pouvoir. Ainsi, dans un contexte de rareté des ressources et de méfiance généralisée, le tribalisme conduit chaque groupe à voter sur une base ethnique afin de placer leur représentant dans les rouages de l’appareil étatique. Ce faisant, ils vont tenter, via leur représentant élu, de capter les subventions, les nominations et les services publics pour les détourner vers leurs groupes au détriment du reste des autres factions.

Il en découle une sorte de course effrénée à l’appropriation de l’État le plus souvent dans un cycle de guerres comme ce pays en a le secret car c’est le seul moyen de contrôler les ressources publiques et de s’enrichir. D’où l’émergence d’une économie rentière fondée sur le clientélisme et la corruption. Cette situation place le pays dans une trajectoire de guerres permanente. En voici quelques illustrations.

L’OBUMITRI (Oligarchie Militaro Tribaliste) installée au Congo depuis 1970 a poussé cette idéologie à des limites qui ne sont plus acceptables par les exclus du pouvoir. Elle a ainsi contribué à exaspérer le sentiment d’appartenance tribale chez les groupes éthniques les plus importants démographiquement qui, tapis dans l’ombre avec des sentiments avoués ou non avoués d’en découdre, cherchent à s’emparer du pouvoir, jugeant l’impétrant comme un usurpateur, ce qui est souvent le cas. Et, ceux qui y sont, déploient toute la violence pour y rester. Devant cette frustration des exclus, des hommes politiques véreux et sans scrupules organisent la conquête du pouvoir autour du sentiment d’appartenance ethnique sur la base des partis éthnocentrés. Cette situation plonge donc le pays dans un cycle infernal de violence (400.000 victimes : LCI, Emission d’Yves Calvi), résultat de la volonté de conquête et de conservation du pouvoir par tous les moyens par une éthnie ou un clan. Chacun attend son tour. Ceci, quelle que soit l’éthnie au pouvoir. Le moment n’est-il pas venu de chercher d’autres moyens d’organisation politique de l’Etat pour dépasser cette situation mortifère pour le pays ? Une fois au pouvoir, nous tombons dans un recyclage des procédés utilisés par l’ancienne puissance coloniale pour le garder, diviser pour mieux régner.

En effet, nous assistons à une recolonisation progressive, cette fois-ci orchestrée par les congolais eux-mêmes en recyclant les méthodes utilisées par le Colon pour continuer à s’emparer des ressources du pays pour le bien d’un clan, et non d’une éthnie parce qu’aucun leader ne peut satisfaire toutes les attentes de son groupe éthnique. Le clan ou l’éthnie perpétue donc un gouvernement fantoche qui maintient les flux des matières premières et des produits finis pour l’ancienne puissance coloniale qui lui dicte son action et dont il défend les intérêts pour ainsi se préserver de ses foudres et rester au pouvoir le plus longtemps possible. Ainsi corsetées dans un ensemble caporalisé par un clan ou une éthnie, les régions voient leur espace de développement réduit même si elles disposent d’un potentiel économique, social et culturel indéniable.

Quel bilan du « jacobinisme » à la sauce congolaise ?

Sur le plan politique

Les deux concepts qui ont engendré les maux majeurs de notre République, c’est l’absolutisme et la centralisation. Le régime présidentiel congolais largement inspiré des institutions de la Vème République française, consacre un Président fort presque autocrate avec un pouvoir absolu le rapprochant des monarques d’avant 1789. Cet absolutisme prive, dans une République bananière comme le Congo, les institutions d’un contrôle efficace des activités de l’exécutif. Ainsi nous assistons à l’organisation des circuits parallèles de détournement des fonds publics et de la richesse nationale qui échappe à tout contrôle. Dans ce contexte, l’absolutisme sans contrepoids démocratique conduit naturellement à l’affaiblissement des institutions qui ne deviennent que des points décentralisés de la volonté du pouvoir. Cet absolutisme cumulé avec la centralisation nous place dans un régime qui devient plus une monarchie qu’une République qui attise naturellement les convoitises des prétendants sans foi ni loi pour la plupart. Pour étayer mon propos, je me permettrais de citer Tocqueville qui, à ce sujet, affirmait que, bien avant la rupture de 1789, l’Etat monarchique avait détruit l’ordre féodal et ôté à la noblesse son pouvoir politique grâce, d’une part, à l’absolutisme, d’autre part, à la centralisation. Les hommes de 1789 avaient renversé l’édifice, mais ses fondements étaient restés dans l’âme même de ses destructeurs, et sur ces fondements on a pu le relever tout à coup à nouveau et le bâtir plus solidement qu’il ne l’avait jamais été. Cette courte référence nous montre la continuité de l’esprit monarchique dans l’organisation de l’Etat français qui influence toutes ses ex-colonies qui s’en sont toutes inspirées. Aucune d’entre elles n’a osé remettre en question cette organisation appliquée au forceps dans nos pays sur ces deux concepts : l’absolutisme de la fonction présidentielle et la centralisation de l’Etat. Le Président élu est élevé au rang de Roi avec touts les attributs s’y référant. Entre les mains d’un écervelé, cette organisation s’est transformée progressivement en une arme de destruction massive dévastant toutes les zones d’impact : la vie humaine, la liberté, l’économie et la société.

Sur le plan économique

Le patronage par affinités éthniques au détriment de la méritocratie a eu pour conséquences, le tarissement des ressources budgétaires qui précipite des pans entiers de l’économie dans une descente aux enfers laissant sur le carreau des milliers de Congolais, déstructurant tous les services éducatifs et sanitaires alors que notre pays a des atouts économiques formidables :   ressources naturelles abondantes (minerais, pétrole, bois) donnant un  PIB de 14,135 milliards au 122ème sur 189 devant la Syrie, l’Albanie, la Macédoine, le Rwanda, le Sénégal, par exemple. Si cette richesse était équitablement répartie le congolais disposerait d’un PIB / habitant de 1851 $USD, une diminution d’environ 50% par rapport à 2010 (données 2015 du site PopulationData.net) ; croissance du PIB 2,65 % par an (Données 2015 du site PopulationData.net).  Où peut donc passer toute cette richesse créée par les hausses des prix des matières premières, pétrole en tête, de la dernière décennie ? 

Un endettement de 120% et 3 interventions du FMI (2 programmes de restructuration de l’économie et une restructuration de la dette qui classe le Congo dans le club des PPTE).

Il faut noter que nous avons certainement mangé notre pain blanc de 1960 à 2013, période pendant laquelle le PIB va croître régulièrement, avec un bond en 2000, avant de subir une phase descendante depuis 2015 (Données Banque mondiale, 2015) malgré l’augmentation du nombre de barils produits qui a atteint environ 300.000 barils / jour, situation qui pousse le Congo à frapper à la porte de l’OPEP. Ce baril n’est pas prêt d’atteindre les sommets de 2010 parce que les Etats-Unis sont en passe de passer à la première place des producteurs du pétrole avec le gaz du schiste. Pendant toute cette phase de croissance du PIB, les dirigeants congolais n’ont pas cherché à diversifier l’économie congolaise qui dépend à plus de 60 % du pétrole. Nous devons tenir compte de cette réalité dans les réflexions sur la réorganisation de l’Etat congolais. Tordre le cou au tribalisme, c’est passer à un système décentralisé qui sort de la logique Vème République française.

Sur le plan social

Les infrastructures sont en-deçà de ce que l’on pourrait attendre d’un pays riche en ressources minières et dont le développement économique, même s’il repose sur l’exportation de cette richesse brute, est en pleine déroute : Transports, écoles, hôpitaux, tout manque et n’est pas à la hauteur des attentes de la population, dont la misère est indescriptible : Espérance de vie 59,30 ans (Données 2016 du site PopulationData.net) ; taux de mortalité infantile 56,40 % (Données 2016 du site PopulationData.net), taux d’alphabétisation 80,91% (Données 2015 du site populationData.net), IDH : Indice de Développement Humain (138ème rang) 0,592 / 1 (Données 2015 du site populationData.net). IPE : Indice Performance Environnementale : 59,56 (Données 2016 du site populationData.net, 128è rang) ; Nature de l’Etat : un régime présidentiel fort, dictature dans les faits (Données 2016 du site populationData.net).

Sur le plan sécuritaire

1965 – 1978 : Des assassinats politiques dont les plus célèbres sont : Pouabou, Matsocota, Massouémé, Nganzari, Kinganga et son commando avec des civils, Diawara et tous ses compagnons, Ngouabi, Biayenda, Massamba Débat et ses partisans, Kibuala Nkaya, Anga, Franklin Boukaka, Ntsourou (liste non exhaustive) ;

1988 : Massacres d’Ikongono : destruction du village d’Ikongono et des villages aux alentours pour assassiner Anga, premier génocide Sassou ;

1997 : Massacres d’Owando : plus de 12 morts recensés (Médiapart, 16 décembre 2013 par JECMAUS) ;

1998 – 2000 : Planification du premier génocide du Pool : Rapport Mouebara publié sur le site d’Opinion Internationale de Michel Taube ;

2015 : Massacres des opposants au changement de la constitution ;

2016 – 2018 : 3.000 victimes, viols systématiques des jeunes filles, plus de 130.000 déplacés, des dizaines de villages détruits, des milliers d’habitations détruites, des champs dévastés, Infrastructures détruites, plusieurs cas de torture, d’exécutions sommaires, détentions arbitraires, disparitions forcées… signalés (OCDH Congo, 28 janvier 2018 et Florence Môrice RFI, mercredi 21 juin 2017) ;

Certains spécialistes évaluent à 400.000 victimes impactant directement ou indirectement Sassou (LCI, émission d’Yves Calvi) ;

Des prisonniers politiques estimés à plus de 150 dans les geôles du pouvoir (OCDH Congo Brazzaville).

Sur le plan historique

Une Histoire nationale escamotée ou réécrite à l’avantage de l’éthnie au pouvoir. Tout le monde se rappelle de la fameuse phrase de « Oko montre la mer à Taty » ou le changement du nom de la langue Kikongo en Kituba.

DEBAT : Faut-il changer d’organisation politique ?

Quelles sont les solutions qui peuvent nous sortir de cette situation qui n’est créée que par quelques individus, assoiffés du pouvoir au sein des différentes éthnies, qui plongent le pays dans les abysses dans tous les domaines ? Quelle organisation pour essayer d’atténuer cette course à la magistrature suprême dans des conditions qui génèrent tant de conséquences négatives dans notre pays ? Les pères de l’indépendance n’ont-ils pas été influencés par un certain suivisme du mode d’organisation de l’ancienne puissance coloniale, très centralisée mâtinée d’un jacobinisme excessif ? La structure sociale congolaise y était-elle préparée ? Un Etat décentralisé n’était-il pas plus indiqué dans l’organisation sociologique du Congo que le Colon avait structuré pour son projet colonial ? L’organisation actuelle très centralisée est-elle indiquée pour affronter les défis d’un monde qui se globalise mais, en même temps, orienté vers des organisations décentralisées pour amortir le choc d’une économie mondialisée ? Autant de questions que l’on devrait se poser pour l’après-Sassou.

Soixante ans après le départ des Français du Congo, le pays n’est toujours pas sorti de l’instabilité politique. Gens du nord et gens du sud s’opposent dans un climat sourd où l’observateur impartial, neutre, objectif ne parvient pas à comprendre les motivations idéologiques des guerres et des troubles. Visiblement, la guerre est devenue une stratégie de conservation du pouvoir. On la provoque, on la fait et on l’arrête. Puis on la reprovoque, on l’a refait et on l’arrête de nouveau. Ce cycle est infernal, meurtrier et appauvrissant pour les populations. Rien alors ne justifie alors une telle stratégie. Pour l’observateur averti, ce cycle de guerres est une stratégie alimentée par l’instrumentalisation du tribalisme par des politiciens véreux s’attaquant aux populations jugées réfractaires au régime pour se maintenir au pouvoir par la terreur et la violence, servis par une organisation politique et économique issue de l’ancienne puissance coloniale.

L’organisation politique de la République du Congo est la reproduction parfaite de celle de l’ancienne puissance coloniale qui fait du Président de la République, la clé de voûte des institutions, le premier dépositaire du pouvoir exécutif, position renforcée par la légitimité que lui procure l’élection au suffrage universel. Ceci fait du Président de la République un Monarque omnipotent. Il est donc évident que cette position attise toutes les convoitises des prétendants. Changer cet état de faits passe par une organisation décentralisée avec une réduction drastique des prérogatives de l’Etat central pour en réduire l’attractivité et augmenter les mécanismes de contrôle par les Etats-membres. Cette organisation peut durablement réduire le cycle de violence pour la conquête du pouvoir. La solution peut-elle donc se trouver dans l’organisation du pays en Etats fédérés autour d’un super-Etat que l’on peut nommer « Etat central » ou « Fédéral » ? Notre réponse à cette question est affirmative et nous penchons pour le deuxième principe (Cf. ci-dessous) basé sur l’autonomie. Pour la richesse du débat, nous ferons un tour d’horizon des différents concepts d’une telle organisation pour mieux en poser les termes.

I- L’ÉTAT FÉDÉRAL

C’est la grande forme contemporaine d’Etats composés. L’Etat fédéral est une association d’Etats qui décident de remettre une partie de leur compétence à un Etat central. Et donc, dans la fédération, il y a des Etats fédérés et un Etat fédéral avec des compétences différentes. Une liste de compétences qui identifie ce qui appartient à l’état fédéral, et ce qui appartient aux Etats fédérés.

Il y a un domaine de l’Etat fédéral, avec un pouvoir immédiat, et un domaine des Etats fédérés, avec pour eux aussi, chacun d’entre eux, un pouvoir immédiat sur ses citoyens comme le Canada, l’Allemagne, l’Australie, le Brésil, les USA, l’Inde, la Russie, la Suisse …)

 

II – L’ORGANISATION DE L’ÉTAT FÉDÉRAL

Comment envisager ce mode d’organisation dans le cadre du Congo ?

Quel que soit le mode d’organisation de l’Etat fédéral, il y a une réalité complexe : la présence simultanément de deux formes étatiques : l’une globale, l’état fédéral, ou super Etat. L’autre, plus limite : l’Etat membre. Cela nécessite une articulation entre eux qui se fait selon trois principes :

  1. Superposition ;

  2. Autonomie ;

  3. Participation.

A. Le principe de superposition

C’est en fait très simple. Ca veut dire qu’il y a 2 ordres juridiques superposés qui vont s’appliquer aux citoyens. L’un global, celui du super Etat, l’intérieur duquel s’inscrivent les autres particuliers à chaque Etat membre. Ce qui veut dire que le système juridique de l’Etat membre s’inscrit dans le cadre général fixé par le système juridique de l’Etat fédéral.

Le super Etat est le seul qui soit considéré comme un Etat sur le plan international.

La superposition se combine avec l’immédiateté. L’Etat fédéral a des compétences immédiates, c’est-à-dire exercées sans intermédiaires sur les citoyens.

Donc principe de superposition qui se caractérise par l’existence d’un pouvoir supérieur et pouvant s’exercer sans intermédiaire mais qui n’est pas un pouvoir exclusif car à coté de ce pouvoir de superposition il y a le principe d’autonomie.

B. Le principe d’autonomie

Il y a un partage des compétences, certaines appartiennent exclusivement à l’Etat membre et l’Etat fédéral ne peut pas intervenir dans ce domaine. Partage des compétences selon une liste variable selon les cas, et en principe la variation peut s’expliquer par le fait que l’Etat fédéral a été construit par agrégation (auquel cas il aura des compétences d’attribution) ou par ségrégation (au quel cas l’Etat fédéral aura des compétences de droit commun).

Mais une autre variable est aussi l’idée, l’idéologie, qui préside à cet exercice de réparation. Veut-on un Etat fédéral ou plus faible ? En réalité, les listes ne sont pas extrêmement variable, on manque toujours au niveau de l’Etat fédéral défense, monnaie, etc. En fait il s’est passé dans les Etats fédéral ce qui s’est passé partout : le renforcement de l’exécutif. Aujourd’hui, l’idée que les pères fondateurs aient voulu un président des usa faible est dépassée.

Ce qui caractérise les Etats fédéraux, c’est qu’il en reste une compétence importante : celle de choisir leur propre gouvernement, ce qu’on appelle leur capacité d’auto organisation, autrement le pouvoir de faire leur propre constitution.

L’Etat fédéral impose en général une République. Mais dans ce cadre général, la forme peut être libre ; elle est souvent calqué sur l’état fédéral, mais peut être libre.

Exemple : aux Etats-Unis, les gouverneurs sont élus au suffrage universel, il y a un congrès local composé de deux assemblées.

En dehors de cette capacité d’auto organisation, il y a également bien sur une liberté sur le plan juridique dans les domaines réservés à l’Etat membre : ex le droit pénal, le droit civil, peuvent varier. Ex les Etats-Unis sur les affaires de mœurs : le divorce et le mariage sont faciles dans certains Etats, beaucoup plus difficile dans d’autres. Le jeu est permis dans des Etats et interdits dans d’autres. Idem pour la peine de mort. Idem pour la législation sur les sociétés (le Delaware c’est très facile de faire une société).

L’idée : on agit séparément dans les domaines séparés, on agit en commun dans les domaines communs

C. Le principe de participation

C’est l’idée tout simplement qu’il y a une collaboration de tous dans l’Etat fédéral. Celui-ci est composé des Etats membres et ceux-ci participent à ce gouvernement. Il y a des formes constitutionnelles variées pour assurer cette participation, mais dans cette variation il y a aussi des invariants. Par exemple, la représentation des Etats membres au niveau central, surtout lorsque le fédéralisme est voulu pour résoudre un problème de nationalité : on s’efforce d’associer chacune de ces nationalités au pouvoir central, parfois avec des obligations (ex Yougoslavie : si tel poste va à telle entité, tel autre va à telle autre entité).

Cela a comme conséquence que la charte commune, c’est-à-dire la constitution de la fédération, qui est la charte commune de tous les Etats membres ne peut être modifié qu’en commun, c’est-à-dire qu’avec l’assentiment au moins de la majorité des Etats membres (et souvent on exige en matière de révision constitutionnelle une majorité qualifiée). Mais la décision peut être prise à la majorité, c’est-à-dire qu’un Etat peut être forcé. La constitution de l’URSS prévoie le droit de sortir de la fédération, tandis que celle des Etats-Unis ne le permet pas.

III – LES PARTICULARITÉS CONSTITUTIONNELLES

C’est l’idée que s’il y a cette capacité d’auto organisation, il y a un pouvoir constituant de l’Etat fédéré et de l’Etat fédéral :

  • double pouvoir constituant.

  • la nécessite d’un organe de régulation, d’une cour suprême, ne serait-ce que pour ajouter le partage des compétences en cas de difficultés

Enfin, principe de participation : au moins une chambre assurant la représentation spécifique des Etats et dont le vote permettra de vérifier qu’une majorité d’Etat est d’accord avec la proposition.

A. Le pouvoir constituant

Il y a aussi le pouvoir constituant de l’Etat membre. Il y a aussi le pouvoir constituant de l’Etat fédéral qui peut être exercé soit par l’intervention direct des citoyens, soit par une démarche conjointe des Etats membres, soit (c’est souvent le cas) par des formules qui associent les 2 démarches (volonté des citoyens + volonté des Etats membres). Ainsi aux usa un amendement à la constitution fédérale pour être définitivement adopté doit d’abord être voté à la majorité des 2/3 de chaque chambre (c’est-à-dire celle qui représente les populations : la chambre des représentants, et celle qui représentent les Etats : le sénat). Et ensuite le texte de la révision doit être ratifié par les ¾ des législatures d’Etat (c’est-à-dire la ou les assemblées législatives des Etats membres). Ce processus est lourd, cela dit un Etat peut être forcé à condition que les ¾ des Etats soient d’accord. Ceci explique peut être le très faible nombre d’amendements à la constitution des Etats-Unis. 27 amendements, le dernier en 1971 pour le vote à 18 ans. Le premier : amendement déposé en 1799 et accepté en 1992 (amendement Madison).

Ou bien autre cas, en Suisse, où la révision doit d’abord être approuvée par les assemblées fédérales, lesquelles doivent être préalablement renouvelées pour être élues comme constituantes, et ensuite cette révision doit être ratifiée par un référendum, un vote direct des citoyens, et dans ce referendum il doit y avoir à la fois pour qu’il soit positif (1) la majorité des citoyen et (2) la majorité des cantons, puisque ce sont ces cantons qui fondent la fédération. Double exigence donc.

 Le pouvoir constituant de l’Etat membre est beaucoup plus classique, et le pouvoir constituant de l’Etat fédéral est plus complexe puisqu’il nécessite de l’accord des citoyens de l’Etat ET l’accord des Etats. En principe c’est ce qui fait la différence entre un état fédéral et un état unitaire même très décentralisé.

Question classique (beau sujet d’examen) : y a-t-il une différence entre l’état unitaire très décentralisé et l’état fédéral ? Parfois on se le demande. Un des éléments de réponse est là : dans un Etat unitaire même très décentralisé il y a un seul pouvoir constituant : c’est l’état central qui fixe les compétences de l’Etat décentralisé. Dans un état fédéré il y a deux pouvoirs constituants. C’est différent dans la théorie même si dans la pratique c’est moins visible

B. La nécessité d’une cours suprême

Dans les Etats fédéraux il est facile de comprendre qu’il y a un besoin particulier d’un pouvoir judiciaire fort. En effet, dans un Etat fédéral, il va y avoir deux nécessités supplémentaires par rapport à un Etat unitaire.

  1. la nécessite d’assurer le respect du partage des compétences entre l’état fédéral et les Etats membres.

  2. assurer que les lois locales, votées dans les Etats, n’aillent pas à l’encontre du cadre général fixé par la constitution fédérale. On veut éviter des dispositions contraires au pacte fédéral (cf. la question de l’esclavage aux Etats-Unis mi 19ème siècle).

Ces deux dispositions, en raison aussi de la théorie de la séparation du pouvoir, ne peuvent être séparées que par le pouvoir judiciaire. D’où le fait que cela doit être exercé par un organe indépendant, et c’est le rôle renforcé du pouvoir judiciaire dans un Etat fédéral en plus de ses fonctions habituelles. D’où l’existence en principe (mais il y a peu d’exception) dans tout Etat fédéral d’une cour suprême agissant comme gardien de la constitution dans ces deux domaines :

  1. partage des compétences et

  2. respects par les lois locales des normes fédérales.

Là encore le meilleur exemple est celui de la cour suprême des Etats-Unis. Nous avons déjà vu que le contrôle de constitutionalité était très développé aux Etats-Unis. On rappelle l’idée aussi (cf. supra) d’une exception de la constitutionnalité à la disposition de chaque citoyen. On rajoute à ça la capacité des Etats membres à s’opposer à une disposition devant la cours fédérale.

La cours suprême tranchera les litiges entre Etat fédéral et Etat membre par application, où par interprétation si nécessaire, de la constitution. Elle va vérifier aussi qu’au niveau des Etats membres le pouvoir judiciaire local va bien empêcher l’application des lois contraires à la constitution du cadre général (constitution de l’Etat central).

Donc un pouvoir judiciaire fort conséquence des principes de superposition et d’autonomie.

C. La nécessité d’une seconde chambre

En principe, un Etat fédéral a deux chambres. Un état confédéral peut aussi en avoir mais ce n’est pas une obligation.

Pourquoi ? Parce qu’un Etat démocratique repose sur la représentation du peuple. Tout le peuple doit être représenté, si l’on peut dire, immédiatement. Chaque fraction de la population (principe d’égalité du suffrage) doit être représentée de la même manière. On veut une représentation égalitaire du citoyen. Mais celle-ci risque de ne pas entraîner une répartition égalitaire des Etats, car certains Etats sont beaucoup plus peuplés que d’autres. Ainsi la chambre des représentants a un représentant par fraction à déterminer dans le cadre du Congo avec ses 4 millions d’habitants.

A coté de cette population, il y a les Etats : ceux-ci existent, sont associés, ils doivent participer, et en théorie décider à la majorité d’entre eux. D’où généralement une représentation propre des Etats, et non plus des citoyens, dans une autre chambre, une chambre des Etats qui va justement assurer cette représentation des différentes entités étatiques composant la fédération.

A ce sujet plusieurs solutions qui s’articulent généralement avec l’élection parallèlement au suffrage universel des représentants. C’est l’idée dans certain cas d’une représentation égalitaire, et à l’inverse inégalitaire.

  • la représentation égalitaire, c’est « tant de représentant par Etat, quelque soit son importance démographique ». bon exemple là encore : les Etats-Unis. Chaque Etat dispose de 2 sénateurs, soit 100 sénateurs au sénat. Formule satisfaisante pour le fédéralisme puisque dans cette chambre chaque Etat a un poids équivalent à tout autre, c’est moins satisfaisant sur le plan de la démocratie vu que les pop sont différentes, mais c’est composé par l’autre chambre.

  • la représentation inégalitaire tient compte de la population de chaque Etat. Cf. : l’URSS de la grande époque.

 Il y a plusieurs solutions pour désigner les membres :

  • c’est souvent le suffrage universel direct parfois c’est à la discrétion des Etats membres, soit au suffrage universel, soit élus par les assemblées locales (c’est le cas en suisse)

  • le cas particulier de l’Allemagne, ou le Bundesrat (chambre des Etats) est composé de délégués des gouvernements des Etats, autrement dit de la majorité politique de chaque Etat et non pas de représentants élus par les citoyen où les assemblées.

Il faut signaler des exceptions à la règle du bicamérisme, la plus notable étant celle du Canada. Il y a bien un sénat, mais ce sénat (qui trouve ses origines dans un décalque de la chambre des lords britanniques) n’est pas élu mais nommé en théorie par le gouverneur général, mais en fait par le 1er ministre. Cela dit ce sénat a très peu de pouvoir et est surtout honorifique.

En tout cas, cette exception canadienne montre que si théoriquement cette seconde chambre est une nécessité, ce n’est pas toujours respecté.

IV – AVANTAGES

Un Etat central, avec un pouvoir exécutif très restreint : politique étrangère, de défense, de justice, de travail, d’affaires sociales et de fiscalité. Si une partie des impôts est affectée directement aux régions, le reste est redistribué entre les différentes régions selon un système de péréquation ;

Les Etats membres, actuellement les Régions, auront en charge : la sécurité, de l’éducation, de l’enseignement supérieur, l’administration, la gestion des communes et disposeront d’un pouvoir de décision sur leur organisation économique, sociale et culturelle pouvant leur permettre de construire des alliances, joint-ventures, de coopération avec les régions culturellement, économiquement et socialement porteuses de projets similaires ou complémentaires infranationales et internationales ;

Là encore, il s’agit d’atténuer des tensions classiques pour les pays africains, qui cherchent à réaliser l’unité dans la diversité, mais ces tensions sont désormais à la fois mondialisées et localisées, car les consommateurs veulent l’accès au marché mondial et, dans le cadre des États-nations dont ils sont les ressortissants, l’autonomie, pour exprimer leur identité culturelle et linguistique nationale mais aussi pour s’assurer la maîtrise des conditions économiques et sociales. Les politiques économiques s’inspirent donc de plus en plus de considérations culturelles, linguistiques et de l’exode dans et entre les États-nations. Il ne faut pas se voiler la face la diversité linguistique peut aussi être un frein à la démocratie. Les opportunistes, leaders des partis éthnocentrés, s’expriment souvent dans une langue locale pour mieux s’attirer la sympathie des électeurs. Tout le Sud ne parle pas lingala de même, tout le Nord ne parle pas Kikongo.

Au-delà de la recherche de stabilité politique par l’émergence des institutions fortes et de l’émulation économique qu’elle produit, cette organisation nous prépare mieux aux défis que nous aurons à affronter au cours des 50 prochaines années, au-moins. Cela dit, quatre tendances d’évolution qui ont trait au fédéralisme et à la décision économique paraissent manifestes aujourd’hui.

En quoi cette organisation fédérée est-elle porteuse d’agilité ?

Tout d’abord, l’économie de marché est désormais une valeur presque universellement admise, si variables soient les formes qu’elle revêt de par le monde et si tenace la difficulté de concilier l’équité parmi les hommes avec l’efficience économique. Une économie de marché est essentiellement un système auto-organisé non centralisé qui produit de l’ordre à partir d’interactions humaines répétées dans un cadre de droit. Un régime fédéral est aussi, pour l’essentiel, un système auto-organisé non centralisé qui produit de l’ordre à partir d’interactions répétées des niveaux de gouvernement et des compétences dans le cadre d’une constitution ou de traités constitutionnalisés. À cet égard, il y a compatibilité sur des points importants entre un système fédéral et une économie de marché qui fonctionnent bien.

Deuxièmement, l’interdépendance et l’intégration économiques mondiales suivant les règles de la liberté des échanges vont en s’accélérant rapidement, quoique de manière encore inégale. N’étant de ce fait plus aussi libres que par le passé d’adopter des politiques économiques autarciques, les gouvernements nationaux se trouvent obligés de participer de plus en plus à des mécanismes internationaux plus larges de portée locale, régionale et mondiale en vue de mettre en place des cadres juridiques pour le marché mondial et d’arrêter l’hémorragie de tous leurs pouvoirs en matière de politique économique. C’est en partie à cause de cette érosion de l’autarcie nationale que les régions et les communes des différents pays (fédéraux ou non) doivent aussi, de plus en plus, se débrouiller seules face à la très forte concurrence qui règne dans l’économie mondiale, d’où des pressions en faveur de la décentralisation et de la régionalisation dans de nombreux États-nations – ce qui explique que l’on voie un peu partout les gouvernements nationaux céder de leurs pouvoirs à des institutions internationales et transnationales, de même qu’aux régions et autres collectivités infranationales. Les régions-Etats pourront ainsi avoir la liberté de lier des accords de coopération avec d’autres Etats ou régions, dans un cadre légal, en souplesse sans passer systématiquement par l’Etat central.

Troisièmement, les citoyens de par le monde exigent de plus en plus d’avoir accès aux biens et services disponibles sur le marché mondial. Cet accès au marché mondial confère aux gouvernements infranationaux – régions et collectivités locales – un rôle plus important dans la décision économique parce qu’il ne dépend pas seulement des réglementations nationales mais aussi d’infrastructures locales et régionales comme le câble classique et le câble optique, de réseaux d’électricité assurant une distribution sûre et suffisante, de routes et de moyens de transport pour l’acheminement des marchandises et la prestation des services, et d’un appareil éducatif. En dernière analyse, cet accès dépend des capacités locales : aujourd’hui, les moyens que les gens peuvent consacrer à l’achat d’ordinateurs commencent même à dépasser les capacités des gouvernements de câbler et d’alimenter en électricité fiable leurs foyers et leurs bureaux – et même, dans des pays très développés comme les États-Unis, il y a une « fracture numérique » entre les villes et les campagnes.

En même temps, l’accès au marché mondial suscite chez tout un chacun des tensions entre le citoyen et le consommateur : en tant que consommateur, le citoyen souhaite que cet accès soit sans entrave, mais en tant que citoyen, le consommateur souhaite l’autonomie, politique et administrative, aux niveaux local, régional et national. Et cependant, sous le régime de la liberté du commerce, la solidité et le bon fonctionnement de l’économie mondiale exigent que les communes, les régions et les nations renoncent à une part importante de leur autonomie. Il faut trouver une juste mesure.

De fait, à présent que le régime de liberté du commerce arrêté dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce s’étend aux obstacles non tarifaires aux échanges, les règles du commerce international sont appelées, à long terme, à empiéter très sensiblement sur les pouvoirs internes d’administration autonome des gouvernements régionaux et locaux des fédérations parce que ceux-ci exercent ordinairement des pouvoirs qui peuvent être jugés ériger des obstacles non tarifaires au commerce. Il faut aussi considérer que la lourdeur dans le processus de prise de décision caractérisant un centralisme excessif rend le pays moins agile dans cette organisation mondiale qui s’inscrit dans une mutation à vitesse grand V.

Quatrièmement enfin, même si l’accès et la participation au marché mondial ne sont pas exclus en régime non démocratique, des pressions durables en faveur de la démocratisation et de la protection des droits individuels apparaissent inévitables. Les progrès de la liberté des entreprises et des consommateurs, ou des aspirations à cette liberté, génèrent des pressions à la liberté des citoyens. C’est peut-être là que les démocraties fédérales offrent de nets avantages pour les choix économiques, car elles sont sans doute à même de s’adapter plus aisément aux changements économiques en facilitant des transferts rapides et pacifiques de pouvoirs des responsables incompétents ou discrédités à de nouveaux responsables, ainsi que des gouvernements peu compétents ou peu efficients à d’autres qui le sont davantage. La fluidité des équipes dirigeantes que l’on trouve en démocratie comme en régime fédéral non centralisé ménage la possibilité d’un système de gouvernance capable de s’accommoder de la fluidité du jeu des mécanismes du marché et des comportements humains. Les gouvernements démocratiques assurent en outre aux citoyens des mécanismes de « prise de parole », et un système fédéral leur offre des possibilités de « défection » aussi bien que d’« allégeance » aux niveaux infranationaux. Il s’ensuit qu’une fédération multinationale composée de communautés politiques, économiques, raciales, tribales, religieuses et linguistiques territorialement distinctes pourrait faire une politique économique efficace dans une situation où le citoyen a démocratiquement la parole aux niveaux local, régional et national, doublée de droits de défection et d’admission lui permettant d’aller et venir entre les différents ressorts territoriaux de la fédération et de possibilités de combiner ses allégeances aux trois niveaux. De plus, la démocratie exige consultation, participation et négociation, autant d’éléments qui aident les décideurs à forger le soutien ou le consensus politique nécessaire à l’efficacité de l’action publique. Le système fédéral impose des exigences supplémentaires en matière de consultation, participation et négociation, surtout chez les multiples responsables élus qui peuvent représenter les intérêts des citoyens par d’autres voies que les groupes de défense d’intérêts fonctionnant dans la société civile. Qui plus est, le système fédéral encourage l’expérimentation et l’innovation. Le gouvernement de l’une de ses composantes peut expérimenter une politique économique nouvelle : si celle-ci réussit, les autres gouvernements, y compris celui de l’union, peuvent l’adopter ; dans le cas contraire, l’échec ne porte pas nécessairement préjudice à l’ensemble de la fédération.

En principe, la fédération démocratique a pour avantages essentiels (1) de produire et de fournir avec plus d’efficience des services publics adaptés à la diversité des préférences individuelles et collectives, (2) de mieux aligner les coûts et les avantages du gouvernement pour une population variée, d’où un supplément d’équité dans la mesure où les citoyens en ont pour leur argent et paient pour ce qu’ils ont, (3) d’assurer de meilleurs ajustements des biens publics et de leurs caractéristiques spatiales, en particulier les économies d’échelle variables selon les cas qu’ils permettent de réaliser, (4) de stimuler la concurrence, l’expérimentation et l’innovation au sein du gouvernement, (5) d’être plus réceptive aux préférences des citoyens et à la démocratie, d’autant plus que les gouvernements régionaux et locaux ont le pouvoir et les moyens d’y satisfaire, (6) d’obliger les décideurs à répondre de leurs choix avec plus de transparence et à être plus près du citoyen et (7) d’être plus sensible aux préoccupations régionales infranationales, notamment parce que les gouvernements de ses composantes ont le pouvoir de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins.

Par David LONDI

Sources consultées :

https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2001-1-page-89.htm

Christel Alvergne – Quelle intégration régionale pour l’Afrique de l’Ouest ? – XLème Colloque de l’ASRDLF : Les politiques régionales à l’épreuve des faits (Bruxelles, Septembre 2004) : www.ulb.ac.be/soco/asrdlf/programme.html 
– Roland Pourtier – Derrière le terrain, l’État – Histoires de géographes, textes réunis pas Chantal Blanc Pamard – Éditions du CNRS – 1991
– L’Union africaine : http://www.africa-union.org/root/ua/index/index.htm 
– Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad / New Partnership for African Development) : http://www.nepad.org/fr 
– Intégration régionale en Afrique, cartothèque de Sciences-Po : 
> ensembles régionaux africains à vocation économique, septembre 2010,  
http://cartographie.sciences-po.fr/fr/ensembles-r-gionaux-africains-vocation-conomique
> les organisations régionales en Afrique, juillet 2007,
http://cartographie.sciences-po.fr/fr/afrique-organisations-r-gionales-juillet-2008

Diffusé le 7 février 2018, par www.congo-liberty.com

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31 réponses à L’IMPÉRATIF D’UNE ORGANISATION FÉDÉRALE AU CONGO-BRAZZAVILLE. Par David LONDI

  1. Superbowl dit :

    David Londi,

    Votre proposition de federalisme est une mauvaise reponse aux antagonismes regionaux et tribaux que connait le Congo. Les laris et les ressortissants des « pays du niari » se sont deja livres une guerre meurtriere a forte consonance tribale. Les mbochis et les kouyous se detestent cordialement pour ne citer que ces deux exemples. Quels sont dans ces conditions vos criteres de regroupement de ces ethnies dans les Etats federes dont vous preconisez la creation? Le congo a une population d’environ compte 4 millions de personnes, pensez- vous q’un projet federal soit viable ? Non, il faut imaginer des solutions qui permettent l’emergence d’une veritable nation au Congo. Ce projet demandera du temps et de l’energie, mais il est possible. Proposez une solution federale dans un pays ou il n’y a pas de nation est dangereux. Ce serait le premier pas vers l’implosion tribale de ce pays.

  2. David Londi dit :

    @Superbowl, j’ai abordé essentiellement 2 arguments majeurs : la démocratie et l’agilité. Ces 2 concepts à eux deux symbolisent les défis de demain. Il faudra, peut-être, que vous reveniez sur la façon dont j’essaie de développer leur impact face aux défis qui nous attendent dans une économie de plus en plus mondialisée. Soixante ans après l’indépendance nous pouvons faire un bilan et en tirer toutes les leçons. Le nombre, vous avez dit ? Les Bahamas, 3ème économie du continent américain, comptent 380.000 habitants ; l’Islande en compte presqu’autant ; le Luxembourg pas beaucoup plus sans parler du Lichenstein, etc. La taille ne peut donc être un élément bloquant. Par contre les défis de la démocratie et de l’agilité restent et revêtent une importance capitale.

  3. carole claudia ,claudine munari et stella mensah sassou ng maire de kintele dit :

    texte trop long et manifestement truffe de mensonges et d’incoherences. marcel tsourou est mort en fevrier 2017 et non en 1978.des evenements du 4 avril deliberement entretenu par le pool car le pool avait crut avoir remporte l’election presidentielle comme en 1992. vous avez omis les evenements de 1984 quand cl. ernest ndalla faisait sauter les salles de cinema de brazzaville.

    LORS DE LA GUERRE DU 4 AVRIL 2016 AUCUNE JEUNE FILLE N A ETE VIOLEE DANS LE POOL DU FAIT DES UNITES MILITAIRES.meme les ninjas n’ont violees personne car les jeunes filles aveint deja ete epargnees et s’etaient rendues en compagnie de leurs parents dans la bouenza ou a kinkala. vous pouvez tendre votre micro aux dites violees.dans quelles zones ces fameux viols ont eu lieu?

    tribalisme oui c’est une realite regrettable. le pool n’a pas encore vote pour un non kolelas par exemple ces comme si les autres candidats ne comptaient pas

    vos statistiques sont contestables. le congo ,aujourdhui a le reseau routier le plus vaste d’afrique centrale. brazzaville maya maya est le premeir aeroprot dafrique centrale en treme de passagers traites suivi de pointe noire source asecna. le congo est aujourdhui le pays le mieux equipe en centre hospitaliers universitaires

    1000 morts 2000 morts il y a des techniques econometriques de calculs du nombre de victimes ce genre de chiffres ne sont pas pondus comme ca .quels avaient ete le logiciel utilise les techniques d’enquetes et le questionnaire utilise les cvs des enqueteurs …. pour arriver a un tel resultat?

    plan mouebara mon oeil!

  4. Superbowl dit :

    David Londi,

    Vous oubliez une variable majeure dans les exemples que vous citez. Dans ces pays, un ensemble national a pu prealablement etre construit ce qui n’est pas encore le cas pour le Congo qui est encore a maints egards une juxtaposition de tribus. L’historique politique de ce pays plaide pour la construction d’un ensemble national fort. Regardez le Nigeria, le federalisme n’ a pas resolu la problematique du repli identitaire tribal et religieux. La solution reside dans le rapprochement et non dans le clivage ethno regional.

  5. David Londi dit :

    @Carole Claudia, vous voilà dans le subjectivisme le plus total. Ntsourou, je vous l’accorde. Mais de grâce, un sujet comme celui-ci ne s traite pas en quelques lignes. Vous ne l’avez pas lu , vous jugez. N’est-ce pas contradictoire ? Relisez-moi et revenez avec des arguments. L’on pourra raisonnablement échanger.

  6. Mascad dit :

    @carole claudia ,claudine munari et stella mensah sassou ng maire de kintele
    Quand les cerveaux sont trop fatigués et quand on passe son temps piller et dévaliser le pays et qu’on ne pense qu’à comment exterminer les autres, alors on ne pense plus à lire. Et je comprends pourquoi votre réponse à David Londi est mal rédigé. L’article de David Londi n’est pas un livre. Si vous le trouvez trop long alors que dire d’un livre? Vous ne lisez plus. Car vous n’en avez plus le temps. Dommage !

    Voilà la paresse et l’oisiveté ! Vive « LEDZA – LENUA – LEBINA – LEBOMA BATO ». C’est votre devise, n’est-ce pas?

    Déja vous confondez les expressions. Il n’y avait pas de guerre le 4 avril 2016. Il y eu une pseudo attaque (fabriquée de toutes pièces) des Ninjas dans une zone des quartiers sud de Brazzaville, précisément à Makéléjkélé. De là à parler de guerre, c’est que vous les aimez très bien les guerres ! A croire que vous en vivez ! Le sang humain, vous aimez ? Ah oui, c’est votre papa, l’ogre du Congo, le PGCC ( le Plus Grand Criminel du Congo), qui avait parlé à Kinkala du goût du sang de la langue blessée. Il le connaît bien, ce goût du sang. Vous aussi, n’est-ce pas ?

    – Vous, vous n’êtes pas tribal. D’accord. Alors, combien de Députés du Sud en général et du Pool en particulier vous avez dans votre Cuvette, votre région chérie ?

    – Nous au Sud, nous avons un Mbochi député dans notre région du Pool : M. Emmanuel YOKO, député de Vindza. Vous avez même voulu que la fille Sassou soit députée de Kinkala, dans le Pool, votre champ de chasse ou vous allez prélever le gibier humain à manger. Ne nous dites pas que c’est votre papa qui l’a nommé là-bas, à Vindza !

    – Vous dites que le Congo est le pays le mieux équipé en Centres hospitaliers universitaires. Il y en a combien au fait ces centres hospitaliers universitaires ? Dans l’histoire du Congo, c’est la première fois qu’on voit un hôpital fermer ses portes pour mauvaise gestion. Dans toute l’Afrique, il n’y a aucun pays qui a vécu ça. N’est-ce pas honteux?

    – Enfin, dites-nous pourquoi le Congo est en faillite, en cessation de paiement et pourquoi le FMI est là ?

    – Parlez-nous des comptes de Bouya à Doubaï, en Chine, à Hong-Kong, en Suisse, au Luxembourg, au Panama Papers. Il n’est pas seul, il y a aussi KIKI LE PETROLIER, Ebata Lucien, Ondongo, etc.
    Comme vos cerveaux sont trop fatigués, trop paresseux, ne me dites pas que ma réaction est aussi trop longue à lire.

    Alors je vous fais l’économie de la fatigue cérébrale. Je m’arrête là. Je ne sais ps si vous avez tout compris de ce que j’ai dit.

    Et merci à David Londi d’avoir réveillé et fatigué les cerveaux qui ne lisent plus.

  7. Anonyme dit :

    @Claudia Munari,

    je ne vais répondre directement qu’à un point qui me dérange au plus haut point. Vous dites, je cite : »LORS DE LA GUERRE DU 4 AVRIL 2016 AUCUNE JEUNE FILLE N A ETE VIOLEE DANS LE POOL DU FAIT DES UNITES MILITAIRES.meme les ninjas n’ont violees personne car les jeunes filles aveint deja ete epargnees et s’etaient rendues en compagnie de leurs parents dans la bouenza ou a kinkala. vous pouvez tendre votre micro aux dites violees.dans quelles zones ces fameux viols ont eu lieu? »

    Réponse par : Congo-Brazzaville: «Les viols sur les jeunes filles est un phénomène nouveau»
    Par Florence Morice. Diffusion : mercredi 21 juin 2017

    Au Congo-Brazzaville, le nombre de déplacés estimé à 80 000, selon le représentant de l’ONU pour la région des Grands Lacs. Ces populations fuient le département du Pool où les affrontements se poursuivent entre forces de sécurité et partisans du pasteur N’tumi. Des déplacés que l’organisation Caritas continue de recenser sans relâche, alors que sur le terrain la situation est de plus en plus confuse. Caritas évoque des cas toujours plus nombreux de viols parmi les déplacés. On en parle de Javel Kimbassa, le secrétaire général de l’Organisation pour le département de la Bouenza.

    « Des témoignages recueillis sur place laissent penser que la situation dans le Pool se dégrade et on nous laisse entendre que la plupart des villages situés dans cette région sont presque vides. (…) Il y a des affrontements, il y a des violences, des viols qui traumatisent les populations et c’est un phénomène nouveau. Jamais on ne nous a parlé de ces viols. Ce sont les déplacés qui nous ont révélé ces viols systématiques sur ces jeunes filles… »

    Je ne relève pas les autres points qui ne sont que des incantations sans valeur parce qu’à vous lire le Congo est au top sur tous les plans : économique, social, sécuritaire et politique. Telles sont vos convictions. Ecoutez, demandez au FMI que le taux d’endettement de 120% n’est qu’une vue d’esprit, aux malades qui trouvent les hôpitaux fermés qu’ils rêvent, aux salariés sans salaire que le pays vit dans l’opulence, aux chômeurs des usines qui ferment que le Congo est en période de plein emploi, aux retraités qu’ils vivent dans un monde idéal et aux étudiants que les bourses sont versées régulièrement …

    Vous arrive-t-il de regarder le pays avec de bonnes lunettes ?

    NB. Si j’étais au Pool, en période électorale, je n’aurais certainement voté pour un Kolelas. Voyez-vous, abstenez-vous de juger de peur d’être jugé, en retour.

  8. Arlette KIMPILA dit :

    Le détail qui tue et qui permet de balayer un travail certainement fait de bonne foi : la répartition géographique de la population, avec une forte concentration dans les trois plus grandes villes du pays, soit plus de 70%.

  9. Mascad dit :

    @carole claudia ,claudine munari et stella mensah sassou ng maire de kintele
    Pour compléter, puisque vous semblez contester l’Opération Mouebara, permettez que je vous rafraichisse la mémoire. Il y a eu au Congo contre la seule région du Pool, les opérations, les expédition punitives d’épuration, de purification et d’extermination ethniques suivantes :
    – Opération COLOMBE 1
    – Opération COLOMBE 2
    – Opération HADES
    – Opération HERODE
    – Opération MOUEBARA 1
    – Opération MOUEBARA 2
    – Opération ARDOISE en cours en ce moment dans le Pool.

    Toutes ces opérations militaires ne sont pas une vue de l’esprit. Elles sont réelles.
    N’est-ce pas beaucoup pour les massacres et l’extermination des Kongo/Laris dans le Pool ?
    A votre place, j’y réfléchirais par deux fois, voire plus.
    Merci mademoiselle !

  10. David Londi dit :

    @Arlette Kimpila,

    justement l’un des objectifs d’un projet comme celui-ci est d’arrêter l’hémorragie de l’exode rural des jeunes vers les grandes villes dans lesquelles, ils s’entassent dans des conditions précaires ou même agir sur les migrations vers les pays européens. Nous déplorons suffisamment de morts noyés dans la Méditerranée ou esclaves en Libye. L’exode rural n’est que la conséquence d’une mauvaise politique de développement régional. Développer des structures économiques capables de donner du travail aux jeunes revient à les stabiliser sur leur lieu de naissance. Voyez-vous, il est parfois nécessaire de pousser plus loin la réflexion, madame. Les gens s’entassent dans les villes parce qu’ils viennent y chercher du travail sinon ils resteraient dans les régions. Je comprends parce que ce gouvernement n’a jamais de la politique de l’aménagement du territoire une priorité ! Merci de m’avoir donné l’occasion de le préciser !

  11. David Londi dit :

    @Claudia Munari,

    une seule réponse parce que votre intervention sur ce point m’est insupportable. Vous dites :
    « LORS DE LA GUERRE DU 4 AVRIL 2016 AUCUNE JEUNE FILLE N A ETE VIOLEE DANS LE POOL DU FAIT DES UNITES MILITAIRES.meme les ninjas n’ont violees personne car les jeunes filles aveint deja ete epargnees et s’etaient rendues en compagnie de leurs parents dans la bouenza ou a kinkala. vous pouvez tendre votre micro aux dites violees.dans quelles zones ces fameux viols ont eu lieu? »

    Réponse

    Emission RFI Invité du soir

    Congo-Brazzaville: «Les viols sur les jeunes filles est un phénomène nouveau»
    Par Florence MoriceDiffusion : mercredi 21 juin 2017

    Au Congo-Brazzaville, le nombre de déplacés estimé à 80 000, selon le représentant de l’ONU pour la région des Grands Lacs. Ces populations fuient le département du Pool où les affrontements se poursuivent entre forces de sécurité et partisans du pasteur N’tumi. Des déplacés que l’organisation Caritas continue de recenser sans relâche, alors que sur le terrain la situation est de plus en plus confuse. Caritas évoque des cas toujours plus nombreux de viols parmi les déplacés. On en parle de Javel Kimbassa, le secrétaire général de l’Organisation pour le département de la Bouenza.

    Au Congo-Brazzaville, le nombre de déplacés estimé à 80 000, selon le représentant de l’ONU pour la région des Grands Lacs. Ces populations fuient le département du Pool où les affrontements se poursuivent entre forces de sécurité et partisans du pasteur N’tumi. Des déplacés que l’organisation Caritas continue de recenser sans relâche, alors que sur le terrain la situation est de plus en plus confuse. Caritas évoque des cas toujours plus nombreux de viols parmi les déplacés. On en parle de Javel Kimbassa, le secrétaire général de l’Organisation pour le département de la Bouenza.

    « Des témoignages recueillis sur place laissent penser que la situation dans le Pool se dégrade et on nous laisse entendre que la plupart des villages situés dans cette région sont presque vides. (…) Il y a des affrontements, il y a des violences, des viols qui traumatisent les populations et c’est un phénomène nouveau. Jamais on ne nous a parlé de ces viols. Ce sont les déplacés qui nous ont révélé ces viols systématiques sur ces jeunes filles… ».

  12. Val de Nantes , dit :

    @Mascad , grosse validation.

  13. LE SUD CONGO dit :

    Peut etre que j’ai employe le mauvais mot « maitre ». Mais nous devrons le savoir que dans ce monde sans allie, on ne peut aller nul par.
    Combien de temps allons plurnicher a longuer des jours,
    Sassou a tout vole, la milice de sassou vient de tirer sur un pauvre etudiant, paysant, passant…
    Voici plus de 35 ans que nous vivons le calvaer du système sassou. Savez combien des congolais du sud meurt par jour ( la totuture, les balles, la malnutrition, la noyade dans l’ocean, le manque des soints medicaux…
    Nous devrons prendre notre destin en mains.
    Au moment ou Paulin Makaya marchait contre le changement de la contitution ou quand le sud congo observait les journees mortes le nord était dans les ngandas.
    Nous vivons dans un pays a double vitesses. Mokoko qui est devenu votre reference, n’est pas ce dernier qui divise l’armee au profit du terroriste sassou?
    Tous les hauts grades sont des nordistes, les grades du sud on le retrouvent morts dans les poubelles.
    La fonction publique 90% nordiste
    Les bources il faut etre du nord
    Les ministre il faut etre du nord au cas contraitre etre un leche cus de sassou si vous etre du sud congo
    Les femmes du sud, si les nordites ne les violent pas, c’est des prostituees
    UNE FEDERATION OU LA DIVISION, FINI LE MENSONGE CONGO INDIVISIBLE, AU MOMENT OU LES AUTRE SE SENTENT EN SECURITE, ET SE SUCREENT VOUS VOUS ETES LA DE NOUS RACONTER LES BOBARDS.
    QUE VOUS LE VOULEZ OU NON SASSOU EST ACTUELLEMENT LE PRESIDENT DU CONGO, ET IL A SA VOIX A L’ONU
    CREEONS NOTRE PROPRE ETAT POUR QU’ON EST NOUS AUSSI UNE VOIX A L’ONU EN CE MOMENT LA NOUS TROUVERONS UN ALLIE POUR NOUS AIDER.
    Combien des personnes un leader du nord a mis dans pour protester contre sassou?
    VIVE LE CONGO DU SUD

  14. Bulukutu dit :

    Le diagnostic ainsi posé ne laisse aucun doute sur la nécessité de repenser le système politique congolais. Dans cette perspective, j’aimerais éclaircir certains points.
    Sur quelle base géographique, l’état fédéral sera t-il construit?
    Par ailleurs, Ce système produira très probablement des inégalités entre états fédérés. Dans ce cas, une péréquation est elle envisageable ? Si oui, qui va payer? les régions les plus riches seront-elles obligées de compenser les déséquilibres entre états fédérés ?
    L’histoire récente du Congo à montré un manque total de solidarité entre régions dans un état hybride qui prétend être une nation.
    Par ailleurs, Quel sera le statut d’une ville comme B/ville? Entité administrative à part entière comme Bruxelles, ou simplement siège du pouvoir fédéral comme aux États-Unis, intégrée à l’actuelle région du Pool ?

  15. Bulukutu dit :

    Lire… les états les plus riches seront-ils obligés de compenser les déséquilibres entre états fédérés ?

  16. David Londi dit :

    Oui, le modèle le plus viable est de construire une fédération avec des Etats-membres avec une très grande autonomie. Deux objectifs principaux : permettre à Etats-membres de mener des politiques économiques , sociales et éducatives indépendantes. Cette autonomie pourra permettre à chaque Etat-membre de construire des joint-ventures avec d’autres régions internationales ou internationales sur la base de projets partagés dans tous les domaines. L’autonomie favorise l’agilité, la souplesse d’adaptation à tous les défis. Comment cette fédération peut-elle se constituer ? Sur la base d’une adhésion volontaire après débats au sein des communautés, parties prenantes. Une consultation clôturera chaque étape pour valider les structures ainsi formées. Il ne faut pas imposer des associations. Débattre et puis décider. La démographie ne peut être un facteur bloquant. Plein d’Etats au monde sont constitués de moins de 400.000 habitants et sont viables.

  17. David Londi dit :

    Lire d’autres régions infranationales ou internationales !

  18. dgfip dit :

    Merci David d’avoir pondu ce papier qui est une base de travail intéressante pour arrêter le calvaire Congolais.

    Il est évident que les tenants du pouvoir actuel se mettent à tirer a boulets rouges sur ce qui ne peut être une évidence. Je reviens sur l’intervention de Superbowl qui dit à juste titre :
    il faut imaginer des solutions qui permettent l’emergence d’une veritable nation au Congo. Ce projet demandera du temps et de l’energie, mais il est possible.

    Mon Cher SuperBowl
    Ce projet d’une véritable nation n’est pas possible. Je m’en explique.
    J’ai suivi Mafimba sur le debat de ZIANA TV sur Okombi Sallissa dans lequel Mafimba declarait l’Alliance KOLELAS/OKOMBI était une occasion manquée parce qu’elle dégageait une perspective historique qui pouvait dessiner un Congo nouveau.

    Là est la preuve pour les Mafimba et vous Mon Cher SuperBowl que vous avez une meconnaissance historique de ce pays. Aucune PERSPECTIVE HISTORIQUE ne peut se degager dans ce pays dès lors que les CONTENTIEUX HISTORIQUES n’ont pas été purgés.

    Tous les accord des Hommes du SUD avec le PCT ne seront jamais respectés des lors que à leur retour dans leur « village » il est toujours posé à ces fameux signataires s’ils ont ramené une réponse sur ou se trouvaient les restes mortels du Président MASSAMBA DEBAT . Contentieux historique N°1.
    Contentieux identifié auprès des paysans et autres malafoutiers ainsi qu’aux ayants droits.

    Contentieux N° 2 identifié auprès des Intellectuels.

    De quel droit des générations entières Kongo devront continuellement payer la culpabilité de « Ba Kongo Ba Bomi Marien » et de quels droits les générations entières du Nord devraient tenir pour coupable leurs compatriotes du SUD pour un crime qu’ils n’ont point commis.

    Voila des contentieux Historiques qui minent le CONGO et qui font de tous les accords NORD/SUD des malentendus et non des accords. Les fameuse trahisons ne sont qu’ un argument développé par une ELITE du NORD pour noyer le poisson.
    Que vaut l’accord NTUMI/PCT dans ces conditions
    L’accord UPADS/PCT
    L’Accord KOLELAS Fils / OKOMBI (au demeurant membre du PCT)
    L’accord MCDDI/PCT

    Et bien entendu l’échec futur de tout nouvel autre accord NORD/SUD dont les Traitres sont déjà connus. Les BAKONGOs.

    Aucun membre du PCT n’a jamais abordé ces questions de fond. Nombreux attentent un recuse des BOWAO et consort sur ces faits majeurs dans l’histoire du CONGO. Au lieu de cela, ils sont dans l’accusation permanente des AUTRES. Ils sont dans le DENI PERMANENT.

    C’est tout de même de Comité Militaire du PCT qui créateur de ces deux contentieux. Pourquoi le PCT ne s’en explique-t-il pas ? Que dit BOWAO sur la question ? MANDZIMBA ?
    La réponse du General NGOUOLONDELE est connue. Il y’a eu un procès au Congo sur ces faits. Il ne faut pas y revenir. … Sans blague ….

    POURQUOI LE DEBAT SUR CES CONTENTIEUX HISTORIQUES N’EST – IL JAMAIS MIS SUR LA TABLE. A QUI PROFITE CE SILENCE ….

    Voila Mon Cher SuperBowl pourquoi ce projet d’une véritable nation n’est pas possible en l’état.

  19. David Londi dit :

    @dgfip, merci pour ton post qui pose les éléments d’un débat occulté depuis environ 60 ans. Nous nous drapons derrière des concepts qui sont en contradiction permanente avec la réalité que vivent certains congolais. Ce n’est pas en criant Nation, Nation ! que celle-ci prendra corps là où il y a 60 ans d’echec. Le projet colonial avait pour mode de fonctionnement : diviser pour mieux régner. Nous sommes enfermés dans des identités qui l’étaient faites que pour servir le projet colonial. Après 60 ans, nous pouvons faire un bilan et en tirer toutes les conséquences. La vie en couple n’est pas symbolisée que par le passage devant le curé. Plusieurs formes existent : du mariage à l’église au PACS en passant par l’union libre et même l’union avec séparation de domiciles. Tout ceci ne remet pas en question l’amour et l’assistance mutuelle qui peuvent exister dans toutes ces unions. Il faut poser le problème et chercher les solutions adéquates dans une démarche d’équité. Oublions tous les grands mots du genre Nation et discutons. Nous finirons, peut-être, lui donner le vrai contenu parce que c’est l’une avec la religion et la monnaie qui structure la vie en société. Ce mot, actuellement au Congo, n’est qu’une coquille vide.

  20. David Londi dit :

    @Bukulutu,

    à propos du statut de Brazzaville, je pense qu’il faut le traiter comme siège du gouvernement de l’Etat central mais en même temps, un État- membre avec toutes les attributions qui vont avec.

    Par ailleurs, je tiens à apporter quelques précisions sur le périmètre d’action de l’entité État central et Etat-membre.

    Les Etats membres, actuellement les Régions, auront en charge : la sécurité, l’éducation, l’enseignement supérieur, l’administration, la gestion des communes et disposeront d’un pouvoir de décision sur leur organisation économique, sociale et culturelle pouvant leur permettre de construire des alliances, joint-ventures, de coopération avec les régions culturellement, économiquement et socialement porteuses de projets similaires ou complémentaires infranationales et internationales.

    L’Etat-membre, dans le cadre légal défini, pourra s’intégrer dans des projets infranationaux et internationaux surtout pour ceux situés aux frontières sans entrer dans le long processus de l’Etat fédéral.

  21. Djess dit :

    @ David Londi

    Excellent travail

    Toutefois, je te propose le lien ci-dessous qui donne une idée sur ce qui a été déja fait par notre compatriote Hervé Mahicka.

    A l’époque ( vers 2002), nous avions toute une structure des jeunes congolais qui reflechissions sur la viabilité du fédéralisme dans notre pays  » Initiative fédéraliste  » .

    http://www.congopage.com/?page=imprimersans&id_article=1654

    Nos débats sont encore sur le forum de Congopage.

  22. David Londi dit :

    @djess,

    merci, il faut continuer à réfléchir sur cette stratégie. C’est l’une des possibilités de sortie du cycle guerre-paix-guerre et de l’idéologie du tribalisme qui fait si mal au Congo !

  23. David Londi dit :

    @Djess, travail formidable et une très belle contribution à l’établissement d’un État fédéral, au Congo. Nous devons en faire la promotion parce que nous arrivons à la fin de l »État unitaire. Cette grande hypocrisie qui nous a plongés et continuent à nous précipiter dans les abysses dans tous les domaines. Merci pour ces réflexions très justes et très vraies.

  24. Anonyme dit :

    Eh oui Djess. Merci de montrer aux jeunes ce site des grands débats quand les congolais débattaient. Que sont-ils devenus les Gnoka, Hannibal, CA, Nganga Mayala, Bassouamina, Mesmin Motatoli, Baba Ayé, Loumo, Benda Bika, Mayombe, Ramsès, Zenga Mambu, Charme, Ender End, Blaise, etc.

    Que des heures passées à reconstruire le Congo dans tous les sens.

    Un grand merci à tout ces compatriotes qui ont donné d’eux-mêmes par amour pour le Congo. Oui, la plupart ont passé plus de 10 ans sur ce site, chaque jour fidèles au poste pour faire avancer les idées sur le Congo.

    Bon, salut au Grand Yokozuna le Sensei Mesmin Motatoli, l’homme qui provoquait des insomnies à Sassou par sa plume acerbe. Tu reconnaîtras ton disciple qui te fit perdre l’équilibre sur le bilan du gouvernement de transition avant que tu ne trouvas une pirouette en lançant le débat d’un point de vue anthropologique. C’était un coup de maître digne du duel Blaise contre Gnoka où le petit Maseki terrassa le Yokozuna Gnoka en le projetant hors du tatami congopagien pour de longs mois.

    Bon, on prend de l’âge. Le flambeau est maintenant entre les mains des plus jeunes.

    Tchao, les membres du Club d’Amis ( CA)

  25. Djess dit :

    @ Anonyme,

    Merci cher ami de nous rappeler ces grands moments d’échanges. Tu as oublié Ya Sansa, Etoka, Thierry Brigand et Louis Bakabadio.

    Dire que Thierry Brigand ( T. Moungalla) avec qui j’avais des joutes légendaires sur la gestion pécétiste a fini comme un des plus grans serviteurs zélé de Sassou. Par contre, je me suis toujours demandé si c’est le même Etoka qui est devenu l’un des grands criminels économiques de notre pays. Celui de Congopage me paraissait plus intelligent que l’actuel fossoyeur de l’économie congolaise.

    C’est vrai, comme tu le dis si bien, on prend de l’âge et la fougue de la jeunesse est chariée par l’eau qui a trop coulé sous les ponts.

  26. le fils du pays dit :

    A mes freres Mr Val de Nantes,Mr Londi( je vous remercie pour votre texte) et d’autres.
    Il est plus qu’urgent d’unir toutes les ressources humaines du Congo.

    Lisez ce commentaire de notre soeur Claudia tire de Zenga Mambu:
    carole claudia ,claudine munari et stella mensah sassou ng maire de kintele

    9 février 2018 à 11 h 54 min (UTC 1) Lier vers ce commentaire

    Répondre

    faux la chine n’a livre au congo aucune infrastructure de bas de gamme. l’aeroport brazzaville maya maya est le plus beau dafrique centrale et figure sur le top 10 des meilleurs aeroports d’afrique voir youtube. la barrage dimboulou fait aujourdhui la fierte de la bdeac et du peac voir leurs sites respectifs la route rn 1 fait la fierte du peuple congolais il n ya aucune plainte au sujet de la corniche de brazzaville la cite clairon de brazzaville heberge tous fonctionnaires intrenationaux en poste a brazzaville le stade de kintele est excellent tout comme celui d’al massamba debat. la chine avait construit a brazzaville le palais de congres certainement le plus grand d’afrique centrale.

    la chine a construit a brazzaville la bibliotheque de l’universite marien ngouabi elle est belle ce n’est pas du bas de gamme

    vive la chine et HONTE ETERNELLE AUX GRANDS JALOUX DE TOUS LES TEMPS

    nous attendons de la chine la rehabilitation du cfco et la construction des nouveaux axes ferroviaires meme si la russie veut deja construire le chemin de fer ouesso pointe noire, offre deja manisfestee par la malaisie en echange d’une exploitation forestiere de trente ans.a cette epoque mr nicolas sarkozy avait dit NON

  27. David Londi dit :

    @Le fils du pays, il ne faut pas accorder une importance particulière à ce que raconte Claudia Munari. Elle est dans le fanatisme le plus total par conséquent l’on ne peut attendre une quelconque objectivité de sa part. Ne dit-on pas que « l’on ne peut donner à boire à un âne qui n’a pas soif  » ?

  28. OYESSI dit :

    Cher frère David Londi,

    Merci pour cette contribution. Ce n’est toujours pas faute de chercher des solutions quand un pays est aussi bloqué comme le Congo. Pour moi le fédéralisme n’est pas une solution pour notre pays à moins de le confiner en tribu, ce qui en mon entendement n’est pas la solution car le repli identitaire a été toujours un virus qui a toujours posé problème au Congo . Pourtant vous aviez bien cerner la problématique qui se pose au Congo: Celle du défi de la démocratie et de son agilité qui sont les conditions sine qua non pour un Congo meilleur. Battons nous pour son instauration.

  29. David Londi dit :

    Bonsoir frère Oyessi. Je suis vraiment content de te lire. Le débat est posé, il faut le poursuivre. Les uns et les autres nous avons des arguments à faire valoir dans le respect des uns et des autres. L’instrumentalisation du tribalisme a est le fait des hommes politiques véreux qui s’en servent comme d’un outil de conquête du pouvoir. Ce pouvoir provoque autant de convoitise parce que le gâteau, comme on dit, est alléchant. Il faudra le vider de son attractivité. Les prétendants ne se précipitent pas aux portes quand la mariée n’est pas belle. Nous devons vivre nos différences dans l’unité. Je me rappelle, Youlou avait envoyé des matswanistes dans la partie septentrionale du pays, ils n’y ont pas été exterminés. Au contraire, ils s’y sont installés et y vivent dans une intégration parfaite. Ce ne sont pas non plus des hordes des Mbochis qui viennent attaquer les Bakongos ou vice-versa. La fédération permettra de valoriser les régions dans un équilibre économique national réglé par péréquation comme cela se fait en Allemagne pour atténuer les différences entre les Etats-membres.

  30. mwangou dit :

    Bonjour Oyessi!
    nos situations si dramatiques au pays font qu’il ne nous est plus possible de suivre les débats sur le site. Mais, on s’efforce d’y intervenir de temps en temps.
    la démocratie commence je crois quand on a la latitude de formuler des hypothèses sur des problèmes qui apparaissent. Et Londi nous y entraîne, avec la force de la plume qui est la sienne.
    Notre problème premier c’est ce type qui ne peut supporter la contradiction, qui n’aime personne, i. e. qu’il est à même d’exterminer même les mbochi dès qu’ils oseraient apporter la contradiction à ses désirs.
    Je suis le débat.

  31. David Londi dit :

    @Mwangou, effectivement le contexte politique et sécuritaire du pays bride les débats. Pourtant un peuple surtout son élite, meurt mais je comprends et c’est pour cela que j’apprécie vos commentaires parce que vous allez au-delà de ces entraves. Après 60 ans, le débat doit être posé malgré tout parce qu’il faudra bien sortir de ce blocage si nous voulons nous donner la possibilité et les moyens d’affronter les défis de la mondialisation. Les réseaux sociaux sont un espace de débat, un outil de construction de stratégies que le pouvoir ne peut brider. La sécurité qui l’entoure est un gage de débat ouvert et porteur d’espoirs.

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