DEVOIR DE MEMOIRE- 23 mars 1970 – Pierre Kinganga tente de renverser Marien Ngouabi

Pierre Kinganga (Sirocco)

Par Wilfrid SATHOUD

Les « Trois Glorieuses », comme sont passées à la postérité les journées des 13, 14 et 15 août 1963, marquent le renversement du premier Président de la République du Congo, l’Abbé Fulbert Youlou, et la fin de la Première République. Les régimes qui en seront issus seront empreints d’un idéal révolutionnaire. La radicalisation du pays à la prise de pouvoir de Marien Ngouabi se concrétise le 31 décembre 1969 avec la mise en place de symboles beaucoup plus ancrés à gauche que ceux choisis à l’avènement de l’indépendance. Le Pays devient alors la République Populaire du Congo, le drapeau perd le vert et le jaune et passe au rouge surmonté de deux palmes encadrant une étoile et une houe et un marteau croisés, tels la faucille et le marteau du drapeau soviétique, l’hymne national devient alors « Les Trois Glorieuses »…. Cette période socialiste durera jusqu’en 1991 où l’on verra le retour des symboles républicains issus de l’Indépendance.


Au cours de ces 21 années de pouvoir marxiste-léniniste de nombreuses tentatives de restauration de la première république auront lieu. Parmi ces tentatives celle de Pierre Kinganga, alias Sirocco, le 23 mars 1970 fait figure d’oubliée.

Sylvain N’Tari Bemba, homme de culture, écrivain, musicologue a relaté ces faits dans les colonnes de l’hebdomadaire « la Semaine Africaine » N°2021 du 23 mars 1995, sous le titre :

Pierre Kinganga ou la restauration brisée du régime de la première République du Congo

« Les symboles, comme le pense le sociologue français Edgar Morin, sont des êtres immatériels » doués d’un dynamisme capable de porter les hommes qui les adoptent au-delà de leur dimension et comportement habituel. C’est ainsi que l’on peut comprendre la brève mais sanglante bataille qui en cette matinée du 23 mars 1970, opposa les unités d’élites de l’armée régulière à un groupe hétéroclite venu de la rive gauche du fleuve Congo : un affrontement de deux drapeaux. Le tricolore et le rouge écarlate. Kinganga fut vaincu par Ngouabi, et sept ans plus tard, ce dernier devait l’être lui-même par un système implacable qui obligeait le chef à toujours avancer, quel qu’en fut le prix.

En décidant, le 31 décembre 1969 de faire flotter au-dessus du ciel congolais le drapeau « des prolétaires et des paysans », les révolutionnaires frottés de marxisme et d’idéalisme se lançaient dans une espèce de fuite en avant ou un défi en chassait un autre, ou chaque coup de l’adversaire devaient susciter une riposte plus grande. Époque charnière à tous égards.

Quatre ans plus tôt, l’évasion de l’ex président Abbé.

24 mars 1961 : Cérémonie officielle de lancement des travaux préliminaires de construction du barrage hydroélectrique de Sounda par l’Abbé Fulbert Youlou accompagné des ministres Stéphane Tchitchelle, Germain Bicoumat, Alphonse Massamba-Debat, Victor Sathoud et Isaac Ibouanga, en présence de deux hotes de marques : le représentant du gouvernement français Pierre Bokanowski et de Moise Tshombé, leader sécessionniste de la Province du Katanga (RDC).

Fulbert Youlou réfugié à Léopoldville avait pris une signification précise dans le contexte de la guerre froide. Chaque protagoniste était appelé à choisir son camp, les oppositions idéologiques se cristallisaient autour de certaines figures emblématiques. Massamba-Débat contre Moise Tshombé : ils reproduisaient en Afrique l’affrontement sans merci entre les ouest africains Houphouët-Boigny et Sékou Touré. Ce dernier étant aussi fortement honni qu’il avait des partisans inconditionnels à Brazzaville. Querelle née autour de son voyage officiel (3-6 juin 1963) au cours duquel il aurait, lui l’ancien cadre syndicaliste, aidé grâce au fer de lance des centrales syndicales à déstabiliser son hôte, en dépit du curieux rapprochement contre-nature qui était en train de s’opérer entre le Congo et la Guinée.


1962 : Séance de travail au Kremlin entre le Président Russe Nikita Khrouchtchev et la délégation gouvernementale du Congo-Brazzaville conduite par Alphonse Massamba-Débat, alors ministre du plan et de l’équipement, en compagnie du ministre de la fonction publique Victor-Justin Sathoud

Six ans plus tard, l’Union Soviétique allait remporter sur le camp « capitaliste » à partir de la double tête de pont aérien (Brazzaville – Pointe-Noire), et avec, sur le terrain, ses « tirailleurs sénégalais » venus tout droit… de Cuba (opération « Carlotta » suivie personnellement par Fidel Castro), une victoire ponctuelle qui installait le MPLA au pouvoir, mais non décisive puisque l’UNITA et ses alliés sud-africains l’ont contestée jusqu’à la fin des années quatre-vingt sur le terrain.

Dans cette époque médiane de la fin des années soixante-dix, ce débarquement armé, le 23 mars 1970, d’hommes venus de Léopoldville (Kinshasa) a un air de déjà vu ; une précédente tentative menée par Bernard Kolelas s’était soldée en 1969 par la capture de la plupart des membres d’un commando d’éléments youlistes, ce qui n’est pas sans rappeler des événements similaires déjà intervenus en 1965 peu avant la tenue des Premiers jeux africains à Brazzaville.

En froid avec le régime révolutionnaire qui a une réputation de casse-cou, n’aurait vraisemblablement pas choisi de tenter cette « mission impossible » visant à renverser les institutions de Brazzaville, s’il ne disposait probablement d’un réseau de complicité au sein de l’armée. L’on ira même jusqu’à affirmer que ce jeune officier dont le nom de guerre est « Sirocco » parce qu’il a l’habitude de rouler a toute vitesse sur sa « Vespa » aurait réussi à s’infiltrer jusqu’auprès de certains responsables qui fréquentent les allées du pouvoir.

Tête brûlée par tempérament, Pierre Kinganga semble dans la foulée foncer tête baissée en cette matinée du 23 mars 1970 où il va aussi, en ce qui le concerne, brûler ses vaisseaux. A l’aube, ses complices se sont emparés sans coup férir de l’immeuble de Radio-Congo « La voix de la révolution congolaise ». Précédé d’une musique militaire, un communiqué de victoire est émis de quart d’heure en quart d’heure et se termine par la diffusion de l’ancien hymne national « La Congolaise ».

Dans les cités, des scènes de liesse ont eu lieu spontanément. L’on a brandi dans les rues de petits drapeaux aux anciennes couleurs nationales. Lorsque « Sirocco » est passé par le marché Total pour haranguer la population de véritables grappes de jeunes gens ont pris place à bord de véhicules privés. Destination : maison de la radio. Le climat est à la fête. Celle-ci va brutalement tourner au vinaigre. L’armée populaire nationale est finalement passée à la contre-attaque, à l’arme lourde. Pour les rebelles venus de l’autre côté du fleuve, le vent ou la chance a définitivement tourné. En début d’après-midi, le Commandant Marien Ngouabi peut annoncer l’écrasement de la « contre-révolution », Dans l’arrière-cour de l’immeuble dont le balcon central n’est plus que ruines, les forces régulières achèvent les vaincus. Les jeunes gens venus imprudemment du marché Total ne seront pas épargnés par ce bain de sang. Le lieutenant Pierre Kinganga est tombé. Dans leurs prochaines éditions, la presse du parti marxiste et celle de l’État vont publier de lui des photos qui le montrent à moitié nu, la poitrine bardée de gris-gris. Le capitaine Augustin Poignet, absent de la radio, a réussi à s’enfuir, ayant été plus ou moins de la partie ; un communiqué officiel demande sa capture, « mort ou vif ».

Les représailles ne vont pas tarder. Désignée comme bouc émissaire, la gendarmerie nationale est dissoute peu après ; convaincus de complicité active, deux ou trois officiers et autant de simples gendarmes sont condamnés à mort par la cour martiale, et fusillés le 29 mars 1970. La fonction publique ne sera pas épargnée ; de nombreux agents seront frappés par des mesures « d’épuration ».


« A partir de maintenant,
pouvait déclarer le camarade président Marien Ngouabi, la révolution reprend son élan, et nous ne déposerons les armes que lorsque la victoire de la révolution sera totale ». Dès lors, la spirale de la violence ne devait plus s’arrêter ; les assassinats en chaîne de mars 1977 devenaient, dans ce contexte, un épiphénomène plus sanglant que les autres.

1991 – Le Président Sassou-Nguesso s’incline au retour du drapeau tricolore vert-jaune-rouge décidé à la Conférence Nationale Souveraine.

Le jour ou la conférence nationale, après un débat houleux, a décidé le retour aux anciens emblèmes nationaux (drapeau tricolore et hymne national « La Congolaise »), Pierre Kinganga, le « cavalier seul » du 23 mars 1970, a peut-être pris une belle quoique encore incomplète revanche sur l’histoire. Il reste la matérialisation symbolique de sa réhabilitation, et celle de ses compagnons ».

Pour leur part, satisfaits de la réhabilitation dans la conscience collective nationale du premier Président de la République du Congo et premier député-maire élu de Brazzaville l’Abbé Fulbert Youlou, adoptée à l’unanimité par la conférence nationale souveraine, les anciens ministres des gouvernements de la première République du Congo adresseront aux trois principales autorités du régime de transition démocratique post-conférence nationale souveraine de février-juin 1991 le message suivant :

1961 : Le premier gouvernement d’Union Nationale de l’histoire du Congo institué pour sceller la réconciliation entre les principaux protagonistes de la guerre civile de 1959 par l’Abbé Fulbert Youlou et Jacques Opangault.

Lettre des anciens ministres des gouvernements de la Première République du Congo aux autorités du régime de transition démocratique institué par la « Conférence Nationale Souveraine »

Brazzaville, le 06 septembre 1991

A Monsieur le Président de la République, Chef de l’État

A Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement
A Monsieur le Président du Conseil Supérieur de la République

Par acte N°012-91 publié dans l’édition spéciale du journal officiel de la République du Congo du mois de juin 1991, la Conférence Nationale Souveraine a réhabilité le chef des gouvernements auxquels nous avons eu l’insigne honneur d’appartenir en qualité de Ministre, le Président Fulbert Youlou, Premier Chef de l’État Congolais.
Sanctionnée par une grandiose cérémonie officielle le 14 Août 1991, cette décision de l’historique forum national a été accueillie avec allégresse par tout le Peuple congolais. Nous en savons gré à tous ceux qui ont œuvré pour cette réhabilitation nonobstant le mépris dans lequel sont noyés tous ses collaborateurs que nous fumes, et devenus actuellement la risée du publique du fait du sort que la République nous inflige.

Aussi, nous avons l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance, l’amélioration de ce sort par l’attribution à chacun de nous, sinon d’une pension Ministre, du moins d’une rente digne de ce nom, à l’instar du traitement qui est réservé à nos anciens collègues, dans les pays comme le Gabon et la Côte-d’Ivoire.

En effet, nous sommes conscients d’avoir servi notre Chère Patrie avec dévouement et abnégation. Notre conscience nationale n’avait d’égale que notre amour filial pour le pays, et notre légitime fierté de l’avoir libéré de la colonisation sans perte humaine, jusqu’à le transformer en une Nation démocratique et unie, avec un État dont l’autorité était reconnue et respectée aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières nationales. A juste titre, nous nous estimons pionniers de notre pays. Sous d’autres cieux, nous ne serions pas traités comme nous le somme.

C’est pourquoi nous osons espérer que notre requête ne manquera pas de retenir votre haute esprit d’équité, d’autant plus que l’infime nombre de bénéficiaires éventuels de la mesure que nous sollicitons ne saurait grever le budget de notre État, surtout après la suppression des nombreuses sources des dépenses engendrées par l’instauration du système marxiste-léniniste dans notre pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression renouvelée de notre très haute considération.

Pierre Goura, Simon-Pierre Kikhounga-Ngot, Victor Sathoud, Apollinaire Bazinga, René Kinzounza.

Source : Fonds documentaire Victor-Justin Sathoud

Transcription : Wilfrid Sathoud

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5 réponses à DEVOIR DE MEMOIRE- 23 mars 1970 – Pierre Kinganga tente de renverser Marien Ngouabi

  1. tebola dit :

    L’ASSASSINAT D’UN INNOCENT au lendemain du 23 mars 1970 : DE LA GAUCHE BUS

    Le 23 mars 1970, comme cela nous a été présenté, la révolution prolétarienne a été sauvée par le camarade Marien, qui a mis hors d’état de nuire le commando dirigé par le Lieutenant KINGANGA.

    Vers 12h00, le bâtiment qui abritait la seule radio de Brazzaville, appelée à l’époque la Voix de la Révolution Congolaise, est pilonné par les éléments de l’Armée Populaire Nationale (APN). A l’intérieur de ce Bâtiment se trouvaient certes le lieutenant KINGANGA et ses éléments, mais il y avait aussi une cohorte de badauds, composée de jeunes et de moins jeunes. Tous ces gens n’étaient pas des contre-révolutionnaires comme on aimait les appeler à l’époque. Ils s’étaient retrouvés là par hasard en suivant la foule. Nombreuses de ces personnes étaient montées dans le véhicule dans lequel se trouvait le commando par pur suivisme, lorsque le véhicule du commando a sillonné les grandes artères de Bacongo.
    Je ne reviens pas sur cette journée du 23 mars 1970, pour évoquer la mémoire de Pierre KINGANGA, ses enfants se défendent bien dans ce sens. Mais je voudrai évoquer ici l’assassinat d’un homme, qui n’est ni un ami ni un parent. Cet homme est un anonyme assassiné par le zèle des hommes du pouvoir de l’époque, qui pour certains, je pense qu’ils sont encore vivants et certains peut être l’exercent encore.

    Cet homme était connu sous le sobriquet de : DE LA GAUCHE BUS

    Son histoire est extrêmement émouvante !
    DE LA GAUCHE BUS (DLGB) était un transporteur. A l’époque, si ma mémoire ne flanche pas, il était déjà propriétaire de deux ou trois mini bus de marque Renault, modèle Super Goelette. C’était ce type de véhicule qui assurait le transport de passagers sur la route nationale n°1, en faisant le trajet de Brazzaville à Linzolo ou de Brazzaville à Mabaya-Koubola.
    Comme tout transporteur, la journée commence très tôt. Ce 23 mars 1970 n’a pas fait exception. Un de ces véhicules, se dirigeant vers le marché total de Bacongo, où se situait la gare routière des passagers en partance pour les villages du sud Brazzaville, a eu la malchance de rencontrer le Commando conduit par le Lieutenant KINGANGA. Celui-ci a réquisitionné son véhicule. Excusé ma mémoire, je ne sais plus si la réquisition a été faite avec chauffeur ou sans. Son véhicule a servi à quelques éléments du commando pour sillonner dans les grandes artères des quartiers Sud de Brazzaville, donnant ainsi l’occasion aux badauds de monter dedans.
    Le coup de force ayant échoué. Vous connaissez le déroulement de cette journée à laquelle je ne voudrai pas revenir.

    L’APN (Armée Populaire Nationale) a repris le contrôle des événements et de la Ville de Brazzaville. Le véhicule de Monsieur DE LA GAUCHE BUS s’est retrouvé aux mains des Forces Armées, je pense à l’Etat-major Général, car c’est là où étaient pilotées les opérations qui ont conduit à sauver la révolution.
    Deux jours ou trois jours ont passé. Monsieur DE LA GAUCHE BUS, faudrait bien qu’il continue son activité. De bon matin, il s’est présenté à l’état-major général pour récupérer son véhicule. Il n’en est plus ressorti. Il a été passé aux armes sans motif réel et sérieux. Son corps jeté dans une fosse commune comme celui du commando et ceux de tous les autres innocents, au seul motif qu’il était du Sud de la même région que Pierre KINGANGA qu’il ne connaissait certainement pas.
    Que le Lieutenant KINGANGA ait été tué parce qu’il voulait renverser le régime en place, bien que la façon dont l’APN a réagi, et le traitement qu’on a réservé ensuite à son macchabée étaient sans commune mesure avec les actes que KINGANGA et son commando avaient posé, cela pouvait se comprendre bien qu’inacceptable. Mais il n’en reste pas moins que l’on puisse s’indigner sur le sort des autres personnes qui se trouvaient dans l’enceinte de la radio Congo, en particulier les jeunes. Ils ont été purement et simplement assassinés car ils n’étaient pas armés du tout. Et l’APN aurait pu faire une sommation en demandant aux jeunes de sortir de l’enceinte. Mais rien de cette nature ne fût fait, pour la simple et bonne raison, et tout simplement parce qu’ils étaient tous du Sud, donc des Bakongo, de la même ethnie que KINGANGA lui-même.
    Il ne faudra donc pas s’étonner sur les autres assassinats qui suivront en 1972, notamment la mort de DIAWARA, IKOKO et ses compagnons de lutte, dont les circonstances de leur mort restent floues, et leurs macchabées exhibés au stade de la révolution comme un trophée, Marien NGOUABI lui-même ayant reconnu que le spectacle était odieux ; et plus tard, lors des guerres des années 1997 et suivantes, et la disparition des 350 jeunes au Beach de Brazzaville qui deviendra l’affaire des disparus du Beach, ainsi que plus proche de nous, le 20 octobre 2015, lors des manifestations contre le changement de la constitution du 20 janvier 2002.

    Cette journée du 23 mars 1970 marque le début des tueries en masse ordonnées par l’exécutif. Ce que notre pays connaitra plus tard n’est que la suite logique de cette journée, car l’exécutif avait commis des assassinats, malmené les cadavres sans que personne ne lève son petit doigt. Le coup d’envoi des tueries en masse avait été donné, le permis de tuer et le droit à l’impunité sacralisés. Depuis lors, l’exécutif continua de tuer au Congo sans souci aucun jusqu’à ce qu’on grave récemment dans le marbre son impunité dans la constitution du 6 novembre 2015.

    J’évoque cette histoire car elle a tourmenté mon enfance. Car tous les jeunes de mon âge qui auraient vu passer le véhicule du commando seraient montés dans leur véhicule, non pas parce qu’ils étaient contre-révolutionnaires comme je l’ai mentionné plus haut, mais simplement parce que dans notre enfance, c’est comme ça que ça se passait. Les jeunes montaient dans les camions lorsque les rares occasions se présentaient pour aller, soit à l’aéroport pour accueillir les chefs d’Etat qui venaient en visite officielle au Congo, soit au boulevard des armées pour les défilés ou même au stade pour voir un match de football ou toute autre activité distrayante du moment.
    Mais, malheureusement, tous ceux qui se délectent du sang et des larmes des autres font exprès pour ne pas faire la part des choses en profitant de ces situations pour endeuiller les familles.
    J’évoque cet assassinat car nous sommes au mois de mars, 48ème année depuis son assassinat, afin de ne pas oublier.
    Ce que nous avions banni à la Conférence Nationale Souveraine de 1991, les forces du mal le pratiquent toujours au mépris de toutes règles qui devraient enraciner la paix et le bon vivre ensemble dans notre pays.
    Il y a peut-être les membres de la Famille ou un ami ou même un voisin de Monsieur DE LA GAUCHE BUS (DLGB), qu’ils sachent que leur douleur avait envahi toutes les familles de nos quartiers Bacongo, car ce Monsieur était assassiné sans motif, c’est-à-dire gratuitement comme le fut tous les autres anonymes arrachés à la vie à cause de la culture de la violence politique entretenue dans notre pays.

    Je leur rends hommage ici !

    Paix à leur âme !

    Tebola Babins

    « DE LA GAUCHE BUS » : je l’appelle comme ça car c’est ce qui était écrit sur la façade avant de ces véhicules pour les distinguer des autres, du coup, nous l’appelions DE LA GAUCHE BUS.

  2. Maître MOUDILOU FUT-IL SODOMISé ?+ dit :

    EN VÉRITÉ, EN VÉRITÉ JE VOUS LE DIS.

    Toutes les associations de la Diaspora devraient avoir des groupes secrets dont la SEULE ET UNIQUE MISSION DEVRAIT ETRE :

    – COGITER SUR COMMENT TUER SASSOU, AU CONGO OU DANS N’IMPORTE QUEL AUTRE PAYS DU MONDE.

    La diaspora devrait installer dans plusieurs pays du monde des petits commandos dormants de 2 à 3 personnes prêtes à passer aux actes en cas de descente de sassou dans ces pays.

    Autre possibilité : – Collecter assez d’argent pour payer un commando style Dj’s qui traquera sassou partout où il se trouve : Même à Oyo.

    Le reste c’est du pipeau.

    Entre les Conférences internationales à la CON et les Accords de paix bidons avec NTUMI.

    Rien de cela n’aura d’impact pour libèrer le CONGO.

  3. Val de Nantes dit :

    Ya Sirocco ,Dabira devait s’en inspirer .Enfin un Congo orphelin .

  4. Pierre Kinganga était un grand visionnaire ,par ce que Ngouabi a commencer de prôner le régionalisme, il a tenté d’arrêter le processus qui aujourd’hui nous amener au désastre. Chers compatriotes nous devons parvenir vaincre la peur , comme ça nous ferions un pas décisif vers notre liberté . Dépassons nos obstacles comme les Parfait et Landry Kolélas ,Tsaty Mabiala ,Boukadia , Bowao, Munari, Dzon et même Mierassa des voyous qui jouent double jeu .

  5. mwangou dit :

    @ tebola : Bon papier et merci pour ce rappel.
    Oui, le Congo sombrait dans la démence. Dommage, qu’on en vient vite à oublier. Dommage !
    Car, il y a eu beaucoup de ces cas comme le célèbre De la Gauche Bus que vous vous êtes fait le devoir de mémoire. J’ai personnellement un cas dans mon entourage proche, d’un cousin, neveu de mon père, qui a aujourd’hui plus de 75 ans, qui est un rescapé de cette tuerie gratuite, y ayant laissé une partie de son corps. Je connaissais aussi un chauffeur d’un bus sur la ligne Brazza – Kinkala, à cette époque des minibus Ford, qui avait eu la vie sauve, par la grâce de ses ancêtres, oui je dis bien ses ancêtres en qui il croyait mordicus, car ce matin là, les putschistes l’avaient aussi arraisonné alors qu’il venait de prendre la route pour ses désertes sur Kinkala, et utilisé son véhicule…Informé, son patron habitant au village, s’était vite rendu auprès de ces « bouchers » pour la viande humaine, avait expliqué ce cas, puis quelques heures après, le chauffeur était libre. Il est décédé il y a une dizaine d’années…
    La violence avec les mêmes acteurs, s’installait définitivement au Congo.

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