De l’eau dans le gaz entre Paris et Brazzaville

«  Quand le jazz est là, la java s’en va. Il y a de l’eau dans le gaz » chanta Yves Montand repris par Claude Nougaro.

Le sommet des ministres des finances des pays africains de la zone franc (PAZF) tenu à Brazzaville du 12 au 13 avril 2018 a été ponctué par un fait majeur significatif des relations incestueuses et tumultueuses qui existent entre la France et ses anciennes colonies.

Le Congo-Brazzaville qui ploie sous une dette de plus de 110 % du PIB a besoin du soutien de Paris pour faire aboutir les négociations avec le FMI. Contrairement au Tchad, au Cameroun, au Gabon, à la Guinée équatoriale, quatre autres pays de la zone CEMAC qui ont déjà signé un accord avec l’institution de Bretton Woods, le Congo-Brazzaville plongé dans une grave crise budgétaire n’a pas encore eu accès à un quelconque programme du Fonds Monétaire International. 
Ce petit pays pétrolier traîne les pieds pour mettre en œuvre les réformes indispensables à la signature d’un accord avec le FMI. C’est le maillon faible de la sous-région de la CEMAC. D’où la nervosité des autorités du Congo-Brazzaville vis-à-vis de Paris.

Rigobert Ossebi sur Congo-liberty.com s’est interrogé : « quelle sera la revanche de Sassou Nguesso à l’humiliation de ce dernier le 13 décembre 2017 à Bercy … » ?

Denis Sassou Nguesso a la rancœur à fleur de peau, le ressentiment chevillé au corps et la rancune tenace. Le khalife d’Oyo a rendu coup sur coup. Œil pour œil, dent pour dent. Monsieur 8 % a-t-il les moyens de ses ambitions démesurées ? C’est l’histoire de la grenouille qui veut faire aussi plus grosse que le bœuf. Le rendez-vous matinal que lui avait accordé Bruno Le Maire le 13 décembre 2017 lui était resté en travers de la gorge. Denis Sassou Nguesso qui se comporte comme un enfant gâté qui casse tous ses jouets et qui exige de ses parents la satisfaction de tous ses caprices a snobé le ministre français des finances en visite au Congo-Brazzaville. Le face à face Sassou-Le Maire n’a pas eu lieu. Les usages diplomatiques, commandent que le ministre français en voyage soit reçu par le président du pays hôte. L’homme d’Edou-Penda a dérogé à la règle. « Merci ba pessa na mboua » chanta Lutumba Simaro.

Brazzaville peut-il se passer de Paris ? Le Congo-Brazzaville pouvait-il être éligible au statut pays pauvres très endettés (PPTE) et bénéficié de l’effacement d’une partie de la dette sans l’appui de la France ? « Christine Lagarde ne peut rien me refuser », se vantait, goguenard, le vainqueur de la guerre du 5 juin 1997 contre Pascal Lissouba.

Denis Sassou Nguesso ne réalise pas que Paris lui refuse aujourd’hui ce qu’on lui a donné hier. Il fait la moue. Autres temps, autres mœurs. Le fils de mama Mouébara à la mémoire courte. Pouvait-il revenir au pouvoir en 1997 à la suite d’un putsch sans le feu orange de Paris et le soutien logistique d’ELF ? Paris a-t-il bougé d’un iota quand Sassou Nguesso a procédé aux bombardements des populations du Pool à l’aide des hélicoptères de combat ? Pourquoi ne se tourne-t-il pas vers la Chine pour résoudre ses problèmes de trésorerie ? C’est un vrai faux bras de fer que Sassou Nguesso a engagé avec Paris.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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7 réponses à De l’eau dans le gaz entre Paris et Brazzaville

  1. Lucien Pambou dit :

    @ TOUS
    l ‘analyse résautale est un excellent outil de lecture, de decryptage , d ‘analyse et de comprehension de ce qu il se passe au CONGO

    Ceux qui pensaient qu ils pouvaient s’en passer en sont pour leurs frais car l ‘analyse resautale est un puissant instrument de décryptage des faits explicites et implicites
    Bienvenu dans le monde compliqué du Réseau mais tellement instructif pour les choses compliquées

  2. Je cite Bruno Lemaire La France attend la transparence de l’équipe dirigeante Mbochis. Ces Mbochis ne sont plus dignes de confiance . Lemaire préfère les humiliés directement sur RFI c’est un désaveu la fin est imminente .

  3. Bulukutu dit :

    Au nom de la réciprocité.

  4. Congo Paresseux dit :

    l’analyse de la situation semble parfaite
    .Cependant, Mr SASSOU n’est pas né de la dernière pluie :S’il a agit de la sorte envers Bruno LE MAIRE cela pousse à penser qu’il a les capacités de le faire.Après tout n’a- t’il pas contraint HOLLANDE à accepter son changement de constitution ?
    Le bougre a bien digéré Machiavel
    Il est fort convaincu de se sortir du bourbier dans lequel il a encore entraîné ce pauvre pays et de trouver un accord avec le FMI avec ou sans l’aide de la France

    Pendant ce temps Congo est à la dérive, atone insensible à son agonie .Aucune révolte ,aucun cri ne sort de ses entrailles ….

  5. SAMORY dit :

    Un peu de chauvinisme panafricain ne fait de mal à personne, sauf aux colonisateurs occidentaux qui ont toujours été les alliés du régime tyrannique d’apartheid, la france est de cette veine là. Je ne vois pas en quoi Bruno Le Maire est supérieur et plus important que la grande combattante Winnie Mandela r.i.p. Ah béno ! Après tout, la guerre secrète est déclenchée depuis longtemps, dès lors que le Yuan est devenue une monnaie convertible avec le FCFA dans la zone CEMAC. Ainsi les attaques incendiaires contre l’ambassade du Congo par des citoyens de mauvaise foi, les procès bidon dévolues aux ONG chiennes de garde de l’impérialisme, sont la preuve de l’acharnement désespéré de Paris. Nous ne sommes plus au temps de la Conférence de Berlin, les pays africains sont aujourd’hui indépendants et souverains.

  6. Val de Nantes dit :

    On veut plus de gaz que de l’eau,pour obtenir une explosion du sassoufit .Cet imposteur des temps modernes ,n’a pas sa place au sommet du pays ,sauf à briser l’unité nationale …
    Nous lui souhaitons vivement une thérapie comportementale ,pour passer une retraite apaisée ,encore faut il que les congolais lui pardonnent …
    Nous ne pouvons incessamment nous retourner vers les colons ,pour nous nourrir .En acquérant notre indépendance ,nous avions montré notre capacité à gérer les affaires de notre pays .
    Cette errance financière devrait signer la fin de Sassou ,si ce dernier avait l’humilité de se regarder dans la glace ,et en tirer patriotiquement la leçon qui s’impose celle de la démission….
    Qui ,d ‘autres que lui ,est responsable de la déroute de notre pays ????….

  7. VAL DE NANTES dit :

    SASSOU , la défaite d’une idéologie au service d’une tribu à laquelle il a cru attribuer toutes les vertus à codiriger le pays .
    Le système de valeurs ,qui lui a servi de guide dans le management stupéfiant d’un pays regorgeant tant de potentialités naturelles et humaines ,est abscons et totalement inadapté aux conditions techniques , humaines , économiques etc ,pour inscrire notre pays sur la voie des pays émergents .
    Nous ne voyons d’autres solutions que celles de lui intimer l’ordre de quitter le pouvoir , et remettre l’argent dilapidé au trésor public .
    Sa capacité à diriger ce pays a atteint le seuil de son intelligence .
    Le CONGO a assez payé les errances de cet homme imbu d’un narcissisme qui frôle la diablerie

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