Quand l’Africain sombre dans le syndrome de Stockholm!

« Si j’avais convaincu plus d’esclaves qu’ils étaient bien des esclaves, j’aurais pu en sauver des milliers d’autres. » Harriet Tubman

A l’évidence, nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être. C’est pourquoi on conviendra qu’il n’y a pas de pire esclave que celui qui ignore l’état d’esclavage dans lequel il se trouve!

Hélas, la cruelle réalité relative au drame africain c’est que des esclaves de maison, entravés par des chaines mentales, il en existe à foison. Ces chaînes sont dans leur propre esprit et font partie de leur être profond. Bien évidemment, ceci impacte profondément leur raison, leur lucidité et leur sens critique. Comment alors comprendre que des Noirs soient frappés du syndrome de Stockholm, quand ce n’est celui de l’esclave consentant. En fait, le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique qui se caractérise par une situation paradoxale pendant laquelle une victime de prise d’otage développe des sentiments de sympathie, d’empathie, d’affection, de compréhensions et parfois même d’amour envers son geôlier. Retenue en otage, l’individu affecté par le syndrome de Stockholm va donc s’attacher à son ravisseur, au point parfois d’adhérer à ses causes ou du moins comprendre les raisons pour lesquelles ce dernier a choisi de commettre cet acte délictueux. Les victimes peuvent même développer un sentiment d’hostilité envers le gouvernement et les policiers qui tentent de les libérer.

C’est dans cette perspective qu’il sied également de parler de servitude volontaire; en fait, c’est le cas d’espèce, fort ridicule, d’un individu qui accepte volontiers la privation de liberté, au point d’aduler son bourreau. En effet, l’exception africaine réside dans un fait singulier; aussi irrationnel et incongru que cela puisse apparaître, les Africains osent entretenir un lien affectif avec la France, en dépit du fait qu’elle fut une puissance coloniale et demeure une puissance néocoloniale qui non seulement s’est arrogée un droit de contrôle sur les pays de son pré carré en Afrique, mais entretient aussi des relations incestueuses avec nombre de ces Etats. Quoi qu’on en dise, la Françafrique en tant mécanisme anachronique de domination, de servitude et d’exploitation, mise en place par de Gaulle, est plus que jamais une réalité qui se perpétue.

C’est pourquoi il est sidérant de constater que les Africains ont même l’outrecuidance de la vénérer et de jubiler pour quelque fortune ou bonheur à l’actif de cette puissance impérialiste et néocoloniale qui, en retour, ne leur veut aucun bien. Il est d’ailleurs impossible de comprendre autrement que, dans le cadre de génocide rwandais en 1994, Mitterrand face aux accusations insistantes de la participation et la responsabilité de la France dans cette ignominie, ait eu cette fameuse phrase qui dégouline de mépris : “Dans ces pays-là, un génocide n’est pas trop important.” Ou celle moins connue, mais tout aussi méprisante, de Charles Pasqua pendant un journal télévisé : “Monsieur, dit-il en réponse à une question du présentateur, il ne faut pas croire que le caractère horrible de ce qui s’est passé là-bas a la même valeur pour eux et pour nous.” Il est cependant aisé de comprendre par là que la vie des Noirs ne pèse pas assez lourd dans la balance par rapport aux intérêts de la France. 

Comment pouvons-nous donc digérer le fait que le tyran sanguinaire Sassou Nguesso ait eu l’outrecuidance de récupérer les restes du colon Savorgnan de Brazza et ériger un mausolée à sa gloire dans la capitale congolaise, alors que dans sous d’autres cieux on renverse, déboulonne et décapite des statues de colons. Et ce dernier fait, relevant manifestement de l’érection de la dignité du Noir, est même suivi de la débaptisation des lieux ainsi que des rues? Quoi qu’on en dise, la colonisation n’a jamais été une «mission civilisatrice»; loin s’en faut. Ceci n’est qu’une grossière escroquerie intellectuelle, donc une insoutenable plaisanterie! En réalité, la colonisation fut plutôt une mission destructrice, tant elle s’était caratérisée par un déchainement de la férocité, la cruauté et la barbarie blanches. Le moins que l’on puisse dire c’est que honorer de cette façon la mémoire d’un homme ayant servi la France coloniale, avec tout ce que l’on sait du lot d’hécatombes, d’atrocités, d’exactions, de persécutions et d’infortunes en tous genres subies par nos ancêtres, est une incongruité caractérielle relevant d’une déficience sapientielle et intellectuelle.

On ne saurait aussi occulter le fait que le tyran sanguinaire Sassou Nguesso est le garde-chiourme patenté des intérêts français au Congo-Brazzaville; et ce, au détriment du peuple congolais pris en otage, paupérisé et qui souffre un incessant martyre. Il est de notoriété publique que c’est au nom des intérêts français que Sassou Nguesso, sous l’impulsion de Jacques Chirac, a perpétré le coup d’Etat sanglant du 5 juin 1997. Aussi, comment comprendre autrement la complaisance et le soutien indéfectible des autorités françaises à l’endroit de l’un de ses marionettes et qui depuis lors est devenu l’un des pires tyrans sanguinaires que la terre ait porté? Bien évidemment, la France est de connivence avec le dictateur Sassou Nguesso, véritable esclave de maison, donc valet de l’impérialisme, profondément effecté par le syndrome de Stockhoml, ayant choisi de sévir contre des citoyens congolais pour la préservation des intérêts français.

D’autre part, et dans le même ordre d’idées, comment alors comprendre la liesse dans laquelle sombrent les Noirs, comme cela vient encore de se produire, lors de la victoire de l’équipe de France de football en coupe du monde? Sans exagération, j’estime que supporter la France revient à supporter un sorcier qui, non content d’avoir tué notre mère, s’obstine nous tuer aussi. Cet indécent et vil comportement de l’Africain est sans embage le comble du masochisme quand ce n’est une démonstration ostentatoire du syndrome de Stockholm! Aussi, on ne peut que être offusqué de voir les Noirs s’illustrer ainsi par la bassesse d’esprit, le crétinisme et surtout le manque de lucidité!

En outre, on ne saurait perdre de vue que la France n’a jamais voulu du développement des pays de son pré carré en Afrique. En effet, le développement de ces pays représenterait, semble-t-il, une sérieuse menace pour les intérêts français sur le continent. C’est pourquoi l’initiative, entre autres, de la création des Etats Unis d’Afrique et d’une monnaie unique africaine est très mal vue. En d’autres termes, la France est manifestement frileuse à l’idée de voir ses néocolonies se développer, car cela aurait la vertu d’aller à l’encontre de ses intérêts bien compris en Afrique, celle-ci étant considérée comme sa poule aux oeufs d’or. Il est de notoriété publique que cette France prédatrice, qui n’a de cesse de piller nos richesses, et dont la volonté affirmée est de maintenir résolument et indéfiniment les africains dans la pauvreté et la misère! Bien évidemment, c’est le fruit de la prédation, du pillage et du vol perpétrés en Afrique qui permet de maintenir l’économie française à flot et surtout de renforcer la position et l’influence de la France dans le concert des nations! Est-ce que ces Noirs à l’esprit étriqué sinon bâté, qui vouent de l’affection au bourreau, ne se sont-ils jamais posés la question de savoir pourquoi la France criminogène s’évertue-t-elle à assassiner et à chasser du pouvoir nos différents chefs d’Etat nationalistes et à nous imposer des autocrates notoires, véritables pantins et autres félons à sa solde?

Jamais une puissance impérialiste n’a envisagé une politique post coloniale aussi prédatrice, criminogène et pernicieuse que celle de la France en Afrique! Loin d’être une simple vue de l’esprit, cette indécente et intolérable situation factuelle d’exploitation effrénée et de domination éhontée du peuple noir par cette France raciste et suprémaciste n’a que trop durée; même si les simples d’esprit s’y complaisent et s’en accommodent, en dépit du sort moins enviable qui est fait aux Noirs! Cette aberration ne saurait grandir les Africains. C’est pourquoi au regard de ce qui précède, on serait tenté de dire : honte aux esclaves de maison! Les Africains ont donc intérêt de se défaire du syndrome de Stockholm et de se libérer des chaines mentales! Africains jusqu’à quand devrez-vous garder votre esprit entravé par des chaines? Soyez donc résolus à ne plus courber volontairement l’échine devant le bourreau! Brisez les chaines de vos infortunes et vous serez libres!

Ceci est l’intime conviction d’un africain bon teint bonne race et décomplexé!

René MAVOUNGOU PAMBOU

Activiste politique et combattant de la liberté

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13 réponses à Quand l’Africain sombre dans le syndrome de Stockholm!

  1. Bulukutu dit :

    Commençons par débaptiser Brazzaville en Mfwa. Même en face, ils sont passés de Léopoldville à Kinshasa. Qu’attendons nous? Changeons de monnaie en supprimant le FCFA. Qu’attendons-nous? Supprimons tous les prénoms d’origine coloniale? Les zaïrois l’ont fait, mais ont s’en revenus, pourquoi ? Remettre les cosmogonies et philosophies africaines au cœur des sociétés civiles. Par ailleurs, les africains vivant en France et qui se sentent français, ont parfaitement le droit de célébrer les victoires de leur pays (d’adoption pour certains).

  2. dany dit :

    Je n ai en effet jamais compris l honneur attribué à de Brazza, Malamine sans en associer Le roi Makoko , l un des signataires du fameux Traité de Brazzaville.

  3. Tonda N'longui dit :

    Une vérité mal dite ou dite sans contexte devient mensonge. Ce texte contient en lui d’intéressantes pistes de réflexion quant à ce que devrait être notre identité, la prise de conscience de cette identité, le rayonnement et la sauvegarde de celle-ci, il n’est cependant pas tourné vers l’avenir. Savoir poser le problème c’est pouvoir le résoudre, et celui de l’Afrique noire est éminemment complexe car il est lié à la fois, à son passé, son présent et à son avenir de même les tenants et les aboutissants sont à la fois internes et externes. Pour ma part, je pense que savoir répondre au problème africain, c’est entre autres, savoir répondre à la question  » quelle la meilleure attitude que devrait prendre un enfant qui prend conscience qu’il est en réalité né d’une relation incestueuse ou d’un viol. Comment devrait il lire son passé, comprendre son présent et envisager son avenir ?

  4. MOUKALA - MBELO - NKOSSO dit :

    BRAVO Mr Réné MAVOUNGOU PAMBOU !

    Chapeau bas l’artiste ! REMARQUABLE TEXTE !

    Cela étant dit, je n’ai jamais compris pourquoi les Africains et les diasporas de France pensent qu’en s’affairant en France ils peuvent renverser Sassou NGUESSO qui est maintenu au pouvoir par la France.

    J’interpelle Marc MAPINGOU

    Que faisait Marc MAPINGOU pendant la campagne présidentielle française aux côtés ou en s’affichant avec Emmanuel MACRON ?
    Quelles assurances ou quelles garanties avait il négocié pour la libération de son leader J3M qui était déjà à l’époque incarcéré par l’usurpateur Sassou Nguesso ?
    A quelle contrepartie future avait t’il monnayé son soutien à MACRON ?
    Cela fait plus d’un an que MACRON est devenu président en France et MOKOKO est toujours en prison au Congo. MAPINGOU a t’il perdu le numéro de téléphone de MACRON ?

    J’interpelle Alain MABANCKOU

    Que ne nous dit notre frère et illustre écrivain Alain MABANCKOU ?

    Très remonté au lendemain des élections usurpées par Sassou Nguesso, on l’a tous vu monter au créneau en invectivant et dénonçant les autorités de Brazzaville sur toutes les chaînes de TV notamment en France.
    Cependant depuis un certain entretien qu’il a eu à l’Élysée avec François HOLLANDE, on a vu sa verve et ses remontrances fondre comme motte de beurre au soleil. Ses attaques verbales contre le gouvernement illégal des PCTistes et leurs affidés se sont faites rares, presque inexistantes, sinon courtes et peu incisives.
    Notre frère MABANCKOU aurait-il subi des menaces verbales de François HOLLANDE alors encore président, l’intimant à laisser le préfet de la France diriger tranquillement le Congo ?

    Oui, depuis cet entretien Alain MABANCKOU s’est drapé d’une ligne de conduite plus attentiste, moins agressive qu’avant sa réception à l’Elysée et est presque devenu neutre….. au sort des millions de jeunes Congolais qui attendent beaucoup de leurs « Grands frères » de l’ELITE intellectuelle et de la Diaspora.

    Pour un changement radical, les intellectuels, opposants et diasporas Congolaises à travers le monde, doivent être plus percutantes et plus occultes vis à vis du  » Néocolonisateur Français » et cogiter des stratégies et des alliances nouvelles.

    Toutes les recettes du passé ont échoué… il est temps d’élaborer des nouvelles solutions pour le Congo, sans quoi, un autre Nguesso remplacera bientôt un impotent Nguesso.

  5. Tsoua dit :

    Le problème de l’ Afrique, se sont ses élites corrompus, sans assurance, tous convertis en la franc-maçonnerie.

  6. Tsoua dit :

    lire corrompues

  7. Lilou dit :

    Très bon article !
    Pour s’extirper de cette liaison forcée avec la France, je suis tout à fait d’accord avec Bulukutu qui propose déjà de débaptiser Brazzaville pour remettre Mfwa un nom congolais, je renchérie avec la ville de Dolisie en la rebaptisant Loubomo etc… Il s’agit d’égrégores. Les gens ne se rendent pas compte qu’en s’appelant brazzavillois, congolais de Brazza c’est comme si on appartient à ce violeur, on doit refuser cette appellation de Congo Brazzaville, personnellement moi je ne dis pas Congo Brazzaville mais Congo Mfwa… Il faut que l’Africain en particulier les congolais se mettent dans la tête que le Congo a existé avant 1880 date de l’arrivée du violeur… On a des langues, on a une culture, on a une vision de la vie unique qu’on doit commencer à valoriser. Sortir de ce syndrome c’est repartir à la base càd qui étions nous avant l’esclavage et la colonisation ? Des personnes civilisées ayant de grandes valeurs morales.
    Il faut commencer à comprendre notre histoire et ne pas croire comme beaucoup pense qu’il y a eu un commerce d’esclaves par les rois africains contre des miroirs. Des miroirs !! Vraiment !! Un roi peut vendre des gens pour des miroirs c’est vraiment nous prendre pour des cons !!! Le blanc est venu au Congo et en Afrique avec pour objectif de réduire les gens en esclavage !!! Les blancs n’ont pas hésité à décapiter les rois hostiles à leur fameux commerce. Comment encore des africains peuvent penser que les rois africains ont pu vendre leurs propres sujets mais réfléchissons un peu !! Cela veut dire que l’africain n’a aucun sentiment ou cœur, qu’il est un animal j’en doute fortement !!! Si on veut connaître la vérité on peut la trouver. Les vidéos du professeur Bwemba Bong sont excellentes et très instructives !!!
    Revenons à nos traditions qui ont autant de valeur que celles des occidentaux. Par exemple, souvent dans les traditions africaines le roi était choisi par rapport à ses compétences et non pas par rapport au fait qu’il soit le fils d’untel !! Ça c’est la démocratie donc ce ne sont pas les occidentaux qui ont appris la démocratie aux africains dslé !!!
    Arrêtons d’être complexés !! Réjouissons nous de la réussite de l’autre car le défaut premier de l’africain c’est la jalousie qui engendre la traîtrise !!!!
    Commençons à faire ce travail de transmission de notre réelle histoire auprès de nos proches !!!

  8. Mark dit :

    Il faut préciser  »Afrique francophone ». Quand vous dites  » Afrique » d’une manière générale avec une carte (Afrique) couverte du drapeau France, cela n’a pas de sens car il ya des peuples dans beaucoup de pays africains qui n’ont aucune idée de la France. Il ya par exemple des peuples du Mozambique, Afrique du Sud, Zambie, Angola, Nigeria….qui ne connaissent pas le nom de l’actuel président de la France. Il faut être congolais pour penser que la France est un grand pays à l’international.

  9. Anonyme dit :

    Oui, Alain Mabankou a fondu comme neige au soleil depuis son invitation par hollande. Il a disparu. C’est avec des individus comme lui que l’on va libérer le Congo ? Un jour quelqu’un l’avait posé la question sur son silence. Mabankou a feint de ne pas comprendre la question qui lui était posée .

  10. Maclintoch dit :

    Bien dit anonyme, nous devons avant tout respecter nos élites même si elles ne font pas ce que nous voulons qu’elles fassent, mais c est une stratégie. La hâte est l’ennemie de la perfection, du bien fait. Ce combat est dur puisque l’adversaire en face a une longueur d’avance sur nous. Mes chers internautes, on ne jette pas les pierres sur un arbre qui ne produit pas les fruits, je peux vous conjurer l’Afrique se relèvera et la France se pliera. La Franc-maçonnerie est une arme utilisée par les Européens pour contenir les dirigeants africains et Sassou l’a utilise pour contenir les Congolais puisque 80% des hommes politiques Congolais ont un pied dedans.

    Le plus simple c est de laisser nos querelles de cote, faisons des analyses de façon objective et ne prenons pas le silence de certains comme étant une faiblesse, mais comme un moyen de reculer pour mieux sauter. La grande question est comment se débarrasser des dirigeants bidons bêtes, vassaux comme Sassou prêts a sacrifier son peuple pour économiser un euro sur le prix du baril?. Réfléchissons et dans ce combat la persévérance est le maître mot parce que sans la persévérance Rock Feller, Henry Ford, et consort ne seraient pas devenus ceux qu’ils ont été.

    Le fait qu’on se pose de questions c est déjà une approche de solution.

    Mon cher René Mavoungou Pambou parler du syndrome de Stockholm chez les Africains plusieurs années après la première agression j’en doute il faut qu’on trouve un autre mot puisque ce dernier se fait dans les minutes, les heures qui suivent l’agression. C est une réaction psychologique de défense que le corps trouve pour échapper a la catastrophe. Hors dans le cas présent, l’agresseur a plante une graine dans le continent africain et que cette graine a pousse et a donne des fruits qui sont le résultat de tout ce que nous voyons entre autres tribalisme, concussion, pertes des vrais repères africains, complexe d’infériorité….En plus l’agresseur ne s’arrête pas il continue avec ces compagnes de désinformation. Vraiment merci pour cet article qui permet de maintenir les intellos en éveil. Cherchons car la solution et derrière ces multiples échecs.

  11. Lucien Pambou dit :

    Réponse à René Mavoungou-Pambou

    « Ni rire, ni pleurer », comme disait le philosophe Baruch Spinoza, mais je vais essayer de comprendre ton texte, non pour le déconstruire mais pour mieux le compléter par un point de vue personnel. Tu déclares que le Noir africain, j’ajouterai francophone, est victime du syndrome de Stockholm qui consiste à trouver à la France des excuses à la domination qu’elle opère sur le Noir africain qui a été esclavagisé, colonisé et aujourd’hui néo-colonisé.
    Certains internautes estiment que pour sortir de la domination, il faut commencer symboliquement par débaptiser la ville de Brazzaville. Nous sommes dans le domaine du symbole, c’est une bonne chose. Ton texte qui est puissant analytiquement, bute sur la réalité de fonctionnement des Etats modernes. Essayons de dérouler les remarques pratiques de mes observations.

    Au Congo, comme en Afrique noire francophone, nous utilisons la langue française (langue administrative et politique) et nous adoptons les comportements culturels français sans souvent en connaître les modalités essentielles. Par essence, il faut entendre l’aspect primitif, pour ne pas dire génétique, de la culture. Nous sommes en décalage intellectuel, théorique et pratique face à une culture dont nous ne saisissons que ce qu’elle veut bien nous laisser saisir. Sommes-nous capables de faire la synthèse entre nos langues nationales et la langue française de référence pour comprendre et améliorer la production des biens symboliques et des biens matériels ? Quel est le sens que nous donnons dans notre cosmogonie aux mots développement, croissance ou diversification ? Ce ne sont que des prolégomènes de débat mal assimilés par les élites congolaises qui ont beaucoup de difficultés à sortir de la langue française pour rendre ces concepts opératoires auprès des populations.

    Le Congolais, comme l’Africain noir francophone, est dans une servitude volontaire, non pas pour les raisons que vous dites, à savoir la privation de liberté, l’adoration du bourreau français, mais surtout parce qu’il ne peut pas faire grand-chose, il est coincé , il est obligé de survivre culturellement et dans cette asphyxie culturelle se rappeler de temps en temps qu’il a une histoire ; une histoire qu’il a intellectuellement du mal à mettre en route pour lui et les siens car il ne sait opérer la synthèse entre la tradition et la modernité. Les Chinois qui ont subi le joug japonais dans les années 30, ces mêmes japonais bombardés pendant la seconde guerre mondiale, réussissent à garder leurs traditions, leurs cultures, leurs langues tout en s’arrimant à la modernité industrielle et commerciale dominée par le monde anglo-saxon et l’anglais. Un détour par l’anthropologie politique qui se fonde sur la discontinuité radicale des sociétés sans Etat et des sociétés Etat, montre que les intellectuels congolais acceptent qu’on parle de leur pays comme des territoires vierges alors que les empires du Mali ou du Congo sont là pour démontrer le contraire.

    Tu dis que les Africains osent entretenir un lien affectif avec la France, ce qui permet à celle-ci de contrôler les pays africains francophones. Il faut aller plus loin en indiquant que ce lien affectif repose sur une parenté linguistique et culturelle mal digérée par les Noirs congolais avec le colon. Les élites africaines francophones sont paresseuses, elles préfèrent la phrase structurellement bien construite ce qui ouvre la porte d’entrée dans la maison du maître, comme Senghor avec l’Académie française.Ton texte est intéressant mais un détour par la cosmogonie congolaise permet de comprendre pourquoi l’Africain reste passif et donne l’impression d’être victime (ce qui est le cas) du syndrome de Stockholm. Il faut aux Congolais tout réexpliquer et tout re-naturaliser.
    Trois exemples.
    – Le rôle de la mer, lieu des génies et de la sorcellerie dans les traditions Bantou et Vili. L’activité de pêche reste artisanale. Comment dans ce cas développer une économie marine de la pêche qui épouse la cosmogonie congolaise tout en étant ouverte sur la compétition industrielle ?
    – Le rôle de l’industrie nous montre que seules les expériences pratiques d’apprentissage sur la courbe technologique nécessitant une culture scientifique et industrielle, sont à valoriser. A la différence des pays comme la Chine ou le Japon qui avaient une pratique historique dans le domaine de l’industrie, comment réintégrer dans nos cultures ces éléments embryonnaires grâce à l’artisanat ? Tu vois bien, cher René, le réalisme commande la pratique et vice-versa et la non-maîtrise de ces éléments fera de nous des subordonnés et des nains industriels. Ce n’est pas grave mais encore faut-il le savoir et être capable, selon la version biblique de David et Goliath, de négocier stratégiquement.
    – Le rôle politique administratif peut être revisité pour en tirer des leçons pragmatiques. Ce royaume était politiquement et administrativement organisé et fondamentalement inégalitaire. Comment inventer un modèle « typicalement » congolais ?

    Je termine. Que faire ? La « malencontre », c’est à dire cette réunion dominant-dominé entre la France et ses colonies, doit faire l’objet d’une déconstruction analytique mais qui ne se contente pas simplement de crier au loup, de se lamenter, de se rouler parterre, de critiquer la méchante France tout en y habitant quand on est membre de la diaspora et de venir s’y faire soigner et de planquer de l’argent de la corruption quand on est aux affaires. Cette déconstrution doit aider les élites et les populations noires francophones à construire un nouveau paradigme de relocalisation cosmogonique de l’être noire francophone dans sa façon de penser la langue, la culture française et ses pratiques afin de bâtir un nouveau chemin. Pour ma part, je me suis toujours interrogé sur le silence intellectuel de la diaspora au coeur de son lieu d’habitation, la France. Cette diaspora a peur de prendre la parole, d’être critique dans les articles. Là n’est pas l’essentiel, le véritable travail est comment établir une médiation entre tradition et modernité universelle en restant humble, pragmatique, compétent et professionnel et en sortant des discours de revendication pour plus d’efficacité. Nos amis d’Afrique noire anglosaxonne, malgré leurs travers, sont beaucoup plus actifs que nous francophones, toujours prompts à faire des belles phrases à la française. La France le sait, elle s’en fout. N’a-t-elle pas raison de façon pragmatique et au nom de ses intérêts ?

  12. kikadidi leo dit :

    qui deteste envie qui chatie aime bien.le francais est une belle langue dommage que ce monsieur ne s exprime pas dans sa langue maternelle il serait plus credible

  13. Anonyme dit :

    Il pourra certainement ecrire dans sa langue. Mais combien de locuteurs de son groupe ethnique seront en mesure de lire le vili ? Par manque de veritable politique linguistique le Congo ‘Brazzaville semble etre l un des rares pays en Afrique centrale a ne privilegier qu une seule langue le lingala. L’ ecriture des langues congolaises existe mais combien de congolais en sont au courant ?

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