JEANNE VIALLE: Pionnière de l’indépendance de la femme africaine. Par Lionel GNALI.

Jeanne VIALLE

Comme beaucoup de compatriotes, d’Africains ou de Français, je me faisais une idée assez sommaire de cette grande et belle dame aux talents insoupçonnés. Non pas par misogynie ou machisme primaire, mais tout simplement parce que dans nos pays et le Congo n’échappe pas à cette règle, la classe politique préfère encenser les imposteurs au lieu de promouvoir nos vrais héros.

En conséquence, des personnalités de sa trempe sont enfermées dans un carcan insupportable.

C’est au détour d’une conversation avec une de mes tantes dont elle a hérité le prénom que l’idée de faire cet article m’est venue .

Sa proximité avec la famille maternelle de Jeanne VIALLE a suscité un peu plus mon intérêt pour cette personnalité haut en couleur.

Native de Ouesso au Congo-Brazzaville, le 27 Août 1906, ayant vécu en Centrafrique, puis grandi en France, Jeanne VIALLE fut avec Eugénie ÉBOUÉ-TELL, l’une des très rares sénatrices noires entre 1947 et 1952. Son père, Michel VIALLE fut employé de la Compagnie Française du Haut-Congo, fondée en 1899 par les frères TRÉCHOT et installée dans la SANGHA. Sa principale activité fut le commerce du caoutchouc et de l ’ivoire. Sa mère, s’appelait Thérèse TCHILOUMBOU et non TCHILAMBOU, comme c’est régulièrement écrit. Elle est la tante maternelle du premier prélat local, monseigneur Godefroy Emile MPWATI, évêque de Pointe-Noire de 1975 à 1986.

  • Un an après sa naissance, en 1907, son père fut embauché par la Société des Sultanats du Haut-Oubangui , à Bangassou, en Centrafrique pour contribuer au développement de cette société concessionnaire qui détenait un monopole sur le caoutchouc et l’ivoire. Jeanne VIALLE demeura sept ans en Centrafrique, jusqu’au déclenchement de la première guerre mondiale en 1914. Elle n’a alors que huit ans lorsqu’elle rentre en France, où elle va poursuivre sa scolarité. Inscrite au lycée Jules FERRY à Paris, elle décroche son baccalauréat en 1925. Commence alors pour elle une carrière à la fois de journaliste et de militante. A l’instar de Claude GÉRARD, autre grande figure du journalisme et du militantisme de l’époque, proche des milieux du Rassemblement Démocratique Africain, le RDA. Elle est journaliste chez Opera Mundi, puis représentante de l’Agence France Presse à travers le continent africain . Femme militante et membre à part entière de la Résistance dès 1940, elle connaîtra les affres de la prison en 1943, date à laquelle elle fut arrêtée. En effet, elle est membre active de Combat, un des principaux mouvements de la Résistance présent dans le Sud de la France , créé par Henri FRENAY, une des figures de proue, proche de Jean Moulin. Combat est aussi le nom du principal journal clandestin dirigé notamment par Jean GEMÄHLING, responsable du renseignement, dont Jeanne VIALLE devint la secrétaire. Intrépide , elle parvint à s’échapper, un procès se tint le 10 Décembre 1943, pour activités nuisibles à la Défense Nationale. Défendue par maître Germaine Poinso-Chapuis, résistante , grande figure du féminisme et première femme ministre dans le cabinet de Robert SCHUMAN en 1947. Elle fut lavée de tout soupçon. Sa bravoure et sa soif de libération pour son pays la FRANCE lui valurent la remise de la Médaille de la Résistance pour services rendus pendant l’occupation .

Auréolée de cette distinction, elle créa en 1945 l’Association des Femmes de l’Union Française, secondée par madame MONNERVILLE, épouse du très brillant président du Sénat de l’époque, un Afro-descendant, originaire de GUYANE de 1947 à 1958. Au sein de cette Association, elle occupa la fonction de secrétaire générale en charge de la rédaction du Bulletin. Dans sa première publication, elle mit en exergue le rôle des femmes dans les mouvements de la Résistance et le droit de vote féminin octroyé au lendemain de la guerre, le 21 Avril 1945. Elle s’évertua également à mieux faire connaître les Territoires d’Outre Mer et pour ce faire, multiplia voyages, conférences, débats, échanges sur le continent africain. L’éducation des jeunes filles Africaines et Asiatiques, leur éveil et leur émancipation furent ses chevaux de bataille. Bien que vivant en France, elle avait l’Afrique chevillée au corps et se fit l’avocate acharnée du droit à l’éducation des Africaines. La libération de la femme africaine et du continent passait inévitablement selon elle par l’éducation , l’octroi de bourses , l’égalité des programmes scolaires entre la Métropole et l’Outre-Mer, dans le cadre de l’Union Française.

  • De passage à Brazzaville où elle venait régulièrement rendre visite à sa mère, elle entra en contact avec la responsable du couvent Anne Marie JAVOUHEY. Situé en plein cœur de la capitale congolaise, celui-ci était tenu par les sœurs et hébergeait les très rares jeunes filles scolarisées, destinées à l’enseignement général ou aux arts ménagers. Sa particularité résidait aussi dans l’accueil des jeunes filles métisses abandonnées par des pères irresponsables. Le triste sort réservé à celles-ci ne laissa pas indifférente Jeanne VIALLE . De retour en France, elle travailla à la mise en place d’un dispositif législatif plus contraignant que l’article 340 du code civil relatif à la recherche de paternité naturelle en faveur des enfants métis, pour éviter leur abandon. Afin de donner du crédit à son propos , elle n’hésita pas à prendre exemple sur sa situation personnelle et déclara: « Je suis moi-même la fille d’un de ces pères consciencieux et d’une mère noire, mais lorsque les pères ne veulent pas s’embarrasser d’une responsabilité prochaine, ils les abandonnent ».
  • Son entregent lui permit de convaincre le Fonds d’investissement pour le développement économique et social ( FIDES) destiné aux Territoires d’Outre-Mer de prendre en charge les bourses de jeunes filles Africaines ainsi que leur hébergement dans des locaux acquis par l’Association à cet effet. Assurée du soutien financier du FIDES , l’Association parvînt à se doter de structures d’accueil et d’hébergement. C’est en toute sérénité qu’elle se rendit au Congo et en Centrafrique en Janvier 1948. A Brazzaville, son attention se porta notamment sur trois filles :
  • Hélène BOUBOUTOU
  • Bernadette BAYONNE
  • Elisabeth EVERAEST

Seules les deux premières effectueront le voyage de France pour se perfectionner, la troisième, métis d’origine belge, suite à des tracasseries administratives dût renoncer au voyage. Hélène BOUBOUTOU et Bernadette BAYONNE se distinguèrent, la première était déjà l’une de nos toutes premières institutrices en 1943 et fut notre première bachelière en France en 1954. Madame Bernadette BAYONNE quant à

elle fut une des premières femmes à accéder à la fonction de ministre en 1984.

En Centrafrique, où elle venait également assez régulièrement, c’est Florence YANGBAO qui fut choisie pour poursuivre des études secondaires en France. Illustre inconnue jusque là, elle allait devenir quelques années plus tard, madame David DACKO, la first Lady du Centrafrique en 1960.

Habile, Jeanne VIALLE sut utiliser à ses fins l’Association des Femmes de l’Union Française pour asseoir sa notoriété. Elle s’en servit comme tremplin pour faire son entrée en politique.

En effet, forte de l’audience grandissante qu’elle avait acquise au sein des populations centrafricaines par ses actions et combats, consciente du rôle déterminant qu’elle pouvait jouer à l’échelle nationale, elle entreprit de créer un parti, l’Association pour l’Evolution de l’Afrique Noire , le 27 Juillet 1946. Ce qui fut une véritable gageure pour l’époque, la Res Publica étant l’apanage des hommes, même si les femmes venaient d’obtenir une conquête importante, le droit de vote. Sa détermination fut très certainement confirmée par l’entrée aux Chambres d’une trentaine de députés et sénatrices au lendemain de 1946, à laquelle s’ajouta

l’adoubement de Barthélémy BOGANDA. Dans une correspondance adressée à Abel GOUMBA datée du 03 Mars 1947, il écrivit: «  Pour ce qui est de madame Jeanne VIALLE, Conseillère de la République, je crois qu’elle apportera beaucoup à notre pays. Elle en comprend les besoins profonds et m’aidera à réaliser nos plus chers désirs » .

Son parti, classé à gauche fut affilié aux Mouvements Unis de la Résistance de D’ASTIER de la VIGERIE , journaliste, écrivain et homme politique français. Cette formation regroupait en son sein également une bonne partie des futurs membres du Rassemblement Démocratique Africain, le RDA, tels que Jean FÉLIX -TCHICAYA, Félix HOUPHOUET-BOIGNY, Fily DABO CISSOKHO . Candidate malheureuse lors de la deuxième Assemblée Constituante de 1946, ce n’est qu’en Janvier 1947 qu’elle fut élue Conseillère de l’Oubangui-Chari au sein du second collège, celui des autochtones. L’expérience du parti tourna court, celui-ci ne survint pas plus d’une année. Téméraire, Jeanne VIALLE sut tirer les conséquences de cet échec et se recentrer davantage sur le volet social des Oubanguiens, ses électeurs. Emboîtant le pas à BOGANDA et DARLAN, elle fonda l’Espoir Oubanguien en 1948, coopérative destinée à la construction et à la fourniture de logements dans le quartier de la « Kouanga » . Sur fond de désaccords politiques concernant les trois principales coopératives appartenant respectivement à BOGANDA, DARLAN et VIALLE, elle fut tout de même réélue en 1948, mais s’aliéna définitivement le soutien de BOGANDA en 1952, ce qui causa sa défaite.

Celle-ci marqua ainsi la fin de la carrière politique de Jeanne VIALLE, prématurément arrachée à la vie lors d’une catastrophe aérienne survenue le 09 Février 1953 à Villenave d’Ornon près de Bordeaux.

Totalement ignorée des Centrafricains et Congolais, un dispensaire à Brazzaville , un autre à Pointe-Noire, une rue à Bacongo, quartier de Brazzaville où elle a vécu , une association environnementale et une résidence à Marseille portent son nom. Insignifiant, au regard de ses actions et combats en faveur de la libération de la femme et de l’Afrique.

Sa sépulture se trouve à Brazzaville, au cimetière du centre ville, dans la plus grande indifférence des Congolais dont très peu finalement la connaissent.

Lionel GNALI

Diffusé le 06 août 2018, par www.congo-liberty.com

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15 réponses à JEANNE VIALLE: Pionnière de l’indépendance de la femme africaine. Par Lionel GNALI.

  1. Anonyme dit :

    Tres bonne contribution historique Lionel.
    Roger

  2. Uppercut dit :

    Mais que ne comprenez-vous donc pas ?
    Si cette grande Dame avait pour nom MOUEBARA, Edith SASSOU-NGUESSO ou était née à Edou et pas à Ouesso, sa tombe serait fleurie chaque année.

    Vous faite allusion à trois dames dont Bernadette BAYONNE qui, est aujourd’hui sénatrice (presque à vie). Demandez lui donc si elle connait l’emplacement de la tombe de Jeanne VIALLE et si pas gratitude, elle y dépose souvent une petite fleur.
    Combien de ministres de la promotion de la femme connaissent à Brazzaville, l’endroit où Jeanne VIALLE fut inhumée ?

    C’est le Gondwana, cher Mr Lionel GNALI, le pays de la MEMOIRE COURTE !

  3. OYESSI dit :

    Merci beaucoup cher Lionel pour cette contribution historique qui va rejoindre les bonnes feuilles de ma bibliothèque.
    Bernadette Bayonne veuve de mon oncle Bayonne qui doit tout à cette brave dame devrait être toute sa vie reconnaissante à cette grande sœur qui a tant fait non seulement pour le Congo mais aussi pour elle personnellement.

  4. Anonyme21 dit :

    Madame PEMBELLOT épouse MAMBOU AGATHE première femme magistrate du Congo Brazzaville n’ a pas eu la reconnaissance qu’elle mérite c’est sûrement parce qu’elle est du Sud
    c’est pour toutes ces raisons que je demande la séparation
    c’est bien beau de venir dire ici que ce ne sont pas tous les nordistes qui sont d’accord avec la politique inhuamaine en cours dans notre Pays

  5. daniel ortega dit :

    je suis congolais je n’ai jamais ignore jeanne vialle. l’etat congolais n’a pas eu assez de temps de penser a elle en raison des nombreuses guerres civiles cycliques qui ont eu lieu au congo dont la derniere est celle du 4 avril 2016 motivee par ceux la memes qui estiment que rien n’a assez ete fait pour jeanne vialle. calmons nous et on pensera a elle.

    deja l’etat congolais va debaptiser l’avenue des « trois martyrs » bon ecoutez les martyrs au congo franchement on en a toute une pelle aujourdhui …. donc l’avenue des « trois martyrs » deja il n’etaient qu a trois on peut donc la changer en boulevard jeanne vialle. je oesne que c’etait des syndicalistes. ben il ya un droit syndical aujourdhui est ce qu ils etaient agrees par l’inspection du travail? on peut debaptiser l’avenue des trois martyrs en avenue jeanne vialle

    je connais le dispensaire auquel vous faites allusion. nous allons voir avec la cooperation chinoise comment accroitre les capacites d’acceuils de ce centre medical qui avait joue un grand role juste apres la guerre du 5 juin 1997 declenchee par ceux la meme qui veulent plus de democratie dans ce pays.

    l’hopital de jeanne vialle sera agrandit et modernise par la chine on expropriera certains voisins. la croix rouge congolaise en avait deja emis le voeux de voir ce centre etre agrandit

    le cimeteire du centre ville de brazzaville est un cimetiere nec plus ultra. si vous y etes cela que veut dire que vous avez ete serieux aux yeux de l’etat congolais.jeanne vialle le fait pour elel detre inhume au cimetiere du centre ville prouve a suffisance qu elle avait de la valeur aux yeux du peuple congolais . l’etat congolais n’a pas minimise l’oeuvre de jeanne vialle. « nous voulons pour ce pays des bons historiens » dixit antoine lethembet ambily lui meme historien. voila pourquoi les gens me parlent de la tombe d’edith mouebara .les congolais sont allergiques a tout ce qui s’appelle tombe cimetieres notoriete oublis …

    si cest ca mr deja je suis le seul congolais je dis bien le seul a penser chaque jour au docteur roger moulouba lui aussi du corps medical comme jeanne vialle ignore de tous les congolais. laviez vous connu? il fut representant resident de l’oms au senegal il fut assassine par une rafale de kalachnikov tiree par les aubevillois de p lissouba c’est officiel a brazzaville chez les bokilos.

    venir assassiner le representant resident de l’oms ca ne va pas non?

    ou est sa tombe? a t il ne serait ce qu une petite ecole primaire? zero. j’ai dit a l’etat congolais de debaptiser l’hopital de base de mfilou en hopital de base dr roger moulouba certainement que vous m’avez lu et vous avez saute sur l’occasion pour nous rafraichir la memoire de jeanne vialle ce qui n’est pas mauvais en soi.

    donc l’hopital de base de mfilou sera debaptise en hopital de base dr roger moulouba au moins les niboleks vont reflechir et ils auront eux memes la reponse a la question suivante « de quoi mourut le dr roger moulouba? »

    p lissouba venait de l’unesco a nairobi. pourquoi sa milice tuait les congolais en poste aux nations unies?quand on dit que jugeons p lissoua o non tu es mentalement limite santo subito kie kie kie il faut consoler la veuve moulouba faites chier!

    l’etat congolais n’a pas meprise jeanne vialle mais je viens de le dire il y a eu depuis 1992 trop de guerres dans ce pays trop de DDR trop de paix trop de dialogues trop d’accords trop de suspensions des services ferroviaires entre bzv et pnr trop de ninjas de aubevillois de cocoyes de cobras la il ya eu les bebes noirs j’espere que ce restant de bebe noirs est desormais jaloux de sa vie ok,bougnouls ok vous reflechissez maintenant? on ne veut pas mourir on veut vivre et ben c »est bien tonton daniel dit que ne tuez plus.avec vous il n y aura pas dexperts psychologues non.vous tuez je vous tue.alors dans un tel contexte comment allez vous reflechir au developpement?!

    donc mr gnali lionel il y a deux oublies du corps medical dans ce pays: jeanne vialle et le dr roger moulouba

    merci pour ce beau rappel historique et en passant la premiere femme ministre du congo est mme manima sous marien ng.

  6. Uppercut dit :

    Un esquinté mental ne peut pas connaitre Jeanne VIALLE. C’est l’université SASSOU-NGUESSO (qui tarde à sortir de terre) qu’il faut débaptiser pour l’appeler Université Jeanne VIALLE. Par contre l’avenue Jean Dominique OKEMBA deviendra « Avenue des Jeunes Martyrs de Chacona en mémoire des jeunes massacrés par les sbires tordus de NDENGUET.

  7. Uppercut dit :

    Et le boulevard SASSOU-NGUESSO deviendra un jour « BOULEVARD DES DISPARUS DU BEACH ». C’est une promesse.

  8. Tonda N'longui dit :

    Merci pour cet article, je peux désormais dire que je connais Madame Jeanne Vialle

  9. Kuna dit :

    La première dame a être nomméen Ministre fut Mme Émilie Manima dans le dernier gouvernement de Ngouabi vers 1975 si je ne me trompe pas. C’était juste pour rétablir une vérité historique.

  10. Anonyme dit :

    Merci pour l’eclairage M. GNALI, j’ai bcp appris, merci

  11. Anonyme dit :

    Dommage que cette femme juste et engagee pour la cause noble ne soit pas connue ni elevee au rang de heros naional. Rien d’etonnant dans ce pays dirige par des barbares

  12. Anonyme dit :

    Juste contribution, le riche contenu du texte est assez édifiant. Cependant, en matière de commémoration, pour une seule personnalité c’est déjà ca de gagner. Vu qu’on a baptisé des avenues et divers infrastructures publiques de son patronyme. D’autres générations apporteront demain leur pierre à l’édifice mémoriel, car l’Etat est une continuité. Est ce que les français méprisant accordent ils le moindre intérêt à son parcours politique militant, eux qui s’ingénient à minimiser le martyr des Tirailleurs africains, qu’ils appellent abusivement sénégalais ? Ils préfèrent plus tôt glorifier les tombes des soldats américains, canadiens et britanniques, par complexe racial. En plus du fait qu’ils insistent souvent sur l’importance de Londres et d’Alger, durant la Seconde Guerre Mondiale, pour mieux occulter le rôle salvateur des colonies de l’Afrique sub-saharienne. Mais n’est ce pas à Brazzaville capitale de la Résistance au nazisme, précisément dans le quartier colonial de Bacongo ou la populaation était peu réfractaire à la mixité sociale et au Vivre Ensemble avec les colons étrangers, qu’avait trouvé refuge dans une célèbre « Case » leur leader ? En tant panafricaniste de Combat, le continental j’entend, non pas le tribal et moins encore le musical qu’affectionnent les compatriotes mélomanes abasourdis (la musique unitaire adoucissant les cacophoniques moeurs pouliticiennes communautaires) ) de Paris, je suis dans le devoir de rappeler cette réalité à la france impérialiste. A savoir qu’aussi longtemps qu’elle s’avisera à bafouer l’Histoire et la mémoire des peuples, la sanction immanente sera mémorable. J’en veux pour preuve la victoire écrasante des Bleus-Noirs à la coupe du monde, tel que je l’avais annoncé de longue date sur ce site, malgré l’agitation pseudo savante des « intellectuels » verbeux inconnus des libraires sérieux. Aujourd’hui, ces internautes sans vision vont apprendre à leurs dépens qu’il est mal avisé de défier un oint des ancêtres. Oui, les visionnaires sont souvent incompris, par les dégénérés esprits acculturés de leur temps. Toutefois les faits de société leurs donnent toujours raison. Sinon de quelle région d’Europe était originaire le civilisateur de la Gaule barbare, soit l’apôtre Saint-Martin de l’île caribéenne du même nom qui a été victime du mépris macronien de la métropole esclavagiste, si ce n’est pas des Balkans vers la Hongrie et la Croatie ? Voyez-vous, la défaite de la valeureuse équipe croate entièrement composée de footballeurs blancs slaves, face à des jeunes athlètes d’origine africaine, est un message clair. Une leçon historique, sur la quelle le très « congoïde » FN pro diaspora et la République En Marche cougariènne (voici le résultat de l’héritage civilisationnel des luttes sociales féministes qui étaient chères à Simone de Beauvoir) n’ont pas finit de méditer. Surtout après l’étrange concert diasporique dédié à la musique nègre d’un Nouveau Genre qu’a cru bon d’organiser Emmenuel Macrona à l’Elysée, sous la supervision de son bien nommé garde du corps Alexandre Benalla; dans l’unique but de salir l’image des afro-descendants. A ce propos, en plus de la courageuse Jeanne Vialle dont les voisins bacongois o combien ingrats ont oublié le sacrifice, l’auteur a cité l’exemple de Gaston Monnerville l’ancien président du sénat qui, à l’instar du gouverneur de l’AEF Felix Eboué, était un ressortissant des DOM-TOM néo-coloniaux et de la Guyane en particulier. Pour quoi cet homme de qualité n’a t-il pu accédé à la magistrature suprême dans son pays soit disant égalitaire, en lieu et place du démissionnaire De Gaulle, conformément à la constitution ? Le racisme gaulois est sournois a rappelé Barack Obama de manière subliminale, au sujet de la black sélection nationale française de football, lors de la célébration du centenaire de Nelson Mandela à Johannesburg. D’ailleurs, grande fut mon indignation, de voir à quel point sa compagne Winnie Mandela (une femme de conviction doublée d’une authentique Combattante qui n’est plus à présenter) a subit à titre posthume le boycotte zélé des réseaux sociaux congolais. Puis qu’aux yeux de certains citoyens poulitisés à outrance le ministre francais de l’économie, un défenseur acharné du FCFA d’inspiration nazie, est supérieur et plus important qu’une héroïne de la Révolution contre l’apartheid ségrégationniste qu’a vaincu l’ANC. Grace au soutien décisif du Congo, j’aime autant le souligner avec fierté, en connaissance de cause.

  13. Aloula dit :

    Au Congo la république mortifère de Sassou n’est pas tendre avec les grandes hommes et les grands esprits; dans certains pays il est écrit aux grands hommes et aux grandes femmes la patrie reconnaissante. Nos grands esprits sont souvent tués où oubliés par des cancres qui nous gouvernent.

  14. Lyonel dit :

    Simplement merci … j’ai appris quelque chose.

  15. TATA NDWENGA dit :

    Très touché par l’histoire de Jeanne VIALLE dont le combat des temps modernes présente quelques similitudes à nos héroïnes du temps de la royauté africaine comme la Ndona Kimpa Vita.

    Au final Jeanne VIALLE est une Ndona Kento comme Kimpa Vita en ce qu’elle est une femme battante pour des causes nobles qui tendent vers la liberté, l’égalité et la justice. Elle est féministe tout en étant profondément humaniste. C’est là où elle me plaît ou me fascine. En somme, elle est un modèle à suivre…..elle est vraie, une ngudi, c’est-à-dire une autorité morale, intellectuelle et sociale qui se manifeste inexorablement pour le bien des hommes et des femmes.

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