Diasporas noires de France : pourquoi cette démission volontaire dans la lutte contre le racisme ?

Par Lucien PAMBOU

Il faut aider le champion du monde Lilian Thuram  à promouvoir les mobilisations contre le racisme

Les noirs de France, que nous sommes, préfèrent le bavardage à l’action. Nous parlons beaucoup et nous ne faisons rien de façon concrète et de manière collective pour promouvoir notre statut de citoyen dans le pays où nous sommes installé. Nous sommes plus enclins à critiquer les régimes politiques de nos pays d’origine, alors que nous savons bien que les présidents de ces pays, soutenus par la France au nom des intérêts économiques, n’ont rien à faire des comportements larmoyants des diasporas noires de France. Cette attitude larmoyante des diasporas noires montre leur incapacité à porter de manière collective à travers des associations les problématiques politiques d’alternance démocratique et les problématiques sociétales, comme celles liées au racisme dont nous sommes victimes pour la plupart d’entre nous en France, au nom d’un discours non-dit et qui trouve ses racines dans l’esclavage et la colonisation. Il n’y a pas de racisme en France nous dit-on, il n’y aurait que des écarts de racisme de la part de certains citoyens français à phénotype caucasien. Or, en regardant les médias, les partis politiques, voire le gouvernement, les noirs de France constituent un impensée psychanalytique et une réalité vide, même si ceux-ci reçoivent le terme de citoyen de la République pour ceux qui sont de nationalité française.

Comment valoriser le travail de conscientisation de la lutte contre le racisme envers les noirs en France ?

Le travail de Lilian Thuram, footballeur émérite, champion du monde avec l’équipe de France en 1998, mérite d’être salué et paradoxalement, il est tout seul. On reproche à Thuram un racisme anti-blanc, alors que dans la réalité on veut simplement le faire taire et il n’y a aucune association capable de monter aux créneaux pour défendre la position de Thuram qui n’est pas une position anti-blanc dans la société française, mais une dénonciation en bonne forme du racisme républicain (concept que j’invente) pour faire croire que les noirs de France, de nationalité française ou non, sont traités de manière citoyenne et sans discrimination. On avance des arguments fallacieux sur leur incompétence, sur leur indolence. Ces arguments valident les thèses racialisantes contre les noirs qui ne font rien pour se débarrasser de ces oripeaux accusatoires, plus préoccupés qu’ils sont pour essayer de se sortir individuellement de la chape de plomb qui les réduit à néant. La stratégie collective n’est pas encore aboutie et il faudrait que les associations noires s’inspirent, ne serait-ce qu’au niveau des linéaments, des stratégies de mobilisation des réussites des autres diasporas noires hors de France. Si comparaison n’est pas raison, le monde anglo-saxon offre une vision de cette capacité collective de rassemblement des populations noires, même si dans ces pays le modèle communautaire est un élément politique et sociétal important. J’avoue que je me sens responsable de cet échec des diasporas noires de France car je n’ai pas réussi en 2005, en tant qu’un des créateurs et premier secréEn déclarant: « Je ne suis pas partisan de ceux qui vont faire des marchés po ba contrecarrer Mokondzi ya mboka, ce qui donne une mauvaise image », Norbat de Mpila, le nouvel atalakou de Sassou vieux niongo, exécute sa mission en préparant les esprits taire général du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), à faire admettre à mes amis que la stratégie collective était supérieure aux démarches individuelles. Nous avons échoué et j’ai échoué  car nous n’avons pas saisi l’importance de ce combat. Il n’est jamais trop tard, essayons de nous regrouper. J’ai écrit un ouvrage sur le CRAN, De l’espérance à l’utopie (Chez l’Harmattan),  dans lequel je montre cet échec, ma déception et l’incapacité que nous avons en tant que Noirs à gagner de façon collective les combats, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux. Il faut donc aider le soldat Thuram.

Comment les diasporas noires de France doivent-elles s’inspirer de l’acte héroïque de Thuram pour lutter contre le racisme sociétal en France ?

Evitons les discours faciles sur le racisme institutionnel en France aux motifs que nous avons été victimes de l’esclavage et de la colonisation. Evitons de mettre dans le même sac toutes les populations à phénotype caucasien (les blancs), évitons d’être victime pour attendre que d’autres fassent à notre place. C’est bien ce qui se passe aujourd’hui dans nos pays africains où l’alternance démocratique a du mal à exister en attendant que d’autres lèvent pour nous l’arme de la libération. Il faut noter que Thuram a recadré le débat sur RTL en montrant que ses paroles ont été mal interprétées, mais pour certains le mal est fait. A quoi doivent servir les diasporas ? Elles ne doivent pas se tromper de combat, même si l’esclavage et le colonialisme restent dans les têtes. Il faut que les Noirs de France construisent des stratégies d’existence collective dans l’espace politique culturel et social français. Il ne s’agit pas d’imposer à la France un mode de vie politique ou religieux, mais de réagir par l’entreprenariat, la participation à la vie politique et aux mobilisations dès que le racisme est mis en avant contre les populations noires. Nos amis les Juifs savent le faire avec maîtrise et brio dès lors que des actes antisémites sont avérés et commis contre les populations juives. En le faisant ils travaillent aussi pour leur terre d’origine Israël. Il faut aider Thuram dans son combat pour l’intégration des populations noires. On a fait l’amalgame des propos de Thuram concernant les supporters racistes (qui ont imité les cris de singe en Italie le 1er septembre contre Lukaku lors du match inter de Milan contre Cagliari) avec un racisme anti-blanc dont Thuram serait le dépositaire. Thuram est footballeur ,mais instruit et féru d’histoire, ce qui n’est pas le cas de certains joueurs Noirs de France. Il met en avant les choses cachées de la République. Il est le dépositaire d’une certaine morale d’un certain comportement. On peut toujours répondre qu’il est riche, qu’il est écouté dans les médias, ce qui ne serait pas le cas des diasporas noires de France.

Les diasporas noires doivent avoir une exigence en termes d’existence, d’organisation et de lutte contre le racisme. Il faut pour cela qu’existent des leaders d’opinion au sein de ces diasporas noires capables de prendre conscience des maux dont souffrent les membres de la diaspora en silence ou de manière bruyante et non active sur le terrain. Le racisme, assez paradoxalement, est amplifié par l’inactivité des diasporas en France et par leur incapacité à se mobiliser concrètement. Il ne suffit pas de réclamer l’alternance politique en Afrique pour que cela se fasse, il en est ainsi du combat contre le racisme en France, il faut : des leaders, une prise de conscience, des mobilisations, des financements et des stratégies concrètes sur le terrain. Assez paradoxalement, le racisme caché ou explicite en direction des diasporas noires de France est un frein pour leur émancipation et pour l’alternance politique et démocratique de leurs pays d’origine.

Lucien PAMBOU

Diffusé le 5 septembre 2019, par www.congo-liberty.com

Monsieur Jean-Yves Le Drian, ne prenez pas les Congolais pour des idiots, le Général Mokoko est le prisonnier de la France !

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6 réponses à Diasporas noires de France : pourquoi cette démission volontaire dans la lutte contre le racisme ?

  1. Bulukutu dit :

    [racisme républicain (concept que j’invente) ]. Je dirai plutôt que c’est Diallo. On peut aussi le nommer « Racisme institutionnel « .

  2. VAL DE NANTES. dit :

    Sommes nous bien placés pour parler du racisme en FRANCE ,quand notre CONGO crée des apologistes du tribalisme triomphant au sommet de l’Etat ?
    Ayant vécu les effets psychologiques et inhumains de cette pathologie ethnique au CONGO de SASSOU ,j’en viens même à excuser le racisme quotidien dont , par moments ,je souffre en EUROPE .
    Commençons par nettoyer la saleté qui se dresse devant notre porte .
    D’où ma conclusion sans filtre , le racisme du blanc est moins nocif que le tribalisme mbochi affiché au sommet de l’Etat .

  3. Bulukutu dit :

    Lire. Je dirai plutôt que c’est un concept que l’on a souvent entendu dans la bouche de Rokaya Diallo.
    @Val de Nantes. On ne peut pas considérer que le cas spécifique de « Ce qui aurait pu être un pays « , est à généraliser. Tous les noirs ne sont pas infesté par le virus du tribalisme. À ce titre, ils ont le droit combattre le racisme.
    Il faut donc combattre le racisme qui se drape derrière l’universalisme.

  4. Isidore AYA TONGA dit :

    @VAL DE NANTES

    Bien parlé et merci pour ce cadrage….

  5. SAMBA DIA MOUPATA dit :

    Pambou le pompier pyromane , cher petit frère , aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge . Disait un grand éprit Américain . Effectivement sassou est encore là à cause des diplômés médiocres comme toi . Il faut prendre l’exemple de ton frère Alain Mabankou qui s’inscrit dans la lignée des grands hommes comme Lilian Thuram qui n’a besoin d’être corrompu pour vivre .

  6. Lucien Pamboum kaya m voka dit :

    A toutes et à tous
    Voici un sujet qui tout en nous sortant dutrain train congolo français nous y ramènes
    On y attends des débats de fond mais on reste sur sa faim

    Et on comprends mieux pourquoi Mme réseau congo France pourra continuer à vivre car même après sassou le racisme français envers les negres congolais continuera et quelle position pour la diaspora

    Aucune bien sur car sassou ou pas sassou la diaspora à led pieds et les mains lies par son appartenance à la francafrique

    Une francafrique en tant que réseau que n aime pas la diaspora congolaise de France mais faire de mieux et d’innovation gouvernementale qu’ elle est obligé d accepter car cette diaspora tend la main a la mère nourricière la France qui impose une non monnaie aux 14états de la zone franc a savoir lecfa et demain l éco

    Pas trop grave le negre reste negre car naïf et grand enfant il n a pas le droit d être dans un système démocratique doté de droits et d obligations

    Et Jacques Chirac ancien président français et au mm d un racisme institutionnel avit déclaré que la démocratie était un luxe pour les états negres d Afrique

    Voilà c est dit et tout est passé comme une lettre a la poste

    Décidemment sur ce site il nous fait traiter des sujets simples et simplistes qui e nécessitent pas une réflexion approfondie

    Est ce de la provocation ou la réalité?

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