Monsieur Sassou: Les Congolais vous détestent déjà suffisamment, évitez que Kiki vous fasse haïr

Pascal Malanda

En 1946, le célèbre écrivain français Boris Vian publia sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, un roman policier au titre très évocateur : « J’irai cracher sur vos tombes ». Ce n’est pas tant le contenu de l’œuvre, mais le titre qui traduit ce que l’homme peut atteindre quand la haine aveugle prend le dessus. Une haine qui peut aller au-delà de la mort. Certains devraient s’en inspirer et méditer sur le traitement qui pourrait être réservé à leurs restes sur terre. Connaissant la violence des Congolais, rien d’étonnant que de voir un jour ce peuple écrire une œuvre collective intitulée : « Nous irons pisser sur vos tombes ».

Au Congo, la haine couve depuis des années. Elle est alimentée par une crise sans précédent qui vient s’ajouter aux multiples effets provoqués par la mal-gouvernance endémique. Et comme si cela n’était pas assez, voilà qu’un nouveau spectre hante le paysage politique national. En effet, ce qui n’était qu’une rumeur persistante hier, ressemble de plus en plus à une stratégie redoutable et machiavélique. Tout le monde sait que Sassou caresse depuis belle lurette, l’incroyable rêve de se faire succéder par son fils biologique. Si Eyadema, Bongo ou Kabila ont été remplacés par leurs rejetons, qu’est-ce qui empêcherait notre conducator suprême de suivre un si ‘’bon’’ modèle ? Mais cette candidature encore hypothétique, divise déjà le microcosme politique congolais, sans oublier les ravages qu’elle fait dans la famille des Nguesso.

La rumeur (toujours elle) affirme que Sassou a dû passer par le feu du changement de la constitution en octobre 2015 et s’imposer une présidentielle catastrophique en mars 2016, parce que son fils ne remplissait pas les conditions (âge) pour briguer la magistrature suprême. Pressentant la tension qu’allait susciter le rejet viscéral de la candidature de son fils (désormais éligible selon la nouvelle constitution de 2015), Sassou avait dû se résoudre à se présenter lui-même. Il craignait probablement que son fils ne soit à la hauteur du défi que constituait l’inévitable passage en force qui allait suivre un scrutin tripatouillé. Le fils aurait-il entre-temps accumulé assez d’expérience pour pouvoir braver le peuple congolais qui le rejette presqu’unanimement ?

Il m’a souvent été reproché, à tort ou à raison, une certaine indulgence à l’égard de Sassou. J’ai jusqu’à ce jour essayé de montrer à un compatriote, assumant dans des conditions très controversées, les fonctions suprêmes de l’Etat, l’inanité qui consiste à s’accrocher au pouvoir contre le bon sens élémentaire. Le bon sens nous apprend à accepter et intégrer la finitude des choses. Je continue néanmoins de croire (mais pour combien de temps encore ?) qu’il est encore possible de négocier une sortie pacifique, bien que le temps soit de plus en plus compté pour le régime acculé. Je crois qu’il existe un point de basculement avant lequel un compromis est possible et après lequel aucun retour n’est plus réalisable. Si cela s’assimile à la naïveté, je l’assume entièrement. Je voudrais toutefois rappeler que le principal souci qui m’anime est de faire à notre peuple, l’économie d’une guerre aussi monstrueuse qu’inutile. Le Congo nous ayant habitués à des alternances violentes et tragiques tout au long de son histoire, il est presque inévitable que la succession de Sassou se fasse dans la violence. Je serai le plus heureux de découvrir un jour prochain que ma crainte était infondée. Mais tout observateur averti peut constater sans peine que les violences pré et post-électorales deviennent de plus en plus dévastatrices au Congo. Tout le monde sait aussi que le pouvoir actuel se targue toujours de ramener la paix après les violences. Ma question est simple : Sommes-nous absolument incapables de négocier un consensus global avant que les violences n’éclatent ? Pourquoi réussissons-nous à ‘’conjurer’’ nos démons après les guerres, mais pas avant que celles-ci ne commencent l’anéantissement de tout espoir ? La guerre est-elle une fatalité dans notre société ? Est-il utopique de souhaiter à son pays une alternance politique sans qu’un seul cheveu ne tombe de la tête d’un seul Congolais ?

Un potentiel drame familial

On prête donc à Sassou le rêve (de moins en moins secret) de se faire remplacer par son fils. Au-delà de l’indécence et du caractère profondément antidémocratique de la démarche, je voudrais souligner l’injure ultime que Sassou ferait au peuple congolais en s’obstinant dans cette folie suicidaire. Non pas pour lui, mais pour son fils. J’imagine en passant, la réaction de ce même Sassou (très lucide à ses heures), si Lissouba avait évoqué dans un cercle restreint et fait fuiter de façon ‘’anodine’’, l’intention d’imposer sa fille Mireille Lissouba comme Présidente de la République. L’idée-même aurait été un casus-belli pour le grand ‘’démocrate’’ Sassou qui disait, il y a peu : « Lorsque la constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l’accepter. » Comment ces mêmes ‘’démocrates’’ peuvent-ils accepter aujourd’hui une transmission dynastique du pouvoir ?

A en croire la rumeur qui enfle, ce qui se joue au sommet de l’Etat congolais n’est plus ni moins qu’une tragicomédie susceptible d’aboutir à un drame. Et ce drame pourrait même commencer au sein du clan présidentiel. Il suffit de revisiter les grands classiques grecs que sont Eschyle, Sophocle et Euripide pour comprendre qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Dans Œdipe-Roi, Sophocle nous montre le tragique destin d’un prince. Ce dernier découvre en montant sur le trône qu’il est le responsable de la peste qui frappe le royaume parce que, sans le savoir, il a tué son père et a épousé sa propre mère.

Les caprices d’un enfant auquel on ne refuse rien

L’éducation des enfants relève de la sphère privée. Mais lorsqu’un enfant devenu adulte s’engage en politique, ses actes peuvent avoir un immense impact sur le reste du pays. Cela donne au citoyen, un droit de regard sur cette éducation. Le pouvoir n’est pas un jouet qu’on donne en cadeau de Noël ou d’anniversaire à un enfant capricieux. Dans les bonnes maisons, il est de bon ton de ramener un enfant gaffeur au bon sentiment. Si la fessée n’est plus de mise, la psychologie de l’enfance regorge de ressources suffisantes pour aider un père en détresse à surmonter le défi de recadrer son fils égaré.

Le curieux et tardif réveil de la presse internationale

La presse internationale, d’habitude si complaisante à l’égard des frasques des Nguesso, semble s’être donné le fin mot. Elle déballe à tour de bras les scandales financiers qu’elle couvrait d’un voile pudique depuis des années. A se demander si une main noire ne serait pas en train d’ouvrir les vannes de ces scandales. La cible désignée de ce tir croisé, n’est autre que le dauphin putatif. Après avoir été débarqué de la Société Nationale de Pétrole du Congo pour gestion approximative, serait-il sur le point d’obtenir la grande promotion qui consiste à gérer le Congo ?

Se trouvant au fond des abysses, le Congo a besoin pour se redresser, d’un vrai consensus national autour de patriotes dévoués, capables de redonner l’espoir à un peuple désabusé. Je crois en la présomption d’innocence et à ce titre, je ne vois pas sur quelle base je la refuserai à Kiki le pétrolier. Mais avec tous les scandales qu’il traîne, ne gagnerait il pas à se faire plus discret ? Faire profil bas, ne serait-ce pas la meilleure attitude en ces temps de grosses tempêtes ? Sauf à se dire que le jouet présidentiel est la seule planche de salut capable de protéger, le père et le fils.

Une stratégie catastrophique

Au regard des derniers développements sur la scène politique congolaise, on est en droit de se demander si Kiki ne serait pas (en partie au moins) responsable des récents déboires de son paternel à l’Elysée. Mais au lieu de reculer pour mieux sauter, d’essayer de prouver son innocence ou faire amende honorable, Kiki semble prendre son père en otage en lui mettant le couteau à la gorge : « La présidence ou je fais un malheur.»

Monsieur Denis Christel Sassou-Nguesso, s’obstiner à accéder à la magistrature suprême dans les conditions actuelles, vous prive d’avance de la moindre légitimité et vous condamne à régner par la terreur sur 99% des Congolais. Cette perspective ne vous a-t-elle jamais traversé l’esprit ?

Monsieur Denis Sassou-Nguesso, votre rejeton semble vous prendre en otage (à votre insu ?) et par voie de conséquence, vous pousse à prendre le peuple congolais en otage. Écoutez le DIVIN en vous et ressaisissez-vous au bord du gouffre. Parlez au cœur de ce peuple qui vous a tout donné et auquel vous avez tout arraché. Il est peut-être encore capable de vous trouver des circonstances atténuantes.

Parole de quelqu’un qui ne vous veut pas forcément du bien (vous en avez assez), mais qui ne souhaite pas votre malheur, à la différence des Congolais, de plus en plus nombreux, qui se taisent et attendent secrètement et patiemment votre ruine.

Pascal Malanda

LE CONGO ÉTERNEL

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GRAND DÉBAT SUR LA TRANSITION POLITIQUE ET PACIFIQUE – SAMEDI 26 OCTOBRE 2019 À PARIS 14H00-20H00 ( Places limitées )

LIEU : CICP , 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris – Metro 9, Station ‘‘Les Boulets’’

Inscription obligatoire : minguabiango@gmail.com

Téléphone : +336 99 43 32 46



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8 réponses à Monsieur Sassou: Les Congolais vous détestent déjà suffisamment, évitez que Kiki vous fasse haïr

  1. Pambou lucien Mkaya mmvoka dit :

    Cher pascal Malanda

    Votre papier est stupefiant de nouvellles extraordinaires. Vous affirmez que kiki le petrolier fils du président Sassou va succeder à son père alors qu il me revient que Denis Christel N Guesso avait declare qu il ne se presentait pas aux élections de 2021 apellant les congolais à ,voter pour son père comme lui meme

    Votre papier dit le contraire et incite à penser à une manœuvre dont kiki ou son pere seraient les responsables

    SI on suit les déclarations de kiki qui dit ne pas se presenter contre son père et vos déclarations selon lesquelles kiki serait impose par son père ce que refusent certains congolais vous introduisez un doute dans la tete des congolais

    Vous demandez sans le dire de facon explicite que le president Sassou dise sa position vis à vis de son fils kiki.En animal politique averti des turpitudes de la vie politique congolaise le president Sassou comme à son habitude va garder le silence en observant ce qu il se passe tel un serpent au sang froid et à la reaction foudroyante reagira au moment idoine

    Mais en meme temps cher compatrioteMalada vous maniez la langue de bois qui vous evites de demander au president sassou de dire sa reelle position en 2021 mee si vous pensez qu il ne doit pas se presenter à l élection présientielle en 2021

    Le president Sassou va t il representer ou pas? , ou DOIT ON demander à ses affidés de voter pour son fils kiki au dela des problèmes reseautaux et de clan que kiki doit resoudre s ‘il veut acceder a la fonction supreme et si en dernier ressort le peuple congolais le veut et le souhaite

  2. CataQueue dit :

    Bref, lorsqu’un ‘politicien’ dit « qu’il ne va pas se présenter », ça ne veut rien dire…

    Pour le reste je ne vais même pas commenter, à part:
    A BAS la propagande indirecte de Caca le singe de quelle que manière qui soit.

  3. CataQueue dit :

    Tiens, j’allais oublier: on n’est pas dupe!

  4. Anonyme dit :

    Pascal Malanda dit:
    « Monsieur Denis Sassou-Nguesso, votre rejeton semble vous PRENDRE en OTAGE (à votre INSU ?) et par voie de conséquence, vous POUSSE à prendre le peuple congolais en otage » …………………..
    « Parlez au cœur de ce peuple qui vous a tout donné et auquel vous avez tout arraché. Il est peut-être encore « capable de vous trouver des CIRCONSTANCES ATTENUANTES ».

    Il faut sauver le « soldat sassou », c’est l’obsession de Malanda, Maintenant il laisse sous-entendre que ce serait KIKI qui pousserait sassou à rester au pouvoir.

  5. val de Nantes dit :

    Rien ne concocte Kiki ,qui ne soit pas en accord avec Sassou…
    Malanda @ nous sert un plat du jour très mitigé . À moins de faire venir Freud pour une psychanalyse appronfondie sur cette famille qui encanaille tout le monde, je ne les imagine plus vivre au Congo, au regard de tous les crimes opérés au nom du pouvoir tyrannique…
    Il n’y a pas des effets sans causes..
    Cette famille avait elle bien lu le fameux livre du Nicolas Miachiavel intitulé « le prince « ?
    Il est des lectures qui structurent la pensée d’un homme ,celles contenues dans ce bouquin en font partie…
    La moindre mauvaise interprėtation y relative vous crucifie..
    Lisez Machiavel et vous l’innocenterez du criminel hors sol ,Sassou..

  6. L’auteur dit une chose qui est vrai : les congolais attendent patiemment la ruine de dsn. Dans tous les cas, aucun acte de violence ne partira du peuple congolais ,devenu mature.

  7. Itoua J.P. dit :

    A la vérité, le papier de Mr Malanda ne mérite pas nos commentaires, car Sassou en est le destinataire.
    Alors ne perdons pas notre temps à penser à Kiki, Coco, Caca.
    La question de fond est: quelles sont les causes de la durée dictatoriale du clan sassou au Congo, et que faire pour que le Congo ne connaisse plus une telle misère dans le futur?
    Le débat annoncé sur ce site sur la transition après Sassou me semble essentiel. Alors préparons nos contributions dans ce sens.

  8. Nkodia dit :

    Kiki est loin de remplir les conditions requises pour occuper la fonction de président de la république.Comment peut on se positionner ainsi pour recommander un homme de moralité peu recommandable,un imposteur au poste de la présidence?

    kiki est un homme sans intégrité morale, sans scrupule comme son soit père;le dictateur, génocidaire Sassou Nguesso qui occupe illégalement le poste de la présidence et s’y maintient par la corruption, la force. Christel Denis Nguesso,est un grand voleur,criminel connu pour les détournement de fonds publics comme son génerateur.Il est devenu milliadaire en vendant illégalement du pétrole volé du Congo et en soutirant l’argent dans les caisses du Congo.

    kiki est reconnu devant l’opinion nationale, internationale & intercontinentale comme étant le plus grand VOLEUR du siècle.

    Il est reconnu pour sa volonté si prononcée pour le pillage des richesses du Congo et la corruption qui maintient le système,dictature infâme du Congo .

    A l’ instar de son père dictateur génocidaire concepteur du système mafieux qui étrnglele Congo, il est un imposteur et l’un des plus grand fosseyeurs de la république, qui ont mis l’economie du Congo à terre et conduit le peuple Congolais à la très grande pauvriété précarité,l’insécurité. « La mal gouvernance,la terreur,la violence, le crime,l’impunité sont leurs seules marques, règles de gouvernement. La Congo-Brazzaville regorge de charniers connus et non encore répertoriés à ce jour. »

    Oui.outre les crimes économiques massifs,ce Kiki n’est pas aussi innocent des crimes de sang, des massacres, génocides

    commis par Sassou Nguessou, dominé par sa folie criminelle et génocidaire de ces dernières années.

    Au Congo-Brazzaville, principalement depuis 1997, année du retour sanglant de Sassou-Nguesso au pouvoir, les cas, très graves, se suivent et se ressemblent.

     »Depuis le retour du président Sassou au pouvoir en 1997, il y a eu pas mal de crimes qui ont été commis et qui sont susceptibles d’être qualifiés de crimes contre l’humanité » au Congo.

    Sassou Nguesso et ses cobras, sa milices privée, ont occasionnées pendant son coup d’État en 1997 des milliers de morts, des exécutions extrajudiciaires qui en partie durent jusquà nos jours au Congo.En fesant appel à l’aide militaire de l’armée Angolaise, les supplétifs de la DST : l’armée de la garde présidentielle de Mobutu, les génocidaires Rwandais qui sont toujours cachés au nord du Congo Brazzaville, y compris l’armée Tchadienne, Sassou Nguesso a tué plus de 15.000 civiles notamment dans la région du Pool.

    Après les événements de 1997, il y a eu des massacres dans les quartiers sud de Brazzaville, dans le Pool et la Bouenza, le premier génocide des Laris Bacongos qui s’est soldé par les disparus du Beach.Il y a eu entre autres l’ affaire du 4 mars 2012, dite des « Explosions de Mpila » qualifiée de » rançon d’un pouvoir pillé et criminel au Congo », Mediapart, mars 2012), sans oublier l’affaire Ntsourou et l’attaque insencée à l’armes lourdes du domicile de ce dernier. Notant au passage,le pusch constitutionnel en 2015 et le pusch électoral en 2016 suivi par le second génocide des Laris . De 2016 à 2018,Le dictateur génocidaire,Sassou Nguesso a envoyé dansle Pool des troupes terrestres équipées d’armes lourdes,des hélicoptères de combat pilotés par les mercenaires ukrainiens,tuer les hommes, les femmes,les enfants et détruire les localités sans que la communauté internationale dominée par la France ne proteste contre ce génocide repété. Entre autres notons le massacre de treize jeunes gens (chiffre officiel) qui s’ajoute à la liste trop longue des crimes contre l’humanité, sans que les grandes démocraties usent de leur devoir d’ingérence.Les Congolais doivent se mobiliser sans attendre l’aide venue d’ailleurs. Seule la lutte libère. Il est temps de liberer le Congo de la dictature sanguinaire du terroriste Denis Sassou Nguesso. Le dictateur et sa clique d’assassins et de voleurs doivent répondre de tous leurs crimes économiques et de sang.
    Les congolais doivent gagner la maturité, la lucidité et s’opposer aux voleurs, assassins, menteurs, génocidaires qui font tant du mal au peuple du Congo et que nous imposent en grande partie la Françafrique. Pas de dialogue.Pas d’éléctions avec Sassou Nguesso et clique. Sassou partira avec tous ses enfants safamille et sa clique. Cela n’est plus qu’une question de temps.Les Congolais doivent sérieusement se préparer pour une transition politique et à fonder un état de droit.Vive la désobeissance civique jusquà la chutte de la dictature infâme.

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