Covid 19 : « En Afrique, il faut de véritables pôles d’excellence et de centres de recherche »

Patrice Serge Ganga-Zanzou

D’épidémie, l’infection au coronavirus est passée à pandémie, provoquant un climat anxiogène planétaire. Leçons et enseignements.

Rarement l’ensemble des continents de notre planète n’auront été confrontés à un tel combat. Il faut remonter à 1340 et 1352 pour trouver des traces de l’épidémie de peste noire qui fit 75 millions de victimes, à 1852 et 1860 pour retrouver l’épidémie la plus dévastatrice due au choléra, à 1918 et 1919 pour la grippe espagnole qui aurait tué jusqu’à 100 000 personnes et au milieu des années 1970 pour comptabiliser plus de 100 000 personnes atteintes de variole – affection aujourd’hui fort heureusement éradiquée. Découverte plus récemment, l’infection à VIH, connue depuis le début des années 80, est responsable de plus de 36 millions de morts.

Nul besoin de rappeler donc que cette nouvelle pandémie, l’infection au coronavirus, doit être prise très au sérieux, même s’il existe des disparités de fréquences de la maladie selon les continents et les pays. Cette infection virale fait l’objet de nombreuses interprétations et fantasmes quant à ses origines, sa contagiosité, son expansion, sa symptomatologie, sa gravité et les possibilités thérapeutiques. Il n’en demeure pas moins que cette situation inédite reste une équation à plusieurs inconnues… Même les modélisations statistiques et épidémiologiques ne permettent pas de prévoir avec certitude l’évolution de la pandémie et ses conséquences. Les épidémiologistes les plus pessimistes avancent des chiffres alarmants pouvant atteindre jusqu’à 500 000 victimes liés à cette infection.

Quoi qu’il en soit cette pandémie aura révélé plusieurs faits :

– L’économie mondiale repose en grande partie sur la Chine qui est souvent critiquée pour sa tendance expansionniste sur les différents continents sans tenir compte du respect des Droits de l’homme, de l’exercice démocratique et de la protection de l’environnement ;

– Notre planète est un grand village, n’en déplaisent à certains, au sein duquel les agents infectieux peuvent circuler librement à travers des frontières aériennes, maritimes et terrestres perméables, permettant ainsi à tous de partager les joies et les peines de l’être humain. C’est aussi cela, la mondialisation. Il parait donc illusoire, en dehors de cette période pandémique, de penser que le salut de chaque pays viendrait d’un repli sur soi et d’un cloisonnement de ses populations derrières ses frontières ;

– L’Afrique semble jusqu’à présent le continent le moins touché, les patients diagnostiqués étant essentiellement des cas d’importation. Les conditions climatiques locales seraient-elles défavorables à la survie du virus ? Les études expérimentales en cours nous apporteront probablement un jour des réponses. Notre continent déjà lourdement éprouvé lors d’épidémies antérieures – VIH-SIDA, Ebola, etc – pourrait cette fois-ci bénéficier de la clémence des cieux et on ne s’en plaindra pas ;

– Le point précédent implique que le malheur des pays dits développés ne provient certainement pas des populations migrantes à qui on attribue tous les maux et qui pour une fois ne peuvent être tenues pour responsables de cette situation préoccupante. En conséquence de cela, des mises en confinement ont été recommandées par différents pays pour les voyageurs en provenance de pays à risques, la France et l’Italie entre autres. Même si ces mesures ne sont pas toujours appliquées à la lettre, c’est l’arroseur arrosé ;

– Cette infection permet de recentrer les systèmes de santé des différents pays sur l’Humain et non sur les priorités économiques et financières.

Toutefois, cette infection virale d’expansion mondiale devrait nous permettre également de tirer des enseignements :

– Il importe de rappeler les notions d’hygiène élémentaire : lavages réguliers des mains à l’eau et au savon et utilisation de gels hydro-alcooliques avant et après tout acte à risque de contamination par des germes manu portés. Encore faudrait-il que l’eau courante soit accessible aux populations ;

– Il apparait indispensable de renforcer les infrastructures hospitalières et de construire dans nos pays, des structures sanitaires dignes de ce nom, localisées en priorité dans les zones où les bassins de vie des populations le justifient. On ne le dira jamais assez, ceci permettra d’en faire bénéficier au maximum de la population avec une qualité de soins équivalente pour tous et peut-être d’inciter les autorités locales à s’y faire soigner ;

– Il est indispensable de redonner toute leur place aux professionnels de santé qui représentent les principales ressources humaines et replacer l’être Humain au centre des priorités de nos systèmes de santé ;

– La rigueur de gestion économique des structures sanitaires est certes indispensable, mais ne doit cependant pas se faire au détriment de la qualité des soins et de la protection des populations. On doit ainsi éviter d’opposer en permanence les intérêts économiques et financiers à la valeur des êtres humains ;

– Il faut, enfin, souligner l’abnégation des professionnels de santé qui ne ménagent aucun effort pour faire face à cette situation et qui restent en première ligne pour combattre cette pandémie. Le Secrétaire Général des nations Unies et les autorités sanitaires des différents pays leur ont apporté leur soutien à juste titre, bien que tardif.

En Afrique, il parait aujourd’hui nécessaire de conjuguer nos efforts et de mutualiser les moyens humains et financiers, aussi bien sur les plans nationaux que régionaux pour créer de véritables pôles d’excellence et des centres de recherche de qualité incontestables, respectés dans le monde scientifique, orientés en priorité vers nos problématiques de santé publique.

Comprenons bien que notre salut ne viendra nullement de l’extérieur. Comparons, à cet effet, l’engouement important autour de la pandémie à coronavirus, par rapport au faible intérêt porté par nos partenaires occidentaux, lors de l’épidémie d’Ebola qui touchait exclusivement le continent africain, ainsi que vis-à-vis du paludisme qui sévit mortellement surtout sur notre continent. Nous osons espérer que les dirigeants de nos pays auront pris la mesure de cette situation et qu’ils sauront tirer des enseignements de cette tragédie humaine.

A nous donc de prendre conscience des enjeux économiques, financiers et humains qui doivent avant tout être recentrés sur l’être humain, son génie et sa capacité de se dépasser pour contribuer au perfectionnement de l’humanité…

Par Patrice Serge Ganga-Zandzou

Médecin des hôpitaux, Pédiatre, Praticien hospitalier au Centre Hospitalier de Roubaix et Coordonnateur de l’Association des Anciens de l’INSSSA et de l’AIMCF (médecins congolais de France), le docteur Patrice Serge Ganga-Zandzou milite pour un retour progressif vers l’Afrique des professionnels de Santé.

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11 réponses à Covid 19 : « En Afrique, il faut de véritables pôles d’excellence et de centres de recherche »

  1. INTÉRÊT GÉNÉRAL dit :

    COVID-19/CONGO-BRAZZAVILLE: CE QUI EST INTERDIT, CE QUI EST AUTORISÉ AVANT LA CHUTE DE SASSOU DENIS?
    Le Conseil scientifique et sanitaire de la République du Congo, en résistance contre le dictateur Denis Sassou, vous informe que, pour votre santé, il vaut mieux suivre les recommandations médicales et sanitaires de l’OMS et que du gouvernement des sorciers d’oyo incarné par l’ogre de l’alima Sassou Nguesso. Par ailleurs, le virulent coronavirus actuel a peut-être naturellement mal copié le message (ARN) sur celui des années 60 inoffensif. Cela veut dire que le covid-19 a peut être muté. A défaut, il a été peut être intentionnellement muté par l’homme – c’est à dire génétiquement modifié par l’intervention de l’homme. https://www.youtube.com/watch?v=_39oKKB5Hew

  2. Samba dia Moupata dit :

    Cher Docteur Ganga -Zandzou , certes notre salut viendra nullement de l’extérieur. Pour le cas du congo Brazzaville les déclarations de Thierry Moungala et Mikolo font froid dans le dos c’est l’impréparation totale , alors que gouverner c’est prévoir ! les structures sanitaires sont inexistante dans le reste du pays , sinon à Oyo . Sassou NGUESSO est fou .

  3. Val de Nantes . dit :

    On n’ improvise pas une politique de santé ,mais on la planifie ,selon les objectifs des politiques publiques dignes de ce nom .
    Diriger ,c’est intégrer toutes les composantes faisant appel aux facultés managériales de celui est censé en être le conducteur ou le dirigeant .
    Le pays n’est pas dirigé pour espérer des lendemains meilleurs dans un domaine aussi stratégique que crucial ,qui est celui de la santé .
    lorsqu’on établit la politique économique d’un pays ,quelles sont les grandeurs macro économiques qui en font partie ?
    On découvre le « néant sanitaire  » au détour d’un cataclysme sanitaire ,comme celui du « connard virus « .
    Que SASSOU SE SABORDE TOUT SEUL , et nous lègue les clefs du chantier .
    LE CONGO brazza a des ressources humaines à revendre ,à défaut de les avoir utilisées à bon escient .
    Bien que je doive comprendre la retenue malicieuse de SERGE à propos de ce pouvoir ,je perçois son désarroi à son égard ,sinon une distance nauséabonde,dont on scrute facilement la posture .

  4. Pambou Mkaya Mvoka dit :

    MERCI AU DOCTEUR Ganga-Zandzou CONTRE LES PROFESSEURS AGREGES DE MEDECINE AFRICAINS IMPOSTEURS ET INCAPABLES

    Le Docteur Ganga-Zandzou nous fait une révélation évidente: le COVID 19 doit permettre à l’Afrique de prendre conscience du désert médical et intellectuel sur le plan sanitaire qui caractérise les pays africains.
    L’Afrique manque de tout sur le plan hospitalier et la plupart de ses responsables politiques sont obligés d’aller se faire soigner en Europe. C’est regrettable et malheureux alors que des pays comme Singapour ou la Corée du Sud qui étaient au même niveau sanitaire de la plupart des pays colonisés et devenus indépendants ont largement dépassés l’Afrique et ses responsables politiques, qui restent dans le domaine de l’incapacité actionnelle et qui demeurent fondamentalement marqués par le bavardage permanent sous l’arbre à palabre. Il en est ainsi aussi de nos professeurs agrégés de médecine africains dont les travaux, les recherches et les résultats sont quasiment inexistants; des professeurs de médecine nommés par une commission fondée par la cooptation et parrainée par certains professeurs de médecine occidentaux.

    Il faut au contraire élever une statue pour l’éternité pour le Docteur Denis Mukwege de la RDC, gynécologue, Prix Nobel de la paix, Prix Sakharov et de l’ONU,dont la mission était de réparer les femmes détruites génitalement et sexuellement. Lui doit avoir le titre de professeur car il sait faire sur le terrain et non ces clampins de professeurs agrégés africains bidons, incapables de modéliser et de trouver les remèdes à leurs populations quand celles-ci sont victimes d’épidémies. le nègre reste nègre. Ce n’est pas de la victimisation mais une réalité. Heureusement que les nègres américains nous sauvent et hommage à la mathématicienne ingénieure de la Nasa, première femme noire à avoir guidé les calculs qui ont permis aujourd’hui à l’Amérique d’avoir envoyé la fusée sur la lune. Que la terre vous soit légère, professeure Katherine Johnson et que les nègres africains professeurs de médecine ou d’autre chose ne se contentent pas des lettres sans rien apporter à leurs pays d’origine.

  5. LA DESCENTE AUX ENFERS COMMENCE dit :

    HYPOTHÈSE LA PLUS DÉFAVORABLE: CORONA VIRUS, CATASTROPHE NATURELLE.
    SACHEZ QUE L’O.M.S. EST UNE ORGANISATION A LA SOLDE DES MAFIEUX QUI DONNENT LA MORT MATINS-MIDIS-SOIRS.
    ELLE EST INCAPABLE DE FAIRE LE LIEN ENTRE LA DÉMOCRATIE ET LA SANTÉ.
    ELLE JOUE LE RÔLE DE SAPEURS POMPIERS.
    MÊME AU NIVEAU DE CETTE ORGANISATION, IL FAUT ÊTRE DANS CE QUE LE CONGOLAIS DE POINTE-NOIRE APPELLE LE RÉSEAU, C’EST-A-DIRE LES SECTES INTERNATIONALES.
    NE VOUS LAISSEZ PAS DISTRAIRE. LE VIRUS CORONA DOIT ÊTRE UNE OCCASION POUR ACCÉLÉRER LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE.
    N’ALLEZ PAS TRAVAILLER POUR LA MERDE QUI VOUS OPPRIME.

  6. CD JUMEAU dit :

    Concernant ce Coronavirus dont les Occidentaux voudraient importer la trouille vers l’Afrique, du point de vue médical et à l’heure où nous parlons, on est de très loin plus en sécurité par exemple au Congo qu’en France ou encore en Italie. Si le gouvernement illégitime de Mouamba ngaji pouvait, pour une fois, se responsabiliser en prenant des mesures drastiques, le Congo sera capable d’avoir le contrôle sur cette sale épidémie. Si le Covid 19 venait à se rependre dans notre pays ça serait vraiment l’hécatombe, mes chers, puisqu’au Congo existe déjà un autre virus incontrôlable, plus dangereux et plus meurtrier à ce jour, le virus responsable de 300.000 morts. Il s’agit du virus sassou! A lui seul, ce dernier a déjà causé beaucoup plus de dégâts et de victimes dans le pays que le virus Ebola et le Covid 19 réunis. Et contrairement au virus sassou qui ne rate pas ses proies, qui tue sans pitié, le Coronavirus n’a encore fait aucune victime au Congo et plusieurs cas de guérisons sont même enregistrés dont 5000 en France, ce pays qui a su s’improviser en matière de politique de santé.

  7. Prof. Alexis Samba dit :

    « Cette infection permet de recentrer les systèmes de santé des différents pays sur l’Humain et non sur les priorités économiques et financières. »
    Cette affirmation dit l’essentiel.
    Le système politique et économique ultra-libéraliste est désormais un serpent qui, en se mordant la queue, va mourir de son propre venin. – le serpent étant lié à la santé depuis les civilisations anciennes (cf. livre des Nombre dans la Bible chapitre 21).
    Toutes les civilisations tombent en ruine lorsqu’elles commencent à mépriser l’être humain, sa vie et sa santé.
    La civilisation occidentale, que les africains sont forcés de suivre, est en pleine déconfiture, parce que, entre autres, elle a instauré le mercantilisme en matière de santé.
    J’ai travaillé pendant plus de 10 ans comme président d’un comité institutionnel d’éthique en recherche médicale, et je peux affirmer que depuis une trentaine d’années, le couple Virus/vaccin est devenu une affaire très lucrative.
    Pour le coronavirus, j’ai examiné le protocole de recherche de sa fabrication à l’institut pasteur de Paris avant qu’il ne soit breveté.
    Malgré l’opposition des comités d’éthiques, le brevet a été accordé. il est disponible sur le Net :
    brevet EP 1694829 B1
    https://patentimages.storage.googleapis.com/e0/4e/2e/09e238c87e2d20/EP1694829B1.pdf
    C’est dire que le coronavirus a été fabriqué et breveté en Europe par des chercheurs français depuis 2003.
    La question qu’il faut approfondir aujourd’hui est la suivant: pourquoi avoir lâché ce virus hors laboratoire, maintenant, et d’abord en Chine?

  8. Isidore AYA TONGA dit :

    CONGO-BRAZZAVILLE: LE CONSEIL SCIENTIFIQUE ET SANITAIRE NATIONAL EN EXIL…
    Pensé par Isidore AYA TONGA pour vous, patriotes résistants au dictateur ennemi du savoir et de la connaissance: Denis Sassou Nguesso. Voici les Sciences biologiques indispensables à la compréhension des interactions entre le coronavirus (covid-19) et notre organisme (notre santé): A savoir la microbiologie (micro-organismes, microscopes), la virologie (virus), la système et physiologie respiratoire (poumons), système et physiologie cardio-vasculaire (cœur, artères et veines), l’hématologie (sang), l’immunologie (anticorps), la biologie cellulaire et moléculaire (procaryotes, biochimie, analyse biologique), système et physiologie rénale (reins), les neurosciences ( système nerveux central, système neuro-végétatif), système et physiologie digestive (estomac, intestin, pancréas, foie). l’endocrinologie (les hormones), la génétique (prédispositions, facteurs épigénétiques), biotechnologies. Niveau requis (de bac + 2 à 12)…

  9. Congolais dit :

    Le covid-19-coronavirus n’est rien d’autre qu’une nouvelle trouvaille des laboratoires militaires occidentaux. Autrement dit, il s’agit d’une arme biologique de destruction massive, du même acabit que le très faucheur VIH-SIDA. Le but est de terroriser les populations africaines, afin de déstabiliser les Etats, notamment ceux avec qui la Chine s’est engagée dans un grand partenariat stratégique. L’Afrique pro BRICS sera une fois de plus ciblée, par les états unies et l’union européenne qui depuis la nuit des temps s’acharnent secrètement, par tous les moyens, à empêcher son émergence économique industrielle.

  10. LA DESCENTE AUX ENFERS COMMENCE dit :

    MERCI, PROF. ALEXIS SAMBA

  11. kikadidi leo dit :

    frangin je pense que tu devrais conseiller les autorites por ne pas attendre que la chine soit en rupture de stock pour acquerir du materiel de reanimation des testeurs de covid19 des testeurs de fievre des masques des gants de l alimentaire ect… pour tester tous les plus de 70 ans les malades le personnel en contact regulier avec les porteurs mettre en quarantaine tous les contamines tester aux frontieres virus et fievre mettre en quarantaine les cas suspect mobiliser notre armee pour securiser les quarantaines et gerer toute la logistique.

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