L’ARMÉE DANS LA VIE POLITIQUE AU CONGO-BRAZZAVILLE

Par Anicet Blaise Cyriaque KOUNOUGOUS

Ces pages de l’histoire de France et d’Afrique sont parfaitement relatées dans l’ouvrage d’Anicet Blaise Cyriaque Kounougous. Passionnant pour ceux qui s’intéressent aux relations franco-africaines, l’ouvrage revient sur plus de deux siècles d’histoire commune entre les deux pays : le Congo-Brazzaville et la France. Il propose un véritable éclairage du processus qui conduit l’armée congolaise à s’emparer du pouvoir. Le rôle des militaires dans la vie politique est en effet essentiel comme pour de nombreux États d’Afrique subsaharienne. L’armée congolaise influence l’histoire de l’ancienne capitale de l’Afrique Équatoriale Française (A.E.F.), territoire du Moyen-Congo, à travers notamment quatre périodes majeures : l’indépendance en 1960, les années du marxisme-léninisme (1970-1990), l’avènement du processus démocratique au début des années 1990 et actuellement l’éternel défi de la reconstruction et de la réconciliation nationales.

Hormis les premiers temps euphorisants de la souveraineté étatique (1960-1968) et la parenthèse démocratique (1992-1997), le Congo-Brazzaville vit sous influence martiale. La rivalité Nord/Sud doublée d’une opposition civil/militaire est au cœur d’une lutte sans merci pour le pouvoir. Cet ouvrage retrace cette histoire complexe souvent dramatique où la population congolaise reste la principale victime des intrigues politiciennes. Le lecteur est ainsi plongé dans les arcanes du pouvoir congolais tout autant que dans les méandres de la Françafrique.

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE : GENÈSE DE L’ARMÉE CONGOLAISE

L’Afrique équatoriale française

Chapitre I : Origine des forces armées congolaises

Drapeau et Armoiries du Congo Brazzaville

Chapitre II : Les attributions des forces armées congolaises

DEUXIÈME PARTIE : L’ARMÉE CONGOLAISE, FORCE POLITIQUE AU POUVOIR À PARTIR DE 1968

Chapitre III : La montée en puissance de l’armée congolaise

Chapitre IV : Le militarisme congolais

TROISIÈME PARTIE : L’ARMÉE CONGOLAISE ET LA NOUVELLE DONNE DÉMOCRATIQUE

Chapitre V : Les militaires congolais à l’épreuve de la démocratie

Processus démocratique en Afrique 1990-2000

Chapitre VI : La réaction des militaires congolais à l’ouverture démocratique

QUATRIÈME PARTIE : BILAN DE LA GESTION PRÉTORIENNE CONGOLAISE

Chapitre VII : L’exercice du pouvoir par les militaires congolais

Chapitre VIII : La démocratie congolaise par la force des armes

CONCLUSION

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1 réponse à L’ARMÉE DANS LA VIE POLITIQUE AU CONGO-BRAZZAVILLE

  1. Lucien Pambou dit :

    POURQUOI LES FORCES DE DEFENSE NATIONALE (ARMEE ET POLICE) CONSTITUENT-ELLES DES ENJEUX POUR L’AVENIR POLITIQUE DU CONGO ?

    Le livre de Anicet Blaise Cyriaque Kounougous mérite d’être lu. Je l’avoue, je ne l’ai pas encore fait, confinement oblige. En revanche les remarques que je vais faire ne concernent pas le livre mais le sommaire qui constitue un fil directeur intéressant ; de plus je vais vous livrer quelques remarques que j’avais tenues sur le plateau d’Africa 24 (ANR, émission Africa News Room) quand j’officiais en tant qu’éditorialiste politique en 2013. Au cours de cette émission concernant les armées africaines et donc forcément l’armée congolaise, même s’il y a des nuances, voici quelques éléments que j’ai exposés.

    Les armées africaines, et donc l’armée congolaise, sont des armées de type coloniale. La France a créé des supplétifs pour assurer la sécurité et l’ordre dans les territoires nouvellement indépendants. La différence entre forces de défense (armées) et forces de sécurité (polices et gendarmeries) était très mince. Très vite après les indépendances, la plupart des responsables militaires ont eu des rôles subalternes même si certains d’entre eux sont partis en France pour parfaire des carrières de sous-officiers. En revenant dans leurs propres pays, ces sous-officiers ont rapidement pris de l’épaisseur, à l’aune des joutes politiques dont ils étaient les spectateurs. Très vite, comme au Congo, ils ont compris qu’ils avaient là un rôle à jouer pour contester le pouvoir aux civils.

    Au Congo-Brazzaville, de 1960 à 1968, l’armée a un rôle très faible mais néanmoins ses responsables s’opposent au pouvoir politique. C’est ainsi qu’on peut expliquer l’opposition entre Ngouabi et Massemba-Debat. Entre 1960 et 1963 l’armée au Congo est manipulée par les syndicats et les hommes politiques, non pour prendre le pouvoir, mais pour accélérer la chute de Youlou. A partir des années 1968, jusqu’aux années 1980 et même un peu avant 1968, l’émergence d’une force de sécurité marxo-léniniste et animée par la JMNR va modifier la donne des forces de sécurité au Congo Brazzaville. L’armée est délaissée, voire sous-équipée, et la JMNR remplit plusieurs fonctions politiques (éducation des masses populaires) et sécuritaires. L’armée ne disparaît pas mais attend son heure. C’est le moment où les jeunes officiers, comme Sassou Nguesso, sous l’autorité de Marien Ngouabi, observent la situation et s’opposent sans le dire à la JMNR. La disparition d’un grand leader de la JMNR, à savoir Ange Diawara, remet en selle l’armée qui va faire l’objet de débats internes et de politisation extrême.

    Dans la période considérée comme démocratique, celle de la conférence nationale à nos jours, l’armée s’essaie à une nouvelle discipline : le respect du processus démocratique. Très vite, le changement politique à partir de 1997 modifie l’organisation de l’armée au Congo Brazzaville. On assiste à une stricte séparation entre l’armée en charge de la défense du territoire (on peut rappeler que le Congo n’agresse pas et n’est pas agressé donc, comme dans l’ensemble des différents pays, l’armée apparaît plus comme un élément de souveraineté) et la police. Dans cette valorisation de la défense du territoire, on voit émerger plus la police nationale et les services de renseignement en charge de la défense du territoire.

    En attendant de lire l’ouvrage de Anicet Blaise Cyriaque, on peut noter que l’existence des forces de sécurité au Congo (armée + police nationale – voire gendarmerie-) constitue des enjeux pour l’instauration du processus démocratique et pour la redéfinition de leurs rôles dans la vie politique congolaise. Voilà un sujet de réflexion et débat.

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