A LA MÉMOIRE DE MARC MAPINGOU. Par Jean-Edouard SATHOUD

Si par l’âge de mes artères je fais plutôt partie de la tranche la plus jeune de la génération de ton père, me rangeant ainsi ipso facto parmi tes oncles, tu es d’abord pour moi un frère d’armes dans la lutte que nous sommes nombreux, dans la communauté Congolaise de l’étranger, comme beaucoup de nos compatriotes au pays, à mener, en fonction de nos possibilités respectives, pour la restauration de la démocratie au Congo.

Si en effet le patronyme MAPINGOU ne m’était pas inconnu, ton père et mon frère Victor Justin SATHOUD ayant accompagné l’abbé FULBERT YOULOU, le premier président du Congo, lors de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale en 1960, je ne te connaissais pas personnellement. C’est en 1992, que, pour la première fois, j’ai entendu parler de ces « jeunes turcs » Marc MAPINGOU, Noël Magloire NDOBA et tant d’autres qui ont véritablement mouillé leur chemise lors de la campagne présidentielle qui s’est soldée par l’arrivée à la tête de notre pays de notre aîné à tous, Pascal LISSOUBA, dont la réputation pour l’aptitude à diriger notre république était bien établie et reconnue du Nord au Sud du Congo.

Ayant servi mon pays dans la même institution pendant toute ma vie active et tenu à une certaine réserve de par ma position au sein de cette institution, je ne pouvais participer à cette croisade que par les moyens à ma portée et qu’il n’est pas nécessaire de préciser ici, sinon qu’ils étaient politiquement et moralement tout à fait légaux.

Pour des motifs personnels et familiaux j’ai choisi de m’installer en France à l’issue de ma mission à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale, non sans en avoir informé les autorités de mon pays en mars 1998.

Mieux instruit des conditions et des circonstances de la faillite de la démocratie au Congo et en toute responsabilité, j’ai décidé de me joindre aux compatriotes installés en France et cherchant à s’organiser pour restaurer la démocratie dans notre pays par une alternance par la voie des urnes et sans effusion de sang.

C’est alors que j’ai eu l’occasion de faire véritablement la connaissance de certains de ces « jeunes turcs » dont l’action en 1992 avait conduit à la victoire de Pascal LISSOUBA à l’une des rares élections qui aient été organisées et se soient déroulées au Congo dans des conditions véritablement démocratiques, induisant ainsi une alternance au pouvoir suprême sans effusion de sang.

Parmi ces « jeunes turcs » devenus entre temps quinquagénaires, voire sexagénaires il y avait entre-autres Noël Magloire NDOBA et toi, Marc.

Durant ces années et notamment lorsqu’il est apparu que ceux qui ont mis un terme à l’expérience d’une alternance démocratique dans notre pays voulaient en fait confisquer le pouvoir à leur seul profit et au profit de leurs alliés d’ici et de là dans les différentes régions à l’intérieur du Congo et même en dehors, j’ai eu l’occasion de mieux te connaître et apprécier tes nombreuses qualités humaines, politiques, intellectuelles et morales sur lesquelles il n’est plus nécessaire de revenir en détail ici.

De toutes ces qualités je retiendrai surtout ton attachement à la démocratie pluraliste à laquelle pour ma part j’adhère sans réserve et dont je suis persuadé qu’elle est la seule voie par laquelle le Congo, notre pays, parviendra à son plein épanouissement dans tous les domaines : humain, politique, économique, social, civique, etc…

Cet attachement à cette forme de vie sociale constitue, à mes yeux le principal legs que tu laisses aux générations présentes et futures de notre pays. En ce sens je n’hésite pas à affirmer ici qu’il n’y a point de salut pour le Congo en dehors d’une démocratie pluraliste véritable, qui rompe avec les effusions de sang, pour bâtir vraiment une nation et mettre en œuvre le développement du pays.

Si pour les croyants c’est le Dieu qui t’a envoyé sur cette terre qui t’a rappelé à lui, je pense aussi que ce même Dieu – loin de moi la moindre idée de blasphémer – ce même Dieu dis-je ,doit avoir ses propres raisons que les pauvres humains que nous sommes  ignoreront toujours, pour laisser Satan et ses suppôts te ravir à l’affection des tiens et à l’attachement des Congolais, tous les Congolais épris de paix et d’amour pour leur pays, attachement à ta personne pour ta contribution à la libération de notre peuple.

Marc, si les circonstances matérielles et géopolitiques de ton départ de ce monde ont imposé que tu ne rejoignes le lieu où tu reposeras que par étape, je suis pour ma part persuadé que ton âme est allée directement auprès de celui qui a voulu que tu viennes sur cette terre. Mais, sache que, à chacune de ces étapes et jusqu’à la destination finale de ton corps, nos pensées t’accompagneront.

Repose en paix et jamais nous ne t’oublierons.

Jean-Edouard SATHOUD

Diffusé le 14 mai 2020, par www.congo-liberty.com

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