Quelle est l’appellation appropriée… vin de palme ou jus de palme ?

Mon très cher Mbulunkwé, mboté.

Nos amis communs Yakamambu, Mboungou, Itoua et Tati, ont profité des derniers moments de la saison sèche, pour aller en villégiature à Luingui, dans le district de Boko, au-delà de Loufoulakari. Sur le chemin du retour, ils se sont tout d’abord arrêtés à Kiadi pour s’approvisionner en eau potable. Il y a dans ce village une bonne source, bien entretenue par les habitants. L’eau qui en sort est limpide et rafraîchissante. Elle n’a rien à envier à l’eau Vittel que l’on nous vend à des prix exorbitants dans les supermarchés de Mfoa, la capitale. Beaucoup de gens, les week-ends, pénurie d’eau potable à Mfoa oblige, y vont prendre de l’eau dans des bidons jaunes, puisque les dame-jeanne ont disparu de la circulation. Un véritable défilé des véhicules 4×4. Une sorte d’exode urbain pour l’eau ! Comme quoi, l’eau c’est la vie, pour reprendre le slogan de la défunte S.N.D.E., la société de distribution d’eau.

Ils sont allés ensuite boire du ‘’nsamba’’ fraîchement récolté par le célèbre malavoutier, Ma Nioka. Dans le mbongui, il y avait cinq personnes qui sirotaient ce bon vin. Ils parlaient de tout et de rien. Tout à coup, ils se sont mis à discuter du nom de ‘’vin de palme’’. Quelle idée ! D’aucuns pensaient que le nom de vin de palme était inapproprié, pour la simple raison que le palmier n’était pas de la famille des vignes, ces arbrisseaux sarmenteux cultivés pour son fruit, le raisin, consommé tel ou dont on tire le vin. Pour cette raison, il fallait l’appeler ‘’jus de palmier’’. Car ce jus n’est que de la sève du palmier. D’autres pensaient qu’il fallait maintenir son appellation d’origine, celle de ‘’vin de palme ’’ à partir du moment où il fermentait et devenait ipso facto une boisson alcoolisée.

Yakamambu qui, d’habitude aime ce genre de discussions, n’a rien dit ; il est resté aussi muet qu’une carpe de la Dzoumouna. Il pencherait, lui, pour la nouvelle appellation ‘’jus de palmier’’. Il te demande de nous dire ce que tu penses de ce dilemme auquel nous nous trouvons confrontés. C’est comme si l’on discutait du sexe des anges.  En tout cas, ton éclairage nous obligerait. Tu as du pain sur la planche.

Au revoir et à bientôt.

Diag-Lemba.

Diffusé le 19 novembre 2020, par www.congo-liberty.com

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16 réponses à Quelle est l’appellation appropriée… vin de palme ou jus de palme ?

  1. Isidore AYA TONGA 100% Intérêt général dit :

    A la fois jus de palme et vin de palme – affirmation, car j’en été un des experts au village près de Makoua…

  2. Anonyme dit :

    de la sève tout simplement !

    ni nectar, ni vin, ni jus à mon avis

  3. Isidore AYA TONGA 100% Intérêt général dit :

    @ Anonyme
    grosse validation  » de la sève tout simplement ! ni nectar, ni vin, ni jus à mon avis » au point de vue biologique, oui !!!

    Mais on entend que fruit de consommation courante – la sève de palme est à la fois « jus de palme ( contient des sucres ) » et après fermentation, il devient vin de palme ( l’alcool éthylique)…

  4. Val de Nantes dit :

    Il faut industrialiser ce vin de palme à l’instar du vin de Bordeaux .. L’intelligence congolaise de Demain aura à cœur de travailler sur ces richesses congolaises localisabLes sur tout le territoire ..
    Sortir cette boisson de l’état sauvage pour tenter de l’industrialiser . La condition de ce processus dépend de la certification des laboratoires démontrant les vertus nutritives de cette boisson .

  5. Baliele M. BAKIMA dit :

    Val de Nantes, le vin de Palm ou jus de Palm est déjà industrialisé au Ghana. À Washington où je réside je me procure les week-ends. C’est le Congo qui est en retard, les autres pays africains eux avancent.

  6. JB dit :

    Les deux appellations me semblent valables. Lorsque le ntsamba vient d’être récolté, il est sucré et de couleur blanche, c’est du jus. Cependant, au fil des heures, la sève se fermente de façon naturelle et devient du vin: c’est du vin de palme.

  7. Isidore AYA TONGA 100% Intérêt général dit :

    rectification au lieu de « …que fruit de consommation courante » mais plutôt  » que produit de consommation courante  »

    @ JB
    Grosse validation  » Les deux appellations me semblent valables. Lorsque le ntsamba vient d’être récolté, il est sucré et de couleur blanche, c’est du jus. Cependant, au fil des heures, la sève se fermente de façon naturelle et devient du vin: c’est du vin de palme. »

    @JB

    Vous êtes d’accord avec moi qu’il faut toujours fixer des limites à la fermeture en fonction du temps à ne pas dépassé ( pas plus d’une semaine à peu près). Sinon, le vin de palme devient du vinaigre… pas bon à consommer…. Quoique !!!

    Pour info, j’assistais souvent ma grand mère à la fabrication de vin de maïs ( vol d’alcool ( de 7°c à 30°c) supérieur à celui du vin de palm (de 3°c à 10°c) par litre de vin. Dans les deux cas, le dosage individuel avec de l’eau est nécessaire en fonction de sa santé…

    Au final, pour le vin de palm, c’est fut mes grands pères paternels et maternels, mon père et moi qui s’en occupaient. C’est le travail d’homme.

    Par contre, le vin de Maïs à Makoua, c’est le travail de femmes.

  8. Isidore AYA TONGA 100% Intérêt général dit :

    rectification  » toujours fixer des limites à la fermentation « 

  9. Val de Nantes dit :

    @Baliele .
    Sassou et cie ont des yeux rivés sur l’or noir ,c’est la déformation institutionnelle
    de ce régime présidentiel où la raison est réduite aux aguets . La paresse induite ,par la satisfaction marginale des recettes pétrolières , occulte les potentialités agro industrielles que détient le Congo .
    Les étals français montrent l’absence criarde des produits congolais dans les grands français et allemands ,à croire qu’il n’existe aucune diplomatie économique dans les relations bilatérales entre le Congo et ses partenaires ….
    Ce sont là des pistes de réflexion sur lesquelles nous devons travailler ,après le départ de Sassou du pouvoir …
    Le pouvoir de Sassou est une page blanche pour le Congo ,tant son invisibilité économique est un signe de médiocrité de la gouvernance erratique de Sassou .
    Il y a l’époque factuelle et celle de Sassou inadaptée aux exigences économiques du moment .

  10. Gero dit :

    En effet tout ce qui est vin,renvoie à la vigne. En revanche tout ce qui est alcoolisé porte un nom autre.
    C’est ainsi que la pomme le jus de pomme. Une fois la pomme fermentée et le process de fabrication suivi on obtient une boisson alcoolisée :le cidre.
    De même la mirabelle donne la gnôle ou eau de vie.etc.
    Notre boisson ici a un nom :ntsamba. Point n’est besoin de le franciser. Il y aura des variantes d’appellation selon les contrées. « Vin de palme « est une aberration.

  11. JB dit :

    Si nous nous référons aux définitions de nos maîtres occidentaux, le ntsamba fut-il alcoolisé, ne peut être qualifié de vin. En effet, cette dénomination qui remonte à la loi Grippe du 14 août 1889 est réservée au  » produit exclusif de la fermentation du raisin frais ou du jus de raisin frais ». Il en va de même pour l’office international de la vigne et du vin (OIV) crée en 1924 qui dispose :  » Le vin est exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais foulé ou non ou du moût de raisin. »
    Mais sommes-nous obligés de souscrire à cette définition, de faire nôtre cette définition du colonisateur (loi Griffe) qui fut établie, rappelons le, dans une période de fraude généralisée où le vin manquait et où des boissons frelatées inondaient le marché?
    Lorsque le ntsamba vient d’être récolté, il est sucré : c’est du jus. Mais lorsque la sève de palme se fermente, nos anciens l’appellent malafu ya ntsamba. Le vin de palme, n’en déplaise à certains esprits, est donc une boisson alcoolisée obtenue par fermentation non pas du raisin mais de la sève de palmier (cf Wikipédia).

  12. Gabio dit :

    Tout ce qui est alcool ou produit de la fermentation alcoolique ne se nomme pas VIN obligatoirement. VIN est l’appellation exclusive des alchools obtenus a partir des fruits des VINgnes, les raisins.

    Les alchool obtenus a partir du mais ou pomme de terre ne portent pas le nom de vin, et il n’y a aucune raison que l’alcool forme a partir de la seve du palmier soit qualifie de vin. Il faut trouver un nom propre a lui, et les africains doivent commencer a etre capables d’inventer les noms pour designer leurs produits. Ce n’est pas un jus et encore moins un vin

  13. JB dit :

    En kikongo on dit: malafu ya ntsamba. De plus, il faut savoir dans quel contexte cette définition restrictive du vin a été établie (cf la loi Griffe du 14 août 1889).

  14. Gabio dit :

    En kiteke, on dit NTSAMA. Comme on peut le constater, ca tourne autour de ntsamba, ntsama, cham… Pourquoi ne pas definir un nom autour de ca? Pourquoi tjrs copier ou imiter le francais? Dur dur d’etre colonise et de souffrir eternellement du syndrome de stockholm.

  15. Jean OKOMBA dit :

    Pour ma part, le syntagme  » vin de palme » ou « jus de palme » n’a aucun sens. D’autant plus que les palmes ne produisent pas ce vin ou ce jus mais plutôt le palmier. Dans ce cas on pòurrait bien dire à ce propos  » vin du palmier » tout court. Mème pas jus du palmier étant donné qu’il s’agit d’une boisson fortement alchoolisée. On peut toutefois poursuivre la discussion.

  16. Tondo wa Tondo dit :

    Il faut que nous enlevions de notre esprit cette sacralisation du vin. Elle provient de notre culture judéo-chrétienne, qui n’est, d’ailleurs même pas la nôtre.
    Comprenons que le vin est avant tout un breuvage de paysans, donc de gens simples. Même si, les vins français sont travestis de chimie et surfaits, pour plaire aux « fins » palais des grandes villes, loins du pays, loin du terroir.
    Nous concernant, il existe l’approiation du langage. Ainsi le mot vin, dans notre idiosincrasie, est synonyme de mariage ou de dot. Dans la phrase suivante malafu traduira vin : Kwiza pesa malafu samu na mwana.
    Il y aussi que le titre « Jazz et vin de palme », d’Emmanuel Dongala, raisonne déjà très bien dans l’imagitnaire kongolais. C’est après tout un grand écrivain, et sa sémantique rassure.
    Car il est de notre droit, même d’un point de vue intellectuel, d’acommoder la langue de l’envahisseur à notre aise, comme le font si bien nos frères et sœurs de la Côte d’Ivoire. Après tout, ces langues étrangères seront encore longtemps vivantes, grâce à nous.

    Avouez aussi que, dénommer vin, la sève fermentée du palmier, n’est pas plus abusif que faire subir un processus de vinification à tous les fruits qui existe sur la planète et en appeler le résultat « vin », et le vendant comme tel à travers les mêmes canaux de distribution du « fruit de la vigne authentique ».
    Après tout: Malafu, malafu. Et, je ne souhaite pas prétendre boire du jus fusse t-il de palme, lorsque je bois du vin.

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