Le Fédéralisme au secours du Congo-Brazzaville et de l’Afrique. Par David Londi

L’ETAT colonial, néocolonial puis postcolonial, n’a ni protégé ni libéré les Africains, mais les a au contraire exploités par l’exacerbation des nationalismes périmés et des manipulations tribalistes servant à masquer les clivages entre masses et cliques dirigeantes. Il a fait ériger des murs invisibles à l’intérieur des pays contre lesquels se fracassent tous les espoirs d’instauration de la démocratie sur ce continent. Après l’indépendance, la négation même de leur être profond a incité les peuples à se jeter, au nom de l’Etat-Nation à construire, entre les mains de despotes qui incarnèrent le contraire de l’idée démocratique qu’ils étaient supposés importer d’Occident. Car les ferments nationalistes exercèrent une action constamment ambiguë, d’abord instruments de combat social, mais bientôt arme politique aux mains du pouvoir en place, pour rejeter toute forme d’opposition au nom d’une « purification » xénophobe.

Pour toutes ces raisons, l’Afrique subsaharienne postcoloniale représente un désastre politique, économique et social. Depuis 60 ans, des coups d’État, changements de constitution, assassinats, guerres tribales animées par des milices aux noms exotiques, pour le cas du Congo, par lâcheté d’assumer les vraies motivations tribales (ninjas, cobras, cocoyes, etc.), luttes de pouvoir, manipulations des résultats électoraux se sont succédés d’une façon effroyable laissant un continent exsangue, pourtant au cœur des stratégies prédatrices des puissances mondiales. Certains spécialistes affirment même que la fin du 21e siècle sera africaine.

Ce constat appelle à l’exploration lucide d’autres voies de gouvernance politique. Les Etats-Nation ont échoué par manque de maturité politique et économique après avoir importé des idéologies et concepts qui ne cadraient pas avec les réalités socio-économiques des pays. Pour ma part, la solution potentielle est le fédéralisme et la démocratie. La démocratie est exigeante. Or, dans la grande majorité des pays africains, l’exercice de la démocratie se limite pour l’essentiel à l’organisation des élections. Et encore, pour parler trivialement, celles-ci semblent se limiter à la possibilité pour les citoyens de mettre des papiers dans une boîte, et pour le pouvoir en place  de trouver la meilleure manière de remplir la boîte d’avance. En Afrique, cette crypto-démocratie a permis de mettre en place des oligarchies, voire des ploutocraties, qui monopolisent le pouvoir. Dans la plupart des pays africains hypercentralisés, la démocratie reste encore une promesse dont la concrétisation s’éloigne avec des partis politiques ethnocentrés dont la victoire électorale est assurée en fonction du poids  démographique qu’ils représentent. Les plus faibles, démographiquement, arrivent et se maintiennent au pouvoir par une violence permanente. Dans ce cadre l’élection du Président au suffrage universel ne pourra jamais garantir la vraie démocratie et la paix.

En effet, une « véritable » démocratie va bien au-delà de la simple pratique des élections. Elle suppose l’existence d’un véritable Etat, d’une Nation et d’un peuple uni avec des partis à couverture nationale et multiethnique. La démocratie, dans sa définition occidentale, n’a rien de culturellement spontané ni universel. Elle est une construction qui s’inscrit dans l’Histoire de ces pays et une volonté. L’aspect formel, pour ne pas dire rituel, des élections peut précisément inciter à leur détournement par toutes sortes de procédés servant à les truquer ou à en déformer les résultats, sans que cela paraisse important du moment qu’elles se sont tenues. Or, la démocratie au sens étymologique de « pouvoir du peuple » signifie précisément que le pouvoir n’appartient qu’au peuple. C’est temporairement qu’il est confié aux représentants du peuple, à charge pour ceux-ci de l’exercer pour le bien-être du peuple sans volonté de le détourner. De la sorte, la démocratie représente beaucoup plus qu’un simple exercice technique consistant à mettre sur pied un scrutin. Il s’agit surtout d’en respecter scrupuleusement les résultats, de veiller à l’alternance du pouvoir, qui ne saurait être confisqué par un parti, une personne ou une faction. Il convient que le pouvoir circule.

Un autre élément important est le respect de l’état de droit. Le déroulement sans faille des élections et le respect de la volonté du peuple impose un respect sourcilleux des règles qui sont mises au fonctionnement de l’État. Le respect de l’État de droit implique également celui des droits humains, économiques, sociaux et culturels. De telles exigences se situent bien entendu aux antipodes de l’aspiration des dictateurs à tout contrôler.

On est très loin de tout cela en Afrique : demandes sociales non satisfaites, crimes économiques, intimidations, menaces, assassinats, exil, etc. C’est le règne de l’exclusivité, mais pas du compromis. En fin de compte, les moyens soi-disant consacrés à la démocratie servent plutôt à l’embourgeoisement de la classe au pouvoir par des stratégies basées notamment sur la fraude et l’achat des consciences, exercice d’autant plus facile que les masses populaires sont affamées et violentées. Alors qu’en Occident, l’organisation des élections repose sur de nombreux bénévoles et des procédures bien huilées, en Afrique elles représentent un défi logistique presque insurmontable et de nombreuses occasions de corruption. Finalement, la démocratie hypercentralisée à l’africaine se traduit par des crises de leadership, d’instrumentalisation du tribalisme, le vol des urnes, la dilapidation des fonds ou le bourgeonnement des partis politiques qui sont le principal moyen d’accéder à la richesse nationale. Sans oublier les rancunes à vie par refus de partager le « butin » qui se soldent souvent par des milliers de victimes comme cela se passe dans notre pays.

Dans ce contexte, il est clair que le fédéralisme pourrait être la solution par le nombre de règles de droit afférentes au fonctionnement de l’État fédéral et l’étape pour la construction d’une Nation. La démocratie dans une fédération est en quelque sorte doublée, puisque le respect de l’État de droit, de l’alternance, des droits humains etc. s’impose au niveau fédéral et à celui des États membres par le jeu de la subsidiarité : les décisions sont prises au plus près du Citoyen. Ce concept permet de gérer les relations entre l’État fédéral et ses États membres de manière à laisser à ces derniers une marge de manœuvre suffisante, notion qui se situe au cœur même du fédéralisme. Le fédéralisme exige un subtil exercice de l’art du compromis pour satisfaire les multiples composantes de la fédération. En contrepartie, il rend plus facile l’exercice de la démocratie, puisque la décentralisation du pouvoir permet d’organiser plus facilement les élections, voire les scrutins de démocratie directe et l’équité économique et sociale par les fonctions d’allocation et de redistribution. L’existence de deux constitutions (fédérale et régionale) permet aussi de tenir compte des spécificités régionales  par une répartition de responsabilités et de niveaux de décision entre l’Etat fédéral et les Etats membres.

Le fédéralisme, dans la conception exigeante de la démocratie qu’il véhicule, du fait qu’il éloigne le pouvoir d’élites installées dans leur tour d’ivoire pour le rapprocher des populations, est un régime idéal pour créer de nouveaux États démocratiques. Ces élites se gargarisent, par opportunisme politique ou paresse intellectuelle, avec des mots dont elles ne mesurent pas la portée symbolique. Elles parlent de « peuple » et de la « Nation » alors que ces concepts ne sont restés qu’à l’état de promesses non tenues depuis 60 ans. Elles ne sont même pas arrivées à créer des « Etats ». Or, nous savons tous que le cheminement vers la démocratie passe par la matérialisation progressive de ces concepts.

La voie fédérale fait que les différences entre régions y sont reconnues explicitement par des institutions appropriées, chaque composante gardant ainsi son identité et ses caractéristiques. Ensuite, par le fait que deux modes alternatifs et complémentaires de coopération entre régions y co-existent et peuvent s’y développer aussi bien l’un que l’autre, à savoir : la coopération « intégrée », d’une part, la coopération « volontaire », d’autre part.

La coopération intégrée est celle en vertu de laquelle est confié au niveau fédéral ce que les parties acceptent de voir décidé par celui-ci de manière centralisée (la monnaie, l’armée, par exemple) et donc par vote majoritaire. Elle se pratique donc dans toutes les matières qui sont désignées comme étant de la compétence fédérale.

La coopération volontaire, au contraire, est celle qui, dans les matières dévolues aux entités fédérées mais pouvant donner lieu à interactions, organise entre celles-ci des accords librement consentis par elles, et donc fondés sur l’unanimité des partenaires. Ici, et contrairement au cas de ce qui relève de la coopération intégrée, lorsqu’un gain à obtenir ne peut être identifié pour chacun, il reste possible pour chaque composante de s’en remettre – du fait même de la dévolution de la compétence au niveau des entités fédérées – à une action indépendante, non coopérative, qui ne met pas en danger pour autant la fédération.

Le lien existe entre fédéralisme et démocratie. Mais existe-t-il également entre fédéralisme et développement ou bien-être de la population ? De manière purement empirique, il faut bien avouer que, pour ces pays d’Afrique subsaharienne, il existe une corrélation troublante entre l’antithèse du fédéralisme (hypercentralisation, parti unique, despotes éternellement au pouvoir, manque d’alternative, leaders pas forcément charismatiques mais indélogeables etc.) et des indices de développement extrêmement peu favorables.

En effet, ce lien repose sur deux pieds : le fédéralisme institutionnel et le fédéralisme économique qui structure le rôle économique de l’État fédéral en trois fonctions : la fonction allocative, la fonction redistributive et la fonction macroéconomique et monétaire, dite aussi de stabilisation. Ceci offre un cadre approprié pour évaluer les mérites du fédéralisme.

L’exercice de la fonction allocative suggère l’adéquation des décisions publiques aux préférences des citoyens. Le critère est ici l’efficacité qui conduit, en reconnaissant l’hétérogénéité  géographique et culturelle, à concevoir des institutions différentes pour rencontrer cette hétérogénéité. Selon la même logique, en se tournant du côté des activités productives, la constatation de phénomènes d’économies d’échelle conduit à concevoir une adaptation de l’organisation de la production qui exploite le mieux possible les gains que ces phénomènes permettent. Il en va de même des activités donnant lieu à la fourniture de biens et services collectifs  selon qu’ils sont de portée locale ou globale, selon que les biens collectifs à fournir sont locaux ou globaux, tant l’efficacité dans l’allocation des ressources à y consacrer que la cohérence des décisions par rapport à leur coût suggèrent la mise sur pied d’instances de décision proches de ces réalités.

Pour l’exercice de la fonction redistributive, il faut considérer, a priori, d’une part, que l’égalité de traitement reste d’application à l’intérieur de chaque entité. D’autre part, une forme différente de solidarité reste possible entre les entités elles-mêmes : concrètement, par le moyen de transferts publics effectués non pas des individus vers les individus via un organisme central national, mais bien entre les institutions incarnant les régions. La forme de solidarité s’exprimant par de tels transferts entre institutions me paraît être très caractéristique d’une structure fédérale, dont le propre est, d’une part, de reconnaître dans des institutions appropriées les différences entre communautés, et de fournir, d’autre part, des instruments de coopération volontaire, animée par la fédération, entre ces institutions.

Reste la fonction monétaire. Elle pose la question de savoir si l’union monétaire est une condition nécessaire à l’instauration du fédéralisme. Quatre types d’arguments militent en faveur d’une monnaie unique : la charge des coûts de transaction qu’entraîne la diversité des monnaies; la désirabilité de la stabilité des prix et des taux de change; l’absence de crédibilité de stratégies monétaires purement nationales quant à ces deux formes de stabilité; et enfin une inefficacité intrinsèque de ces stratégies dans un monde interdépendant.

Soixante ans après, très peu de pays ont essayé le fédéralisme.  Pourtant ce mode d’organisation, qui trouve ses origines dans le monde antique a maintes fois apporté les preuves de son éclatante efficacité et de son inusable modernité. Parmi quantité d’avantages, le fédéralisme oblige les responsables publics à rendre des comptes à leur population, suscite la participation des citoyens et favorise la responsabilité civique en permettant aux collectivités territoriales de concevoir et gérer le cadre de la vie locale. Alors pourquoi nos hommes politiques restent-ils si désespérément cramponnés à de vieilles lunes idéologiques ? 

David LONDI

Diffusé le 05 janvier 2021, par www.congo-liberty.com

MANIFESTE POUR LE FÉDÉRALISME AU CONGO-BRAZZAVILLE : PROJET D’UNE CONSTITUTION FÉDÉRALE. Par David LONDI

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19 réponses à Le Fédéralisme au secours du Congo-Brazzaville et de l’Afrique. Par David Londi

  1. Val de Nantes dit :

    Oui ,/mon cher @ David londi , le crime du fédéralisme ,s’il en a un qu’il porte en lui. c’est l’impossibilité d’enrichissement massif des élites politiques et autres suceurs politiques …
    Son modèle économique est économiquement expansif car il maille l’ensemble des régions du pays et en y créant des véritables sources des richesses locales ,ce dont le Congo a été privé depuis son accession à son indépendance …
    L’obsession présidentielle a phagocyté l’élan économique de notre pays ,d’où cette évaluation maccabre d’un bilan économique qui frôle le niveau zéro avec les conséquences sociales y sont associées …
    Faut – il préciser qu’il s’agit de la gouvernance économique ,politique et sociale décentralisée à l’extrême .

  2. David Londi dit :

    Oui, cher Val de Nantes, nous voyons les impacts de l’hypercentralisation sur la prise en charge de la vaccination contre la COVID-19 en France, pays champion du jacobinisme. Les pays fédéralistes sont plus agiles et plus efficaces dans la prise de décisions et le traitement de cette pandémie. Il décider au plus près du Citoyen. L’hétérogéinité des territoires nous impose d’adapter les politiques de développement à cette réalité.
    Les pays africains ne sont pas obligés de suivre ce modèle à bout de souffle. Il est légitime, après 60 ans d’échec, de faire le bilan du système qui nous a plongés dans le marasme actuel.

  3. guymos dit :

    Fédéralisme!! ce mot me fait peur pour l’afrique et particulièrement pour congo. Il faut savoir que l’Europe a atteind ce niveau à partir d’un certain degré de maturité collective.
    Je pense qu’il faut éviter de mettre en pratique la fable de « La cigale et la fourmie »; Certain vont travailler et d’autres entrain de tourner les pouces. Autrement dit il faut d’abord l’esprit de compétitivité et ensuite nous allons rassembler les forces pour en faire un atout collectif. moi, je ne vois pas une autre solution pour que les pays africains se développent, ne craignant rien, il faut tirer un trait pertes et profits donc ne pas prendre le train en marche mais recommencer à zéro et, je sais que c’est difficile.
    à prendre ou à laisser voilà ma mdeste contribution

  4. Val de Nantes dit :

    Par souci de pédagogie imprégnée de patriotisme exacerbé au regard du nihilsme politique imposé par cette succession inutile des présidences au Congo ,je me vois dans l’obligation d’assurer des travaux pratiques inhérents au fédéralisme …
    Je dirai donc à mes compatriotes de sortir de la caverne présidentielle ,lieu d’zssiuvissement des désirs dionysiaques de ces affreux politiques congolais ,pour aller voir les lumières du fédéralisme ,comme système politique ayant pour but l’enrichissement autonome de nos régions fédérées ….
    Chers compatriotes ,
    Avons – nous réellement une économie nationale dans le modèle économique actuel ?
    J’ai l’avantage et le regret de vous informer que notre pays vit d’une économie régionale réduite à une seule région et ce ,depuis notre indépendance …
    Tout ceci nous ramène à une réflexion approfondie sur l’ineptie criminelle de croire en une divinité active qui ferait des merveilles au sommet du Congo . Une divinité dont on sait que c’est un prolongement de bail de misère à l’endroit du peuple …
    La richesse du Congo n’est pas logée dans la fonction présidentielle. mais dans les territoires économiquement inexploités de notre pays …..
    Donnez moi la valeur économique de la région du pool et je vous dirai qui vous êtes ….?
    Pourquoi ? parce qu’une région doit produire et participer à la contribution au PiB national …
    Quel est son %. ?
    Conclusion , économiquement la région du pool n’existe pas ….
    Une honte régionale pour les habitants de cette contrée et dire qu’elle recèle des grands cadres de ce pays ,qu’elle ironie !!!….
    Voilà la réalité réelle d’une myopie régionale partagée ….Et si vous saviez ce qu’en pensent les nvilis !!…
    C’est Erasme ,au travers de son slogan satirique , qui disait : »éloge de la folie « .En fait , il voulait dire : » l’ignorance naïve « .

  5. Val de Nantes dit :

    LIRE ;lieu d’assouvissement .

  6. David Londi dit :

    @Guymos,
    il ne faut pas avoir peur du fédéralisme parce que ce mode de gouvernance a des armes constitutionnelles qui constituent autant de digues contre toute dérive. Je suis profondément persuadé que les populations se retrouveront spontanément dans le fédéralisme parce que, par le jeu de la subsidiarité et de la péréquation, les décisions seront prises prises au plus près des préoccupations des populations et elles donneront leur point de vue dans la gouvernance de leur région par des dirigeants qu’elles pourront répudier si ceux-ci ne s’inscrivent pas dans leurs attentes. Même s’il reste beaucoup de problèmes à résoudre, l’exemple de l’Ethiopie doit pousser tout le monde à se pencher sur les vertus du fédéralisme et que dire du Nigéria ? Aurait-elle gardé toute son intégrité territoriale si les lois fédérales n’avaient pas endigué les vélléités séparatistes des uns et des autres ? Tout n’est pas parfait dans ces pays mais la démocratie avance et l’économie emboîte le pas.

  7. Val de Nantes dit :

    Tiens , tiens ,comme dirait l’autre ,Parfait KOLELAS ,dans sa besace politique ,voudrait réduire les 12 départements du pays à quatre grandes provinces dotées des statuts juridiques , politiques et économiques ..
    Voilà un aveu d’attrait pour un fédéralisme non assumé . Nous l’y invitons ,mais à condition de ne nourrir aucune ambition présidentielle active .
    Mon cher @DAVID londi , la voie vers le PANTHEON congolais semble tracé en faveur des fédéralistes diasporiques ,à supposer toutefois qu’il en existe un .. Le mausolée de DE BRAZZA ,peut être .
    Notre salive infuse a accouché d’un océan de certitudes tirées des données de l’expérience de l’efficacité du régime fédéral ….
    C’est le début du réveil des vieilles lunes inanimées et le mouvement d’émigration vers le fédéralisme ne fait que commencer …
    Si vous ne cassez pas le mur d’ignorance qui se trouve en face de vous mon cher @guymos ,vous ne saurez jamais la réalité du monde dans lequel vous vivez .
    Le CONGO a longtemps expérimenté une forme d’Etat qui renvoie le peuple à l’au – delà pour espérer le bonheur dont ils sont privés dans l’ici – bas …
    En conclusion ,et que DIEU m’en pardonne ,le présidentialisme au CONGO est un christianisme …
    Que KOLELAS télécharge la bible du fédéralisme jointe à cet article et nous lui en saurons patriotiquement gré …
    Platon , lui aurait dit : »connaitre ,c’est reconnaitre ,c’est à dire le ressouvenir » .
    Une fois de plus , le fédéralisme , c’est la révolte économique des régions réduites à des casseroles tribalo – politiques …
    Quel est le pourcentage du PIB de la région des plateaux dans le cadre de sa contribution au PIB national ?
    Ce sont là des réalités factuelles et dérangeantes qui ridiculisent les tenants de la ligne du statu quo présidentiel en mode actif …
    Pourquoi vouloir surcharger une vache ,quand on sait que son lait dépend de la qualité de l’alimentation dont elle est nourrie ..?..
    Pourquoi vouloir mettre au sommet du pays ,un divin dont la présence n’a rien à voir avec la prospérité d’un pays ?
    Il est temps de faire le deuil de ce merdier pour commencer à s’occuper réellement de la question économique au CONGO …

  8. guymos dit :

    A l’état actuelle des choses, je veux qu’on m’explique comment avec la Démocratie le congo peut acquerir un esprit démocrate?
    Ce n’est pas un problème de supériorité d’une région quelconque plutôt que d’un reformatage du Congolais et comment alors!!!!!!!!!!!

  9. David Londi dit :

    @Guymos,
    l’installation de la démocratie est un processus parce que jusque là ce pays, en 60 ans, n’a connu que 8 ans de démocratie. Le fédéralisme permet de poser les bases de construction d’une nation et d’un peuple uni pour la restauration de la démocratie. Il n’y a pas de génération spontanée. Tout se construit dans le temps en posant les bases qui tiennent compte des réalités et spécificités socio-économiques de notre pays. Seul le fédéralisme sait tenir compte de cette dimension: s’unir dans la diversité pour le bien de tous.

  10. Le dernier Kongo bantou dit :

    Bonjour !
    Les 5 préalables pour un Congo Brazzaville Etat fédéral sont:
    1- mettre fin à la proclamation de la République de novembre 1958
    2- mettre fin au régime présidentiel sous toutes les formes,ainsi que son élection au suffrage universel direct
    3- suspendre à près de 80% les activités militaires,et à 50% celles de la police et la gendarmerie tout en faisant une réforme globale de la décentralisation du haut commandement.
    4- créer un fonds souverain pour toutes les ressources naturelles ( exemple norvégien)
    5- définir les périmètres constitutionnels des communes sièges des nouveaux et seuls pouvoirs

  11. Jean OKOMBA dit :

    Chers D. Londi et Val de Nantes, merci pour vos réflexions sur le modèle d’organisation de la communauté politique du Congo Brazzaville et de ses futures institutions. Mais pour réussir à faire passer un tel modèle il faut bien formater le logiciel des memoires de nos compatriotes qui comme de nombreux africains noirs francophones sont enfermés par une mentalité de colonisés telle que conçu par Foccart et Charles de Gaule( En passant je vous informe qu’il y a un africain qui prépare une thèse à la gloire de Charles de Gaule). En effet, comme Foccart et De Gaule avaient signé les accords avec les anciennes colonies que les matières de leurs sols et sous sols, mers, forets etc doivent être vendues prioritairement à la France, les africains sont restés dans ce schema qui les prive de la liberté de faire de leurs bien ce qu’ils veulent. Ce sont donc des esclaves dont les dirigeants nommés par l’ancienne puissance coloniale représentée par une élite politique faisandée et corrompue maintiennent nos pays dans la servitude. Pour reussir au fédéralisme il faut d’abord briser unitéralement les fameux accords de cooperation qui maintiennent la colonisation sous forme déguisée. La France avait rompu unilatéralement le concordat de 1802 avec le Saint Siège, pourquoi les etats africains ne peuvent ils pas le faire pour une bonne autonomie face à la puissance coloniale qui agit comme un véritable sangsue sur le corps de nos pays? On peut choisir ce modèle féderal, mais s’il n’y a pas la dénonciation des accords dits de cooperation de 1958, rien ne marchera, car le diable est toujours dans la maison.

  12. Val de Nantes dit :

    @le dernier kongo ,
    Grosse validation ,frangin et que Dieu vous garde !!…
    Nous allons lutter ensemble .
    Merci .

  13. David Londi dit :

    @Le dernier Kongo,

    c’est bien les pré-requis nécessaires pour l’instauration du fédéralisme au Congo que tu soulèves.
    « fin à la proclamation de la République de novembre 1958 »: je dirais qu’il faut dépasser l’Etat-nation imposé par l’ex puissance coloniale parce que celui-ci n’est qu’une forme de pérennisation d’un modèle de fonctionnement qui maintient les acquis du colonisateur. Il faut se rappeler de la position de Sékou Touré face aux propositions de De Gaulle pour comprendre que ce n’était pas des indépendances effectives. Remettre cela en question est une nécessité.
    « mettre fin au régime présidentiel sous toutes les formes, ainsi que son élection au suffrage universel direct’
    Oui, bien sûr, tant qu’il y aura un centre de compétition politique pour accéder à la fonction présidentielle dans notre pays, l’instabilité politique et sécuritaire sera toujours au coeur des élections présidentielles. C’est donc à exclure ou repenser sous d’autres formes. J’y suis clairement défavorable.
    L’armée et la police sont aussi abordées dans mon livre. C’est une question qui doit être au coeur de la stratégie d’instauration du fédéralisme. Un pays, entouré de grandes puissances militaires comme l’Angola et même la RDC, a-t-il réellement besoin d’une armée ? A débattre
    J’approuve tous les autres points.

  14. David Londi dit :

    @Jean OKOMBA,
    la France n’a jamais voulu se voir constitués, en Afrique francophone, de grands ensembles qu’elle a tous dynamités.
    En effet, il faut se rappeler de la mort suspecte de Boganda qui voulait constituer une Afrique latine avec l’AEF à laquelle il ajoutait l’actuelle RDC pour en faire un ensemble d’Etats-Unis d’Afrique. Il y laissera sa vie.
    Il faut aussi se souvenir de l’éphémère fédération du Mali qui a volé en éclats sous les coups de boutoir d’Houphouët instrumentalisé par la France.
    Contrairement aux Anglais (Nigéria), les Français n’ont jamais favorisé les regroupements des anciennes colonies avec le seul souci de diviser pour mieux régner. Effectivement, il faut dénoncer la plupart des accords qui renforcent la dépendance vis-à-vis de la France.

  15. val de Nantes dit :

    lire ,,La voie ;;; semble tracée .
    Oui , mon frangin @OKOMBA .
    Nous avons , depuis l’acquisition de notre indépendance ,opté pour le nihilisme économique au profit de la divinité présidentielle dont les dégâts sur le pays sont illimités ;d’où je propose à mes compatriotes d’ oublier l’oubli ,c’est à dire se prendre en main pour défier l’arlésienne pauvreté qui semble avoir choisi son foyer au CONGO par manque de courage patriotique teinté d’un manque de réalisme intellectuel à toute épreuve …
    Y-aurait – il un congolais qui soit capable de nous dire exactement le montant de la richesse accumulée en année d’ une quelconque région de notre pays ou le PIB régional?
    Nous sommes à des années lumières de notre indépendance , et nous devons tirer les conséquences de notre abrutissement national .Le temps passe et le Congo reste toujours à quai ,en admirant ceux des pays où les innovations POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES marchent au gré de l’évolution de la révolution scientifique ,technologique et numérique .
    Le POOL n’a même pas une unité production des brouettes pour sa satisfaire la demande nationale et internationale .
    La BOUENZA ne possède pas une unité de production des chocolats ou de café etc ..
    Ces exemples sont légion au CONGO et présagent pas d’une quelconque amélioration des conditions de vie de nos compatriotes .
    C’est quoi çà ???.
    Dans quel siècle vivons nous ?
    Que LE PÈRE de la science économique ADAM SMITH dans son livre « richesse des nations  » ,la richesse d’une nation repose sur la production des biens et services .Une fois ,cette mission réalisée , intervient « le principe de libre échange » assis sur des avantages absolus de chacun des pays échangistes .
    On échange produit contre contre produit ,car dans cette opération commerciale ,la monnaie n’est qu’une voile . D’où l’idée de la division du travail qui est capitale dans ces flux de marchandises ,cette division augmente la productivité / heures des produits fabriqués .
    Sans oublier ,bien sûr , sa fameuse « main invisible  » qui régule les intérêts particuliers au bénéfice de l’ensemble d’une nation .
    Bon bref , nous sommes loin d’avoir atteint le minimum prescrit par l’ancêtre ADAM .
    Des régions entières dans la panade ,mendiantes de l’offrande d’une seule région et il se trouve des gens pour nous vendre ,sans scrupules , l’idée des présidentielles au CONGO .
    S’il- y -avait une relation causale entre ce merdier et la croissance économique ,tous les pays africains se trouveraient au même étiage que MONACO .
    Quel est ce chef d’entreprise qui va créer un poste à responsabilité à rendement nul ?
    En 1994 , stagiaire en économie européenne au Luxembourg ,UN PROF BELGE me fit la remarque suivante : Vos dirigeants africains ressemblent à ces chauffeurs qui roulent sans jeter un coup d’oeil sur le tableau de bord . Conséquences : incendies ou faillite ÉCONOMIQUE ..
    Ridicules ,nous le sommes ,au vu de notre incapacité à renverser la table pour avancer vers des nouveaux horizons .
    L’une des malédictions qui frappent ce pays ,c’est cette carte géographique plantée sur le fronton de la république .
    Vous croyez réellement venir à bout de cette mouise séculaire en la cajolant ,comme bijou de famille ?
    La nouvelle pensée contemporaine voudrait qu’elle se muât en carte économique représentant des blocs de régions ou régions fédérées à finalité économique , politique et sociale .C’est le peuple congolais qui devient le manager actif de sa propre vie et donc finie la délégation incontrôlée des pouvoirs à des politiques qui n’en sont pas .
    Le fédéralisme ,c’est l’éloge du citoyen congolais pour la conduite intelligente des affaires locales ,régionales ,communales etc .
    Et surtout ,il revalorise l’homme congolais dans sa quête existentielle de son bonheur .
    Mais enfin ,arrêtons de nous humilier par excès de panurgisme aveuglant .La FRANCE nous avait contaminé son virus d’inefficacité économique ,mais de grâce ,essayons de nous en soigner par un examen de conscience .Ooooh ,c’est quoi çà ?.
    Il nous faut un président ,oui d’accord , pourquoi faire ?
    C’est lui qui va déféquer la croissance économique du pays , ce dont je doute .

  16. Val de Nantes . dit :

    Le fédéralisme a vocation à créer des « surhommes  » au sens de F. N. ,c’est à dire des hommes qui vont valoriser la vie de l’ici – bas au détriment d’un quelque paradis céleste que leur ont souvent prescrit des ordonnances présidentielles successives . C’est comme ,les juifs qui attendraient un messie autre que JESUS .
    Voilà donc un peuple « vulgus  » qui se nourrit de la promesse du paradis issue du monothéisme présidentiel . Et il attend le président parfait ,omnipotent et ayant des qualités papales ,et ce rythme là ,nous serons tous passés à trépas …
    Les congolais doivent se saisir de leur avenir en interrogeant ,questionnant les causes de leurs souffrances existentielles .
    Est ce – que cet effet a une cause ? .(induction ) .
    Dans un premier temps ,la cause inférée est l’impensé institutionnel qui déconstruit la nation congolaise ,car certains en tirent des bénéfices matériels colossaux au point de piétiner l’âme congolaise . Et le règne apocalyptique de SASSOU valide cette assertion .
    Le Congo ,ayant atteint l’âge adulte ,celui de la raison , n’a point besoin d’un demiurge omniscient au sommet de son OLYMPE ,les temps des dieux antiques sont derrière nous et maintenant il faut défier la misère en utilisant en bon escient notre cervelle .
    Je ne vois pas en quoi ,construire une unité de production de la pâte d’arachide à DJAMBALA ,il faut s’en référer à un président de la République .
    Y a- t-il eu une implication technique et intellectuelle dans la fabrication des petits bateaux de notre compatriote TSENGUE TSENGUE .
    On allège la charge financière au sommet du pays ,en se délestant de cette fonction présidentielle au profit d’un premier Ministre connecté à la rigueur morale des députés tatillons sur la gouvernance de la « res publica  » .
    De nos jours ,un pays, et donc une organisation , est assimilable à une entreprise ,les règles de gestion (gouvernance ) sont soumises à une obligation de résultat sans laquelle rien ne pourrait marcher .
    L’esprit d’entreprise nous interdit de recruter un manager dont l’utilité est presque marginale . Je métaphorise ,certes, pour problématiser ,mais ce principe est aussi applicable à la gestion efficiente des affaires du pays …
    Regardez ,dans 2 mois ,SASSOU va se proclamer président de la République ,mais les régions du CONGO n’y verront que le décapage de peau de SASSOU sans bénéfices substantiels dans la réalisation des objectifs économiques de ces contrées .
    Alors ,croyez -vous encore dans cette fonction qui , depuis notre indépendance , a été incapable d’élever le niveau de vie de nos régions ?
    Voir KINKALA et pleurer . On aurait dit un village portant les stigmates du moyen âge .Massamba Debat fut une exception .Connaissant la rareté de l’exception ,il va falloir prendre la tangente institutionnelle et le CONGO n’en mourra point .
    LA SORTIE DE LA CAVERNE des congolais dépendra du niveau de la colère dont ils feront preuve .Pour l’heure ,cette colère est tiédasse , énigmatique et conspirationniste.
    Que ceux qui éprouvent des accès de chaleur présidentielle se psychanalysent car leur pathologie tient de l’ignorance obscurantiste …
    Président ,oui d’accord ,c’est pour ??????????????. COMPLETEZ SVP .

  17. val de Nantes dit :

    Lire ;;des excès de chaleur présidentielle .
    et une implication technique et intellectuelle dérivant de la bénédiction présidentielle..?
    Pour le reste ,je demeure suspendu à la question dont j’attends la réponse .
    Car selon mon entendement ,un président de la république +un premier ministre dans un pays souffrant du sous – développement ,c’est une aberration et constitue un crime financier .
    Il y a overdose de poste dont il va falloir en supprimer un , celui qui passe pour être plus budgétivore et inutile dans l’exercice efficace des missions étatiques ,j’ai nommé la fonction présidentielle dans son mode actif .
    Si je sonne l’halali sur ce poste ,c’est pour aussi mettre à égalité toutes les tribus congolaises sur le plan politique .

  18. Val de Nantes dit :

    Lire ,il y a overdose de poste ,il va falloir en atténuer l’intensité .
    Par contre ,ceux pour qui le fédéralisme reste une potentielle scission du pays ,l’argument selon il remet à égalité toutes les tribus sur un même plan politique , pourrait finir par les convaincre ….

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