Mars 2021 : L’impasse totale et la mort du cobra. Par Pascal MALANDA

Dans une réflexion récente, je m’interrogeais sur la propension des Congolais à invoquer la mort à toute occasion, même les plus joyeuses. Notre culture semble célébrer la mort plus que la vie. Les proches et amis d’un homme malade économiseront sur l’achat de produits pharmaceutiques, mais s’endetteront jusqu’au cou pour enterrer à grands frais un corps qui ne demande qu’une chose : repartir humblement à la terre d’où il est venu. ‘’C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.’’ Genèse 3:19

Des divinités assoiffées de sang

A quelques semaines d’une élection présidentielle apparemment sans grand enjeu (mais qui sait ce que cachent les apparences?), je voudrais inviter tous les Congolais épris de paix et de justice à conjurer le sort qui associe tout grand événement politique dans notre pays à une inévitable et inutile effusion de sang. Comme si d’obscures divinités nous condamnaient tous à un rituel macabre, oubliant au passage que tout est vanité et poursuite de vent. Par un dépassement collectif de soi, apprenons à ‘’oublier ce qui nous divise’’ afin d’être ‘’plus unis que jamais’’ et trouver ensemble par le dialogue des coeurs le chemin vers un Congo uni et prospère.

Ceux qui, dans l’opposition ou au pouvoir, mettent constamment la vie de leur concitoyens en danger pour conquérir ou conserver le pouvoir, devraient méditer ces paroles de Salomon.

Vanité des vanités

‘’1Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s’approchent où tu diras: Je n’y prends point de plaisir; 2avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,……… car l’homme s’en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues; 6avant que le cordon d’argent se détache, que le vase d’or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne; 7avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné. 8Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, tout est vanité.” Ecclésiaste 12

Tout homme est mortel

C’est Socrates qui nous rappelle sa propre mortalité dans le fameux syllogisme: “Tout homme est mortel, or Socrates est un homme, donc Socrates est mortel.’’ Quelle belle leçon d’humilité !

Malheureusement, la grande majorité des humains croient que la mort, le sang et les larmes ne concernent que les autres. C’est une grave illusion car, tôt ou tard, l’être humain est toujours rattrapé et confronté, sans exception, non pas à la mort des autres, mais à la sienne propre. Tout est alors question d’élégance : mourir comme un loup ou comme un cobra.

La mort du cobra

Dès l’âge de 5 ans, mon maître spirituel était passionné par les cobras avec lesquels il jouait en cachette. A l’âge de 7 ans, il ramena à la maison un cobra vivant. Tout joyeux, il le montra à son père. Ce dernier, horrifié par ce qu’il voyait, tua la bête sur-le-champ en expliquant à l’enfant terrible que la morsure de cet animal était mortelle au bout de quelques minutes. L’enfant ne comprit pas la réaction exagérée du père. Il continua néanmoins sa passion. Devenu adulte et méditatif, il remarqua une chose stupéfiante. En entrant dans un état de profonde méditation au cœur de la forêt, arrivé à un point où toutes les émotions négatives avaient disparu en lui (en particulier la haine de l’autre), au retour de ce voyage intérieur, il remarquait toujours la présence d’un ou plusieurs cobras à ses pieds.

Le cobra produit un puissant venin qu’il n’utilise que lorsqu’il se sent menacé. Au contraire, il se sent attiré par toutes les créatures qui ont transcendé la haine et le désir de faire du mal aux autres.

Pendant cette période idyllique avec les cobras, mon maître remarqua également la chose suivante. Arrivé en fin de vie, constatant l’affaiblissement de ses énergies vitales, en toute solitude, le cobra cherche toujours un endroit spécial, s’y retire, se recroqueville et ne mangeant plus rien pendant 18 à 20 jours, il quitte son corps avec élégance et noblesse. Dans cet état, si un être bien ‘’intentionné’’ attrape le cobra, essaie de le nourrir, l’animal refusera d’avaler quoi que ce soit. Il ne mordra même pas son zélé ‘’bienfaiteur’’. Et si en désespoir de cause, l’être  »compassionné » libère le cobra, ce dernier repartira vers le même endroit, se recroquevillera de nouveau et mourra en paix.

La mort du loup

C’est Alfred de Vigny qui la décrit dans un poème sublime dont voici le dernier chapitre :

“Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,

Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !

Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,

C’est vous qui le savez, sublimes animaux !

A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.

  • Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,

Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur !

Il disait : ‘’Si tu peux, fais que ton âme arrive,

A force de rester studieuse et pensive,

Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté

Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.

Gémir, pleurer, prier est également lâche.

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.”

Alfred de Vigny, Les Destinées

Mars 2021 : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Ce n’est pas moi qui le dis, mais le grand Corneil, dans le Cid. Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, sauf surprise de dernière minute, l’élection présidentielle de cette année est déjà jouée. En adepte de Sun Tzu, Sassou, ayant frôlé la destitution en mars 2016 n’a pas voulu prendre le moindre risque. L’opposition tétanisée par l’arrestation de Mokoko et Okombi, impuissante devant l’horreur de la nième guerre du Pool, divisée par des querelles intestines, n’a pas su, pu, ou voulu se reconstruire. C’est donc en ordre dispersé qu’elle ira à ce scrutin. Comme s’il fallait écarter les tout derniers doutes, l’UPADS, le plus grand parti de l’opposition a décidé de jeter l’éponge: elle ne participera pas.

Tout le monde le sait, en régime autoritaire, ce n’est pas le scrutin qui compte mais la publication des résultats. Sauf cas de force majeure, Sassou sortira vainqueur de cette présidentielle. C’est donc un triomphe sans péril qui attend le champion du PCT. Au soir du 21 mars 2021, il soulèvera sans gloire, un trophée sans éclats dans une victoire au goût amer. Mais une victoire tout de même. Sun Tsu affirme que la meilleure bataille, c’est celle qu’on n’a pas besoin de livrer.

Une impasse totale

La victoire a un goût d’autant plus amer qu’elle conduit droit à une impasse totale. Sans soulèvement populaire pour contester des résultats mitigés, sans insurrection de l’armée pour ‘’soulager’’ la souffrance du peuple, sans appel à la désobéissance civile par une opposition émiettée et aphone après avoir perdu toute crédibilité, Sassou sera intronisé président de la république pour la nième fois. Mais ce sera pour gérer une impossible sortie de crise.

De l’autre côté, l’opposition condamnée à l’échec sera encore plus divisée. En effet, acceptera-t-elle le verdict tronqué des urnes ? Ira-t-elle aux législatives qui s’en suivront ? Incapable de s’unir pour proposer une alternative crédible au PCT, entrera-t-elle au parlement ? Si oui, avec quel programme et quel but. Incapable de gérer la conquête pacifique du pouvoir, comment peut-elle prétendre gouverner un pays où le pouvoir semble rester au bout du fusil depuis juillet 1968 ?

Troisième volet de l’impasse : un peuple (volcan endormi) condamné à la misère, des retraités ayant perdu toute dignité et mourant silencieusement, des étudiants clochardisés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, une économie à genoux pour des décennies.

Mandat-calvaire pour parachever la malédiction de Youlou?

Il y a quelques années, j’avais eu une étrange vision. Me posant la question sur la longévité de Sassou au pouvoir, il m’apparut qu’elle était liée à la malédiction que Youlou proféra à l’égard du Congo. Si cette malédiction était liée à Sassou comme exécuteur testamentaire, elle devait s’achever soit en 2019, soit en 2024. En effet, les 40 ans arrivaient en 2019, mais une question subsistait : Les 5 ans de règne de Lissouba étaient inclus ou non dans ce calcul?

Nous sommes en 2021, donc largement au-delà de 2019, les 5 ans de Lissouba n’ont donc pas été pris en compte.

L’inexplicable attachement de Sassou à ce dernier mandat

Sur les réseaux, le bruit a couru que les sages de tous les coins du pays avaient fortement déconseillé à Sassou de briguer ce mandat qu’ils voyaient sous de très mauvais augures. Sassou, d’habitude si prompt à écouter les présages agréables des sages, a fermé les oreilles à l’appel des notabilités. Ceci explique peut-être l’étrange dimension prise par la parole des sages plutôt discrets en temps normal. Des courtisans zélés se seraient engagés, contre vents et marrées, à arracher la précieuse onction des anciens.  A certains endroits, cette course éperdue vers l’onction-magique prend parfois des allures rocambolesques comme à Mouyondzi ou à Djambala. 

Mais à y voir de plus près, Sassou ne fait qu’obéir à la malédiction de Youlou. Il manque 3 années au compteur. Bien qu’épuisé et conscient du fait qu’il brigue un mandat pourri, Sassou n’a pas eu le choix. Le sait-il lui-même ?

2024, l’année-charnière

2024 se profile donc comme une année charnière. Dans Sinouhé l’Egyptien, Mika Waltari fait dire à son héros : ‘’De demain, nul n’est certain”. Une chose est cependant sûre, Sassou est un homme épuisé et seul qui commence à ressentir le poids de l’âge, le déclin normal des énergies vitales. En secret, il aspire probablement au repos du guerrier qui a mené un grand combat, mais quel combat ? Il a certes pris à cœur d’accomplir le rêve équilibriste de Noumazalay, mais là ou le vieux Noumaz, sur son lit de mort confiait ses dernières volontés à Zacharie Bowao, dans un profond accès de remords, Sassou s’est retrouvé otage de la stratégie initiale bâtie sur l’exclusion.

Comment ne pas comprendre la tristesse de ce Noumaz qui avait échoué à refonder le PCT, parti dont il était l’un des géniteurs et qui a visiblement dévié de la trajectoire initiale? Noumaz dit à un de ses poulains :

“Charles, mon petit, tu as grandi. Toi qui es philosophe, notre intellectuel organique, tu dois travailler avec les autres cadres pour expliquer rigoureusement les raisons de l’échec de la Révolution et les causes du dévoiement de la démocratie pluraliste. Personnellement, je pense sincèrement que le tribalisme ou l’ethnicisme est pour beaucoup dans ces déviances historiques. Que pouvons-nous faire pour sortir notre pays de cette gangrène qui obstrue dangereusement l’avenir. Je ne comprends pas pourquoi les gens n’aiment pas le changement dans l’intérêt général. Il y a trop d’intérêts égoïstes, trop de mesquineries politiciennes qui justifient l’hypocrisie des uns et des autres. On tourne en rond. On rate toutes les belles occasions pour changer la qualité de la vie de nos populations alors que nous en avons les atouts naturels et les moyens financiers, surtout maintenant. Toi qui es logicien, est-ce que toute une ethnie peut être tribaliste, comment tout un pays peut-il se mouvoir au rythme du tribalisme et des tribalistes fieffés ? Ce n’est pas possible, quand même…Vous, nos intellectuels, qu’attendez-vous pour clarifier les choses ? Ne baissez pas les bras…Ne fuyez pas vos responsabilités en reproduisant à l’identique nos erreurs théoriques et nos comportements négatifs…Vous devez tracer les nouvelles frontières d’une véritable refondation politique nationale, c’est votre mission historique de combattre systématiquement l’ethnocentrisme ».

 Au soir de sa vie, Sassou gagnerait immensément à accomplir une métamorphose pour tracer ‘’les nouvelles frontières d’une refondation politique nationale’’, comme le confie Ambroise Noumazalay dans son œuvre ‘’De La chenille au papillon’’. Encore mieux, il gagnerait à écouter ce que mon maître m’a enseigné au début de cette année:

 “Tous ceux qui ont bâti leur stratégie sur l’exclusion pour rétablir la justice, se sont toujours retrouvés au final, sans ne le vouloir ni le savoir, otage de leur propre stratégie. L’univers avance vers l’inclusion, vers la prospérité partagée. Aller à contre-courant équivaut à s’aliéner les puissances spirituelles. Quand un homme met (consciemment ou inconsciemment) le cap sur l’exclusion, si la nature l’investit d’une grande puissance d’action, il devient un désastre pour lui-même, pour sa société et pour l’humanité. L’exemple le plus récent et le plus frappant en la matière est celui d’Hitler. Il avait une machine idéologique et militaire inouïe, malheureusement, elle était au service d’une cause odieuse: la supériorité de la race germanique sur le reste de l’humanité et en particulier une haine viscérale à l’égard des Juifs. Hitler a été un désastre alors que son génie, mis au service de l’inclusion, aurait été une merveille’’

Mon souhait le plus ardent est que Sassou soit touché par l’inclusion entre mars 2021 et février 2024. Que son mandat soit sous le signe de la métamorphose, de l’inclusion et de la réconciliation. J’entends déjà les gens crier à la naïveté et à l’utopie, mais cela n’engage que moi et je l’assume. Je suis pour l’inclusion et par sa nature, l’inclusion ne peut être sélective, elle est absolue. 

Inclusivité et exclusivité

Encore un élément de l’enseignement de mon maître :

A la base de chaque action humaine, il y a l’inclusivité ou l’exclusivité. L’exclusivité est un acte intuitif qui nous donne l’illusion de défendre nos intérêts vitaux. L’histoire prête à Noumazalay l’intention d’avoir voulu contourner la faiblesse démographique du nord du pays par une conquête armée du pouvoir. Dans un pays où le vote tribal est ancré dans les esprits, le nord était condamné à jouer les seconds rôles. En marge de ses aspirations révolutionnaires, Noumaz souhaitait redonner au Nord du pays une visibilité dont il était privé. Le coup de force de Marien en 1966, le mouvement du 31 juillet 1968, sont un aboutissement d’une quête maladroite (mais compréhensible) de visibilité. Le vieux Noumaz voulait-il par la même occasion réparer les injustices héritées de la colonisation?

Une lecture objective du plan colonial d’exploitation du Congo montre à l’évidence une stratégie simple : exploiter les ressources humaines et naturelles disponibles et facilement accessibles au sud, créer des avant-postes au nord pour une exploitation ultérieure des énormes ressources de cette zone. En accédant à l’indépendance, ce plan colonial se transforme automatiquement en une suprématie des sudistes sur les nordistes. Il faut dire que les événements de 1957 et 1959 ne présageaient rien de bon. Depuis cette date, nous ne sommes jamais sortis de la haine viscérale et aveugle de l’autre.

Métamorphose, inclusion et réconciliation

J’ai évoqué plus haut la métaphore de la mort du loup et du cobra. L’un est encerclé par des ennemis, l’autre se retire au fond de la forêt. A chacun d’y voir ce qui lui convient. Au-delà de la métaphore, c’est surtout la métamorphose qui me passionne. Le Divin en nous est capable d’opérer cette métamorphose qui nous fait passer de l’exclusion à l’inclusion pour aboutir à la réconciliation créatrice. C’est une façon de retrouver la marche de l’univers.

Qu’est-ce qui empêche Sassou de commencer son dernier mandat par une grande inclusion en annonçant les grandes mesures suivantes :

  1. Libération des prisonniers par une grâce présidentielle
  2. Dialogue national inclusif de 3 à 5 jours sous l’égide du Conseil National du Dialogue
  3. Plan triennal de développement intégral avec un volet simultané pour toutes les régions. Priorité à l’agriculture, aux NTIC, aux énergies renouvelables, aux infrastructures routières et hospitalières
  4. Plan spécial d’aide aux retraités et aux étudiants
  5. Plan Marshall pour le Pool (réparation des conséquences des multiples guerres)
  6. Plan Marshall pour la Likouala (département le plus enclavé et le moins développé du pays)
  7. Plan spécial d’insertion des valeurs démocratiques et de lutte contre la corruption  

Exclusion ou inclusion ?

L’histoire européenne nous montre les effets de l’exclusion et de l’inclusion. Par son projet basé sur la supériorité de la race aryenne, l’exclusion des Juifs, des Tsiganes, etc. Adolph Hitler voulait construire un vaste espace allant du Portugal à l’Oural, en rejetant au-delà de l’Oural, les Slaves qui n’allaient pas s’assimiler.  Le résultat fut un profond déchirement  du vieux continent. Hitler est mort dans la solitude totale d’un bunker berlinois.

A l’opposé, Robert Schuman est considéré comme l’un des pères fondateurs de la construction européenne. Avec Jean Monnet, Konrad Adenauer, Johan Willem Beyen, Paul-Henri Spaak, Joseph Bech et Alcide De Gasperi, il a bâti un projet fédérateur, rassembleur, et intégrateur basé sur l’inclusion la plus profonde. Partie de 6 pays, l’Union Européenne est aujourd’hui un vaste espace de près de 500 millions d’habitants et réunissant 27 pays. Malgré la sortie récente de la Grande Bretagne, L’union européenne reste un modèle qui attire de nombreux pays européens comme l’Ukraine, la Biélorussie, et même la Turquie et le Maroc qui n’appartiennent pas entièrement au vieux continent.

Le Congo que nous appelons de nos vœux est un espace fédérateur qui peut servir d’embryon à une Afrique unie, commençant par un approfondissement de l’intégration en Afrique Centrale. Nous n’y parviendrons qu’en plaçant ensemble l’inclusion au cœur de notre action et en oubliant ce qui nous divise. Nous le réussirons mieux en utilisant Sassou pour préparer l’après-Sassou. Que son dernier mandat soit celui de la métamorphose pour conjurer le sort qui s’acharne sur notre pays depuis l’indépendance. Exclure Sassou de la préparation de l’après-Sassou comme le clament (à tort ou à raison?) de nombreux Congolais, c’est jeter les bases des exclusions du futur. Nous savons là où cela nous a conduits depuis 1957. L’inclusion commence par le premier pas que l’on fait vers l’autre en toute humilité. On n’est pas obligé d’aimer l’autre et de l’embrasser ; l’Europe nous a cependant montré qu’entre ennemis d’hier il a été possible de construire un nouvel édifice sur les ruines fumantes de la seconde guerre mondiale. 

Pascal MALANDA

LE CONGO ÉTERNEL

Dans une réflexion récente, je m’interrogeais sur la propension des Congolais à invoquer la mort à toute occasion, même les plus joyeuses. Notre culture semble célébrer la mort plus que la vie. Les proches et amis d’un homme malade économiseront sur l’achat de produits pharmaceutiques, mais s’endetteront jusqu’au cou pour enterrer à grands frais un corps qui ne demande qu’une chose : repartir humblement à la terre d’où il est venu. ‘’C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.’’ Genèse 3:19

Des divinités assoiffées de sang

A quelques semaines d’une élection présidentielle apparemment sans grand enjeu (mais qui sait ce que cachent les apparences?), je voudrais inviter tous les Congolais épris de paix et de justice à conjurer le sort qui associe tout grand événement politique dans notre pays à une inévitable et inutile effusion de sang. Comme si d’obscures divinités nous condamnaient tous à un rituel macabre, oubliant au passage que tout est vanité et poursuite de vent. Par un dépassement collectif de soi, apprenons à ‘’oublier ce qui nous divise’’ afin d’être ‘’plus unis que jamais’’ et trouver ensemble par le dialogue des coeurs le chemin vers un Congo uni et prospère.

Ceux qui, dans l’opposition ou au pouvoir, mettent constamment la vie de leur concitoyens en danger pour conquérir ou conserver le pouvoir, devraient méditer ces paroles de Salomon.

Vanité des vanités

‘’1Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s’approchent où tu diras: Je n’y prends point de plaisir; 2avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,……… car l’homme s’en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues; 6avant que le cordon d’argent se détache, que le vase d’or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne; 7avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné. 8Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, tout est vanité.” Ecclésiaste 12

Tout homme est mortel

C’est Socrates qui nous rappelle sa propre mortalité dans le fameux syllogisme: “Tout homme est mortel, or Socrates est un homme, donc Socrates est mortel.’’ Quelle belle leçon d’humilité !

Malheureusement, la grande majorité des humains croient que la mort, le sang et les larmes ne concernent que les autres. C’est une grave illusion car, tôt ou tard, l’être humain est toujours rattrapé et confronté, sans exception, non pas à la mort des autres, mais à la sienne propre. Tout est alors question d’élégance : mourir comme un loup ou comme un cobra.

La mort du cobra

Dès l’âge de 5 ans, mon maître spirituel était passionné par les cobras avec lesquels il jouait en cachette. A l’âge de 7 ans, il ramena à la maison un cobra vivant. Tout joyeux, il le montra à son père. Ce dernier, horrifié par ce qu’il voyait, tua la bête sur-le-champ en expliquant à l’enfant terrible que la morsure de cet animal était mortelle au bout de quelques minutes. L’enfant ne comprit pas la réaction exagérée du père. Il continua néanmoins sa passion. Devenu adulte et méditatif, il remarqua une chose stupéfiante. En entrant dans un état de profonde méditation au cœur de la forêt, arrivé à un point où toutes les émotions négatives avaient disparu en lui (en particulier la haine de l’autre), au retour de ce voyage intérieur, il remarquait toujours la présence d’un ou plusieurs cobras à ses pieds.

Le cobra produit un puissant venin qu’il n’utilise que lorsqu’il se sent menacé. Au contraire, il se sent attiré par toutes les créatures qui ont transcendé la haine et le désir de faire du mal aux autres.

Pendant cette période idyllique avec les cobras, mon maître remarqua également la chose suivante. Arrivé en fin de vie, constatant l’affaiblissement de ses énergies vitales, en toute solitude, le cobra cherche toujours un endroit spécial, s’y retire, se recroqueville et ne mangeant plus rien pendant 18 à 20 jours, il quitte son corps avec élégance et noblesse. Dans cet état, si un être bien ‘’intentionné’’ attrape le cobra, essaie de le nourrir, l’animal refusera d’avaler quoi que ce soit. Il ne mordra même pas son zélé ‘’bienfaiteur’’. Et si en désespoir de cause, l’être  »compassionné » libère le cobra, ce dernier repartira vers le même endroit, se recroquevillera de nouveau et mourra en paix.

La mort du loup

C’est Alfred de Vigny qui la décrit dans un poème sublime dont voici le dernier chapitre :

“Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,

Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !

Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,

C’est vous qui le savez, sublimes animaux !

A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.

  • Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,

Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur !

Il disait : ‘’Si tu peux, fais que ton âme arrive,

A force de rester studieuse et pensive,

Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté

Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.

Gémir, pleurer, prier est également lâche.

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.”

Alfred de Vigny, Les Destinées

Mars 2021 : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Ce n’est pas moi qui le dis, mais le grand Corneil, dans le Cid. Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, sauf surprise de dernière minute, l’élection présidentielle de cette année est déjà jouée. En adepte de Sun Tzu, Sassou, ayant frôlé la destitution en mars 2016 n’a pas voulu prendre le moindre risque. L’opposition tétanisée par l’arrestation de Mokoko et Okombi, impuissante devant l’horreur de la nième guerre du Pool, divisée par des querelles intestines, n’a pas su, pu, ou voulu se reconstruire. C’est donc en ordre dispersé qu’elle ira à ce scrutin. Comme s’il fallait écarter les tout derniers doutes, l’UPADS, le plus grand parti de l’opposition a décidé de jeter l’éponge: elle ne participera pas.

Tout le monde le sait, en régime autoritaire, ce n’est pas le scrutin qui compte mais la publication des résultats. Sauf cas de force majeure, Sassou sortira vainqueur de cette présidentielle. C’est donc un triomphe sans péril qui attend le champion du PCT. Au soir du 21 mars 2021, il soulèvera sans gloire, un trophée sans éclats dans une victoire au goût amer. Mais une victoire tout de même. Sun Tsu affirme que la meilleure bataille, c’est celle qu’on n’a pas besoin de livrer.

Une impasse totale

La victoire a un goût d’autant plus amer qu’elle conduit droit à une impasse totale. Sans soulèvement populaire pour contester des résultats mitigés, sans insurrection de l’armée pour ‘’soulager’’ la souffrance du peuple, sans appel à la désobéissance civile par une opposition émiettée et aphone après avoir perdu toute crédibilité, Sassou sera intronisé président de la république pour la nième fois. Mais ce sera pour gérer une impossible sortie de crise.

De l’autre côté, l’opposition condamnée à l’échec sera encore plus divisée. En effet, acceptera-t-elle le verdict tronqué des urnes ? Ira-t-elle aux législatives qui s’en suivront ? Incapable de s’unir pour proposer une alternative crédible au PCT, entrera-t-elle au parlement ? Si oui, avec quel programme et quel but. Incapable de gérer la conquête pacifique du pouvoir, comment peut-elle prétendre gouverner un pays où le pouvoir semble rester au bout du fusil depuis juillet 1968 ?

Troisième volet de l’impasse : un peuple (volcan endormi) condamné à la misère, des retraités ayant perdu toute dignité et mourant silencieusement, des étudiants clochardisés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, une économie à genoux pour des décennies.

Mandat-calvaire pour parachever la malédiction de Youlou?

Il y a quelques années, j’avais eu une étrange vision. Me posant la question sur la longévité de Sassou au pouvoir, il m’apparut qu’elle était liée à la malédiction que Youlou proféra à l’égard du Congo. Si cette malédiction était liée à Sassou comme exécuteur testamentaire, elle devait s’achever soit en 2019, soit en 2024. En effet, les 40 ans arrivaient en 2019, mais une question subsistait : Les 5 ans de règne de Lissouba étaient inclus ou non dans ce calcul?

Nous sommes en 2021, donc largement au-delà de 2019, les 5 ans de Lissouba n’ont donc pas été pris en compte.

L’inexplicable attachement de Sassou à ce dernier mandat

Sur les réseaux, le bruit a couru que les sages de tous les coins du pays avaient fortement déconseillé à Sassou de briguer ce mandat qu’ils voyaient sous de très mauvais augures. Sassou, d’habitude si prompt à écouter les présages agréables des sages, a fermé les oreilles à l’appel des notabilités. Ceci explique peut-être l’étrange dimension prise par la parole des sages plutôt discrets en temps normal. Des courtisans zélés se seraient engagés, contre vents et marrées, à arracher la précieuse onction des anciens.  A certains endroits, cette course éperdue vers l’onction-magique prend parfois des allures rocambolesques comme à Mouyondzi ou à Djambala. 

Mais à y voir de plus près, Sassou ne fait qu’obéir à la malédiction de Youlou. Il manque 3 années au compteur. Bien qu’épuisé et conscient du fait qu’il brigue un mandat pourri, Sassou n’a pas eu le choix. Le sait-il lui-même ?

2024, l’année-charnière

2024 se profile donc comme une année charnière. Dans Sinouhé l’Egyptien, Mika Waltari fait dire à son héros : ‘’De demain, nul n’est certain”. Une chose est cependant sûre, Sassou est un homme épuisé et seul qui commence à ressentir le poids de l’âge, le déclin normal des énergies vitales. En secret, il aspire probablement au repos du guerrier qui a mené un grand combat, mais quel combat ? Il a certes pris à cœur d’accomplir le rêve équilibriste de Noumazalay, mais là ou le vieux Noumaz, sur son lit de mort confiait ses dernières volontés à Zacharie Bowao, dans un profond accès de remords, Sassou s’est retrouvé otage de la stratégie initiale bâtie sur l’exclusion.

Comment ne pas comprendre la tristesse de ce Noumaz qui avait échoué à refonder le PCT, parti dont il était l’un des géniteurs et qui a visiblement dévié de la trajectoire initiale? Noumaz dit à un de ses poulains :

“Charles, mon petit, tu as grandi. Toi qui es philosophe, notre intellectuel organique, tu dois travailler avec les autres cadres pour expliquer rigoureusement les raisons de l’échec de la Révolution et les causes du dévoiement de la démocratie pluraliste. Personnellement, je pense sincèrement que le tribalisme ou l’ethnicisme est pour beaucoup dans ces déviances historiques. Que pouvons-nous faire pour sortir notre pays de cette gangrène qui obstrue dangereusement l’avenir. Je ne comprends pas pourquoi les gens n’aiment pas le changement dans l’intérêt général. Il y a trop d’intérêts égoïstes, trop de mesquineries politiciennes qui justifient l’hypocrisie des uns et des autres. On tourne en rond. On rate toutes les belles occasions pour changer la qualité de la vie de nos populations alors que nous en avons les atouts naturels et les moyens financiers, surtout maintenant. Toi qui es logicien, est-ce que toute une ethnie peut être tribaliste, comment tout un pays peut-il se mouvoir au rythme du tribalisme et des tribalistes fieffés ? Ce n’est pas possible, quand même…Vous, nos intellectuels, qu’attendez-vous pour clarifier les choses ? Ne baissez pas les bras…Ne fuyez pas vos responsabilités en reproduisant à l’identique nos erreurs théoriques et nos comportements négatifs…Vous devez tracer les nouvelles frontières d’une véritable refondation politique nationale, c’est votre mission historique de combattre systématiquement l’ethnocentrisme ».

 Au soir de sa vie, Sassou gagnerait immensément à accomplir une métamorphose pour tracer ‘’les nouvelles frontières d’une refondation politique nationale’’, comme le confie Ambroise Noumazalay dans son œuvre ‘’De La chenille au papillon’’. Encore mieux, il gagnerait à écouter ce que mon maître m’a enseigné au début de cette année:

 “Tous ceux qui ont bâti leur stratégie sur l’exclusion pour rétablir la justice, se sont toujours retrouvés au final, sans ne le vouloir ni le savoir, otage de leur propre stratégie. L’univers avance vers l’inclusion, vers la prospérité partagée. Aller à contre-courant équivaut à s’aliéner les puissances spirituelles. Quand un homme met (consciemment ou inconsciemment) le cap sur l’exclusion, si la nature l’investit d’une grande puissance d’action, il devient un désastre pour lui-même, pour sa société et pour l’humanité. L’exemple le plus récent et le plus frappant en la matière est celui d’Hitler. Il avait une machine idéologique et militaire inouïe, malheureusement, elle était au service d’une cause odieuse: la supériorité de la race germanique sur le reste de l’humanité et en particulier une haine viscérale à l’égard des Juifs. Hitler a été un désastre alors que son génie, mis au service de l’inclusion, aurait été une merveille’’

Mon souhait le plus ardent est que Sassou soit touché par l’inclusion entre mars 2021 et février 2024. Que son mandat soit sous le signe de la métamorphose, de l’inclusion et de la réconciliation. J’entends déjà les gens crier à la naïveté et à l’utopie, mais cela n’engage que moi et je l’assume. Je suis pour l’inclusion et par sa nature, l’inclusion ne peut être sélective, elle est absolue. 

Inclusivité et exclusivité

Encore un élément de l’enseignement de mon maître :

A la base de chaque action humaine, il y a l’inclusivité ou l’exclusivité. L’exclusivité est un acte intuitif qui nous donne l’illusion de défendre nos intérêts vitaux. L’histoire prête à Noumazalay l’intention d’avoir voulu contourner la faiblesse démographique du nord du pays par une conquête armée du pouvoir. Dans un pays où le vote tribal est ancré dans les esprits, le nord était condamné à jouer les seconds rôles. En marge de ses aspirations révolutionnaires, Noumaz souhaitait redonner au Nord du pays une visibilité dont il était privé. Le coup de force de Marien en 1966, le mouvement du 31 juillet 1968, sont un aboutissement d’une quête maladroite (mais compréhensible) de visibilité. Le vieux Noumaz voulait-il par la même occasion réparer les injustices héritées de la colonisation?

Une lecture objective du plan colonial d’exploitation du Congo montre à l’évidence une stratégie simple : exploiter les ressources humaines et naturelles disponibles et facilement accessibles au sud, créer des avant-postes au nord pour une exploitation ultérieure des énormes ressources de cette zone. En accédant à l’indépendance, ce plan colonial se transforme automatiquement en une suprématie des sudistes sur les nordistes. Il faut dire que les événements de 1957 et 1959 ne présageaient rien de bon. Depuis cette date, nous ne sommes jamais sortis de la haine viscérale et aveugle de l’autre.

Métamorphose, inclusion et réconciliation

J’ai évoqué plus haut la métaphore de la mort du loup et du cobra. L’un est encerclé par des ennemis, l’autre se retire au fond de la forêt. A chacun d’y voir ce qui lui convient. Au-delà de la métaphore, c’est surtout la métamorphose qui me passionne. Le Divin en nous est capable d’opérer cette métamorphose qui nous fait passer de l’exclusion à l’inclusion pour aboutir à la réconciliation créatrice. C’est une façon de retrouver la marche de l’univers.

Qu’est-ce qui empêche Sassou de commencer son dernier mandat par une grande inclusion en annonçant les grandes mesures suivantes :

  1. Libération des prisonniers par une grâce présidentielle
  2. Dialogue national inclusif de 3 à 5 jours sous l’égide du Conseil National du Dialogue
  3. Plan triennal de développement intégral avec un volet simultané pour toutes les régions. Priorité à l’agriculture, aux NTIC, aux énergies renouvelables, aux infrastructures routières et hospitalières
  4. Plan spécial d’aide aux retraités et aux étudiants
  5. Plan Marshall pour le Pool (réparation des conséquences des multiples guerres)
  6. Plan Marshall pour la Likouala (département le plus enclavé et le moins développé du pays)
  7. Plan spécial d’insertion des valeurs démocratiques et de lutte contre la corruption  

Exclusion ou inclusion ?

L’histoire européenne nous montre les effets de l’exclusion et de l’inclusion. Par son projet basé sur la supériorité de la race aryenne, l’exclusion des Juifs, des Tsiganes, etc. Adolph Hitler voulait construire un vaste espace allant du Portugal à l’Oural, en rejetant au-delà de l’Oural, les Slaves qui n’allaient pas s’assimiler.  Le résultat fut un profond déchirement  du vieux continent. Hitler est mort dans la solitude totale d’un bunker berlinois.

A l’opposé, Robert Schuman est considéré comme l’un des pères fondateurs de la construction européenne. Avec Jean Monnet, Konrad Adenauer, Johan Willem Beyen, Paul-Henri Spaak, Joseph Bech et Alcide De Gasperi, il a bâti un projet fédérateur, rassembleur, et intégrateur basé sur l’inclusion la plus profonde. Partie de 6 pays, l’Union Européenne est aujourd’hui un vaste espace de près de 500 millions d’habitants et réunissant 27 pays. Malgré la sortie récente de la Grande Bretagne, L’union européenne reste un modèle qui attire de nombreux pays européens comme l’Ukraine, la Biélorussie, et même la Turquie et le Maroc qui n’appartiennent pas entièrement au vieux continent.

Le Congo que nous appelons de nos vœux est un espace fédérateur qui peut servir d’embryon à une Afrique unie, commençant par un approfondissement de l’intégration en Afrique Centrale. Nous n’y parviendrons qu’en plaçant ensemble l’inclusion au cœur de notre action et en oubliant ce qui nous divise. Nous le réussirons mieux en utilisant Sassou pour préparer l’après-Sassou. Que son dernier mandat soit celui de la métamorphose pour conjurer le sort qui s’acharne sur notre pays depuis l’indépendance. Exclure Sassou de la préparation de l’après-Sassou comme le clament (à tort ou à raison?) de nombreux Congolais, c’est jeter les bases des exclusions du futur. Nous savons là où cela nous a conduits depuis 1957. L’inclusion commence par le premier pas que l’on fait vers l’autre en toute humilité. On n’est pas obligé d’aimer l’autre et de l’embrasser ; l’Europe nous a cependant montré qu’entre ennemis d’hier il a été possible de construire un nouvel édifice sur les ruines fumantes de la seconde guerre mondiale. 

Pascal MALANDA

LE CONGO ÉTERNEL

Ce contenu a été publié dans Les articles. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à Mars 2021 : L’impasse totale et la mort du cobra. Par Pascal MALANDA

  1. Isidore AYA TONGA 100% Intérêt général dit :

    DESASSOULISATION DU CONGO: STOP SASSOU, ATTAQUER ATTAQUER, IL EST FINI, IL DOIT PARTIR, IL VA TOMBER: https://www.youtube.com/watch?v=rbhdBVE-_ho

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.