SASSOU NGUESSO DEJA EN CAMPAGNE

L’infatigable

Denis Sassou Nguesso aime à donner de lui-même une image empreinte de patriotisme démocratique en rebâchant le mot « paix » et ses synonymes, ce qui lui confère le statut de respectabilité vis-à-vis de la communauté internationale.
Toutefois, au Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso a fait lever quelques sourcils en assurant que « les élections présidentielles se dérouleront dans la paix et la transparence ». L’observation des faits et gestes du natif d’Edou-Penda tend à nuancer ces propos.

 Sassou est de sortie

  Alors que Guy Brice Parfait Kolelas, Mathias Dzon, Albert Oniangué, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, Dave Uphrem Mafoula et Anguios Nganguia-Engambé rongent leurs freins en attendant l’ouverture de la campagne présidentielle, Denis Sassou Nguesso écume les chefs-lieux et les communes des départements du Congo-Brazzaville avec les moyens de l’Etat, distribuant tee-shirts, pagnes, casquettes à l’effigie du candidat du PCT.
Denis Sassou Nguesso a un cran d’avance. C’est la campagne présidentielle avant l’heure. Après Dolisie dans le Niari et Djambala et Lékana dans les Plateaux, Denis Sassou Nguesso est annoncé à Pointe-Noire dans le Kouilou du 20 au 23 février 2021 avant de faire le cap sur la région du Pool où le député de Kindamba, Euloge Landry Kolélas et Rosalie Matondo, Claude Alphonse Nsilou, Hello Mampouya, Yvonne Adelaïde Mougani rivalisent d’initiatives pour faire oublier la virée de Dolisie et de Djambala du khalife d’Oyo qui a respectivement reçu 5 et 100 millions de francs CFA des originaires de ces contrées dépourvues d’infrastructures routières, scolaires et hospitalières. Les leaders du pool ont promis battre le record des Batéké qui ont totalisé 100 millions de cfa. Pourquoi se livrer à un concours Lépine ( la surenchère) alors que les résultats des élections sont déjà connus d’avance ?

 A défaut de Christel

 La bronca menée par Pierre Ngolo et une frange du PCT contre Christel Sassou a eu raison de l’idée de la succession dynastique et a contraint Denis Sassou Nguesso a descendre dans l’arène même si le khalife d’Oyo n’en pensait pas moins pour un nouveau mandat et a poussé le fiston a se ranger derrière la candidature du Pater qui caresse le vœu de mourir sur le trône présidentiel.
Face au rouleau compresseur de Pierre Ngolo et d’une partie du PCT, Christel Sassou n’a pas fait le poids. Christel Sassou a capitulé et a courbé l’échine. Le « fils de l’Homme  », dixit Inès Nefer Ingani, n’a pas réussi à s’imposer comme digne successeur. Pour échapper à la mésaventure de Dos Santos et sa famille en Angola et de Joseph Kabila en RD Congo, prudent comme un sioux, Denis Sassou Nguesso s’est résolu de mettre une pièce dans la machine électorale, de mouiller le maillot et d’aller au charbon. C’est donc reparti pour un tour en dépit de l’effort physique que ça suscite au Papi (comme l’ont surnommé cyniquement les Bana Djambala).
« Suivez le guide »
Le PCT et les partis satellites, comme des moutons de panurge, se sont prononcés, tour à tour, pour la candidature de Denis Sassou Nguesso. Il serait toutefois trompeur de considérer le soutien de force à la candidature Sassou à la présidentielle du 21 mars 2021 aussi disparates comme une coalition en bonne et due forme, tant on sait qu’en politique les unanimités sont toujours fondées sur des malentendus. Soutenu par la quasi-totalité des formations politiques de la majorité présidentielle, du PCT au RDPS de Jean-Pierre Thystère Tchicaya en passant par le MCDDI de Bernard Kolélas et les diverses associations créées ex nihilo à l’instar de « DSN ou rien », Denis Sassou Nguesso aura la lourde tâche de conduire les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) et les discussions avec les traders pétroliers (Gunvor, Glencore, Vitole, Mercuria et Trafigura) sans céder aux appétits voraces et aux réflexes de kleptomanes de sa coalition.

Recordman

Denis Sassou Nguesso va-t-il ouvrir sa nouvelle action à la tête du Congo-Brazzaville en battant un record, celui de la longévité au pouvoir exercé par un président du Congo-Brazzaville ? L’ampleur du consensus dans le camp présidentiel dont il fait l’objet et les conditions d’organisation des élections du 21 mars 2021 le laisse présager, conditions dénoncées d’ailleurs par la Conférence épiscopale du Congo-Brazzaville par la voix de Monseigneur Victor Abagna Monsa.
S’il n’y a point de doute que Henri Bouka de la CENI et Auguste Iloki de la Cour Constitutionnelle proclameront et valideront la victoire par un « coup, KO » du fils de « Mama Mouébara », Denis Sassou Nguesso devra déployer une impressionnante habileté manœuvrière pour apaiser le Congo-Brazzaville, un pays surendetté, miné par la corruption, rongé par le chômage et tenté par des velléités séparatistes tant les discriminations ethniques sont patentes (Cf 21 mars 2021 : L’Empereur ou la scission in congo-liberty.com, 16 février 2021) . Il faudra expliquer, sans grandiloquence ni excès d’assurance, quelles sont les forces et les faiblesses du Congo-Brazzaville et comment ce petit émirat pétrolier d’Afrique centrale compte collectivement y faire face. Et esquisser une réflexion intégrant les leçons de cette crise. Histoire de ne plus tergiverser quand il sera l’heure d’en sortir.

Bille en tête

Décrédibilisé dans les rangs de la communauté financière internationale après avoir caché une partie de la dette, fragilisée dans les universités après plusieurs cafouillages sur l’organisation en ce temps de crise sanitaire, chahutée pour son manque de réactions face au malaise étudiant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Congo-Brazzaville, critiquée pour son manque de réactions face au malaise du personnel du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHU), Denis Sassou Nguesso, billes en tête, n’hésite pas à défier à nouveau le 21 mars 2021 les populations du Congo-Brazzaville privées d’un second tour aux présidentielles de 2016 entre Guy Brice Parfait Kolelas et Jean-Marie Michel Mokoko.

   Benjamin BILOMBOT BITADYS

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1 réponse à SASSOU NGUESSO DEJA EN CAMPAGNE

  1. le fils du pays dit :

    Franchement cette insouciance de Mr Sassou et ses amis a atteint son paroxysme.
    Avec ces cent millions qu’on va jeter par la fenetre pour les futilites on peut faire plusieurs projets d’interet general tels que construire les logements pour ceux qui ont perdu leurs maisons a Mpila,les expropries de kintele ou on construit l’elephant blanc que le fleuve aura raison dans un bref delai ou les ponts.
    Ces gens sont vraiment des indecrottables comment pendant plus d’un demi siecle on peut etre dans les memes erreurements sans une remise en cause et corriger la maniere de faire.

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