CONGO-BRAZZAVILLE : ARRÊTER LES TRAGÉDIES

Paix à l’âme de Guy-Brice Parfait Kolelas, combattant de la démocratie pour notre pays, arraché à la vie dans des conditions troublantes, nous partageons la lourde peine de sa famille.

Dans mes précédents articles parus sur congo-liberty.com le 4 février et 10 mars courant, j’avertissais la classe politique sur la persistance de son incurie.  Les mêmes causes produisent les mêmes effets, s’il est réputé rusé, Sassou-Nguesso serait-il plus intelligent que ses opposants ? Cette supposition visite mes interrogations ? Que réserve la suite du dernier hold-up au Congo-Brazzaville, l’analyse porte sur (5) cinq points suivants :

1 – Opposition du Congo-Brazzaville 

2 – La diaspora 

3 – La terreur du régime 

4 – La géopolitique de l’Afrique Centrale.

5 – Les perspectives

* Les opposants au régime de Brazzaville ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Les entêtements inutiles conduisent droit sur une voie sans issue. Un pouvoir établi par les armes n’est jamais débarqué par les urnes. 

La démocratie dont nous appelons de toutes nos forces est un pouvoir exercé par le plus grand nombre, Sassou-Nguesso et son parti ont conscience qu’ils sont rejetés, demeurent minoritaires dans le pays. Un vote clair est une descente en enfer. Ils en ont fait l’amère expérience en 1992, battu dès le premier tour aux présidentiels.

Sachant qu’il traîne un passé lourd, boudé par la majorité de la population congolaise, Sassou-NGuesso Dénis organisera un monstrueux coup d’état en 1997 avec la complicité d’une partie non négligeable de la même classe politique dont certains se sont égarées loin du Congo affrontant le climat glacial européen pendant l’hiver malgré les âges avancés, la mort dans l’âme, effrayés par les menaces du tyran déterminé à tout raser sur son passage.

Que nos opposants le comprennent une fois pour toute, Sassou-Nguesso vivant n’organisera jamais une élection libre et transparente. C’est contraire à la notice fournie par la françafrique, qui l’a infantilisé.

Nous apprenons des chrétiens que pour aller au paradis il faut mourir, c’est la chose la plus redoutée par tous les humains y compris les chrétiens eux-mêmes pourtant galvanisés par l’évangile.

Il reste à l’opposition l’option de faire mal à elle-même, rejeter toute participation aux élections à venir, législatives et locales, laisser libre cour au pouvoir d’exercer seul le fonctionnement de toutes les institutions bancales de l’Etat-Pct.

L’ANC de Nelson Mandela n’avait des années durant, même pas un chef de village en Afrique du Sud sous domination du régime d’apartheid, cela ne les empêcha pas d’être parvenu au pouvoir, par la grande porte sous l’acclamation du monde entier, de l’exercer bientôt 30 ans.

* La diaspora du Congo-Brazzaville porte une lourde responsabilité sur le drame qui se joue au pays de nos ancêtres.

Deux courants s’affrontent sans parvenir à s’entendre, ceux qui rêvent d’une participation aux élections du 21 mars passé, en face ceux qui rejettent, sur un tapis de querelles et contradictions ininterrompues. Comment peut-on vouloir la chute du tyran sur la base des schémas opposés, répulsifs ?

Le résultat nous le connaissons, la guerre des égos n’a rien rapporté. Dans de telles circonstances on aurait recherché la cohésion, les meilleures approches, la diaspora s’est comportée comme les leaders des partis qui sont à Brazzaville réellement ineptes, bêtes et amnésiques. Chacun ayant visé son intérêt personnel avec son petit groupe de courtisans.

Dans un combat d’envergure, l’audace ne suffit pas pour vaincre un adversaire aguerri et tenace à la fois, il faut l’analyser, le comprendre identifier ses faiblesses, initier une trajectoire, porter ainsi un coup fatal, occasion manquée.

* La terreur du régime des Nguesso va certainement se répandre pour réduire au silence les opposants et les acteurs de la société civile. La résignation sera le mode de vie de nos compatriotes au pays pour avoir la vie sauve.

Rien ne changera, les hôpitaux vont demeurer des mouroirs, les écoles entassent des centaines d’élèves par classes dépourvues du minimum de confort, l’éclairage public a disparu, les populations forcées de payer les quittances d’eau et d’électricité sous menaces de coupures dans des délais très courts, malgré une fourniture intermittente, les retraités, étudiants privés de pensions et bourses dans la misère et l’humiliation. La moindre pluie suscite effroi, les eaux inondent les quartiers, le chômage est endémique, la quarantaine ou la cinquantaine sans avoir jamais travaillé est monnaie courante, tous ces faits vont s’aggraver.

A la place, la série de mensonges arrosent les médias, tel est le cheminement voulu par Sassou-Nguesso et la cohorte des parvenus qui l’accompagnent dans la manœuvre de démolition de notre pays.

Curieux destin pour nos contemporains du Congo-Brazzaville, ruinés par les pasteurs des églises de réveil qui ceinturent nos quartiers, traumatisés par les politiques sans scrupules.

Le point de chute du régime des Nguesso sera le Togo et le Gabon.

Au Togo, feu Eyadema avait privatisé son armée, essentiellement constituée par les membres de sa tribu. A son décès, le fils a succédé assez facilement au père avec le soutien de l’armée tribale.

Au Congo-Brazzaville Denis Christel Sassou-Nguesso fils de son père est déjà en embuscade, la majorité des généraux sont prêts à assurer « l’avenir des mboshi » la tribu de Sassou-Nguesso qui occupent tous les postes stratégiques, la Françafrique se prête bien à prolonger le bail. Aux Congolais qui ne croient pas à cette éventualité, nous leur rappelons que beaucoup de choses qui nous arrivent sont celles que nous ne souhaitons pas, autant mesurer le risque et prendre des précautions. Les gabonais avaient en leur temps exclu l’hypothèse d’un fils Bongo au pouvoir, les faits ont prouvé le contraire. Vous êtes avertis !

* La géopolitique d’Afrique Centrale après la réélection de Sassou-Nguesso au Congo-Brazzaville, dans quelques jours c’est au Tchad de produire une autre élection dont le résultat est connu d’avance, la françafrique va déployer les deux marionnettes exclusivement pour déstabiliser la Centrafrique, placer un pion à la place du grand intellectuel qui dirige le pays, mission confiée à Sassou-Nguesso et Idriss Deby-Itno en retour du soutien reçu de l’Elysée après les simulacres d’élections. Il faut s’attendre à la multiplication des souffrances pour ce pays défiguré par les conflits à répétition, heureusement le président Touadera qui préside aux destinées de la république de Centrafrique a reçu le soutien de la Russie qui déploie son contingent.

En face de Brazzaville, c’est la RDC dirigée par un régime démocratique qui a tout à craindre d’un pouvoir dictatorial installé à ses côtés, pouvant servir de passerelle à des multiples actions contre son pays conduit par un vieux parti politique expressément sorti de l’opposition. A l’inverse les Nguesso ne voient pas d’un bon œil l’expression des libertés démocratiques à Kinshasa, les poursuites contre les membres de l’ancien régime de Kabila.

La démocratie est contagieuse, la dictature aussi, les deux régimes que tout oppose vont se regarder sans amour, en chien de faïence.

* Les perspectives : Les tragédies qui accompagnent notre pays depuis 4 décennies portées par un homme méritent un solide investissement humain, c’est une occasion d’instruire une université. Avec de l’eau sale, on peut éteindre le feu, tous les moyens sont bons pour arrêter la dictature au Congo-Brazzaville pourvu qu’ils soient efficaces. Associer nos frères d’autres pays africains à nous venir en aide multiforme à l’image de l’apartheid dans les années 60-80.

La communication doit être performante, joindre tous les médias engagés d’Afrique et d’ailleurs.

Personnellement je ne comprends pas la nécessité d’interpeller les dirigeants français, ils représentent les multinationales du CAC 40 qui siphonnent et chiffonnent l’Afrique francophone. Les manipulations opérées par les médias occidentaux nous font croire qu’ils sont accessibles aux droits et libertés, c’est une illusion, pareillement pour les organisations internationales dites Union Européenne, Nations Unies encore moins l’union Africaine, elles sont toutes hypocrites, servent de caution morale et juridique, au pillage des matières premières en Afrique, leurs principales préoccupations.

Les Africains doivent comprendre la nécessité d’oublier les autorités européennes et occidentales, d’engager leur propre destin, nous ne sommes rien à leurs yeux de blanc, malgré nos belles dents, seules nos ressources les intéressent, notre détermination va forcer respect et considération. Un peuple ne pleurniche pas, il arrache sa liberté.

Les historiens nous enseignent qu’aucun maître n’a eu pitié de ces esclaves tant qu’ils servaient ses intérêts, les colonisateurs venus coloniser nos grands-parents n’étaient pas des humanistes, le procès des atrocités de la colonisation est derrière nous, mais n’oublions pas que tous les dirigeants occidentaux sont justement des descendants des acteurs de l’épopée coloniale. Ils ne conçoivent pas une vie meilleure en Europe sans l’accaparement par tous les moyens des ressources du sous-sol africain réputé être le plus riche du monde, il n’y a aucune morale avec ces gens.

Enfin le Congo-Brazzaville a tant souffert de nos opinions sous-pesées et approximatives, de la traîtrise aussi, il est temps de tirer les leçons, mettre de côté les postures individualistes, quitter le monde matériel pour celui des idées, rechercher le patriotisme, la compétence auprès des postulants au leadership, former les jeunes pour affronter les défis qui s’imposent à nous, s’affranchir ou demeurés esclaves du système.

J’ai dit

MOUSSI MASSA

Diffusé le 31 mars 2021, par www.congo-liberty.com

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5 réponses à CONGO-BRAZZAVILLE : ARRÊTER LES TRAGÉDIES

  1. Val de NANTES : dit :

    OUI @MASSA .
    Encore faudrait – il savoir ce que nous voulons pour notre pays ?
    Je vais parodier SÉNÉQUE qui disait à Lucillus que « Celui qui cherche la sagesse est un sage ,celui qui croit l’avoir trouvée est un fou « .
    Sur ce ,j’en déduis qu’il ne sert à rien de devoir mettre l’avenir de notre pays entre les mains d’une seule personne censée détenir la formule magique du développement économique de notre CONGO . Une ineptie congolaise !!!!!.
    Peut -on enfin se singulariser sur cette question par rapport aux autres pays africains ,au vu des souffrances qu’elle engendre sur la vie de notre nation ?
    Nous n’y mourrons que pour une seule cause , la fonction présidentielle ,autrement dit le sage supposé de la république ….Alors , SÉNÉQUE nous qualifierait tous de fous !!!.
    Je partage totalement ton avis sur la RDC qui constitue une menace quotidienne à la démocrature congolaise qui héberge la dictature tribale la plus féroce que l ‘Afrique contemporaine ait jamais connue ….
    Nous aurons beau évoquer nos ancêtres ,tant que nous aurons un rapport anxiogène et tribal à cette fonction ,je crains pour la survie de ce pays .
    La sociologie politique et l’évolution des mentalités congolaises deviennent incompatibles à la domestication du pouvoir politique par une seule tribu congolaise .
    Ce schéma politique suranné ,anachronique et budgétivore demeure une épine au travers de la gorge congolaise .
    Votre titre « arrêter les tragédies  » est ,à plus d’un titre ,un cri de désespoir national ,mais la solution ,vous l’avez bien dit , reste idéelle .
    Oui ,ce sont les idées qui vont sauver le CONGO de la noyade collective et non un surhomme congolais .
    Depuis la sortie du colonialisme ,le CONGO en est toujours à chercher son ZEUS IDOINE ,cependant la question économique est aux abonnés absents .Résultats : MISÈRES multiformes . C’est ce qu’on appelle l’apologie de la souffrance consentie .

  2. IL EST TEMPS DE DEBOULONNER SATAN DU TRONE CONGOLAIS dit :

    Encore une erreur faite par notre opposition de croire qu’on pouvait démettre le monstre de l’Alima à la régulière par des élections.

    C’était déjà le cas en 2016 : – Echec.
    et revoici le cas en 2021 : – Echec et mat.

    Une fois de plus, les mêmes causes ont produit les mêmes effets.

    Ce n’est pas par des élections que le dictatueur Safou Na Kwanga Qui est Sot partira du pouvoir.

    Kolelas a fait l’erreur de rééditer le NON EXPLOIT déjà vécu et assumé par J3M qui croupit en prison.

    Comment pouvait-il croire qu’il en serai autrement alors que rien dans le paysage politique Congolais n’avait changé ?

    – Même assassin au pouvoir
    – Même CENI
    – Même corps électoral.

    ERREUR FATALE qui lui a coûté la vie.

    Désormais les opposants congolais (s’il en existe encore), devraient penser autrement les stratégies pour faire partir l’ASSASSIN NGUESSO du pouvoir.

    Plus question d’attendre des élections. Et le plus tôt serait le mieux.

  3. Jo dit :

    Mon cher Massa
    Allez au pays, battez vous sur place. Tout le monde fait des textes, parle, écrit, même si ce que vous dites est on ne peut plus vraie. Allez sur place organiser la lutte, personne ne le fait. Allez y, organisez ce qu’il faut.

  4. Val de NANTES : dit :

    @JO
    Rester au pays pour admirer SASSOU , comme une carpe , c’est une chose et faire connaître son indignation patriotique depuis l’étranger ,c’en est une autre .
    Faut -il pour autant tous être au pays pour montrer sa fibre patriotique ?
    Des luttes , celles qui se manifestent au travers des écrits numériques en font aussi partie .C’est le bon coté de la révolution technologique .
    Interdire aux autres de s’exprimer sur un sujet aussi poignant que celui de la noyade de notre CONGO s’inscrit dans la lignée des liberticides dont SASSOU est l’incarnation .
    Il doit y voir des gens ,au CONGO , qui essaient de façon anonyme de remuer le cocotier pour la libération de notre pays des mains de ce diable de SASSOU .Mais la discrétion doit l’emporter sur l’indiscrétion ,connaissant le caractère sanguinaire de ce monstre installé au sommet du pays ,il serait maladroit d’en faire des tonnes ….
    Toute forme participant à la libération de notre pays est louable .
    Si on continue à se jeter les peaux de banane sur le cas SASSOU , on n’arrivera jamais à faire bouillir la dinde dans le marron .
    Patriotiquement ,vôtre.

  5. Anonyme dit :

    À jo.
    Les angolais et autres pays lusophones ont réussi à libérer leurs pays en s’organisant depuis l’étranger. Idem pour Lénine face aux « Blancs « .ho chi min, pareil !la swapo etc.il n’est pas nécessaire d’être présent sur le terrain comme le fait croire la propagande Pct.
    Le sort connu par monsieur Kolelas ne milite pas en faveur de votre théorie.

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