A quoi jouent Eni et Sassou Nguesso avec les Emirats Arabes Unis pour se passer d’AOGC et PETRO CONGO?

L’émission Cash Investigation, diffusée le 7 octobre dernier, au-delà des torrents officiels de protestations qu’elle a suscités, a tout de même eu un petit côté positif pour l’Empereur des Congolais ; outre le fait qu’il soit devenu « l’un des plus célèbres mafieux » aux yeux de millions de téléspectateurs en France et en Afrique.

En fait, la séquence consacrée au paradis fiscal RAK dans les sables de Ras Al Khaïmah, présenté par la journaliste Linda Bendali, semble avoir convaincu « les décideurs politiques et industriels du pétrole congolais » d’utiliser, sans plus attendre, les avantages des sociétés offshores du RAK, à une heure de route seulement de Dubaï.

Secret inviolable garanti (ou presque), le pouvoir de l’Empereur, car il s’agit surtout de lui,  pourrait être perdu que lui-même, et ses héritiers, dans leurs villas avec piscine, à Dubaï, continueront à percevoir les dividendes de l’exploitation du  pétrole et surtout du « Gaz Congolais » jusqu’à son total épuisement, sans jamais rien craindre de quiconque.

L’émission d’Elise Lucet ne pouvait mieux tomber, un protocole d’accord venait d’être signé, le 4 octobre, avec Eni et cette dernière ne voulait plus subir les mêmes problèmes qu’elle avait connus en 2015 pour avoir accepté de s’associer avec AOGC et PETRO CONGO lors de la reconduction des permis  Tchibelli-Litanzi, Tchendo II, Tchibouela II. Finalement c’est PERENCO, bien à l’abri des Bahamas, à Nassau dans une Boîte Postale, qui en a hérité, toujours sans appel d’offres, au 1er janvier 2017

Du 4 au 13 octobre, de Brazzaville à Abu Dhabi et retour à Brazzaville, dans son Palace volant de location, nous vous invitons à suivre le récit des manipulations de haut vol de l’Empereur (du vol) et de ses partenaires/complices pour se soustraire aux lois élémentaires de la République du Congo, celles de sa Constitution, et surtout de la S.E.C. (Security and Exchange Commission) à New-York et du Department of Justice (DoJ) à Washington…

Brazzaville le 4 octobre 2021, signature d’un protocole avec Eni

Collinet Macosso et Claudio Delcazi à l’arrière

Intense journée de travail, entre les équipes gouvernementales illégitimes congolaises et celles de la compagnie italienne. Un protocole d’accord est signé, liant Eni aux ministères des hydrocarbures, de l’agriculture et celui du dauphin Denis Christel Sassou-NGuesso, pour le développement d’agro-biocarburants ainsi que celui de la valorisation du gaz pour laquelle Eni est déjà engagée,  (ci-dessous en téléchargement –traduction Congo-Liberty) et telle que publiée sur le site d’Eni . C’est un énorme projet industriel et agricole (150 000 hectares, 90 000 bénéficiaires etc …) !

La signature a été suivie d’une rencontre entre le Directeur Général d’Eni, Monsieur Claudio Descalzi et l’Empereur des Congolais, Denis Sassou Nguesso… S’agissant du gaz, Eni maîtrise totalement le sujet. Aucun concurrent ne pourrait  venir au Congo actuel, contre son gré, pour prétendre lui prendre sa place !

Enième projet, diront certains, avec des promesses de développer l’agriculture que l’Empereur depuis son arrivée au pouvoir a savamment contribué à faire disparaitre. L’accent était mis sur les ressources gazières « considérables », très demandées actuellement sur les marchés internationaux dont Eni appelle à la valorisation. A ce dernier mot, le pouvoir congolais, l’Empereur en personne, s’est vu en droit d’exiger sa part ; et comme nous venons de le rappeler,  Eni ne peut plus accepter les structures nauséabondes comme AOGC et PETRO CONGO.

Comme les autres pétroliers, Eni a contribué à entretenir la malédiction de l’or noir au Congo-Brazzaville. Présente dans ce pays depuis 1968, la compagnie italienne affiche le plus grand nombre de participations dans des champs pétroliers, 17, dont 3 non-opérés. Elle révèle officiellement de piètres performances  (93.000 barils/jour en 2020 pour les champs opérés et 20.000 barils/jour pour 2 de ses participations dans Grands Fonds et Likouala.)

Il faut se souvenir qu’en 2007, lorsqu’ENI avait mis sur la table près de 5 milliards de dollars (autant que l’investissement de TOTAL dans Moho) pour racheter la participation de Maurel & Prom dans M’Boundi et Kouakouala, ainsi que la société Burren Energy pour les parts détenues dans ces deux derniers champs onshore, la production de ceux-ci était alors de 67.000 barils/jour (avec 1,5 milliard de barils en réserve) ; évidemment à rapprocher avec les déclarations actuelles…

Aujourd’hui, PERENCO,  la société bahamienne, avec seulement 5 champs « matures » opérés, produirait près de 130.000 barils/jour… Ce qui interpelle les observateurs avertis ou pas !

(Quant à TOTAL, aucune source précise et pertinente d’exacte production à se mettre sous la dent !)

En 2015, lorsque Congo-Liberty avait été très actif dans la protestation contre la présence d’AOGC, PETRO CONGO et Kontinent de Yaya Moussa dans les reconductions des permis de l’ex-PNGF (Tchibelli-Litanzi, Tchendo II, Tchibouela II), un de nos consultants congolais, professionnel reconnu de l’industrie pétrolière, avait affirmé « qu’avec Total, il était nécessaire de conduire des audits approfondis, mais qu’avec Eni il n’y avait d’autre voie que la récupération des permis… »

Indéniablement, Eni et Monsieur Claudio Descalzi connaissent très bien le Congo, et ils en profitent bien ! Ce qui s’est déroulé ces derniers jours entre Brazzaville et Abu Dhabi, dans tout autre pays que celui de l’Empire des Nguesso, serait absolument révoltant !

Alors quelle voie sera suivie pour satisfaire l’appétit démesuré de l’Empereur ?

Quels moyens seront employés pour se mettre hors de portée, et surtout des représailles, de l’administration américaine. Eni, comme Total, utilise des « dollars américains » et se finance à la bourse de Wall Street !

Emirats Arabes Unis 10  octobre

Tôt le matin du 10 octobre, Denis Sassou Nguesso quittait le Congo à bord de son appartement volant, le « SKY LADY », le Boeing 767 qu’il a réservé à prix d’or noir jusqu’à la mi-novembre prochaine. Direction les Emirats Arabes Unis.

La destination est à la mode au Maudit-Congo (Maudistan) où trop de gens souffrent. Les Nguesso, et la bande de voleurs qui les accompagne, adorent maintenant les Emirats. Ils y planquent  l’argent volé et y achètent des biens immobiliers comme nous l’avons récemment découvert avec l’enquête de Sassoufit et C4ADS . Lorsque, officiellement, ils obtinrent leur indépendance le 2 décembre 1971, les Emirats n’étaient alors que des tas de sable aux confins du  Golfe Persique et du Golfe d’Oman ; avec très peu de cadres et de structures d’enseignement.

ABU DABI en 1970

Les Emirats sont à l’opposé du Congo. Les Bédouins ont vite compris qu’il fallait développer leur pays et ne pas sombrer dans la corruption effrénée… Tout le contraire du Congo et des Nguesso !

Arrivée surprise de Claudio Descalzi

Claudio Delcazi et Sassou Dénis

A peine l’Empereur était-il arrivé, que le Patron d’ENI, le géant italien des hydrocarbures, s’empressait d’aller le saluer à son hôtel, seul sans aucun collaborateur. « Pour mieux parler des projets d’investissements gaziers, déjà traités le 4 octobre dernier à Brazzaville ». En tête à tête avec l’Empereur qu’il tutoie, Monsieur Claudio Descalzi a-t-il eu tout le loisir d’aborder  la voie de se passer d’AOGC et de PETRO CONGO… ? Peut-être,  le véritable objet de leur rencontre ?

Devant la caméra de la Présidence/Dictature congolaise, le patron d’Eni justifie donc cette visite et l’entretien avec les sujets qui avaient déjà été traités et conclus, le 4 octobre précédent, entre les équipes d’Eni et le Gouvernement congolais ; en évoquant encore les affaires gazières. Bla-bla-bla !

Pas de doute, c’est bien Eni qui s’occupera du volet gazier au Congo, court-circuitant au passage Perenco et François Perrodo qui avaient tenté de placer leur technique norvégienne de FPSO de liquéfaction de gaz (sûrement plus judicieuse) déjà en fonctionnement au Cameroun.

Eni aux Emirats Arabes Unis

Eni est une Major. Elle est présente dans beaucoup de pays et elle est également très bien placée dans les Emirats Arabes Unis. (Comme TOTAL au Qatar !)

On peut remarquer notamment, selon « des accords signés lundi 21 décembre 2020 à Abu Dhabi,ENI a étendu sa présence aux Emirats Arabes avec l’attribution d’une participation majoritaire (70%) dans l’exploration offshore Bloc 3, l’une des plus grandes concessions d’exploration offshore d’Abu Dhabi.  Eni exploitera la concession pour explorer le pétrole et le gaz et évaluer les découvertes existantes dans le bloc, qui couvre une superficie d’environ 11.660 kilomètres carrés.

La phase d’exploration de l’accord a une période maximale de 9 ans et, sous réserve d’une exploration réussie, une durée globale de concession s’étendra à 35 ans à compter du début de la phase d’exploration pour les phases de développement et de production dans lesquelles l’ADNOC (Abu Dhabi National Oil Company) (NDLR : l’équivalent toute proportion gardée de la SNPC des Nguesso), a l’option de détenir une participation de 60%. »

 Ce rapport 60 pour l’Etat, 40 pour l’Opérateur est inconnu au Congo (Total au Qatar est dans le même ratio : 60% pour l’Etat, 40% pour Total) ; même 40% pour la SNPC n’apparaissent pas face à ENI, sauf dans des champs secondaires (Kitina II, Djambala II, Foukounda II, Mwafi II à 34% ), il est vrai amputés de 8 à 10% en faveur d’AOGC de Denis Gokana, faux-nez de l’autre Denis, Très Grand Maître et Empereur ; ou encore avec 10% pour la SNPC et 25% pour New Age (Néné Banga, Kitchendjili) qui avait posé problème et a été récemment vendu au Russe Lukoil.

Abu Dhabi 13 octobre

Patatras ! Alors que tout paraissait conclu définitivement entre les deux amis, l’Italien et le Congolais, se pouvait-il que l’affaire finalement échappât à Eni ?

De part et d’autre, cela ne faisait aucun doute l’ADNOC (Abu Dhabi National Oil Company) emportait le morceau à la barbe du Grand Ami de toujours, Claudio Descalzi… !

La société pétrolière Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc) entend investir au Congo-Brazzaville dans l’exploitation du pétrole et la valorisation du gaz.

Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, qui a effectué un séjour de travail à Abu Dhabi aux Emirats arabes unis (EAU) dès le 10 octobre, a accordé le lendemain une audience à une délégation de l’Adnoc, a annoncé la présidence congolaise le 12 octobre.

L’entretien a porté sur l’exploitation du pétrole et la valorisation du gaz, secteurs dans lesquels l’Adnoc entend investir au Congo-Brazzaville; pays dont les réserves pétrolières prouvées sont estimées à 2,9 milliards de barils de brut et celles de gaz à 200 milliards de m3.

Une partie du gaz congolais est torchée (pratique qui consiste à brûler le gaz naturel issu des gisements pétroliers, faute de pouvoir l’exploiter et le transporter) et l’Adnoc voudrait valoriser ce gaz en produisant de l’électricité comme le fait déjà sur place la société pétrolière Eni-Congo, filiale du groupe italien Eni. L’Adnoc, société publique, est une des plus importantes compagnies pétrolières des EAU.

Epilogue de l’histoire

Avec l’Adnoc  d’Abu Dhabi, Eni ne nous ferait-il pas un peu le coup de l’entrée du Qatar Petroleum International (maintenant Qatar Energy) dans Total Congo Exploration & Production SA à hauteur de 15% ?

Déjà nous écrivions le 01 avril 2015 « Le gisement de Moho Bilondo  découvert par TOTAL nécessite pour le développement de sa phase 1 Nord la somme astronomique de dix milliards de dollars. Le Qatar avait été invité à une augmentation de capital (dans Total Congo) de 1,5 milliard des mêmes dollars. Tout cela aurait-il pu se faire sans que les piranhas Sassou Nguesso ne montrent leurs jolies quenottes ? On peut toujours rêver… ! »

Sur les 15% détenus officiellement par le Qatar combien reviendraient alors à l’Empereur qui était présent à la signature au côté du défunt Christophe de Margerie ?

Vous n’entendrez jamais le Patron d’Eni déclarer que l’Empereur l’a trahi ! Beau joueur, lui-même a montré à son ami « comment le poignarder dans le dos ! » En quelques heures, tout était prêt et décidé à Abu Dhabi ! Joli travail ! Comme avec le Qatar !

Dans peu de temps, lorsque la société émiratie Adnoc formalisera son contrat avec la République du Congo, Eni sera présente, opérateur ou pas des permis gaziers ; (si Adnoc est désigné « opérateur », elle emploiera  Eni comme sous-traitant au Congo !) il n’y aura aucune trace d’AOGC, ni de Petro Congo. La SNPC aura un très modeste 10 ou maximum 15%. Les pots de vins de l’Empereur, ou la part des dividendes, seront assurés de la manière la plus discrète qui soit : dans les Emirats !

Joli tour de passe-passe … ! Mais tout le monde ne sommeille pas toujours …

Continuez à dormir, Congolaises, Congolais ! Dormez bien !

Mais le réveil sera difficile !

Rigobert OSSEBI Diffusé le 24 octobre 2021, par www.congo-liberty.com

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2 réponses à A quoi jouent Eni et Sassou Nguesso avec les Emirats Arabes Unis pour se passer d’AOGC et PETRO CONGO?

  1. Samba dia Moupata dit :

    Le moins que l’on puisse dire ,c’est que l’état Mbochi n’a pas des cadres ni des financiers Lucien Ebata natif d’ollombo et Dénis Ngokana natif de Boundji st Benoit sont deux rigolos très médiocres qui conseils Sassou Dénis .Ces derniers ont faits des choix très désastreux pour le pays ! Dominique Strauss -khan un escroc , hier j’ai vu à la télé Française un couple des retraités Alain et Sylvie Urback qui accusent Dominique Strauss- Khan de les avoirs spoliés 1140000 euros . Alors que ce monsieur est vénéré à Oyo . Certes Sassou Dénis ne surmontera pas de cette crise financière , mais un surendettement abyssal attend le pays , c’est la folie pure .

  2. You are a very capable individual!

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