35 ans et un funeste anniversaire: N’oublions jamais les condamnés à mort du procès de Marien Ngouabi. par Mabiala ma Mayinguidi

Quand l’histoire s’écrit avec grand H, elle permet non pas d’y lire le passé, mais de mieux comprendre le présent et surtout d’y lire l’avenir.

11 Février 1978 – 11 Février 2013,

Voici trente-cinq (35 ans) que, ci-contre (du haut en bas et de gauche à droite) :Les condamnés à mort au procès de Ngouabi

 

–          Daniel KANZA

–          Dominique SAMBA dia N’KOUMBI

–          Germain MIZELET

–          NDOUDI – NGANGA

–          Etienne KINKOUBA

–          Grégoire KOUBA

–          Simon SISSOULOU

–          Daniel KIANGUILA

–          Albert KONDA et

–          Pierre DIANZENZA,

Dix (10) fils Kongo, innocents et inoffensifs, furent les victimes expiatoires du summum du tribalisme ; la haine tribale, la barbarie, l’inhumanité.

Une année auparavant, ce 18 mars 1977 début d’après – midi, alors que vient d’être assassiné, par ses propres parents, le président en exercice du Congo Brazzaville, Marien Ngouabi, fils N’gala du Nord, on entend dès le milieu d’après – midi sur les ondes de la voix de la révolution Congolaise (Radio dite nationale) : ‘’Bakongo ba bomi Ngouabi’’(Les bakongo ont assassiné Ngouabi).

C’était le signal qui sonnait le glas des crimes et massacres à grande échelle, d’innocents fils de ce peuple du Sud, résistant historique du Congo.

Le premier et jusqu’ici unique Cardinal du Congo Brazzaville, son éminence le Cardinal Emile Biayenda, archevêque de Brazzaville, suivi de l’ancien Président de la République, le révérend Pasteur Alphonse Massamba Débat, furent  les premiers de la litanie de ces innocents fils Kongo, qui devaient être sacrifiés sur l’autel de la conservation du pouvoir politique au nord N’gala.

Le supplice du premier, ensevelit vivant[1] et, au mépris de toute culture bantu, la disparition du corps du second sommairement exécuté après simulacre de cour martiale, confirment bien l’inhumanité et la bestialité de leurs bourreaux.

Ce tableau dressé, les redondants messages impitoyables étaient clairement martelés par le capitaine, porte-parole du CMP (Comité Militaire du Parti) dont la voix tonitruante jetait un effroi perceptible même dans notre préadolescence.

Entre exécution sommaire, rafle et embastillement, ne restait plus qu’à prier avec les mères, les tantes et veuves pour, ironie du sort devant l’épouvante, espérer pour les pères  juste une simple arrestation, le temps de passer l’orage.

Et le souvenir d’enfance, la dizaine d’année révolue, priant à genoux, les doigts des mains entrelacés, tête baissée et les yeux fermés comme appris à l’école d’éveil chrétien et à l’instar de Jésus- Christ, en demandant que Dieu tout puissant écarte cette coupe de la maison, de nos maisons, en protégeant Papa, nos Papas.

Finalement, comme Jésus-Christ, cette coupe aura été bue jusqu’à la lie, instillant dans des très jeunes esprits, un doute quant à la puissance enseignée de ce Dieu, censé être Amour.

Les grondements du tonnerre ne s’estompaient pas cette année 1977, au contraire. Ils étaient d’autant plus rageurs qu’ils ne décoléraient pas jusqu’en ce début d’année 1978 où, l’on revue à la télé et devant la barre d’une justice inquisitrice, le visage de ce Papa, ces Papas, dont l’absence depuis des mois commençait à perturber de fragiles équilibres psychologiques d’enfants en construction.

On ose espérer que le procureur général d’alors, impitoyable inquisiteur et arrogant du haut de sa tribune, dira dans ses mémoires, avec franchise et recul du temps, son intime conviction à ce moment. Ses grondements de colère furent exactement à l’image de la description de Colette[2] : ‘’ Les fausses colères du Midi tiraient de lui des grondements, des jurons grandiloquents, auxquels nous n’accordions aucune importance. Mais comme j’ai frémi, une fois, d’entendre mélodieuse la voix de sa fureur véritable! ‘’.

Arrivait finalement la sentence, l’expiation : PEINE DE MORT

Commençait alors à défiler dans les esprits d’enfants terrorisés, écoliers de l’éveil chrétien du dimanche, l’image de l’histoire enseignée et scénarisée à chaque Pâque de la passion du Christ, condamné, châtié, portant sa lourde croix jusqu’à l’expiation sur le mont Golgotha.

On comprit alors la fin de Papa, nos Papas qui eux, contrairement à Jésus – Christ, ne ressusciteraient certainement pas au 3ème jour pour ensemble faire la fête et crier : Ils sont vivants ! Ils sont ressuscités des morts et par la mort ils ont vaincu la mort !

Ce fût l’illusion définitivement levée par le refus d’une inespérée grâce ‘’Présidentielle’’, qui confirmait la sentence relayée par la Pravda du régime bourreau ce 11 Février 1978, jour d’anniversaire d’un de nos jeunes frères : Drôle et funeste anniversaire.

La cour révolutionnaire d’exception ? Un outil de légitimation du massacre sacrificiel Kongo.

Trente-cinq (35) ans après, la mémoire demeure vive, les blessures morales aussi toujours là, béantes, et le sentiment d’une cicatrisation qui ne se fera probablement plus jamais, d’autant plus que ces bourreaux inhumains, toujours actifs, ont continué la sale besogne.

La grand-messe de 1991, clôturée par la pathétique cérémonie de ‘’lavement de mains’’, au nom d’une pseudo réconciliation nationale, sans vérité ni repentance préalable, n’y a bien évidemment rien fait.

Pourtant, l’homme Kongo, crédule de l’idée de Nation Congolaise, au risque de paraitre d’une naïveté déconcertante, croit et espère toujours. Mais jusqu’à quand et à quel prix ?

Un peuple sans mémoire est un peuple mort et sans projection dit-on.  L’âme de ce Congo, si compter qu’il ait pu exister, ne pourra malheureusement plus se rétablir en l’absence de vérité, repentance et de justice pour ces martyrs.

Et parlant de pardon, le  philosophe français Vladmir Jankélévitch, cité par Jean Pierre Loundoubi (Psychologue des organisations), souligne que ‘’de la part d’une personne vivante offensée, le « pardon » est dénué de sens quand il manque la détresse, les remords, l’isolement, l’insomnie, la repentance. Le fautif doit reconnaître sa culpabilité et en souffrir, et c’est à cette condition seulement que l’offensé abandonne son orgueil pour se mettre au niveau de l’offenseur, se reconnaissant lui-même comme un pécheur potentiel’’.

                                                                                                                                             E.Mabiala ma Mayinguidi

PROCÈS DE MARIEN NGOUABI: AUDITION DE SAMBA DIA NKUMBI ET NDOUDI NGANGA :



[1] ‘’Les assassins du Cardinal – Terreur sur Brazzaville’’, Hervé Zebrowski, Chercheur d’hommes, Paris, 2009

[2] Colette, Sido, 1929, p. 83

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9 réponses à 35 ans et un funeste anniversaire: N’oublions jamais les condamnés à mort du procès de Marien Ngouabi. par Mabiala ma Mayinguidi

  1. l histoire finit toujours par rattrapeé les imposteurs
    on ne falisifit pas l histoire on croyait detruire les archives de la republique et voilà ma ba ma ntseke tsimou ni mayela

  2. Pauvre Pool dit :

    Eh oui, les bakongos ont vraiment la mémoire courte et sassou le sait bien. Il peut vous tuer, violer vos femmes et vos filles…ce qui compte au final, c’est l’argent qu’il vous donne. Dieu merci, ce ne sont tous les bakongos.
    Il suffit de voir ce que ceux qui profitent des largesses de sassou,avec l’argent du pays qu’il vole, disent: Sassou wa mboté kia wéna…kena wa mubi ko !
    Sassou est vraiment un multirécidiviste, il a remit ça ,avec le massacre des disparus du beauch.
    A ce sujet, il y a une emission :http://www.franceinter.fr/emission-rendez-vous-avec-x-congo-brazzaville-le-massacre-du-beach-un-scandale-qui-est-aussi-francai

    Levons nous tous contre sassou et son clan, du nord au sud, et le congo vaincra

  3. Prosper Sakala dit :

    ouais j me rappele encore leurs noms égrnés d’une voix monocorde sr les ondes de la sinistre voix de la revolutionpar FLOREN NTSIBA ( le griot de la mort).les executions au petit matin. paix a eux.

  4. J. NIGER dit :

    Ces temps furent denses et rudes . Tous remplis de querelles,d’alarmes et de crimes contre le Sud.

    Que reproche-t-on encore aujourdhui aux Sudistes? Collégien en 1977, je percevais déjà comme beaucoup d’autres, la trop grande différence culturelle entre le Nordistes et le Sudistes.

    En effet, au Lycée,je notais qu’à une République fondée sur l’idée de terreur,de division et d’abandon des devoirs envers Dieu, les Kongo s’efforçaient d’enseigner et de substituer une civilisation fondée sur l’idée de droit. Les droits de la conscience individuelle, les droits de la critique,les droits de la raison ,les droits de l’homme et du citoyen.

    Le Congo ainsi bâti, serait organisé pour le bien-être de tous et pour sa gloire. Maîtres et parents martelaient que la mesure de toutes choses c’était l’homme,l’homme seul.
    L’on peut craindre que la concorde dans un même espace avec ceux, pour lesquels l’humeur est apprivoisée par la brutalité et tricherie politiques , ne soit possible.

    L’histoire nous apprend depuis 1997 que la vie commune sera continuellement ravagée par des coups d’Etat et viols de libertés pour les Kongo.

  5. Anonyme dit :

    Souvenez-vous de ces personnalités qui ont terrorisé le Congo de l’époque. Certains d’entre eux ont le sang dans les mains. Ils vivent encore et sont au pouvoir aujourd’hui.

    La composition du CMP, rendue publique le 19 mars 1977 est la suivante :
    Colonel Yhombi-Opango
    Commandant Denis Sassou-Nguesso
    Commandant Louis Sylvain-Goma
    Commandant Damase Ngollo
    Commandant Jean-Michel Ebaka
    Commandant Martin Mbia
    Commandant Pascal Bima
    Capitaine François-Xavier Katali
    Capitaine Nicolas Okongo
    Capitaine Florent Tsiba
    Lieutenant Pierre Anga

  6. Robert POATY PANGOU dit :

    Mes très chers frères,

    Comment après un tel rappel de la part de notre très frère MABIALA MA MAYINGUIDI, comment comprendre disais-je, que le Peuple Kongo puisse penser continuer avec le Peuple NGala qui depuis l’Affaire George YAMBO en 1958 a décidé de prendre le Pouvoir par les Armes et massacrer le Peuple Kongo ?

    NB Après 1978, il y a eu 1993-1994 puis 1997-1998-1999-2003.

    La création de l’Etat Kongo est une réalité.

  7. loubaki lua Malanda dit :

    SASSOU à commancé le génocide du sud dépuis le début des années 70 avec les coups état fictifs de KINGANGA et celui de DIAWARA , Sassou était le directeur de la sécurité d’état (UNE POLICE POUR LA CONSERVATION DU POUVOIR AU NORD)puis sassou ministre de la défense fin des années 70 il assassine son mentor MARIEN NGOUABI encore il cherche un coupable idéal les BAKONGOS , en fin la présidence sassou à encore fait des milliers d’assassinats au moins 1OOmilles morts au sud dont la plus récente le génocide du beach qui s’est suivi du génocide du pool et du grand niari ! la réponse à tout ça c’est la scission comme le prône mon frère poaty qui est un vrai réaliste .

  8. Lyd dit :

    Pauvre Pool, tu as vraiment raison, tu as bien parlé …. les kongos sont vraiment des versatiles, ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils ont la mémoire courte, c’est bien beau de critiquer à l’aveuglette, tous nous décrions Sassou, du nord au sud. Le Congo n’est ni un empire ni un royaume où un monarque doit diriger jusqu’à sa mort surtout quand il dirige très mal.
    Je veux bien, mais que mes fanatiques frères kongo nous rappellent aussi que les premières milices privées c’est sous le révérend pasteur Massamba-Debat. La JMNR a vu le jour sous son règne, et la JMNR a beaucoup tué. Il y avait aussi la Défense Civile qui a fait des ravages. Mais ça vous n’en parlez pas.
    C’est bien sous Massamba-Débat que Lissouba a commis ses crimes (Pouabou, Matsocota ….).
    Massamba-Débat était laxiste, passif voilà pourquoi il n’a pas pu arrêter les conneries de Lissouba, Hombessa et autres.
    Je veux bien, mais que vous évoquiez aussi le le cas Kolélas qui a finit par rentrer demander pardon à Sassou. Même Moungounga Nguila avait plus de dignité que le fameux résistant kongo Kolélas.
    Parlez aussi de Parfait Kolélas bien assis dans le mangeoir de Sassou, Hellot Matson Mampouya, Ntumi ….. même des éminents intellectuels comme Bakabadio qui joue les maitres de cérémonie pour l’intronisation en tant que grand maitre de la franc-maçonnerie du congo, du fameux Sassou.
    Et puis Poaty, au cas où tu connaitrais pas l’histoire 1993-1994 c’était une guerre qui opposait Lissouba à Kolelas et si Kolélas a pu tenir contre Lissouba c’est grâce au soutien de Sassou.
    Arrêtons de stéréotyper l’histoire, Sassou est mauvais, il a tué plus d’un congolais que ce soit du nord au sud, c’est un sanguinaire qui n’hésites pas à tuer pour son pouvoir. Il n’a pas épargné sa propre fille ni ses fiefs Ouenzé, Mpila et Talangai l’année dernière.
    Arrêtez avec vos conneries, le congo a besoin de se lever du nord au sud comme un seul homme et de mettre un terme à cette dictature sanguinaire sans frein.
    Quant au projet de division du Congo, si c’est avec ce genre d’idées que vous croyez que même le bon Dieu vous redonnera ce pouvoir perdu depuis tant d’années, vous pouvez continuer à rêver car Dieu n’est pas un diviseur.
    Il y a un Dieu dans les cieux qui règne sur tout, et j’ai la foi qu’un jour Il nous suscitera un très bon dirigeant qu’il soit nordiste, sudiste ou du centre. Mais ce sera un bon dirigeant pour tous les congolais.

  9. Mfoa dit :

    Ce sont d’abord des humains qui ont été tués et à ce titre pas besoin de parler du sud. La justice doit juger les bourreaux et point final.

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